‹ Voltaire: six conférencesChapitre 186 sur 257 · VOLTAIRE THÉOLOGIEN · texte numérisé non relu

VOLTAIRE THÉOLOGIEN

justice est tellement reconnue, que les plus grands crimes qui affligent la société humaine sont tous commis sous une fausse apparence de justice. Le plus grand , du moins le plus destructif de tous, est la guerre; mais il n'y a aucun agresseur qui ne colore ce forfait d'un prétexte de justice. Il est temps d'arriver enfin à ce côté de la pensée de Voltaire, qu'à la vérité il nous a déjà dévoilé jusqu'ici en passant, mais qui est d'autant plus digne d'une étude attentive, que c'est là qu'il a eu l'action la plus puissante, et qu'il a soulevé le plus de haines : je veux dire sa situation en face du christianisme. Voltaire passe pour le mortel ennemi du christianisme, et nous pouvons accorder par avance que celui-ci lui était antipathique, non-seulement sous sa forme à cette époque, mais sous toutes les formes qu'il avait revêtues depuis sa première extension. Avant tout, cette aversion se manifestait pour la hiérarchie, * pour la domination abrutissante et persécutrice du clergé ; mais le dogme chrétien lui-même et la morale chrétienne, au moins par son côté ascétique, ont en lui un adversaire, et sa critique dissolvante s'étend jusqu'à la naissance du christianisme, jusqu'à son fondateur, jusqu'au judaïsme. L'impression que firent sur lui dès les premiers temps la doctrine chrétienne et sa conception du monde se dégage de YÉpître à Uranie , qui appartient, comme nous le savons déjà, à ses plus jeunes années, et dont nous donnons ici les passages principaux. « Viens, dit-il à son amie.

Viens, pénètre avec moi, d'un pas respectueux,

Les profondeurs du sanctuaire Du Dieu qu'on nous annonce et qu'on cache à nos yeux. Je veux aimer ce Dieu, je cherche en lui mon père;

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