‹ Voltaire: six conférencesChapitre 74 sur 257 · COMÉDIES DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

COMÉDIES DE VOLTAIRE

amants eux-mêmes, ce qui est la source de beaucoup de

situations artificielles et d'invraisemblances. Malgré cela, cette pièce ne possède pas seulement un grand mérite dramatique, comme Goethe l'en vante; elle forme encore, avec Zaïre et Alzire , le groupe de ces tragédies de Voltaire qui font naître en nous au plus haut degré « l'émotion humaine ».

Même aux yeux de ses contemporains, Voltaire a moins brillé dans le genre comique que dans le genre tragique ; il le savait, et ce fut une des raisons qui lui firent représenter ses comédies sous différents noms. Toutefois, plusieurs ont été arrangées pour le théâtre allemand, et c'est pourquoi nous trouvons dans la Dramaturgie de Lessing de courts jugements sur Nanme, la Femme qui a raison et Y Écossaise, A l'origine, ces pièces ont été en partie composées pour des théâtres d'amateurs, et on comptait sur le charme qu'ajouteraient les acteurs aux rôles choisis par eux. Quelques-unes, comme Y Écossaise , écrite en prose, appartiennent en réalité à ce genre intermédiaire, qui commençait à arriver d'Angleterre, et plus tard connu sous le nom de mélodrame. Si celui-ci n'était que touchant, sans scènes comiques. Voltaire le repoussait comme un genre bâtard; mais une pièce qui unissait le rire au pathétique et au touchant, lui semblait une image fidèle de la vie, où tout se passe ainsi ; il l'acceptait donc. A côté d'ouvrages analogues, par exemple de Diderot, Y Écossaise peut soutenir la comparaison, tandis que le Dépositaire^ dont le sujet a de la ressemblance avec celui de Tartufe, est lamentablement manqué, eu égard à ce dernier. En somme, nous touchons là à un des côtés les

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