VOLTAIRE ET LE JUIF HIRSCHEL
défiance de Voltaire contre lui, et s'était offert à négocier Tafiaire à de meilleures conditions. Enfin , Voltaire laissa protester une lettre de change de 40,000 livres sur Paris, et le juif revint à Berlin sans avoir rien fait. Naturellement il y eut querelle : celui-ci demanda une indemnité et menaça de se plaindre ; pour l'apaiser et éviter l'éclat, Voltaire lui acheta les brillants de Cicéron, qu'il avait fait auparavant taxer à un prix tel que le juif pouvait se trouver dédommagé de ses frais de voyage et de sa peine. Peu de jours après il se repentit; il se fit apporter par le juif d'autres objets précieux, et ceux-ci il refusa de les payer. Il prétendit qu'il avait été lésé dans son afiaire de bijoux , que le juif devait les reprendre et lui rendre les 3,000 thalers qui lui avaient été comptés. Celui-ci rappela que Voltaire avait fait taxer les pierres, et qui lui garantirait qu'on ne les lui avait pas changées? Ceci paraît avoir amené une scène assez vive ; le juif aurait été saisi à la gorge; enfin Voltaire déposa une plainte de son côté. Il demandait d'abord la remise de sa lettre de change sur Paris, et là-dessus le juif fut immédiatement condamné. La question de l'achat interdit des efiets saxons ne fut pas soulevée judiciairement, malgré la dénonciation du juif, parce qu'elle n'importait pas au procès. Ensuite Voltaire demandait le remboursement du montant des bijoux, qu'il voulait rendre. Il vint à l'idée du juif de renier un écrit qui se rapportait à cette afiaire et qu'il fut ensuite obligé de reconnaître, ce qui lui valut une amende de 10 thalers; mais il accusa Voltaire d'avoir fait sur l'original des additions et des changements, dans le but de donner à croire que l'affaire des bijoux n'était pas encore