‹ Voltaire: six conférencesChapitre 49 sur 257 · VOLTAIRE ET LA SOCIETE ANGLAISE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET LA SOCIETE ANGLAISE

ne le pouvait qu'en allant dans le inonde. Il se trouva fort à propos que lord Brolingbroke , jadis exilé en France comme Voltaire Tétait alors en Angleterre, était rentré depuis trois ans dans sa patrie ; il reçut cordialement son hôte de La Source, et dans son hôtel de Londres et dans sa résidence de Dawley. Voltaire fit en même temps connaissance avec des whigs et des tories, des poëtes et des philosophes, des orateurs du parlement et des quakers. Comme en France, il vivait alternativement à la campagne et à la ville. Son séjour favori était Wandsworth, propriété d'un riche marchand, nommé Falkener, avec qui il s'était lié, et à qui il dédia plus tard- sa Zaïre, C'est là qu'il se tint les premiers temps, jusqu'à ce qu'il se fût assez familiarisé avec la langue anglaise, qu'il finit par parler et écrire ensuite avec facilité. Rappelons à cet égard une vraie scène à la Voltaire. Un jour la populace reconnaît sa qualité de Français, et commence à le poursuivre par des huées; il monte alors sur une borne et, dans le meilleur anglais, il l'adoucit par ces paroles, qui, en un sens, étaient pour lui réellement sérieuses : « Braves Anglais, ne suis-je pas déjà assez malheureux de n'être pas né parmi-vous? »

Ses études anglaises ne lui faisaient pas oublier ses propres travaux. Nous aurons occasion de voir plus tard comment il utilisa les observations que lui fournit le pays étranger. Etant encore en France, il avait augmenté son poëme sur Henri IV ; il songea alors à faire honte à sa patrie, où ce poëme patriotique n'avait pu être imprimé et vendu qu'en secret , en le faisant paraître à l'étranger ouvertement et avec éclat. Il ouvrit pour la Henriade, tel était le nouveau titre de son œuvre, une souscription,

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