‹ Voltaire: six conférencesChapitre 212 sur 257 · ELISABETH ET CATHERINE II DE RUSSIE · texte numérisé non relu

ELISABETH ET CATHERINE II DE RUSSIE

gai du rêve, ne fut détourné de son projet de visite à Ferney que par la nouvelle subite de la mort de son père, qu'il reçut à Paris, de même que l'empereur Joseph, visitant Paris sous le nom du comte de Falkenstein et désirant à son tour passer par Ferney , n'en fut détourné que par sa dévote mère. Voltaire entretint pendant ces années un commerce épistolaire avec toute une série de princes et de princesses, avec Frédéric de Prusse et, tant qu'elle vécut, avec sa sœur de Bayreuth, surtout avec la princesse de Saxe -Gotha, et bientôt avec l'impératrice Catherine II de Russie. Sa liaison avec la cour russe avait été commencée d'étrange façon sous la reine Elisabeth, peu amante des lettres cependant. Le favori de cette dernière, Schowalow, lui avait persuadué de faire écrire l'histoire de son père, Pierre le (Srand, par l'historien de Charles XII de Suède. Ce travail rapporta à Voltaire beaucoup d'argent et de merveilleuses fourrures, et le prédicateur allemand Buching faillit se repentir d'avoir osé dire à Pétersbourg que jamais dans le monde un si mauvais livre n'avait été si magnifiquement récompensé. Voltaire d'ailleurs sut être reconnaissant, et lorsqu'Elisabeth mourut, au commencement de 1762, il écrivit à d'Alembert : « J'ai fait très-sérieusement une très- grande perte dans l'impératrice de toutes les Russies. » Cependant, non-seulement celle qui vint après, Catherine II, fut assez avisée pour marcher sur ses traces dans ses rapports avec Voltaire ; mais pour s'attacher également les maîtres de l'art littéraire français, outre Voltaire, d'Alembert et Diderot; par toutes sortes de marques de faveur. Ceux-ci ne manquèrent pas de faire preuve de leur gratitude par des louanges sincères, car ils

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