‹ Voltaire: six conférencesChapitre 83 sur 257 · VOYAGE ENTRE PARIS ET CIRE Y · texte numérisé non relu

VOYAGE ENTRE PARIS ET CIRE Y

entre 1734 et 1749, ce n'est pas à dire qu'il y passait tout ou même la plus grande partie de son temps ; car, aussitôt après que la tempête qui l'avait fait fuir de son pays, puis relégué dans le désert, fut apaisée, c'est-à-dire au printemps de l'année suivante, Paris ou Versailles, ou tout autre endroit habité par la cour, redevint un centre d'attraction, non-seulement pour Voltaire, mais aussi pour la marquise. Lui, avait tantôt une pièce à faire représenter, tantôt une affaire de commerce à vider, ne voulait pas devenir étranger à ses anciens amis ou protecteurs, ni être oublié de la cour; elle, ne pouvait pas non plus perdre ses relations avec la cour ou la haute société, et avait toujours à réparer, près des ministres ou des personnages influents, ce que son ami avait gâté par ses écrits ou ses imprudences. Si c'étaient ces intérêts qui ramenaient notre couple dans la capitale, c'étaient souvent aussi des difficultés littéraires qui le faisaient retourner à Cirey, et quelquefois même en Lorraine ou en Hollande. Les affaires de la marquise ellemême les éloignèrent à plusieurs reprises de leur asile champêtre. Depuis de longues années la maison du Châtelet soutenait dans les Pays-Bas un procès d'où dépendait sa fortune, et, à cette occasion. Voltaire et la marquise habitèrent Bruxelles à différentes reprises pendant une saison ou deux. L'affaire était ennuyeuse et de longue durée ; néanmoins les préliminaires purent être terminés pour les deux parties, et le résultat final fut un accord très-avantageux pour la famille du Châtelet, résultat dû pour la meilleure part à l'habileté et à l'activité de Voltaire. Le côté agréable de ce séjour à Bruxelles, c'est que les deux amis y étaient seuls ; mais il y avait aussi des voyages

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