‹ Voltaire: six conférencesChapitre 94 sur 257 · VOLTAIRE ET L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET L'ACADÉMIE FRANÇAISE

déplaire en Voltaire à cette occasion : c'est qu'il ait voulu nous faire croire à sa complète indifférence. Cela est aussi faux que sa prétention d'avoir regardé les marques précédemment mentionnées de la faveur de la cour comme de brillantes bagatelles. Oh non ! Voltaire était loin de s'élever à ces hauteurs, d'où ces honneurs extérieurs apparaissent comme indifférents ; ce n'était pas un homme à se contenter de la conscience de sa valeur, du sentiment de son action puissante; il avait soif des plus futiles distinctions et était vivement contrarié lorsqu'elles lui étaient refusées. L'on passe beaucoup aux poëtes et l'on est assez porté à les considérer jusqu'à un certain point comme des enfants amoureux du clinquant, bien que l'on estime doublement le petit nombre de poëtes qui sur ce point sont des hommes. Mais cette indulgence a une limite, et pour nul plus que pour Voltaire on ne voit d'une façon plus criante combien la vanité peut faire tort au caractère. Ce fauteuil cependant fut pour lui la source d'assez d'amertumes. Lorsqu'il subit son premier échec, il avait, il est vrai, écrit Brtitus et Zaïre; mais maintes choses aussi qui fournirent à l'académicien de Boze l'occasion de dire que Voltaire ne serait jamais un sujet académique. Lorsque plus tard, en 1743, le cardinal Fleury mourut, Voltaire espéra obtenir sa place parmi les quarante, s'imaginant déjà avoir pour lui le roi et sa maîtresse; mais le précepteur du dauphin, ancien théatin et auparavant évêque de Mirepoix , Boyer, alors ministre, sut l'en empêcher, malgré toutes les assurances que Voltaire lui donna d'être un bon citoyen et un catholique sincère. Un jour celui-là signant : l'ancien évêque de Mirepoix, avait abrégé ancien et écrit : anc, ce qui fit

Page 1