ENCORE LES QUERELLES LITTERAIRES
rurent de la scène, le premier seulement deux ans, Tautre cinq ans avant lui, étaient venus se joindre toute une série de nouveaux,* les Nonotte et les Patouillet, les Larcher et les Sabatier, les Ribalier et les Cogé , et il ne fut pas en reste avec eux plus qu'avec les premiers. C'est seulement à cette époque qu'il régla son compte principal avec son adversaire juré, Fréron. Il le peignit dans VÉcossaise (1760) sous le nom de Frelon. Cette pièce a été traduite en allemand, et c'est pourquoi Lessing en a touché un mot dans sa Dramaturgie de Hambourg. Il ne doute pas que l'auteur n'ait ainsi porté un coup sensible à ce haineux journaliste, et ajoute que les Allemands, désintéressés de la question de personne, trouvent néanmoins dans ce Frelon la peinture fidèle d'une sorte de gens qui ne leur est pas étrangère ; car ils ont leurs Frelons tout comme les Français et les Anglais. Ce même mérite de représenter une classe .d'hommes qui ne meurt pas , se retrouve dans la satire de Voltaire datant de 1758 : le pauvre Diable, où il se fait conter toute sa carrière par un aventurier de la littérature engagé dans cette honteuse voie, et qui entre autres s'est trouvé un jour à la solde de Fréron. Il finit, pour lui procurer un pain honorable, en le faisant sou portier. Quelques années plus tard, en 1764, Voltaire fit ujae véritable battue parmi toute une troupe de ses adversaires littéraires, cette fois en leur conservant leurs vrais noms, dans un chant supplémentaire de la Pucelle. Nous rencontrons là Fréron, La Beaumelle, Chaumeix, Sabatier, etc., criminels qui avaient été enchaînés et transportés sur les galères, et qui, mis en liberté par le roi Charles, désireux de les employer comme soldats, profl-