VOLTAIRE SE RETABLIT. SOTLÈNNITÉ THEATRALE
gatif, soit par leur côté afiirmatif. Cela résulte clairement de ce qui suivit la scène de confession. Après l'absolution, l'abbé voulut encore donner au malade la communion ; mais celui-ci lui fit remarquer qu'il crachait encore du sang, « et il faut bien se donner de garde, dit-il, de mêler celui du bon Dieu avec le mien, » et quelques jours après il répondit à un ami qui lui demandait s'il s'était réellement confessé, qu'il fallait un peu hurler avec les loups, et que, s'il habitait au bord du Gange, il voudrait mourir avec une queue de vache dans la main.
Voltaire se rétablit et se rendit le 30 mars à l'Académie, qui le reçut avec les plus grands honneurs et l'élut directeur; puis au théâtre, pour assister à la représentation Hi' Irène, Dans les deux cas l'affluence fut énorme; on poussait des hourras, on montait sur sa voiture, et, descendu devant le théâtre au bras du marquis de Villette, il put à peine en gagner l'entrée, malgré la garde qui s'efforçait de lui frayer un chemin. A l'intérieur la foule se pressait également, surtout les dames, ou pour le voir de près, ou pour toucher ses habits. La reine, alors à l'Opéra, voulait venir à la représentation ; mais on raconta qu'elle en avait été détournée par un billet du roi. Sur ces entrefaites le public et les acteurs préparèrent une apothéose à Voltaire. Lui-même dans sa loge et son buste sur la scène furent couronnés, et on le célébra dans une pièce de vers, tandis que les vivat et les bis ne finissaient point. « On veut m'étoufler sous des roses, » s'écria le vieillard profondément ému.
A Versailles, où l'on prêchait contre Voltaire devant le roi, dans la chapelle du château, ce triomphe excita un