LA RÉFORME
rapporta la religion chrétienne : celles de Tantiquité ont été tolérantes; Tislamisme lui-même s'est toujours montré plus doux que le christianisme. Voltaire fait le compte détaillé de tous les massacres qui ont été commis au nom de ce dernier pendant les quinze siècles de sa domination ; il établit un chiffre approximatif pour les anciennes querelles des ariens et des donatistes, pour les croisades et la guerre des albigeois, pour les luttes avec les hussites et les protestants, pour les massacres des Américains par les Espagnols, des protestants dlrlande parles catholiques, etc. et parvient ainsi à un total de 9,468,800 hommes, qui. périrent à cause du christianisme. La Réforme elle-même ne mit pas fin à ces horreurs, mais attisa au contraire le feu des persécutions et des guerres religieuses en Europe.
Si nous avions supposé trouver Voltaire, dans sa lutte contre le clergé catholique, mieux disposé à l'égard du protestantisme, en raison de son principe pluslibre, nous serions détrompés par un examen plus attentif de ses écrits. Il dit bien une fois que le protestantisme accepte la même erreur fondamentale, mais est sujet à moins d'erreurs dans les conséquences, c'est-à-dire qu'il s'est débarrassé de maints abus et de maintes opinions trop ridicules: Mais déjà dans son Essai sur les mœurs ^ etc., où est traitée l'histoire de la réforme, nous ne voyons pas que Voltaire ait eu l'entière intelligence de sa nécessité. Il n'abandonne à aucun prix sa manière de faire sortir les grands effets des petites causes, ni son amour de la paix. D'une querelle de moines entre les augustins et les dominicains dans un petit coin de la Saxe, à l'occasion des in-