‹ Voltaire: six conférencesChapitre 149 sur 257 · MONRION ET LES DELICES · texte numérisé non relu

MONRION ET LES DELICES

rion, et le reste du temps dans sa campagne de Genève. La situation de cette dernière était ravissante : elle dominait la ville et le lac, avec les Alpes et leurs glaciers dans le lointain, tandis que derrière la maison des terrasses et des jardins offraient de charmantes promenades. Elle méritait bien que le nouveau propriétaire changeât son nom en celui de Délices, sous lequel est devenue célèbre cette terre habitée par Voltaire plusieurs années. Un homme d'une telle sorte ne pouvait rien posséder sans tenter d'y imprimer le sceau de son esprit et de son goût; aussi, à peine Voltaire fut -il maître de ces deux propriétés, qu'il commença à planter et à bâtir. Surtout aux Délices , la maison et le jardin furent embellis. C'est de là qu'il écrivait à une dame de ses amies qu'elle devrait s'arranger aussi un joli jardin, chose très-amusante, l'eau, les fleurs, les arbustes étant la source de tant de consolations qu'on ne trouve pas près des hommes. Ses soins s'étendaient jusqu'aux détails. Nous avons une lettre de lui, du printemps de 1756, où il recommande de faire tomber les hannetons des marronniers et de les donner à manger aux poules. Il s'occupait pour la maison d'une installation commode ; la cuisine et la cave étaient toujours excellement garnies, et il ne manquait ni de chevaux ni de voitures. Les visiteurs devenaient des hôtes, et madame Denis faisait les honneurs; Voltaire lui-même était l'amphitryon le plus aimable, sans que fussent en souffrance pour cela ses travaux littéraires, qui devenaient alors de la plus haute importance. Les deux petites propriétés qu'il s'était acquises n'étaient pas encore un espace suffisant pour l'activité de Voltaire, qui, comme nous l'avons assez vu, outre les occupations de l'es-

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