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Je TOUS ai tracé l'aspect générai et heureux, mon ami, l'ordonnance et la régularité. Au fond l'on aurait trouvé peut-être moins de bonheur qu'il ne semblait; on aurait découvert des âmes tristes, saignantes ou troublées, luttant contre elles-mêmes, contre des penchants ou des malheurs, des âmes tachées aussi, — assez peu, pourtant, je le crois. J'étais une des plus mûres et des plus atteintes, la plus brisée sans doute ; je me le disais avec une sorte de satisfaction non pas d'orgueil, mais de charité, en voyant toutes ces jeunes piétés épanouies. Mais qui sait si tel autre n'était pas aussi avancé que moi dans la connaissance fatale, et s'il ne se taisait pas comme moi ?
J'en pus discerner au moins un entre tous qui soufftuit profondément et qui, un jour de promenade, laissa échapper en mon sein son secret. C'était un jeune homme qu'avait élevé avec amour et gâté, comme on dit, une mère bonne, mais inégale d'humeur et violente. Ces violences de la mère avaient développé dans cette jeune nature des colères plus sérieuses qu'il n'arrive d'ordinaire chez les enfants, et de fréquents désirs de mort. Entre ces deux êtres si attachés d'entrailles ]'un à l'autre, il s'était passé de bonne heure d'atTreuses scènes. L'enfant grandissant, ces scènes, plus rares, il est vrai, avaient pris aussi un caractère plus coupable de colère, et par moments impie. Les belles années et l'adolescence de cette jeune âme en avaient été flétries comme d'une ombre envenimée. Il s'était réfugié dans la résolution de ne se marier jamais, de peur d'engendrer des fils qu'il trouvât violents envers lui comme il se reprochait de l'avoir été lui-même contre sa mère. Cette mère avait gémi beaucoup, sans trop oser s'en plaindre, de la résolution de son ûls. En mourant peu après, elle lui avait tout pardonné : mais lui, il ne s'était point pardonné également, et, entré dans ce séminaire, il s'efforçait de consacrer son célibat à Celui seul
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qui n'engendre ni. colère ni mgratitade; J'avais contracté une liaison, sinon inliœe, du moiiis assez &milière, avec cejeune homme mélancolique. Je fréquentais aussi deux ou trois Irlandais, par un sentiment d'aitrait vers leur nation plus encore que par goût de leur personne. Je parlais anglais avec eux, comme j'en avais obtenu la permission, et j'ai dùi leur compagnie d'alocs l'entretien continué d'une langue qui m'est devenue â
Quant aux doutes, aux luttes d'intelligence en pr^ sence des vérités enseignées, j'en eus peu à sout^ nir, mon ami : ce que j'avais à combattre plutôt et k réprimer, c'était une sorte de rêverie agréable, un abandon trop complaisant, un esprit de semi-martinisme trop amoureux des routes non tracées; j'«i triomphais de mon mieux pour m'enfermer dans ta lettre transmise et pour suivre pas à pas la procession du lidèle.
Mais je ne vous parlerai pas davantage de ce» traé années, mon ami; ce que je voulais surtout vo«s dire des amollissantes passions et de l'amour des plaisiis est épuisé. Franchissant donc cet intervalle d'iuie monotonie heureuse, je vous transporterai à ce qni achève de clore ici-bas les événements douloureux sur te»quels vous restez suspendu. Aussi bien le terme du voyage approche. Tandis que je sondais avec vous maa anciennes profondeurs, le vaisseau où je suis labourait, effleurait nuit et jour bien des mers. En vain les vents le repcHisaaient maintes fois, et, par leur contraieiélé même, donnaient loisir à mes récits. Voilà que sa cél&liié l'emporte. La grise latitude de Terre-Neuve se Ikit en plein sentir. Les oiseaux des continents prochains apparaissent déjà ; on a vu voler vers l'Ouest las premiers des vautours qui annoncent les terres. Avant cioq ou »x jours, ô jeune ami, confident trop char qui avez fait faiblir et sa répandre le cosur du confesseur.
avant la fin de cette semaine, il le faudra, nous nous quitterons.
SXIV
rarata été ordonné prêtre à la Trinité. De nouvelles relations se formaient autour de mot ; des devoirs immenées, dont j'appréciais l'étwidue, bordaient de toutes parts ma roule et y jetaient de fortes ombi'es. J'étais retourné un moment à Paris, après mon ordination. La dernière attache personnelle que j'y avais gardée n'existait plus; madame de Cursy était morte à la tin du der> DÏer hiver, depuis trois mois environ, sans que je l'eusse pa revoir, et le petit couvent, peuplé à peine de quelques religieuses très-âgées et devenues iniirmeà, offrait ooe solitude veuve, dans laquelle la mort introduite n'allait plus cesser. Durant cette dernière année aussi, j'avais appris que mademoiselle de Liuiers, cédant à la volonté de sa grand'mère au lit de mort, avait consenti enfin à -accepter ce qu'on appelle un paiti avantageux; elle avait épousé une personne plus âgée qu'elle, mais de naissance et dans des fonctions élevées. Que je lui SQS un gré sincère, ange de sacri&ce, de cette obéissance aune mourante, et de cette résignation de son cœur! Il nte semhlaity saisir, entre autres motifs pieus, tm sentiment particulier de délicatesse qui s'ellbrçait de m'alléger un remords. Je n'avais eu, depuis bien des semaines, aucune nouvelle directe de Blois ; madame de Couaën allait, à ce que je craignais, s'ailaitriÎBsant de jour en jour, bien qu'avec des alternatives de mieux qui rappelaient l'espérance et dissimulaient le déclin. Après m'étre présenté à Paris devant mes supérieurs ecclésiastiques, qui me marquèrent mille faveurs, je me décidai par plusieurs raisons à faire le voyage de Rome ; mais, avant de partir, j'eus un désir invincible de revoir le pays natal, la terme de mou
oncle, et, je n'osais me le dire, ta tour de Couaëa. SepI longaes années s'étaient écoulées depuis que j'avais quitté ces bois d'heureux abri. 11 n'y avait plus un être vivant qui m'y attirât; mais j'avais besoin des lieux, des plages. Revêtu d'un ministère nouveau, je voulais bénir le champ de mort de mes pères ; je voulais, homme mûr, m'incUner en pleurs vers mon berceau, me rafraîchir uu peu aux vierges ombrages de l'enfance, me repentir le long du sentier de convoitise de l'adolescent. Avant d'entreprendre une marche pénible et infatigable dans les routes populeuses, il me tardait de faire ce détour pour respirer encore une fois l'odeur des brujères, pour m'imprégner, en pleine saison, de cette fleur éparse des vives années et du souvenir sans fin de quelques âmes.
C'est par une belle après-midi, qu'étant descendu de voiture à la ville prochaine et reparti à cheval aussitdt, le long des haies, des fossés, des champs de blés rougissant par le soleil et non pas blondissant, comme ailleurs; croisant çà et là quelques troupeaux de petits moutons noirs sur les gazons ras et fleuris, j'arrivai à la maison de mon oncle, qui était la mienne depnis sa mort, qui avait été ma demeure d'enfance et de jeunesse jusqu'au terme de mon séjour dans la contrée. J'en aperçus d'abord, à travers la claire-voie, les fenêtres garnies presques toutes de nids d'hirondelles, en signe d'absence, et les herbes grandies de la cour. Des chiens inconnus s'élancèrent, en aboyant, à mon approche, et ne s'arrêtèrent qu'à ta vue de mon habit : en ce grave pays, les chiens même reconnaissent, respectent l'habit du prêtre et du clerc. A la fin, le jardinier parut; c'étaient lui etsa femme qui, depuis des années, gardaient seuls ce logis, et, chaque matin, d'après mes anciens ordres, ils avaient rouvert ces volets et chassé cette poussière, comme si j'eusse dû arriver le jour même: un mot écrit par moi à tout hasard avait été leur loi.
J'entrai avec émotion en ces chambres inhabitées où tout était reli^eusement conservé dans la dernière disposition d'autrefois et ainsi qu'au lendemain des funérailles : les chaises propres placées en regard aux angles d'asage ; la table au milieu attendant la veillée du soir ; dans un coin, des cadres appuyés à la muraille et non accrochés du vivant démon oncle, et qui étaient près de l'être, et qui ne le seraient jamais, image exacte de tant de projets et d'espérances t derrière une porte, à un clou de bois, le même grand chapeau de paille pour ceux qui iraient au jardin durant la chaleur du jour. Je revis tout, je remontai à ma chambre proche du grenier, là où je conversais, enfant, avec les nuées du ciel et avec les ramiers des toits : une cage ouverte, pendue encore à la fenêtre, me rappela une première douleur, une histoire de bouvreuil envolé. Je redescendis précipitamment et m'enfonçai dans le jardin et les prés, k travers les hautes fougères, hautes en vérité comme déjeunes sapins; je m'y perdais et m'y retrouvais ; tout me paraissait à chaque pas, tantôt plus petit de proportion et de distance, tantôt plus grand que je ne me l'étais figuré; mais c'était toujours plus touffu, plus silvestre, plus abondant encore que je n'avais pensé en odeur saine et sauvage. Côtoyant l'étang et le cours d'eau vive, image des saintes eaux dans la solitude, je bus d'un long Irait à cette source de mon héritage, si limpide, hélas I et si longtemps négligée, qui, tandis que le maître s'égarait ailleurs, n'avait pas cessé, elle, d'arroser et d'appeler, et de courir, pour le brin d'herbe du moins et pour l'oiseau. Il ne me manquait à cette heure qu'un ami à qui je pusse dîreunpeucequi m'oppressait, au sein duquel je pusse laisser tomber mes pleurs avec les paroles qui soulagent. Qui n'a pas ainsi rêvé un ami resté après nous dans nos chemins de l'enfance, retrouvé après dix ans au bout de la même allée, un bréviaire à la main; un ami, le témoin et te I .„,,. .,Goo>^li:
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gardien de nos jeunes désirs, le chapelain fidèle de nos premiers vœax et de nos virginales ardeurs ? Tout ce qae nous nous étions promis une fois, le soir d'uue communion sainte; tout ce que nous projetions, les larmes aux yeux, en causant avec lui le long du berceau d'aubépines, Ufa tenu; il n'a pas bougé, il n'a pas dépassé la Tille prochaine; il a étudié, il à prié, il a monté chaque année un degré. Il y a eu un moment dans sa vie oii ceux qui, la veille, le bénissaient, il les a, à 80H tour, bénis, où il est rentré, lévite de Dieu, dans la maison de son père, voyant cbacun s'incUner à son aspect ; et cela s'est fait sans ioterruption orageuse, sans crise, sans absence, comme par ce simple mouvement des saisons qui pousse les arbres et les charge de feuillage. — Le jour surtout où l'on rentre soinméme au toit paternel désert, qui n'a pas rêvé un tel ami ?
Il est dit selon la maxime de l'huniaine piiidenoe : ■* Passez souvent dans le sentiw qui mène chez l'ami ; car autrement l'herbe y croîtra hériseéo de broussailles. » Ce conseil est bon envers les amis qu'on r«>contre tard, envers ceux que la convenance, un attrait frivole ou délicat, un intérêt et un but commun noufi associent : mais il est des amis d'enfance, des amis qui se sont faits à l'âge -oii les âmes se forment, av^mt qu'elles aient pris leur dureté virile et que l'écoroe s'en soit épaissie ; it est de ces amis qu'on ne voit jiuaMS, qu'on retrouve une fois après dix ans seulement, qu'on n'a pas eu besoin d'entretenir ni der^arer, et qui sont toujours les plus sûrs, les plus chers au cœur. L'herbe sans doute a crû dans le sentiw durant l'intervalle, elle y a poussé comme une foret; mais quand on y repasse, après un si long temps, ce n'est que plus doux, et les ronces même y ont leur charme comme dans la bruyère du vallon natal.
Moi, j'étouffais de pleui's, je suffoquais de souvenirs, faute d'un tel ami qui m'aidât à les porter. Que la nuit
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fut longuet et quelle aclive et magique insomnie sous ces rideaux de famitie, parsemés d'antiques fleurs et de figures ! Chaque figure, chaque fleur peinte jouait à ma pensée comme un composé d'âmes des morts. Dès le lendemain, de grand matin, ayant reparcouni tous les mêmes sentiers d'alentour dans la rosée, je sentis que c'était trop; que m'esposer à un second coucher de soleil en cet horizon si chaîné, c'était à ^ire éclater l'âme. J'avais décidé que je ne visiterais que cette maison et Couaëo, pas d'autres lieux, ni la Gastine ni rien de ce côté. — Je partis donc, aussitôt après déjeuner, sur un pelit cheval du pays avec mon porte-manteau en croupe, eu disant qu'on ne m'attendit plus, et je me dirigeai vers le château à deux lieues de là, pressé de traverser comme en droite ligne cette mer inondante de souvenirs et de parfiims. Mon dessein était de m' arrêter seulement une ou deux heures et de regagner la ville, puis Paris incontinent.
Je me rappelaii', en mettant pied à terre S certains^ endroits des chemins creux, ce jour oîi j'y étais allé pour la première fois, découvrant la route mystérieuse, comme maintenant jela reconnaissais. Oh F mon pressentiment ne m'avait pas trompé alors; c'était bien là qu'avait dû en effet se rencontrer le principal embranchement de ma vie. Tout ce que j'étais devenu ne dépendait-il pas de ce premier voyage ? Dans l'intervalle depuis lors, toute la destinée s'était pour moi développée et comme infléchie sous l'impulsion de ce commencement; la roue de ma fortune humaine avait versé de ce côté. Ce notait rien de firappant aux yeux du monde ; si peu d'événements, et si peu visibles I mais de près, toute une' série de sentiments, de passions, d'erreurs, qui avaient découlé de là ; une nature tendre, émue, riche et faible tout ensemble, parcourant ses phases, subissant ses orages, jusqu'à ce port divin d'où elle repartait bénie, armée, affermie, je l'espérais,
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avec les orages du dehors à craindre désonnùs platdt que ceux du dedans. Voilà bien un abrégé, pensais-je, de la plupart des destinées obscures des hommes 1 Voilà donc ce que c'est qu'une jeunesse passée, ce je ne sais quoi d'enchanté et d'indéfini qui se perdait en si lointaines promesses I Que n'eussé-je pas fait de ces années brûlantes dont on ne jouit qu'une fois, si les circonstances m'avaient aussi bien poussé vers les endroits apparents ? — Au lieu de cela, rien ; — rien, et tout autant, hélas I en réalité que si le résultat avait brillé davantage; car que de troubles, de pensées, de vicissitudes et de combatst quel monde intérieur I Et dans le passé et dans le présent, n'est-ce pas là l'histoire de beaucoup ? Que d'autres existences sans doute et de jeunesses, capables de luire, également ensevelies I Quelle immensité de combinaisons, d'avortements, de luttes et de soufTrances cachées t Voilà bien ta vie. La masse de la société n'est que cela. La face de cette société change, se renouvelle, diS%re avec les temps, mais, sous ces nouveautés de forme et d'apparence, pauvres humains, générittions tour à tour jeunes et flétries, pareilles aux feuilles des arbres, a dit l'antique poète, les mêmes encore aujourd'hui sous le souffle de Dieu qu'aux temps de Job et de Salomon, pauvres humains, nous roulons au dedans de nous tes perpétuelles et monotones révolutions de nos cœurs. Ces révolutions éclatent plus ou moins au dehors, et parfois se mêlent à ce qu'on appelle histoire, mais l'éclat ne fait rien à leur accomplissement. Toutes ces races qui se succèdent sur la terre naissent et fleurissent en leur saison, s'agitent et tourbillonnent à peu près sous les mêmes bises. Heureux parmi elles, heureux qui s'assure, dès avant l'hiver, l'unique printemps invariable et sacré t Et je me disais ces choses sur le renouvellement constant des mêmes passions humaines, le long des haies toujours verdoyantes, au sein de la nature en
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fête et non changée. — A mesure que j'avançais vers le château, dont j'apercevais par instants la tour, il me semblait que je revenais toucher à mon point de départ pour clore de plus en plus le cercle de ma première destinée. J'étais troublé, chemin faisant, comme d'une dernière attente ; mais mon trouble ne prévoyait pas tout.
En passant la première barrière et en traversant la eour de la ferme, je fus surpris de trouver un air de mouvement au château el non pas l'abandon mome, l'aspect inhabité que j'espérais : la fenêtre de la chambre que j'avais occupée longtemps, au-dessus de la porte d'entrée, était toute g;raDde ouverte. La seconde barrière aussi passée avec mon cheval, que je menais par la bride, je vis, à travers la porte grillée du jardin, les autres volets pareillement ouverts. Au bruit des pas du cheval sous la voûte, une personne s'avança de la cour intérieure : c'était M. de Couaên ; jugez de notre étonnement, surtout du sien. Bien que séparés depuis des années, le sentiment qui domina dans cet accueil fut la surprise, et sur son front un léger embarras. « J'étais dans le pays, balbutiai-je tout d'abord comme en me justifiant, j'ai voulu revoir encore une fois ces lieux d'oii je vous croyais toujours éloigné; mais comment vous y trouvé-je, comment êtes-vous ici ?» — « Nous ne sommes en efiet aiTivés que d'hier soir, me dit-il; madame de Couaën a eu un si extrême désir de respirer cet air presque natal, cette brise des mers, que j'ai dd céder à ce vœu de malade; car elle l'est, malade, d'une manière plus inquiétante que jamais, ajouta-t-il. J'ai donc écrit pour une permission à M. D...., etil nous l'a fait espédier sans retard. Elle est très-faible et fatiguée de la route, j'irai la disposer & votre présence, n
Et j'admirais par quelle concordance merveilleuse ca désir en elle de revoir Couaên se rattachait au mien, qui était né subit aussi, maladif en moi et irrésistible.
tu VOLUPTÉ.
— Quoi I le méiûe jour, & la même heui^ peut-être, elle à Blois, moi k Paris, sans nous entendre, sans aucun but délerminé, nous aurions ressenti tout d'un coup une si violente et inexprimable tentation de visiter les mêmes Iteus, d'; respirer un mènent; et après des années d'at>sence, de [wivation et de prudence rigoureuse, nous nous y trouverions de nouveau en face l'un de l'autre, par pur hasard et au risque de troubles mortels I — Non, cda n'est pas;, les causes secondes et wei^les, qui pour l'homme s'appellent hasard, b'(hU pas ainsi pouvoir de se jouer de nous et de remettre en qoestioB 1» paix de nos Stoes; non, il n'y a que le d(N^ iBvistble qui ait pu préparn* ceci, parce qu'il vaut e> lifiar quelque chose de grand, de bon. Et une pensée hMii» et tendre me saisit au cœur, accMnp^^née d'uD frfsson de saint effroi, et je suivis en trembluit le marquis dans la chambre d« la tour oît il m'introduisait.
Elle ^tait «ouchëe sur une chaise longue, ^ès de la feaétre entr'ouverte, i la même place oii je l'avais vue ■ne premiàre fois brodant au tambour. Elle ■eserc tMima pas non {dus qu'alors, quand j'entrai, maie, faëlas ! c'était faiblesse «taon distraction rêveuse. Sa MUe, iéj^ gnnde, de dir à oaie aas, se tenait debout en^ !• (^aise longue et It fenêtre,, les yeux sur ceux de sa mère. Je m'avançai vivement vcrs' madame de Conaën; je lui serrai une main, qu'elle me bent^, et la sentis au toucher bien sèche et bien grêle. Quant au visage, elle était pile comme arufnfois, mais fondue et diminuée BOBS les blanches dentelles qui l'entoaraîent. Bientât un< peu denMlgeur \m vint en parlant. Quelques mèches aeires échappa sar son fro^, ses yeux toujours brillants et comracr agrandis par lamatgveur, contrastaient aveo cette joua ftétiie. Ainsi éttnàwe pointant, calme, Iwlle facore, àam» cette dnade odcor de pêcher qui enrtrait avec le soleil «t transirait autour d'elle, sr Ton n'avait 9u les lentes années de son mal, on l'eCit prâe