‹ Voltaire: six conférencesChapitre 132 sur 257 · VOLTAIRE ET LA BEAUMELLE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET LA BEAUMELLE

ambulant ne pouvait se recommander à la cour de Frédéric par une telle sortie ; mais elle pouvait échapper au roi si on ne la lui faisait pas remarquer. C'est justement ce qu'avait fait Voltaire, assura Maupertuis à La Beaumelle; tandis que Voltaire, croyable cette fois, assure que c'était non lui, mais le marquis d'Argens, dans le but de lui créer dès embarras. Là-dessus l'homme de lettres jura de poursuivre Voltaire jusque dans les enfers, et débuta tout d'abord par faire imprimer à Francfort son Siècle de Louis XIV, avec toutes sortes d'annotations scandaleuses. Voltaire dénonça ces annotations dans une violente réponse, et se vit de cette façon engagé, avec toutes celles qu'il avait déjà, dans une nouvelle querelle littéraire ou plutôt dans deux ; car on pouvait prévoir qu'il saisirait le premier prétexte pour régler ses comptes avec Maupertuis. Le prétexte ne vint que trop tôt, et cette lutte amena après elle des suites en face desquelles disparaît la querelle avec La Beaumelle. Depuis longtemps déjà Maupertuis croyait être sur la trace d'une loi naturelle, d'après laquelle la nature, pour chaque mouvement, employait toujours la plus petite force; il fondait de grandes espérances sur cette loi d'économie, comme il l'appelait; il l'avait exposée devant son académie, et consignée dans un travail sur la cosmologie. Maintenant, nous nous souvenons d'avoir vu parmi les hôtes de Cirey un certain Kœnig, qui y avait longtemps demeuré. Il avait été recommandé à la marquise, comme précepteur de mathématiques, par Maupertuis, s'était dans la suite brouillé avec elle, et était alors, comme bibliothécaire, au service de la princesse d'Orange à La Haye. Il était aussi devenu membre de laça-

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