‹ Voltaire: six conférencesChapitre 155 sur 257 · CANDIDE · texte numérisé non relu

CANDIDE

pagnée de doute. La révélation détruit le doute et met la certitude à la place; mais la révélation a eu des caractères, des elFets qui empêchent de l'accepter comme une réelle garantie.

Bientôt après, Voltaire développa les mêmes idées dans son fameux roman Candide ou rOptimisme. C'est une histoire pleine d'aventures, qui nous mène à travers la moitié du monde : de Westphalie en Hollande ; de là en Portugal, où le tremblement de terre revient en scène; puis en Amérique ; derechef en Europe, à Paris, Londres, Venise, enfin en Turquie. Voici le thème : Comment peuton dire le meilleur des mondes possibles un monde où il y a tant et de si effroyable mal physique et moral , comme la guerre et les tremblements de terre, la peste et des maladies plus terribles encore, l'inquisition et la traite des esclaves? Trois réponses sont données comme conclusion : Martin , le pessimiste tant de fois éprouvé , a fini par être persuadé que l'homme est né pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude ou dans la léthargie de l'ennui. Candide, le héros du roman, n'en convient pas, mais n'assure rien; quant à Pangloss, le doctrinaire optimiste, il avoue qu'il a horriblement souffert; mais ayant soutenu une fois que tout allait à merveille, il le soutient toujours et n'en croit rien. La conclusion finale de cette sagesse, rappelant que le héros , après toutes sortes d'alternatives de fortune, après avoir gagné des trésors immenses, après les avoir perdus , trouvait finalement un bonheur modeste dans la possession et l'entretien d'un petit jardin, la conclusion finale est cette devise bien souvent employée ensuite par Voltaire dans ses lettres : « Il faut cultiver son

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