VOLTAIRE A SENONES ET A PLOMBIERES
son adversaire , Maupertuis , était aussi un homme malade et avait aussi jeté ses vues sur Plombières. Voltaire alors s'arrêta dans sa route et se retira à l'abbaye de Senones, à laquelle il avait pensé un instant, comme nous nous en souvenons, cinq ans auparavant, lors de la mort de la marquise. Là il rencontra son savant ami , dom Calmet, avec lequel il put échanger des souvenirs de Cirey , mais put consulter aussi les pères de l'Eglise et les actes des Conciles. C'est ce qu!il fit pendant près d'un mois, et il se procura, par les moines, des extraits des respectables in-folios, qui lui vinrent bien à point plus tard pour ses écrits théologiques. Lorsqu'il sut le champ libre à Plombières, il y passa une couple de semaines avec M™« Denis et le fidèle d'Argental. A Colmar, où il revint ensuite , il eut, dans le cœur de l'automne, une agréable surprise. La margrave de Bayreuth, Wilhelmine,. sœur de Frédéric, à son passage pour Montpellier, où elle pensait passer l'hiver avec son mari, s'arrêta à Colmar pour saluer Voltaire ; elle voulut même l'emmener. Les choses n'allèrent pas jusque-là, mais il se servit de l'entremise de la sœur pour agir sur le frère; car à la fin de cette année même il est question de tentatives de sa part pour préparer son retour à Berlin. Dans la suivante, il envoya au roi les Annales de l'Empire et d'autres écrits, avec des lettres destinées à l'apaiser. Mais celui-ci écrivit à son secrétaire d'alors, Darget : € Croiriez-vous bien que Voltaire, après tous les tours qu'il m'a joués, a fait des démarches pour revenir! Mais, que le ciel m'en préserve! Il n'est bon qu'à lire et dangereux à fréquenter. » Après l'expérience qu'il avait faite, il est à peine croyable que Voltaire eût donné réellement