‹ Voltaire: six conférencesChapitre 48 sur 257 · ÉTUDES ANGLAISES · texte numérisé non relu

ÉTUDES ANGLAISES

peu de temps trois éditions en Angleterre, et expédié des balles entières en Amérique. CoUins avait nié que les prophéties de V Ancien Testament puissent être une preuve en faveur du christianisme, Woolston tendait à démontrer que toutes les histoires miraculeuses du Nouveau Testament, y compris les récits de la résurrection de Jésus, doivent être nécessairement considérées comme allégea riques} puisque, tenues pour réelles, elles ne contiennent plus que contradictions, impossibilités, inepties; c'est-àdire que ces histoires ont été rapportées par les évangélistes, seulement comme figurant des vérités morales. Dans le domaine religieux, les différentes sectes qui en Angle- . terre subsistaient tranquillement Tune à côté de l'autre, étaient la preuve vivante de la fausseté de la maxime gouvernementale française, de ne souffrir à côté de la religion d'Etat aucune autre religion.

Que Voltaire ait imité plus tard le théâtre anglais, cela s'explique facilement, puisqu'il a étudié pendant ces années les compositions dramatiques, aussi attentivement que les écrits des poètes, les poèmes philosophiques de Pope et les contes satiriques de Swift. Il choisit aussi comme objet de ses études Shakespeare, presque encore entièrement ' inconnu en France. Toutefois, bien que possédant un sens poétique trop éclairé pour méconnaître totalement la grandeur et la puissance du dramaturge anglais, il restait trop enfermé dans les limites nationales du théâtre français, pour ne pas se sentir finalement pour lui le même éloignement que pour une nature étrangère.

Comme toujours, l'activité de Voltaire ne se limita pas \ d'ailleurs aux livres. Il voulut connaître la nation, et il

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