MORT DU PÈRE DE VOLTAIRE
vénal, les Philippiques ^ parut contre le régent, et Voltaire passa pour en être l'auteur. Un nouveau bannissement, cette fois sous la forme d'un bon conseil, en fut le résultat vers la fin de mai 1719, plus favorable encore à l'auteur que les précédents. Tantôt à Vaux-Villars, chez la maréchale de Villars, tantôt à Sully chez le duc du même nom, il allait, selon sa propre expression, de château en château, partout reçu avec distinction comme la nouvelle étoile de la poésie, partout retenu pour ses talents de société, jusqu'à ce que le régent ayant découvert le véritable auteur de la satire, lui permit de revenir au commencement de l'hiver. Une nouvelle tragédie, Artémire, qu'il fit représenter en février de l'année suivante, n'obtint aucun succès et fut retirée par notre auteur, toujours rapide à prendre une résolution; plus tard il en utilisa les débris pour une autre pièce. Sur ces entrefaites, ]e poëme épique était achevé sous sa première forme ; Voltaire et son second, Thieriot, le lurent soit à des individualités isolées, soit à des cercles de connaisseurs, et aux applaudissements de tous.
Le 1«' janvier 1722 le vieux Arouet mourut sans avoir éprouvé beaucoup de satisfaction avec ses deux fils. Lui-même avait été janséniste, mais avec mesure et raison et non comme son aîné, Armand, sombre fanatique qui fut de tous les agissements du parti qui, plus tard, devait aller jusqu'aux miracles scandaleux du diacre Paris, au cimetière de Saint-Médard. Le père avait cependant pu voir les premiers rayons de la gloire entourer son plus jeune fils, et la légende raconte qu'il ne resta pas insensible aux succès A' Œdipe ; mdi\s> l'incertain de la situation, l'étourderie et les dangers de la conduite de Voltaire ne pouvaient lui