‹ Voltaire: six conférencesChapitre 145 sur 257 · VOLTAIRE A STRASBOURG · texte numérisé non relu

VOLTAIRE A STRASBOURG

tation, Voltaire se rendit, vers la fin de juillet, à Mannheim et à Schwetzingen, château de plaisance avec ce jardin si renommé plus tard, qui était la résidence d'été de rélecteur. Celui-ci combla Voltaire d'attentions, et fit entre autres représenter devant lui plusieurs de ses pièces sur son théâtre français. Après quinze jours passés à Schwetzingen, Voltaire se rendit, dans le milieu d'août, à Strasbourg, et tandis que partout il avait l'habitude de descendre dans les premiers hôtels , il se dirigea ici vers une petite auberge écartée, V OurS'Bla7ic. Le public, qui ne perdait pas de vue* cette illustration, en fit des gorges chaudes, et, — c'est un avare, finit-on par dire. — « Mais on va voir, écrit CoUini , combien l'on a tort d'ajouter foi aux apparences, et à quel point on doit être circonspect à juger les actions des hommes sur de simples conjectures. Ce qui passait pour un trait d'avarice n'était, dans le fond, qu'un eifet de la bonté de son cœur. Un des garçons de l'auberge de V Empereur, à Mayence, nous avait servis avec une extrême attention. Son zèle et ses manières lui avaient gagné les bonnes grâces de Voltaire. Ce garçon était de Strasbourg. Il nous dit que son père tenait dans cette ville l'auberge de V Ours-Blanc, et nous supplia d'y aller loger. Cette attention d'un fils pour l'auteur de ses jours toucha mon illustre compagnon de voyage : il promit ce qu'on lui demandait. » Toutefois, il s'installa bientôt dans une maison de campagne , en avant de la ville, où il put recevoir les visites qui lui venaient en foule , mais aussi sut faire son profit, pour l'amélioration de ses Annales de V Empire, des indications de l'historien strasbourgeois Schœpflin. On conçoit que Paris manquait fort à Voltaire, et il

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