‹ Voltaire: six conférencesChapitre 99 sur 257 · VOLTAIRE ET LA MARQUISE OBSERVANT LES ASTRES · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET LA MARQUISE OBSERVANT LES ASTRES

la voiture renversée, avec beaucoup de peine, surtout Voltaire, qui se trouvait comprimé sous les caisses, il fallut aller chercher secours dans le plus prochain village, pour aider à descendre tout le bagage dont l'impériale était surchargée, et remettre tout en ordre. Pendant ce temps Voltaire et son amie étaient assis sur les coussins du carrosse, qu'on avait retirés et posés siir le chemin couvert de neige ; et ils furent bientôt presque transis de froid, malgré leurs fourrures; ils admiraient la beauté du ciel. « Il est vrai, dit l'humouristique secrétaire, qu'il était parfaitemeltit serein; les étoiles brillaient du plus vif éclat, l'horizon était à découvert; aucune maison, aucun arbre n'en dérobaient la moindre partie à leurs yeux. On sait que l'astronomie a toujours été une des études favorites de nos deux philosophes. Ravis du magnifique spectacle déployé au-dessus et autour d'eux, ils dissertaient, en grelottant, sur la nature et le cours des astres, sur la destination de tant de globes immenses répandus dans l'espace. Il ne leur manquait que des télescopes pour être parfaitement heureux. Leur esprit égaré dans la profondeur des cieux, ils ne s'apercevaient plus de leur triste position sur la terre, ou plutôt sur la neige et au milieu des glaçons. » Voltaire ne voyait pas avec autant de résignation son étoile baisser à la cour. Par un madrigal sur les amours du roi et de sa nouvelle maîtresse, qui fut bientôt dans toutes les mains, il s'était servi près de ceux-ci, mais avait irrité la reine et ses filles, qui n'étaient pas sans influence sur leur père. Celui-ci, personnellement, ne lui avait jamais été bien favorable, et la favorite ne pouvait pas s'exposer. Il était alors de mode à la cour de favoriser contre Voltaire

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