‹ Voltaire: six conférencesChapitre 179 sur 257 · RÉMUNÉRATION ICI-BAS · texte numérisé non relu

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piètre argumentation il ne réalise même pas l'utilité désirée : quiconque ne sait pas mieux prouver Texistence de rame édifie moins que s'il la niait.

Et Voltaire l'a fait, en eifet, quand il a eu le courage de laisser de côté ces arrière-pensées d'utilité. Dans le dialogue Sophronime et Adelos , le premier, incontestablement l'organe de la propre pensée de Voltaire, dit : « J'ai craint longtemps , comme vous , ces conséquences dangereuses, et c'est ce qui m'a empêché d'enseigner mes principes ouvertement dans mes écoles; mais je crois qu'on peut aisément se tirer de ce labyrinthe. Il ne faut pas accuser Dieu d'injustice parce que les enfers des Egyptiens, d'Orphée et d'Homère n'existent pas, et que les trois gueules de Cerbère, les trois Furies, les trois Parques, les mauvais démons, la roue d'Ixion, le vautour de Prométhée sont des chimères absurdes. Il y a certes une punition plus vraie, plus inévitable dans ce monde pour les scélérats. Et quelle est-elle? C'est le remords, qui ne manque jamais , et la vengeance humaine, laquelle manque rarement. J'ai connu des hommes bien méchants, bien atroces, je n'en ai jamais vu un seul heureux. Je ne ferai pas ici la longue énumération de leurs peines, de leurs horribles ressouvenirs, de leurs terreurs continuelles , de la défiance où ils étaient de leurs domestiques, de leurs femmes, de leurs enfants. Cicéron avait bien raison de dire : « Ce sont là les vrais « Cerbères, les vraies Furies, leurs fouets et leurs flam- « beaux. Si le crime est ainsi puni, la vertu est récom- « pensée, non par des Champs-Elysées où le corps se pro- « mène insipidement quand il n'est plus ; mais pendant sa « vie, par le sentiment intérieur d'avoir fait son devoir,

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