VERS POUR LES PRINCESSES
Je VOUS aimais, princesse, et j'osais vous le dire ! Les dieux à mon réveil ne m'ont pas tout ôté : Je n'ai perdu que mon empire.
Le printemps suivant, Frédéric écrivait à Voltaire : « Ma sœur Ulrique voit votre rêve accompli en partie : un roi la demande pour épouse. » Un autre petit poëme aux deux sœurs, Ulrique et Amélie, est ainsi conçu :
Si Paris venait sur la terre Pour juger entre vos beaux yeux, Il couperait la pomme en deux Et ne produirait plus de guerre.
En septembre, Voltaire accompagna encore le roi dans un voyage à Bayreuth, où il reçut le plus aimable accueil de son admiratrice, la margrave Wilhelmine; puis, après un nouveau séjour à Berlin et dans le Brunswick, il retourna en décembre à Paris, désespéré de ne pas rencontrer chez le gouvernement français la gratitude qu'il croyait avoir méritée par ses efforts diplomatiques. Mais certes, quand au printemps suivant Frédéric commença avec la France des pourparlers dont le résultat fut la reprise de la guerre pendant Tété, il le fit à la suite d'observations et de considérations qui ne lui avaient pas été fournies seulement par Voltaire.
Cette fois d'ailleurs, pas plus que les autres, le roi n'avait rien négligé pour persuader à Voltaire de se fixer près de lui, sous les conditions qui lui seraient agréables; il avait même cherché à l'y forcer par un moyen que nous ne pouvons trouver louable, bien qu'il prouve de la façon la plus incontestable combien lui tenait au cœur cette acquisition