I . .,Goo>^lc
organisation complète de franchir, afin que r4preiiv& homaine ait son conra. Lai, par ime exe«pti(m heareuse, depais (tes années qu'on simple contre-temps l'avait relênn, il demetrrait sans effort à la modestie de ses goûts, à ses auteurs de classe, à ses vertos d'écolier, à son plaîn-ciiant dont i! ne perdait pas l'usage, anx. jugements généraux que l'enseignement de ses maîtres lui avait transmis. Nnl doute ne I»i était jamais venu, nulle passion ne s'était jamais émllée en cette âme égale où l'on ne pouvait apercevoir d'un peu remuant qu'une diatooillense et Inen justifiable vanité dès qall s'agissait d'im sens de Virgile ou de Cicéron. La Bévolotion, en le confinant qnelque temps au fooà de notr? contrée, m'avait permis de [wofiter de ses soins : plus tard, qnand Faspecl des choses parut s'éclaircir, il nous avait quittés pour devenir professenr de rhétorique au collège de la petite ville d'O... De mon côté, tout soumis que j'aimais à être et plein de confiance en ses décisions, j'allais plus lœn pourtant que l'excellent M. Ploa, et je me risquais quelquefois avec une pointe de fierté k des lectures qu'il se fût interdites. Sur ce chapitre, an reste, i) était d'une candeur singulière. N'ayant 'jamais lu jusqu'alors, par je ne sais quet scrupule aidé de paresse, le quatrième chant de Y Enéide, bien que YEnéide ne sorttt gu^re depuis (fis ans de sa poche nî de ses mains, il imagina, pour lire plus commodément ce livre, de me le foire expliquer; ce dont je me tir^ pariaitemeot. Il me le fit même apprendre et réciter par oeeor. Je traduisis de la sorte, avec lui, les odes volnptuenses d'Horace à Pyniia, à Lydé; je connus les Trittet d'Ovide, et, comme il s'y rencontre fréquemment certaines expressions latine» que H. Ploa rendait en général par privautét, moi, qui ne savais pas la signification de ce mot, je la hri demandai un jour k l'étourdie; il me fitt répondu que j'apprendrai cela plus tard, et je me tins coi, rougi»-
TOLDPTfi. Il
sant au mi. Après deux ou trois questions pareilles où se mordit ma langue, je n'en fis plus. Hais quand j'expliquais tout haut devant lui les poètes, il y avait des passages obscurs et suspects pour moi de volupté, qui me donnaient d'avance la sueur au front, et sur lesquels je courais comme sui des charbons de feu.
Un séjour de six semunes que je fis vers quinze ans aucbâleau du comte de..., ancien ami de mon père, et durant lequelje me trouvai tout triste et d^iaysé, développa en moi ce penchant dangereux à la tendresse, que mes babitudes régulières avaient jusque-là contenu. Un inexplicable ennui du logis natal s'empara de mon être ! j'allais au fond des bosquets, rédtant avec des pleurs abondants le psaume ^uper fiumiaa BabglonU ; mes heures s'écoulaient dans un laonoioae oubli, et Ô fallait souvent qu'on m'appelât en criant par tout le parc pour m'avertir des repas. Le soir, au salon, i'eatendais en cercle Claritse, que l'estimable demoiselle de Perkes se faisait lire  haute voix par son neveu, et ma distraction s'y continuait à l'aise comme au travras d'une musique languissante et plaintive. De retour à la maison après cette absence, j'abordai les élégiaques latins autres qu'Ovide : les passages mélancoliques m'en plaisaient surtout, et je redisais à l'infini, le lon^ de mon sentier, conune un doux air qu'on module involontairement, ces quatre vers de IVoperoe :
FeriUaa iacludel erailimafata àiei.
Je me répétais aussi, sans trop lecomprendre, et comme motif aimable de rêverie, ce début d'une chanson d'Anacréon : Bathyle est ua riaat ombrage. Un nouveau monde inconnu remuait déjà dans mon cœur.
Je n'avais pourtant aucune occasiou de voir des per-
sonnes du sexe qui fussent de mon Sge, ou desquelles mon âge pût Ôtre touché. J'eusse d'ailleurs été trèssauvage à la rencontre, précisément à cause de mon naissant désir. La moindre allusion à ces sortes de matières dans le discours était pour moi un supplice et comme un trait personnel qui me déconcertait : je me troublais alors et devenais de mille couleurs. J'avais fini par être d'une telle susceptibilité sur ce point, que la crainte de perdre contenance, si la conversation venait à effleurer des sujets de mœurs et d'honnête volupté, m'obsédait perpétuellement et empoisonnait à l'avance pourmoi les causeries du dînu'et de la veillée. Une si excessive pudeur tenait déjà elle-même à une maladie : cette bonté superstitieuse accusait quelque chose de répréhensible. Et en effet, si, devant l'univers, je refoulais ces vagues et inquiétantes sources d'émotions jusqu'au troisième puits de mon âme, j'y revenais ensuite trop complaisamment en secret; j'appliquais une oreille trop curieuse et trop charmée à leurs murmures.
De dix-sept à dix-huit ans, lorsque j'entamai un genre de vie un peu différent; que je me mis à cultiver davantage, et pour mon propre compte, plusieursdeDOS voisins de campagne, et à faire des courses fréquentes, des haltes de quelques jours à la^ville, cette idée fixe, touchant le côté voluptueux des choses, ne me quitta pas; mais, en devenant plus profonde, elle se matérialisa pour moi sous une forme bizarre, chimérique, tout à fait malicieuse, qui ne saurait s'exprimer en détail dans sa singularité. Qu'il me suiEse de vous dire que je m'avisai un jour de me soupçonner atteint d'une espèce de laideur qui devait rapidement s'accroître et me défigurer. Un désespoir glacé suivit cette prétendue découverte. J'affectais le mouvement, je souriais encore et composais mes attitudes, mais au fond je ne vivais plus. Je m'étonnais par moments que d'autres
i..„,,. .,Goo>^li:
n'eussent pas dëjà saisi à ma face la même altératioD que j'y croyais sentir; les regards qu'on m'adressait me semblaient de jour en jour plus curieux on légèrement railleurs. Parmi les jeunes gens de ma connaissance, j'étais sans cesse occupé de comparer au mien et d'envier les plus sots visages. Il y avait des semaines entières oti je redoublais de déraison, et où la crainte de n'être pas aimé à temps, de me voir retranché de toute volupté par une rapide laideur, ne me laissait pas de relâche. J'étais comme un homme au commencement d'un festin, qui a reçu une lettre secrète par laquelle il apprend son déshonneur, et qui pourtant tient tête aux autres convives, prévoyant à chaque personne qui entre que la nouvelle va se répandre et le démasquer. Mais ce n'était là, mon ami, qu'un détour particulier, une ruse inattendue de la sirène née avec nous, qui s'est glissée à l'origine et veut triompher en nos cœurs ; ce n'était qu'un moyen per&de de m'arraclier brusquement aux simples images de l'idéale et continents beauté; de m'amener plus vite à l'attrait sensuel en m'opposant la dilTorjaaité en perspective. C'était une manière moins suspecte et toute saisissante derajeunir l'éternelle flatterie qui nous pousse à nos penchants, et de m'inculquer d'un air d'effroi, sans trop révolter mes principes, ces langoureux conseils, au fond toujours semblables, de se hâter, de cueillir à son temps la première fleur, et d'employer dès ce soir même la grâce passagère de la vie.
L'unique résultat de cette folle préoccupation fut donc de me jeter à l'improviste bien loin du point oit elle m'avait trouvé. Mon doux régime moral ne se rétablit pas; mes habitudes saines s'altérèrent. Cette idée de femme, une fois évoquée à mes regards, me demeura présente, envahit mon être et y rompit la trace des impressions antérieures. Ma religion se sentit pâlir. Je me disais que, pour le moment, l'essentiel était d'être
li VOLUPTÉ.
hoTDme, d'appliquer quelque part (n'importe ob?)nies facultés passionnées, de prendre possession de moimême et d'un des objets que toute jeunesse désire ; — sauf à me repentir après, et à confesser l'abus. Une difficulté particulière
, s'étant toul d'un coup
révélée à mol par les lectures techniques que je fis â cetleépoque, ajoutaitencoreà mon embarraset le compliquait plus que je ne saurais rendre; j'étais arertî d'un obstacle réel, obscur, quand toutes les chira&ras de l'imagination me criaient de me hâter. Je ne crains pas, mon ami, d'enIr'ouTrir à vos yeux ces misères lion~ teuses pour que vous ne désespériez pas des vôtres» qoi ne sont peut-être pas moins petites, et- parce que bien souvent tant d'hommes qui font les superbes n'obéissent pas, dans les chances décisives de leur destinée, à des mobiles secrets plus considérables. On serait ^péEaït si l'on voyait à nu combien ont d'influence sur la moralité et Les pronières déterminations des natures les mieux douées queltjues circonstances à peine avouâmes, le pois chiche ou le pied bot, une taille croquée, une ligne inégaJe, un pli de l'épiderme; on devient bon ou fat, mystique ou libertin àcause de cela. DansTétat de faiblesse étrange où, par suite des désordres de nos pères et des nâtres, nous est arrivée notre volonté, âa tek grains de sable, placés ici ou là, au début du chemin, la font broncher et la retournent : on recouvre ensuite cette pauvreté de schismes magnifiques. Pour moi, qui sais combien d'heures d'ardente manie, en cet âge d'intelligence et de fiirce, j'ai passées seul, navié, i remuer, à.rouger de l'ongle, à enlloncer dans ma chair ce gravier imaginaire que j'j croyais sentir; qui eusse payé joyeusement alors, du prix de mon éternité, Tobslacle évanoui, la séduction facile, la beauté delà chevelure et du visage, répétant avec le poêle ce mot du
■VBLDPTÉ. B
Troyen adultère: a II n'est pas permis de repousser les aimables dons de Vénus ; » — pour moi qui de ces lâchetés idolâtres me relevais, par courts accès, jusqu'b l'ttffwt ilu clotb-e et aux a^éritéa du Calvaire; qui ai donc ^ouvé, dans ce déûcroi chétif des puissances de l'àoû, ce qui se ballotte en. nous de monsljaieusement. contradictoire, ce qui s'y dépose au hasard de cootagteui, d'impurr et d'i»ù peut résulter notre perte, 6 mOBDieu! — je ne crois plus tant aux explications Eastuauses des hoaunes; je ne vais pas chercher bien haut, mânae dans les plus nobles coeurs, l'origine secrète de ce» naisères qu'on dissiouUe ou qu'(» amplifie. Hais, sans Ucyp presser, mon ami, ce qui serîùt la rougeur de bien des fronts, sans croire surtout dérober ses mystèies à Celui qui seul sait sonder nos reins, je ne vous parlerai ici que de moi. A ce premier bouleversement chiuiérique que nul n'a jamais soupçonné, se rattachenile piim;ipe de mes erreurs et la trop longue déviation de ma vie. L'amour-propre &t honte dès lors à la docide simplicité, et, sans entreprendre de révolta en règle, il ne perdit aucune occasion de jeter en se jpuaut ses doutes, comme des pierres capricieuses, à travers l'ombrage révéré oii s'était nourrie mon enfance. L'activité politique se substitua insensiblement chez moi à la piété, et mes rapports personnels avec les gentilshommes du pays m'initièrent aux tentatives dfi l'Émigration et des princes. Ainsi j'allais me modifiant d'un tour rapide, par diversion L mon idée dominante; et, quand cette espèce d'hystérie morale, qui dura bien un an en tout, fut dissipée, quand je reconnus, en riant aux éclats, que j'avais cru en dupe à ma seule fantabie, mon courant d'idées n'était déjà plus le même, et les impressions acquises me demeurèrent.
iiiPrt b, Goo<^lc
Dans le trajet de ces fréquentes allées et vennes, et durant mes courses à cheval de chaque jour à la campagne, je m'étais accoutumé volontiers à rabattre par la Gastine, grande et vieille ferme à deux petites lieues de chez nous. La famille de Greneuc, qui eii était propriétaire, y habitait depuis quelques années, et son bon accueil m'y ramenait toujours. Je n'oserais dire toutefois que l'attrait de cette compagnie dût être uniquement attribué à M. et à madame de Greneuc, vénérable couple, éprouvé par le malheur, offrant le spectacle d'antiques et sérieuses vertus, bon à entendre sur quelques chapitres des choses d'autrefois : la femme sur Mesdames Royales auxquelles, dans le temps, elle avait été présentée ; le mari sur M. de Penthièvre, qu'il avait servi en qualité de second écuyer, et dont il érigeait en culte la sainte mémoire. H. de Greneuc, du reste, avec sa haute taille parfaitement conservée, sa tête de loup blanc qui fléchissait à peine, son coup d'œil fermeet la justesse encore vive de ses mouvements, faisait un excellent compagnon de chasse qui redressait à merveille mon inexpérience et lassait souvent mes jeunes jambes. Mais ce qui me le faisait surtout rechercher, je le sens bien, c'est que dans sa maison, sous la tutelle du digne gentilhomme et de sa femme, habitait, Agée de dix-sept ans, leur petite-fille, mademoiselle Amélie de Liniers. Il y avait aussi une autre petite-fille, cousine germaine de celle-ci, mais tout enfant encore, la gentille Madeleine de Guémio, ayant de six k sept ans au plus, à laquelle sa jeune cousine servait de gouvernante et de mère. Les parents de ces orphelines étaient tombés victimes de l'afi'reuse tourmente, les deux pères, ainsi que madame de Guémio elle-même, sur l'échafaad : ma-
dame de Liniei's avait survécu deux ans à son mari, et ses yeux mourants s'étaient du moins reposés sur sa fille déjà éciose et à l'abri de l'orage. Ainsi deux vieillards et deux enfants composaient cette maison ; entre ces âges extrêmes une révolution avait passé, et la florissante génération destinée à les unir s'était engloutie: quatre têtes dans une famille, et les mieux affermies et les plusentières, avaient disparu. C'était unevue pleine de charmes et de fécondes réflexions que celle de mademoiselle Amélie entre les fauteuils de ses grands parents et la chaise basse de sa petite Madeleine, occupée sans cesse des uns et de l'autre, inaltérable de patience et d'humeur, d'une complaisance égale, soit qu'elle répondit aux questions de l'enfant, soit qu'à son touT elle en adressât pour la centième ibis sur le cérémonial de 1770 ou sur les aumônes de M. de Penthièvre. Je Tois encore la chambre écrasée, sombre, au rez-dechaussée {le bâtiment n'avait pas d'étage), ou même plus bas que le rez-de<:haussée, puisqu'on y descendait par deux marches, avec des croisées à tout petits carreaux plombés, donnant sur le jardin, et des barreaux de fer en dehors. En choisissant ce lieu assez incommode pour résidence, M. de Greneuc, dont la fortune était restée considérable, avait voulu surtout éviter le péril d'un séjour plus apparent en des conjectures encore mal assurées. C'est au fond de cette chambre bien connue qu'à chaque visite, en entrant, j'admirais dès le seuil le contraste d'une si fraîche jeunesse au milieu de tant de vétusté, et la réelle harmonie de vertus, de calme et d'affections, qui régnait entre ces êtres unis par le sang et rapprochés, plus près même qu'il n'était naturel, par des infortunes violentes. Quand j'entrais, ma chaise était déjà mise, prête à me recevoir, tournant le dos k la porte, vis-à-vis de M. de Greneuc, à gauche de madame, à droite de la petite Madeleine qui me séparait de mademoiselle Amélie : celle-ci, en effet, avait t.
(8 TOLCPTÉ.
entendu le pas do cheral dans la cour, quoique les fenêtres de la chambre ne donnassent pas de eec6té; elle avait placé la cbabe d'avance et s'était rassise, de sorte que, lorsque je paraissais, j'étais toujours attendu et qu'on ne se levait pas. Eu réponse à mon profond saliit, un si'gne gracieux de la main me montrait la place destinée. Ainsi accueilli sur un pied de familiarité douce et d'babltude affectueuse, il me semblait dès l'abord que ce n'était que la conversation de la Teille ou de l'avant-veille qui se continuait entre nous. Je disais les récentes nouvelles de la ville, les grands événements politiques et militaires qui ne faisaient pa» faute, ou les actives combinaisons de nos amis dans la contrée. J'apportais quelques livres à mademoiselle' Amélie, de piété, de voyages ou d'histoire ; car die avait l'esprit solide, orné, et, grâce aux soina de sa languissante mère, sa première éducation avait été exquise, quoique nécessairement depuis fort simplifiée dans cette solitude. Après an quart d'heure passé d^9 ces nouveautés et ces échanges, c'était d'ordinaire & notre tour d'écoDtw les récits des grands-pareaits et de rentrer dans le détail des anciennes uMsurs; nous nous j prêtions, mademoisene Amélie et moi, mec enjouement, et nous y poussions même de concert par une légère conspiration tant soit peu malicieuse. Dans cette espèce de jeu de causerie ou nous étions partnersi nos vénérables vis-à-vis n'avairait garde de s'apercevoir do pi^e et puis leur mémdire d'autrefois 7 trouvait trop son compte pour qu'ils eussent à s'en plaindre. Mais quand, de proche en proche, étendant leurs souvenirs, H. et madame de Greneuc en venaient à toocher ces circonstances fiinèbres oii une si large poftion d'eux^némes s'était déchirée, là, par d^rés, expirait toat sourire et se brisait toute question. Unis en an même senlinimt d'inexprimable deuil, nous écoutions comme à genoux; des larmes roulaient à toutes les
panjMères, et il n'y avait que la petite de Gaémio qui sût rompre cet embarras par quelque itraocente et naïve
Ne TOUS étonnez pas, mon ami, de m'entrevoir déjà sous un jour si différent de ce que mon âge et ma condition actuelle autorisent à supposer. J'ai subi la loi commune. A moins d'avoir été soustrait tout à tait an monde, d'avoir passé sans intervalle de la première retraite studieuse de l'enfanceaux engagements successif et aux redoutables degrés du ministère, à moinsd'avoir été élevé, édiSé, consacré dans la même enceinte et dé n'avoir connu jamais pour extrêmes plaisirs, après l'allégresse divine de l'autel, que la partie de paume deux foislejouretlesT<Higues promenades du mercredi; hors de là, je ne conçois guère que des cas de fragilité qui, presque tous, par leur marche et leur début, se ressemblent. Il est ditSclle à une organisation sensible, dans sa plus courte entrevue avec le monde, de n'en pas recevoir de tendres empreintes, de ne pas rendre aux objets certains témoignages. Les yeux une fois dirigés vers ce genre d'attrait, le reste suif; l'éveil est donné ; te cœur s'engage en se flattant de rester libre. C'est bientôt une blessure qiii s'irrite, qui triomphe, ou qu'on ne guérit qu'en la traitant par d^autres blessures: on se trouve ainsi jeté loin de la douceur légère et de l'insouciance des commencements.
Mademoiselle de Liniers n'était pas une de ces beauté dont la simple apparition confond les sens et enlève, bien que ce fût réellement une beauté. Noble de maintien, régulière de traits, unie et pure de ton, elle apportait dans la société de ses grands parents, et dans ses soins auprès de la petite Madeleine, une soumission parfaitement douce de toute sa personne, et la sensibilité passionnée, l'enthousiasme dont elle était pourvue, avait de bonne heure appris à obéir en elle à une sévère loi. J'appréciais ces mérites intérieurs, et le