‹ Voltaire: six conférencesChapitre 84 sur 257 · TRAVAUX DE VOLTAIRE A CIRE Y · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE VOLTAIRE A CIRE Y

qui les séparaient. Cela arrivait quand, Voltaire étant averti de quitter Paris, la marquise était conseillée d'y rester pour agir en faveur de son ami. Cela arriva plus souvent encore, et pour un temps plus long, quand il se laissa attirer par un autre aimant, contrecarrant Tinfluence de Tamie. Cet autre aimant n'avait rien de féminin; il n'était autre que le prince héritier, plus tard le roi Frédéric de Prusse, dont nous conterons plus spécialement les rapports avec Voltaire, mais entre lequel et la marquise s'était élevé une jalousie réelle, chaque parti voulant pour lui tout seul l'homme aimé. La manière dont elle se comportait pendant ces séparations, surtout les plus longues, alors même qu'elle importunait Voltaire, nous parle en sa faveur. Elle était réellement et profondément malheureuse, pleine de soucis pour son ami, dont elle connaissait la santé chancelante ; elle ne pouvait concevoir que rien pût le retenir aussi longtemps loin d'elle; ses lettres étaient trop rares et trop courtes ; elle était quelquefois bien près de se fâcher; mais était-il revenu, aussitôt tout s'oubliait, et elle se laissait aller tout entière au bonheur d'aimer.

Si nous considérons les travaux de Voltaire pendant ces années, il se trouve que ses études sur Newton l'ont heureusement rapproché du domaine objet de la prédilection de son amie, des. mathématiques et de la physique, auxquelles il avait été autrefois étranger. Les mathématiciens et les physiciens, qui, pour une partie, avaient déjà aidé la marquise de leurs conseils, les Maupertuis, les Clairaut, les BernouUi, les Kœnig, étaient les bienvenus à Cirey; et si les indications de ces maîtres servirent à l'amie pour sa traduction et commentaire des

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