‹ Voltaire: six conférencesChapitre 23 sur 257 · VOLTAIRE ET NINON · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET NINON

vieille amie, la fameuse Ninon de l'Enclos, une Aspasie française, qui, depuis les dernières années du cardinal de Richelieu jusqu'aux joui*s de madame de Maintenon, avait charmé les hommes par la finesse de son esprit et la grâce de ses manières, non moins que par sa beauté, et qui avait fini même par conquérir la considération des femmes. Agée alors de plus de quatre-vingts ans, elle avait trouvé plaisir à cet enfant éveillé, et lui avait laissé par son testament 2000 francs « pour acheter des livres ». Si Voltaire, lorsqu'il composa ces vers pour l'invalide, avait treize ans , ou , comme il le dit une autre fois , seulement douze, Ninon était morte alors depuis un an ou deux; mais le père de celui-ci était son notaire, la mère lui avait été connue, et elle peut bien avoir institué un petit legs en faveur de cet enfant plein d'espoir que son parrain, lui avait présenté. En tout cas, Voltaire a rappelé toute sa vie avec complaisance avoir été légataire de Ninon , et a célébré son souvenir sous les formes les plus diverses, un dialogue entre elle et madame de Maintenon, une comédie {le Dépositaire), dont le sujet est un noble trait de sa vie, et une lettre ; cette dernière surtout pouvant être dite un petit chef-d'œuvre biographique.

A seize ans, le jeune Arouet sortit du collège; il s'agit alors de choisir un état. Le désir du fils était de se consacrer à la carrière littéraire ; le père répondait que c'était la profession d'un homme destiné à rester inutile à la société, à charge à sa famille et à mourir de faim. 11 entra donc, en 1710, à l'école de droit. Mais la volonté du père était contrecarrée par l'influence du parrain, l'abbé de Chàteauneuf. Comme il avait dit a l'enfant des fables de

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