VAINE TENTATIVE DE FUITE
jours; à son retour, Frédéric, au gré duquel la chose avait déjà trop duré, fît parvenir à Francfort Tordre de laisser partir Voltaire, contre la promesse écrite de rendre le volume aussitôt qu'il serait possible. Le 18 juin, après un séjour de plus de quinze jours, la caisse arriva; mais Freytag n'avait alors reçu encore que le billet de Frédersdorf et non l'ordre de libération, et refusa non-seulement de laisser aller Voltaire, mais même d'ouvrir la caisse. Voltaire vit là un manque de parole et ne se crut plus obligé dès lors à tenir la sienne. Le 20 il s'esquiva avec son secrétaire de l'hôtel du Lion-d'Or, et tous deux, n'enlevant que les choses de première nécessité, montèrent dans une voiture de louage, qui devait les conduire à Mayence. Mais à la porte de Mayence, ils se virent arrêtés : Freytag, qui avait eu vent de leur fuite de l'hôtel, y avait envoyé et accourait, en proie à la plus vive irritation, pour ramener prisonniers dans la ville Voltaire et son secrétaire, en vertu de pleins pouvoirs obtenus à la hâte du bourgmestre. On les conduisit d'abord chez un certain Schmidt, marchand, qui , avec le titre de conseiller à la cour, était l'adjoint et le remplaçant de Freytag, et Voltaire se vit exposé, dans un comptoir, aux regards hébétés de commis et de domestiques, et gardé comme un criminel. On enleva aux prisonniers leur argent et leurs effets, et on ne laissa pas même sa tabatière au poëte de la. Henriade, Ses yeux étincelaient de fureur, raconte CoUini , et tout à coup il saisit l'occasion de s'enfuir dans la cour par une porte ouverte. Toute la maison le suivit, et CoUini arrivant, vit son maître courbé dans un coin, mettant ses doigts dans sa bouche et faisant des efforts pour vomir. Vous trouvez-