‹ Voltaire: six conférencesChapitre 237 sur 257 · DERNIER VOYAGE DE VOLTAIRE A PARIS · texte numérisé non relu

DERNIER VOYAGE DE VOLTAIRE A PARIS

Ferney, elle aussi, était un enfant chéri, et elle ne pouvait se passer de son père.

Le 5 février 1778, deux jours après le départ de la nièce et des VUlette, Voltaire quitta Ferney, en compagnie de son secrétaire. Les adieux aux colons furent tristes; il y eut des larmes des deux côtés. Pendant le trajet, qui dura -six jours, le vieillard fut d'excellente humeur ; il causait et se faisait faire la lecture, ou lisait lui-même et dormait de temps en temps, et aux stations il eût trèsvolontiers poussé la. jovialité jusqu'à enivrer son compagnon. Lorsqu'à la barrière de Paris on lui demanda s'il n'avait pas de contrebande, il répondit qu'il n'y en avait d'autre que lui-même. C'était le 8 février, à trois heures et demie ; on se rendit à l'hôtel du marquis de Villette, et Voltaire était si bien portant qu'une heure après il était sur pied pour faire visite à son ami d'Argental. La première chose qu'il' apprit de celui-ci fut la mort de son ancien élève, l'acteur Lekain. Il je'ta un grand cri, et cette nouvelle lui parut comme un mauvais présage à son entrée à Paris.

Dès que le bruit de l'arrivée de Voltaire se fût répandu dans la ville, son salon ne cessa plus d'être rempli. Des poésies et des adresses lui furent envoyées, des députations se présentèrent, les acteurs vinrent conférer de la répartition de leurs rôles pour Irène, Voltaire se montrait aimable avec tout le monde ; il disait à tous des choses charmantes et pleines d'esprit; ils étaient ravis, lui, enivré. S'il se montrait dans la rue, il était acclamé par le public. Les pères le désignaient à leurs enfants ; on se souvenait surtout de ce qu'il avait fait pour la famille Calas. Outre

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