ECRITS PHILOSOPHIQUES
série de traités d'où l'on peut dégager l'ensemble des idées philosophiques de Voltaire. Un nombre considérable d'écrits sur les mêmes objets se succèdent encore pendant les années suivantes. Ainsi, en 1766, le traité substantiel le Philosophe ignorant; en 1770, Tout en Dieu ou Commentaire sur Malehranche ; deux ans plus tard, Il faut prendre un parti ou le principe d'action, et la même année les soi-disant Lettres de Memmius à Cicéron, Voltaire aimait à exposer ses études philosophiques sous la forme dialoguée. Citons les entretiens entre Lucrèce et Posidonius , entre Su-Su et Kou , et avant tout les Dialogues d'Evhènière, comme appartenant à ses plus importants écrits philosophiques. Nous avons déjà touché un mot de l'intérêt philosophique que présentent ses poëmes didactiques.
Pour apprendre comment Voltaire en vint à ces questions, pour faire connaître le terrain sur lequel il se plaçait, je vais citer un passage de son Traité de métaphysique^ composé pour la marquise du Chàtelet, passage qui se retrouve à divers endroits de ses écrits sans être beaucoup transformé. Comme il nous faut, pour bien concevoir le vrai système du monde, nous transporter de notre terre sur le soleil, ainsi, pense-t-il, nous devons pour bien juger l'homme abandonner le cercle des préjugés humains, nous supposant être un habitant de Mars ou de Jupiter qui viendrait sur la terre. « Descendu, dit-il, sur ce petit amas de boue , et n'ayant pas plus de notion de l'homme que l'homme n'en a de Mars ou de Jupiter, je débarque sur les côtes de l'Océan, dans le pays de la Cafrerie, et d'abord je me mets à chercher un homme. Je vois des