‹ Voltaire: six conférencesChapitre 182 sur 257 · VOLTAIRE ET LA LIBERTÉ HUMAINE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET LA LIBERTÉ HUMAINE

berté dans Dieu est le pouvoir de penser toujours tout ce qu'il veut et d'opérer toujours tout ce qu'il veut » ; la liberté dans rhomme est « le pouvoir faible, limité et passager, de s'appliquer à quelques pensées et d'opérer certains mouvements ». L'opinion erronée que l'homme n'est pas libre vient du spectacle de ses passions, qui l'entraînent souvent contre sa volonté à certains actes ; ainsi la colère, l'amour, etc. Mais dire que l'homme n'est pas libre parce que parfois il ne l'est pas, c'est dire : les hommes sont malades quelquefois, donc ils n'ont jamais de santé. Il est bien certain que les hommes ne sont pas tous également libres, comme ils ne sont pas tous également sains. L'objection contre la liberté humaine, qui plus tard aura raison de l'indéterminisme de Voltaire, commence déjà à poindre ici, mais n'est pas encore regardée comme invincible. Cette objection oppose qu'en effet nos sens obéissent parfois à notre volonté, mais que notre volonté obéit toujours à notre entendement. L'homme ne veut que ce qu'il tient pour bon et désirable, et son entendement n'est pas le maître de ne pas juger bon ce qui lui paraît bon. L'entendement agit nécessairement ; la volonté est déterminée par l'entendement ; la volonté est donc déterminée nécessairement : donc l'homme n'est pas libre. Voltaire croit pouvoir détruire cette objection par cette remarque, qu'il ne faut pas se représenter l'entendement et la volonté comme deux êtres réels, dont l'un agit physiquement sur l'autre; c'est toujours le même homme qui, comme être voulant, se détermine à faire ce qui lui a paru bon comme être pensant. Et c'est là justement le point où l'opinion de Voltaire subit une révolution. Ce qu'il y a d'involontaire dans nos

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