‹ Voltaire: six conférencesChapitre 41 sur 257 · MARIANNE · texte numérisé non relu

MARIANNE

marchent l'Orgueil, la Trahison, la Fureur; elle appelle le Fanatisme du fond des enfers; dans la bataille se tiennent à ses côtés le Démon de la guerre et la sanglante Mort. Il nous est fait une peinture allégorique de la cour d'Amour même, « ce dangereux enfant. » À l'entrée se trouvent la flatteuse Espéranc^e, et la molle Volupté étendue sur un lit de gazon ; à l'intérieur, la sombre Jalousie au teint pâle et livide, suivant d'un pas chancelant le Soupçon qui la guide, etc. , machinerie monotone qui nous effarouche, mais n'était pas antipathique aux contemporains, pas plus qu'aux oreilles françaises ou accoutumées au rhythme français le monotone alexandrin, qui nous fait tant regretter les ondulations de l'hexamètre et la musique des stances.

Mais ce sont des considérations bien postérieures, qui en son temps ne pouvaient nuire au succès de la, Henriade. Il parut au contraire se manifester un arrêt dans les succès dramatiques de Voltaire. La nouvelle tragédie Ma^nanne, tirée de l'histoire d'Hérode-le-Grand , et en partie composée, des débris à'Artémire, repoussée elle-même, fut presque sifflée à la représentation, en mars 1724. Avec sa justesse ordinaire de coup d'œil, le docile poëte reconnut où il avait choqué le goût du public, et retravailla si activement sa pièce, qu'elle put être reprise cinq semaines après^ aux applaudissements de tous.

L'année précédente, Louis XV, parvenu à sa majorité,

avait, à la mort du duc d'Orléans, qui survint peu de temps

après, choisi pour premier ministre le duc de Bourbon.

Une rencontre heureuse pour Voltaire fut celle qu'il fit

aux bains de Forges^ où il se trouvait avec le duc de Ri-

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