MÉCONTENTEMENT DU ROI
un ton qui s'explique seulement par ranimosité qui, conçue précédemment contre la personne, se reportait alors contre l'écrivain.
Et qu'on pense maintenant à l'impression du roi. « Voltaire attrape les juifs, » écrit-il en plaisantant à sa sœur; en réalité, cependant, il prit la chose plus au sérieux. Vers la fin de janvier, après la cessation des réjouissances du carnaval, il était retourné à Potsdam, tandis que Voltaire était encore au beau milieu de son procès. Lorsque la sentence eut été prononcée bien formellement en sa faveur, il demanda tout doucement s'il pouvait partir. Le roi profita de cette occasion pour lui présenter la liste de ses méfaits. Il l'avait reçu chez lui, lui écrit-il, par estime pour son esprit, et croyant qu'un homme de son âge, lassé de s'escrimer contre les auteurs et de s'exposer à l'orage, venait à lui pour se réfugier comme en un port tranquille. Mais il avait d'abord, d'une façon assez singulière, exigé de lui de ne point prendre Fréron pour lui écrire des nouvelles , et après qu'il a eu la faiblesse , non-seulement de l'accorder, mais encore de faire partir d'Arnaud, qui ne lui avait rien fait à lui, pour le bon plaisir.de Voltaire, celui-ci a avec le juif la plus vilaine affaire du monde, qui fait un train affreux dans toute la ville. L'affaire des billets saxons est si bien connue en Saxe qu'on en a porté, à lui, le roi, de grièves plaintes. Il veut la paix dans sa maison, et l'on s'adresse mal à lui pour des intrigues et des cabales. « En cas, ajoute-t-il, que vous puissiez vous résoudre à vivre en philosophe, je serai bien aise de vous voir; mais si vous vous abandonnez à toutes les fougues de vos passions, et que vous en vouliez à tout le monde, vous ne me