‹ Voltaire: six conférencesChapitre 112 sur 257 · MADAME DENIS · texte numérisé non relu

MADAME DENIS

pète souvent qu'elle fait la consolation de sa vieillesse; dans ses lettres , il la rappelle assidûment au souvenir de ses amis, et leur transmet ses respects. Mais Tattention qu'il y met laisse cette impression, qu'il le fait seulement pour l'honneur de la maison. Lorsqu'après la rupture produite par l'histoire de Francfort, dont nous allons bientôt parler, la correspondance se renoua entre Voltaire et Frédéric le Grand, le premier chercha à faire surtout sentir ses torts au roi, en revenant à maintes reprises sur ce que sa nièce avait souffert. Ce qui ne réussit pas ; car Frédéric finit par lui dire franchement de ne plus lui parler de cette nièce, qui l'ennuyait ; on parlait encore de la servante de Molière, mais on ne parlerait jamais de la nièce d« Voltaire. On désirerait que le roi eût été ici prophète , mais partout où il est question des circonstances de la vie de Voltaire, on ne peut se taire sur cette nièce. Et cependant elle nous ennuie tout comme le roi : car nous ne pouvons voir en elle ni une qualité aimable ni un attachement réel pour son oncle. Ce n'était apparemment chez elle qu'amour des relations brillantes qu'elle se créait par lui, et son luxe, sa prodigalité lui occasionnèrent maint chagrin. Rien moins que jolie, et dans son âge mûr, selon l'expression d'une de ses connaissances, épaisse comme un tonneau, avec un visage boutonné, elle avait toujours quelque amourette en tête, et devenue riche héritière par la mort de son oncle, elle convola en secondes noces à l'âge de soixante-neuf ans. Elle s'amusait à écrire; elle, composa même une comédie, naturellement avec le secours de son oncle, qui n'y prenait nul plaisir ; il éprouvait une grande satisfaction à son jeu sur son théâtre d'amateurs, mais

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