‹ Voltaire: six conférencesChapitre 47 sur 257 · VOLTAIRE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE EN ANGLETERRE

de sa patrie, il était en même temps confondu et relevé à ses propres yeux par la haute autorité dont il voyait revêtus les écrivains de talent. Addison, mort depuis peu, de journaliste s'était élevé au ministère ; le satirique Swift, le Rabelais de l'Angleterre, comme l'appelle Voltaire, jouissait de beaucoup de considération, non -seulement comme ecclésiastique, mais comme homme de parti; Pope, le plus correct et le plus justement vanté des traducteurs d'Homère, vivait à sa maison de campagne de Twickenham sur le même pied que ses voisins de la haute noblesse. Une génération auparavant, Locke, le philosophe, celui qui, combattant la doctrine des idées innées, avait ramené toute connaissance humaine à l'expérience externe et interne, Locke, en dehors des hautes fonctions qu'il exerçait dans l.'État, avait été l'auteur d'une constitution pour la province de Caroline, en Amérique. Pendant le séjour même de Voltaire en Angleterre mourut Isaac Newton, et la nation reconnaissante prépara dans Westminster un tombeau pour le savant qui avait découvert la loi de gravitation universelle. Les ouvrages de ce dernier et ceux de Locke formèrent la principale étude de Voltaire à cette époque, et depuis lors il resta le propagateur le plus zélé de la doctrine de Newton sur la nature, et de la doctrine de Locke sur l'entendement humain.

Dans le domaine théologique, lorsque Voltaire arriva en Angleterre, la dispute soulevée par CoUins sur les prophéties de V Ancien Testament était encore dans tout son feu, et, ces mêmes années, avaient paru six brochures de l'admirable Woolston sur les miracles du Sauveur, desquelles, comme Voltaire le raconte, il fut vendu en très-

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