‹ Voltaire: six conférencesChapitre 222 sur 257 · ENNUIS DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

ENNUIS DOMESTIQUES

un congé pour travailler en commun à la révocation de larrêt de mort prononcé contre lui. Il le garda un an et demi à Ferney et finit par l'aimer de la même façon que dix ans auparavant la jeune Corneille.il le fit instruire dans la géométrie et Tart des fortifications, et envoya des preuves de son zèle et de son habileté au roi, qui lui fit un accueil amical à son retour en 1775, et le nomma capitaine dans le corps du génie.

Ferney, au temps ou Morival l'habita, n'était plus aussi animé que dix ans auparavant. Voltaire approchait de sa quatre-vingtième année et les maux de la vieillesse commençaient à se faire sentir davantage. Puis des contrariétés domestiques datant du commencement de 1768 y ajoutèrent encore. En tout temps. Voltaire avait dans son secrétaire des travaux qu'il y conservait, soit parce qu'il voulait les améliorer, soit parce qu'il ne les destinait pas à la publicité, au moins pour l'instant. Son défaut de précautions d'un côté et l'appât du gain d'un autre, faisaient que souvent de ces manuscrits lui étaient dérobés , ce qui toujours l'irritait au plus haut degré. Cette fois, un jeune écrivain parisien, sur le talent duquel Voltaire comptait beaucoup, et qui, littérairement parlant, était un de ses fervents disciples, de La Harpe, était resté longtemps à Ferney ,' lorsqu'on s'aperçut de l'absence de manuscrits que celui-ci seul avait pu soustraire , et encore avec le secours de la charmante lîièce, qui auparavant déjà avait prêté la main à de semblables infidélités. Voltaire fut d'autant plus courroucé que parmi ces manuscrits se trouvaient les vilains mémoires contre le roi de Prusse, qu'il ne pouvait plus alors désirer porter à la connaissance du pu-

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