ENTHOUSIASME DE LA CAPITALE
le mérite et la gloire de ce vieillard fameux, Tattention était encore attirée par Tétrangeté de son costume, appartenant à une époque disparue, et composé d'un habit rouge, doublé d'hermine, d'une perruque bouclée, noire et sans poudre, et, comme coiffure, d'un bonnet carré, rouge également et garni de fourrure. Ajoutez à cçla le vieux carrosse amené de Ferney, avec des étoiles d'or sur un fond d'azur. Les malins de Paris l'appelaient la voiture de l'empyrée.
Mais tandis que la capitale offrait ainsi ses hommages à celui dont elle avait été si longtemps privée, les nouvelles de Versailles n'étaient pas telles que l'avaient fait prévoir les lettres dont nous avons parlé. On y était surpris de l'arrivée de Voltaire. Elle était désagréable aux uns et mettait les autres dans l'embarras. La faveur de ces derniers n'avait rien de solide. Chez Marie- Antoinette c'était l'aspiration d'une fille d'Eve au fruit défendu, ou plutôt elle cherchait l'occasion de voir en personne ce vieil arbre de la science. Le pauvre d'Artois, alors adolescent, croyait trouver dans Voltaire le modèle des hommes, comme cinquante ans plus tard, roi, épuisé de vieillesse, il s'accrocha aux cléricaux; le comte de Provence restait froid, comme toujours; il faut compter aussi la résistance du roi : il y avait en lui du sentiment ; mais que pouvait-il contre la nature, qui ne lui avait pas donné plus d'intelligence, et contre l'éducation, qui l'avait laissé sans lumières ? .11 fit rechercher si dans les arrêtés de son prédécesseur il n'y en avait pas un interdisant expressément à Voltaire le séjour de Paris. On n'en trouva point. Naturellement aussi le clergé s'émut; le curé de Saint- Sulpice, dans la