‹ Voltaire: six conférencesChapitre 178 sur 257 · FAUX-FUYANTS · texte numérisé non relu

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hésitons à le faire, que cette croyance est d'utilité générale. Très-bien, si cela était encore possible avec la manière de voir de Voltaire! Cette immortalité, il ne l'avait pas absolument niée dans la Métaphysique écrite pour la marquise ; mais il l'avait trouvée également contraire à toute vraisemblance. Maintenant, dans V Homélie, i\ dit : « Sans vouloir tromper les hommes , on peut dire que nous avons autant de raisons de croire que de nier l'immortalité de l'être qui pense. » Parmi ces raisons de croire à l'immortalité , est naturellement comprise son utilité ; mais cela ne prouve rien quand la question est : cela est-il concevable? Voltaire alors se réfugie dans les ténèbres de l'ignorance. « Nous ignorons ce qui pense en nous, et par conséquent nous ne pouvons savoir si cet être inconnu ne survivra pas à notre corps. Il se peut physiquement qu'il y ait en nous une monade indestructible, une flamme cachée, une particule du feu divin, qui subsiste éternellement sous des apparences diverses. » Ailleurs encore, dans un de ses dialogues, il fait dire à un lettré chinois s'entretenant avec son disciple, qu'une pensée n'est rien de matériel; pourquoi serait-il alors si difficile de croire que Dieu a mis en l'homme un principe divin, qui étant indissoluble serait au^si immortel ? Oserons-nous dire qu'il est impossible que nous ayons une âme? Certainement non; mais si c'est possible, n'est-ce pas alors très-vraisemblable? Pouvons-nous repousser un système qui est si beau et si utile à l'humanité? Toujours cette maudite utilité, au nom de laquelle notre philosophe tente de contredire ses premières conclusions, de détruire ses beaux arguments contre l'existence de l'âme, contre la dualité de substance dans l'homme. Mais par une aussi

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