‹ Voltaire: six conférencesChapitre 213 sur 257 · NOUVEAUX RAPPORTS AVEC FREDERIC · texte numérisé non relu

NOUVEAUX RAPPORTS AVEC FREDERIC

étaient enchantés de l'esprit et de la culture de cette femme, de son zèle pour la civilisation, de sa tolérance et de l'éclat de son règne ; et quant à l'acte par lequel elle s'était frayé la voie au trône. Voltaire jugeait que son mari défunt aurait tort devant la postérité. Il la nommait la Sémiramis du nord; savait-elle qu'iPavait donné le^même titre à la sauvage qui l'avait précédée ?

Si Voltaire regardait la mort de cette dernière comme une très-grande perte pour lui, ce n'est pas qu'il eût d'ailleurs à la pensée de vouloir le mal de Frédéric de Prusse, auquel cette mort de sa plus terrible ennemie avait sauvé la vie, et avec qui il était réconcilié, au moins par lettres. Car Frédéric était depuis bien longtemps réconcilié avec Voltaire, quand Voltaire ne l'était pas encore avec Fré'déric. Il ne pouvait lui pardonner l'ailfaire de Francfort, et il ne la lui pardonna jamais en effet. Il avait versé tout son fiel contre le roi en 1759, dans àe^ Mémoires qu'il laissa inachevés, mais qui parurent après sa mort, alors que celui-ci vivait encore, en 1784, sous le titre : La vie privée du roi de Prusse, ou Mémoires pour servir à la vie de M. de Voltaire, écrits par lui-mêm^, et furent immédiatement ajoutés à la collection de ses œuvres. Le caractère de Frédéric y est montré sous le plus mauvais jour, et les plus misérables soupçons y sont manifestés contre la pureté de ses mœurs. Lorsque Voltaire avait tenté de renouer, comme nous nous en souvenons , presque aussitôt après la rupture de son commerce avec le roi, la vanité seule était en jeu, non l'affection. Par cette brusque rupture de relatiens qui avaient élevé si haut l'éclat de son nom, il se sentait sans défense en face du monde. Ce qu'il voulait avoir,

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