VOLTAIRE ET OLYMPE DUNOYER
nace de se tuer si elle ne veut pas le suivre dans sa patrie ; elle, bien qu'animée d'un amour égal, montre plus de raison ; ces paroles : mon aimable enfant, qu'elle lui adresse, caractérisent toute la liaison. La correspondance continua encore quelque temps après le retour de l'amant; mais bientôt la mère décida avec un monsieur Winterfeld une union qui se termina aussi malheureusement que la précédente. Enfin, cette femme si fausse mourut en 1719, et Olympe, déjà séparée d'avec son mari, revint en France, où elle mena au commencement une existence difficile; mais au bout de quelques années la mort d'un oncle la plaça dans une situation plus favorable, et elle sut se faire dans la société une place respectée. Voltaire, qui aussitôt après sa rentrée avait tenté de venir à son aide, lui donna plus tard encore des preuves de son constant attachement. Voilà encore un de ces traits qui, se renouvelant dans des circonstances semblables durant toute sa vie, témoignent en faveur de son cœur, et que dès lors nous ne devons pas laisser se perdre.
Le marquis de Châteauneuf n'avait pas l'indulgence de feu son frère , car il fit précéder le page d'une lettre au père, laquelle ne contenait rien moins que des éloges. Le vieillard parla de déshériter, d'obtenir une lettre de cachet; il fut même question d'un envoi aux îles. Il était grand temps de se soumettre, et, conformément aux ordres paternels, d'entrer dans l'étude d'un procureur : ce qui n'amena aucun changement dans les aspirations du jeune homme; si ce n'est que là, comme auparavant à l'école de droit, il a dû, grâce à sa facilité d'assimilation, saisir maintes connaissances, qui le servirent grandement dans