LIAISON AVEC LORD BROLINGBROKE
souscription, et dédier au jeune roi Louis XV, le descendant du héros qu'il célébrait.
A l'automne, Voltaire revint à Paris et recommença à partager sa vie entre cette capitale et les châteaux ou maisons de campagne de ses amis du grand monde, auxquels s'était joint dans les derniers temps un Anglais fort distingué , lord Brolingbroke , forcé de quitter l'Angleterre à cause d'intrigues jacobites, après l'avènement de Georges I«^ au trône; il s'était alors bâti une jolie campagne dans une ravissante contrée de la Touraine, où il menait, avec une Française qu'il avait épousée, madame de Villette, une vie calme d'oisiveté occupée. La connaissance d'un homme qui, selon l'expression de Voltaire, unissait au savoir des Anglais toute la finesse des Français, d'un homme d'Etat et d'un homme en même temps philosophe et représentant du déisme et du sensualisme anglais, la connaissance d'un tel homme devait être pour Voltaire, au point de son développement où il se trouvait, de la plus haute importance. Grâce à l'intérêt du lord pour la littérature française , elle fut facile , et l'accueil fait à l'épopée non encore imprimée par ce couple si cultivé, fut d'un grand encouragement pour le poëte.
Entre autres relations, celles que Voltaire entretenait pendant ces années avec des femmes spirituelles et aimables tiennent une place prépondérante. Comme il lui manquait un intérieur à lui et qu'il avait peu de goût pour le mariage, il éprouvait le besoin de se sentir chez lui dans une maison amie, près d'une femme qui sût l'apprécier et l'inspirer. Parfois l'amour était de la partie, d'autres fois non. La dame pouvait être ou n'être pas veuve; car, même