‹ VolutpéChapitre 5 sur 33 · I .„,,. .,Goo>^li · texte numérisé non relu

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ils démêleront des merveilles. L'Océan appelle ceus-U, et la vague monstrueuse vers laquelle ils soupirent du rivage est pour eux comme une amante. Pour d'autres, ce sont les forêts sauvages ou les mœurs des vieux peuples qui les poursuivent sans relâche autour de l'âtre domestique et près du fauteuil de l'aïeule. Ohl prêtez l'oreille, écoutez-vous I ne soyez ni trop prompts ni sourds, discernez d'avec vos caprices passagers la voix fondamentale; priez, priez I Dieu souvent a parlé en ces suggestions familières : Kepler, Colomb, Xavier, vous en sûtes quelque chose I Moi, je n'ai pas attendu, je n'ai pas prié, je n'ai pas discerné. J'avais le goût des habitudes intimes, des convenances privées, du détail des maisons : un intérieur nouveau où je pénétrais était toujours une découverte agréable à mon cœur; j'en recevais dès le seuil une certaine commotion; en un clin d'œil, avec attrait, j'en saisissais le cadre, j'en construisais les moindres rapports. C'était un don chez moi, un signe auquel j'aurais dû lire l'intention de la Providence sur ma destinée. Les guides de l'âme dévote dans les situations journalières, ces directeurs spirituels inépuisables en doux conseils, qui, du fond de leur cellule ou à travers la grille des confessionnaux, vieillards vierges en cheveux gris, sondaient si avant les particularités de la vie secrète et ses plus circonstanciés détours, n'étaient pas sans doute marqués d'un autre signe. Ils possédaient le don à un plus haut degré, j'ai besoin de le croire, mais non plus distinctement que moi. Et quel usage consolant ils en ont su faire! ■fendre François de Sales, j'étais né pour marcher vers le salut sur vus traces embaumées! Mais au lieu degouverner en droiture mon talent naturel ou d'en relever à temps le but, je me suis rais à l'égarer vers des fins toutes contraires, à l'aiguiser en art futile ou funeste, et j'ai passé une bonne partie de mes jours et de mes nuits k côtoyer des parcs comme un voleur et à

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M TOLIJPTÊ.

convoiter les gynécées. Mus tard même, qoand la Grftce m'eut toocbé et ^éri, il n'était pins ! heure de revenir sur ce point. Ce qui m'aurait semblé la meilleure roule à l'origine était devenu moo écu«l : j'ai dû l'éviter et me faire Tiolenee poar m'appliqaer ailleurs; des portions moins séduisantes de l'héritE^ m'ont rëc1s3Eté; lialetant, mais serein sons ma «roix, je gravis d'anb-es sentiers de la sainte mcHitagne.

Sa les liem et le smple arrai^ment du logis me tenaient de la sorte, vous pouvez jugn*, mon ami, que te marquis ne m'occnpait guère moins lui-même; je ne perdais aucun de ses traits. Il avait bien dès lors trentehuil ans. Noble figaredéjà labourée, un front sourcilleux, une bODcbe trien veillante, mais gardimne des projets de i'âme; le nez aquilin d'une él^ante finesse; quelques minces rides yen la naissance des tempes, de ces rides que ne gravent ni la fatigue des marcbes ni le poids du soleil, mais qu'on sent nées du dedans à leurs racines attendries et à lenr vive transparence; l'attitude haute et polie, séante su commandement; on de ces hommes qui portent en eux lear principe d'action et leur foyer, un homme enfin, dans le sens altiw du mot, un caractère. Son regard parfaitement bleu, d'en bleu clair et dur, appelait k )a Sois mon regard et le déjouait : fixe, immobile par moments, il n'avaîtjamais de calme; tourné vers la IJeanté des eampagne», il ne la réfiécbàssait pas. Ce chan^ d'anr de son œil me faisait l'efiiet d'un désert monotone qu'anrait désolé une insaisissable ardeur. En connaissant mieux le marquis, mes premières divagations sur son compte se précisèrent. Il avait de l'ambition, d' actifs ialente, une grande netteté dans l'audace; il avait longtemps erré bors des événements, en divers pays ou par les intervalles de» mers, et s'y était dévoré. Une passion de cœur, violente et tardive, l'avait détourné au fond d'an comté de l'h*lande en des moments oti son r^e était marqué par^

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tout autre part. Ces années à réparer le poussaient, et il jugeait d'ailleurs que les temps étaient redevenus plu» propices à sa cause. La révolution lui semblait à bout de ses fureurs, exténuée d'anarchie et ne vivant plus désormais qu'en une tête dont il s'agissait d'avoir raison. Ses rapports secrets avec d'illustres chefs militaires du dedans lui démontraient que cet édifice consulaire, imposant de loin, pouvait crouler à un signal convenu et briser l'idole. Comme la plupart des hommes d'entreprise, avec un discernement très-vif des obstacles matériels, il tenait peu de compte des résistances d'en bas, des opinions générales, de ce qui n'avait pas une personnification distincte : il croyait qu'à tout instant donné un résultat politique était à même de se produire, si les hommes qui le voulaient fortement savaient vaincre les chefs adversaires. Sa pensëe pourtant n'hait pas que le droit périt en un jour devant le fait, et que les afiections, les croyances des populations se suppriment impunément; mais il séparait des réelles et antiques coutumes l'opinion vacillante des populaces : celle-ci n'entrait guère dans ses calculs, et quant aux coutumes elles-mêmes, il les estimait fort destructibles en un laps de temps assez court, à moins qu'elles ne trouvassent leur vengeur. £n un mot, M. de CouaëD s'en FMnettait peu volontiers h. oe qu'on appelle force pri^ressive des choses ou puissance des idées, et le sens du succès dans chaque importante lutte lui paressait d^ndre, en définitive, de l'adresse et de la décision de trois ou quatre individus notables : hors de là, et au-dessous, il ne voyait que pure cohue, fatalité écrasante, élouffement. Sa gloire la plus désirée eût été de devenir un de ces marquants individus qui jouent entre eux à un certain moment la partie du monde. Il n'en était pas indigne par sa capacité, assurément; mais loin du centre, sans action d'éclat antérieure, sans alliances ménagées de longue main, les

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