‹ Voltaire: six conférencesChapitre 118 sur 257 · LE CARROUSEL · texte numérisé non relu

LE CARROUSEL

vers ; je suis son grammairien et point son chambellan. Le reste du jour est à moi et la soirée finit par un souper agréable. » En outre, aussi bien à Berlin, où le roi résidait, surtout au temps du carnaval, qu'à Potsdam ou au château de Sans-Souci , il habitait près de la chambre royale ; il se faisait en général apporter son dîner dans son appartement, mais le soir mangeait à la table du roi, avec la société bien connue de Frédéric : Algarotti, d'Argens, PoUnitz, La Mettrie, etc., et il contribuait à animer ces repas plus qu'aucun autre par son esprit et ses saillies. « Jamais on ne parla, en aucun lieu du monde, écrit-il plus tard, avec tant de liberté, de toutes les superstitions des hommes , et jamais elles ne furent traitées avec plus de plaisanteries et de mépris. Dieu était respecté, mais tous ceux qui avaient trompé les hommes en son nom n'étaient pas épargnés. »

Bientôt après son arrivée, il y eut toutes sortes de fêtes données par Frédéric en l'honneur de sa sœur et de son beau-frère, venus de Bayreuth pour le visiter à Berlin, une occasion de montrer dans tout leur éclat aussi bien la capitale prussienne à l'hôte français que celui-ci à la la capitale prussienne. A un somptueux carrousel sur la place du Château , auquel Voltaire assistait dans une loge de la cour, il fut l'objet de l'attention générale, et surle-champ en consacra le souvenir dans un gracieux impromptu :

Jamais dans Athènes et dans Rome On n'eut de plus beaux jours ni de plus dignes prix; J'ai vu le fils de Mars sous les traits de Paris,

Et Vénus qui donnait la pomme.

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