‹ Voltaire: six conférencesChapitre 127 sur 257 · LESSING ET VOLTAIRE · texte numérisé non relu

LESSING ET VOLTAIRE

à Berlin dans des circonstances assez difficiles , ce travail, qui avait été le bienvenu, et pour quelque temps Tavait fait le commensal de Voltaire. Quelle impression lui était-il restée de son hôte ? Comment avait agi sur ce pauvre homme de lettres ce charme, auquel ne résistait pas un grand roi. Nous le voyons par cette épigramme; l'enchantement disparait pour qui voit dans les cartes de Tenchanteur. Et il devait bientôt disparaître bien davantage encore pour Lessing. Vers la fin de Tannée pendant laquelle il avait fait ce travail de traduction, il vit un jour chez Richier un certain nombre de feuilles du Siècle de Louis XIV, dont rimpression venait justement de s'achever, et dont on devait tirer deux douzaines d'exemplaires irréprochables pour la famille royale. Il en emporta un exemplaire, que, selon toute apparence, il se composa avec des feuilles de rebut; celui-ci passa dans les mains d'un ami, et par lui une dame liée avec Voltaire en eut connaissance. Ce dernier avait droit d'être mécontent , car l'œuvre ne devait arriver aux mains de personne avant d'être parvenue à la famille royale, et Lessing avait en outre oublié, à son départ de Berlin, de remettre l'exemplaire à Richier, et Voltaire avait déjà fait avec des manuscrits et des épreuves certaines expériences très-désagréables. Mais quand, dans une lettre virulente que son secrétaire fut obligé d'envoyer à Lessing, il traita ce dernier comme un voleur d'œuvres littéraires, il s'attira une réponse malheureusement perdue pour nous, car, comme dit Lessing, il ne la mit pas en montre ; mais celui-ci aidait à aiguiser une arme qui devait plus tard le blesser plus douloureusement. Dans la polémique de Lessing contre Voltaire, dans la Dramaturgie de Hambourg^ domine

Page 1