RER RE TER
bière, un peu de vin et un repas splendide. L'oceupation que j'ai eue tous ces jours-ci pour arranger cette fête et la jouissance que je m'en promets me rendent le plus heureux des hommes, Je vous dis ceci, mon ami, avec la sincérité la plus parfaite, car c'est mon cœur qui parle: si vous me voyiez ici, vous ne me reconnaitriez pas, tellement je suis gai, content et heureux.
Kourakino, 30 juillet 1801.
Ma fête champêtre a réussi on ne peut pas mieux, au conténtement de tous mes convives, et à ma parfaite satisfaction. J'ai eu en personnes qui ont diné ауес moi, outre les habitants de Kourakino, et dont la plus grande part est arrivée lu veille, 49 personnes. C'est 130 chevaux qui les ont amenés, et 120 domestiques qu'ils avaient amenés pour leur service, outre uné quinzaine de femmes de chambres. ВсВхъ накормили досыта, и всЪф были довольны. Le soir, à ma propre ferme, j'ai régalé les habitants du lieu, qui étaient au nombre de 100. Du vin et de la bière ont été leurs rafraichissements, et des balançoires leur passe-temps. Revenus à № maison, un concert qui, même dans une capitale, serait écouté avec attention, а fait la clôture. Les Novossiltseff ont été contents de mon établissement. Le lendemain, j'ai mené partout le mari; il a été enchanté de tout, surtout de mon jardin. Oh! mon ami, ce jardin est réellement délicieux! D'après la manière dont je vous parle de tout ce qui regarde Kourakino, je vous laisse à juger des sentiments que j'aurai en le quittant,
Kourakina, 2 août 1801.
Je reviens dans ce moment d’Alexandrovka, où, avec une grande assemblée de clergé et le protopope d'Orel à la tête, s'est faite la bénédiction du lieu où sera bâtie la nouvelle église. Nous avons tous été occupés à affermir la croix qui a été posée sur le lieuvde l'autel, et chacun de nous y a posé une pierre. C'est en Hhonneur de votre Patron que cette église зе bâtira; facilement,
J'ai été bien charmé d'apprendre que ma maison а pu vous être utile, mon ami; mais, ce qui m'a fait de la peine, ce sont les nouvelles que vous me donnez de la négligence de mon intendant. Mon sort est d'être mal servi, parce que c’est la bonté de mon cœur qui me fait garder des gens qui, ne pouvant m'étre htiles, ne sauraient exister sans le secours que je leur donne. Il me semble que la reconnaissance devrait être un bon motif pour les rendre tels qu'ils devraient être, mais je vois que je me trompe.
Kourakino, 20 août 1801.
Le jour de naissance de ma femme, qui est précisément tombé sur le jour du départ de la poste, et le monde que j'avais à recevoir, ont été cause, mon ami, que j'ai manqué de vous écrire par le dernier courrier, Ce monde a été le même qui est venu me voir le 24 juillet; par conséquent, même quantité de convives, de domestiques et de chevaux à nourrir, somme totale plus de 300.
C'était encore une fête que le propriétaire de Kourakino а donnée. Le matin, c'étaient des cadeaux que les ouvriers de la ferme anglaise ont apportés, et qui n'étaient pas tout-à-fait à dédaigner, méme par les habitants de la ville, car il y avait pour plus de 500 г. de différents objets achetés à Pétersbourg et à Moscou; l'après-diner, une féte pour ces mêmes ouvriers et tous les дворовые dans le grand jardin, où il y avait vin, bière, balançoires, musique et cocagne de pomme pour les vassaux, et un goûter splendide pour les convives, Avant que les ténèbres arrivent, on # écouté trois concerts exécutés merveilleusement par Loguinoff, Glassen et Fodor. Avec le dernier coup d'archet, des fusées ont annoncé un feu d'artifice qui a duré une demi-heure, et où Пу avait des transparents en l'honneur de la personne fétée exécutés assez joliment. Une illumination soignée par le bailli Thomson dans Те ребе jardin, où plus de trois mille lampions ont rappelé des illuminations citées, а fini la fête et la journée au contentement des hôtes et des convives, qui avouaient n'avoir rien vu de pareil,
les souffrances que vous aurez à supporter, m'a un peu tranquillisé; je vous avoue vous désirer parfois cette indisposition, vu qu'elle vous sauvera toujours des maladies de bile et d'humeur dont votre corps est souvent plein, et dont les suites peuvent devenir inquiétantes.
Obligé à Serdobine pour cette nouvelle, je suis on ne peut pas plus mécontent de lui, et je lui fais les reproches les plus forts de ce qu'il ne m'a pas écrit par la poste d'après. П faut être sans âme et sans combinaison quelconque pour ne pas se faire un devoir de faire une espèce de journal de tout ce qui vous arrive journellement dans le courant de votre maladie, pour me l'envoyer les jours de poste, Je vous prie de lui communiquer cette idée de ma part. Ayant des droits à raisonner sa conduite, je me flatte qu'il se réveillera pour les devoirs qu'il a à remplir, premièrement envers vous, et [aussi] envers ceux qui ont soigné son enfance; j'espère qu'il comprend que ce ne sont point des roses que l’on cueille alors.
Je suis arrivé ici avec tous les miens le 26 de се mois, hien portant et bien heureux d'avoir eu l'occasion de jouir de ma campagne pendant les six semaines que j'ai pu у passer. J'ai trouvé seulement que ce temps était trop court, et que le moment du départ est arrivé bien plus subitement que je ne le désirais.
Votre maison toute prête vous attend avec la persuasion de vous contenter. Malgré toute son élégance et sa beauté, le manque de troc avec le comte Bezhorodko m'a fait de la peine.
Arrivé ici, mon ami, je suis ici sans vous comme une âme en peine. Ma femme et mes enfants vous embrassent de tout cœur. Le chevalier de Malte vous présente ses hommages; aujourd’hui, il endosse son uniforme pour la première fois.
ISt-Pétersbourg, après le mois d'août 1801].
Je n'ai qu'à me louer, mon ami, de la manière dont j'ai été reçu hier par l'Impératrice et les Grandes-Duchesses. Je m'empresse de vous Гаппопсег, parce que je vous ai communiqué mes craintes à ce sujet.
Sa Majesté, en me chargeant de compliments pour vous, m'a
Vous faites des miracles avec moi, mon ami. Par la commission: que vous m'avez donnée de vous faire une note sur les douanes,
vous m'avez tiré de l'apathie où je me trouvais si bien; vous m'avez occupé d'un objet qui est le sublime de la science financiére Je
mentirais. si je vous disais que je n'ai pas eu de peine à l'écrire, tant je me suis rouillé et tant il est vrai que le moindre objet quel conque exige que Гоп s'en occupe de manière ou d'autre. = Voici la note. Corrigez-la comme vous le trouverez nécessaire, surtout le style; vous savez que cela west раз mon forts Shelle remplit votre but, je serai bien content, car c'est le seul désir-qui m'a engagé de m'en occuper. Quand vous l'aurez copiée, faites-moi le plaisir de me la renvoyer: je n'en af pi = vez que l'on aime à garder ses enfants.
|ргё$ un voyage de deux jours et demi, sans que rien Ч n'ait altéré ma santé, je me suis trouvé, mon ami à >| Kourakino. Vous dépeindre ma joie de m'y voir е5ё Фе. toute impossibilité. Connaissant mon affection pour 18 vie де Ху mêne, vous pouvez facilement vous le représenter, et prévoit méme tomps la douleur qui m'accompagne de devoir m'en séparer dans pou. Je ne puis vous cacher que, par les sensationsque j'éprouve intérieurement, je suis même fäché d'être venuhicis.je, sens que je vais le rogretter davantage et que l'aimant dela wie de retraite augmentera son effet sur moi. A la satisfaction фе Рае: du se voir dans un endroit que l'on a eréé et que Гоп аНесбопий,
ajoutez encore le contentement de la régie, de l'attention et des soins de celui à qui ce cher Kourakino est confié: chaque pas que je fais est une nouvelle jouissance, une nouvelle preuve de l'esprit et des talents de Thomson; chaque regard est une certitude que Kourakino, par ses soins, deviendra renommé autant par la perfection de son économie que par ses embellissements. La benuté des prés émaillés de fleurs comme jamais je ne l'ai encore vu, celle des champs, qui promettent une récolte exemplaire, vous fait une impression de joie assez réelle; vous sentez, mon ami, que ce mot réel est dans toute sa signification, et qu'il se laisse entendre sans déchirer les oreilles; qu'en dites-vous?
Occupé comme vous me voyez du lieu où je me trouve actuellement, je ne perds pourtant pas de vue le pays que Sa Majesté l'Empereur а eu la bonté de confier à ma régie. La vaccine est le début que je ferai dans les soins que je veux у porter, А Moscou, dans la Maison des enfants trouvés, j'ai fait prendre par Meissner la matière nécessaire pour en faire usage. Arrivé ici, je l'ai employée pour les paysans de mes villages; il y a déjà 100 d'inoculés, et tous avec le plus grand succès. Pour Gloukhov et les autres villes de la Petite Russie, pour plus de sûreté, je la propagerai en ayant avec moi des enfants; celui de Stépane Zabardaeff sera celui auquel la Petite Russie devra la conservation d'une multitude de зе; habitants. Je ne sais si les Petits Russiens se porteront avec facilité à cette opération; ici, tous en général le désirent; les paysans qui avoisinent ma terre commencent à venir aussi, et on apporte des enfants par dizaines. Le chirurgien qui soigne l'hôpital de Kourakino accompagne partout M. Meissner, et cela sera déjà à ses soins que je laisserai celui d'entretenir la waccine et d'en continuer l'inoculation. Je lui laisse l'ordre de vacciner tout enfant à six semaines après sa naissance, et j'ai smposé à Thomson le soin Фу veiller avec la plus grande =iütention Si le sort m'a privé jusqu'à présent du bonheur étre utile à mes semblables, et si les peines que je m'en suis <lonnées ont été dénigrées, l'introduction de la vaccine parmi des Æens qui ne raisonnent point et qui ne peuvent être mus que par
la confiance qu'on acquiert auprès Фе crois.
Agréez, mon ami, ma vive reconnaissance pour 1 souvenir et d'amitié que vous me donnez malgré | d'exister, qui ne vous laisse pas plus de temps mienne actuellement n'est pas bien agréable aussi. d'affaires que j'ai et qui ne cessera d'augmenter encore | de temps, vu l'abandon cruel qui, de tout temps, а été province, le manque de tout en général me met dans. que je ne puis vous exprimer, J'ai tout mon tout mon équipage est ici, et je n'ai rien. Je n'ai de M faire loger mes domestiques auprès de moi, ils sont tous врагр dans la ville; jugez de l'ordre qui règne entre eux et de Гехаей tude de leur service. Mon équipage [bagage], en général, dans les caisses, parce que je n'ai pas un coin où le placer; cave pour les vins me sert de buffet et de garde-meuble.Le manque des choses de première nécessité rend la vie beaucoup plus chère qu'à Moscou même: le foin, nous le payons 25 sols, et | ainsi de suite. Par curiosité, j'ai fait faire une note des prix did et je vous l’enverrai.
Tous ces désagréments, mon ami, me sont récompensés pan l'accueil distingué et bien sincère que j'ai de tous les habitants | d'ici, La noblesse surtout, à chaque pas, cherche à metémoigner le contentement qu'elle a de me voir chez elle. Mon hôte еп в un exemple frappant par la complaisance qu'il а eue de me céder son habitation, ayant sa femme malade, qu'il а transportée dans une baraque, et par le désir qu'il me témoigne que je вагде за maison jusqu'à се que je puisse en bâtir une pour le général”
gouverneur, Il faut bien que je passe par là et que je me décidé h lo gêner wncore; саг, ‘sans sa maison, il n'y а pas moyen. de me placer comme simple particulier méme: les meilleures "maisons, n'ont que quatre à cinq chambres; le reste n'est que baraques de
paysans nou toit de paille et sans plancher. On dit qu'à The
gov, j'aurai éncore moins de possibilité de me loger et de tenir maison décente. Représentez-vous l'alternative où je me trouve, et la dure nécessité où je serai de rester encore au moins un an sans aucune lueur de la moindre commodité pour vivre.
A mon arrivée ici, Га! envoyé à la cour deux rapports raisonnés, l'un sur les sauterelles, qui font ici de très grands dégâts, l'autre sur différents objets regardant ce pays, dont le plus intéressant est la foire de la ville de Romny. Faites-moi le plaisir, mon ami, de prendre des informations de la manière dont ils ont été vus et si j'aurai les décisions que j'attends. En général, vous me rendrez le service de la vraie amitié, si vous cherchez à savoir si Гоп est content de moi, s'il n'y а pas quelque circonstance dans ma conduite ou dans ma manière de diriger les affaires d'ici qui soit contraire aux volontés du Monarque, pour que, par la simple ignorance, je ne devienne pas fautif; un avis à temps peut sauver de bien des désagréments. П est certain que beaucoup d'individus d'ici écrivent et me jugent; quoique je sois bien persuadé de faire tout ce qu'il faut pour acquérir leur bonne disposition pour moi, vous savez qu'il est impossible de réussir auprès de tous, et que ceux-là parleront le plus. C'est leur jugement que je voudrais savoir: il m'est nécessaire, il me servira de leçon et me fera éviter beaucoup de désagréments. Tâchez donc, mon ami, d'en avoir des notions par vos connaissances, MM. Trochtchinsky, Kotchoubey, Novossiltseff" et Kozodavleff vous serviront le mieux pour cela. Ma reconnaissance pour vous et pour eux sera complète, surtout si vous employez moins de ménagements pour me communiquer les vérités que je vous demande et qui me sont indispensables.
Je vous ai parlé, je crois, mon ami, de mon projet d'établir dans се pays l'usage de la vaccine. J'ai la satisfaction de vous annoncer à présent que j'y ai réussi parfaitement jusqu’à cette heure. C'est à Gloukhov que j'ai commencé; 16 enfants у ont été inoculés 1е même jour. Les instructions que mon médecin Meissner "données à celui de la province entretiendront, j'espère, cette matière au degré nécessaire, et Il n'aura pas même beaucoup de
peines pour cela, car les habitants de la ville l'avantage de cette inoculation et s'y sont portés pressement. Deux de ces enfants et un appart daeff m'ont servi pour apporter cette matière ici; je | forme à la врачебная управа, en lui donnant mes 0 qu'elle doit avoir de soutenir l'inoculation. Comme les m | cette управз sont des gens de mérite, et puis, comme je mets la satisfaction de mon cœur de la voir réussir, je ne doute pas que cel n'ait les suites que je désire. Si l'occasion se présente, vous m'obligerez, mon ami, si vous portez cette nouvelle à la connais | sance de Sa Majesté l'Impératrice-Mère. Comme c'est à Elle que м | Russie doit l'introduction de ce moyen bienfaisant pour le genr@ № | main, il est tout naturel que c'est à Elle que les nouvelles doivent fait parvenir.
L'évènement très mortifiant arrivé au comte de Panine, et qui, certainement, n'a pas son pareil dans les fastes d'aucun pays, mie fait beaucoup de peine pour lui.
Par l'impatience que j'ai d'avoir le portrait de mes filles, et malgré l'embarras où je vous mets pour faire son expédition, je reviens avec ma prière de vouloir bien disposer la chose de manière que je puisse le recevoir bientôt; cela sera une bonté de votre part et je vous en aurai une reconnaissance infinie.
Je vous ai déjà parlé, mon ami, de la beauté du climat d'ici, et surtout de la beauté du local. Ceci, certainement, n'a rien de pareil, et puisque je suis en train de causer avec vous et que mes secrétaires m'en donnent le temps, il faut que je vous dise ий то de la société d'ici, et que je lui rende la justice qu'elle ne gâterait. un rien les sociétés de nos deux capitales. Outre le bon ton © 1% honne mise des femmes, il у en a de très aimables et de très'gaies. Celles qui dansent les contredanses, les dansent de manière à пе pas manquer le pas des Ecossaises à la première fois ди’еез 1е5 ont dansées; ceci doit faire leur attestat, je crois. Pour les jeunes:
, Poltava en manque totalement; la raison en est toute) simple, Е ville de district, il était du devoir des parents de les tenir auprès d'eux, ou dans les capitales au service; Poltava, & pré
sent ville de gouvernement et devant fleurir avec promptitude, ne manquera pas de devenir un point de réunion pour tout ce qu'il ÿ a de mieux ici. Les hommes mûrs et de mérite qui font le fond de la société d'ici sont en assez grand nombre; celui qui ne les trouverait pas tels serait bien difficile; pour ma personne, je puis vous assurer que je ne m'ennuie pas du tout avec eux.
Poltava, 4 juillet 1802.
Je vous envoie ci-joint, mon ami, un narré que j'ai fait écrire par Primorsky sur la manière dont se sont faites les élections. Je vous l'envoie persuadé de l'intérêt que vous mettez à tout ce qui peut me regarder, Je vous prierai de le communiquer à notre ami Novossiltseff et à Kozodavleff. Par les attentions que ce dernier ne cesse d'avoir pour moi, je me crois dans l'obligation de lui prouver des attentions de ma part aussi. Vous m'en direz votre sentiment.
Ma lettre à notre cousin le comte Nicolas Roumiantsef}, je vous la recommande avec instance; elle est essentielle pour les affaires de l'Etat. Je vous l'envoie, mon ami, sous cachet volant, pour que vous puissiez en savoir le contenu avant lui et juger de l’effet quelle fera. Communiquez-moi, je vous prie, avec détail, се qu'il vous en dira, et ce qu'en diront tous ceux à qui vous en parlerez. Ne laissez pas ignorer cela à M. de Trochtchinsky.
Poltava, 8 juillet 1802.
Cet après-diner, je vais à Constantinograd pour y établir la législature du district. On dit que c'est une jolie ville; mais ce qui doit former son district est si peu peuplé que, son étendue donnera de Vimpossibilité pour exiger l'exactitude et surtout la promptitude dé la police dans les ordres qu'on lui donnera. Quand je serai &-Pétersbourg, je compte m'employer pour remédier à cet inconvénient.
Quand vous verrez M. le comte Kotchoubey, en me rappelant & з0п souvenir, remerciez-le pour les fruits que je viens de rece-
indomptable, si Гоп veut forcer la chose; la patience est donc le principe d'où tout doit partir. Je m'en suis muni déjà, et je voudrais que ceux qui veulent juger ma régie s'en munissent рагеШеment et soient persuadés que la précipitation ne ferait que gâter les meilleures dispositions et les plans les plus avantageux.
J'ai les meilleures nouvelles possibles au sujet de la vaccine, Non seulement les habitants de la ville et la noblesse habitant les campagnes, les laboureurs même commencent à s'y accoutumer; ils apportent eux-mêmes leurs enfants et demandent la vaccine. Je la propage toujours dans les districts où je passe; actuellement, c'est le septième où je l'ai introduite, Le soin de la rendre plus générale est confié aux chirurgiens de districts, qui sauront assez pour cette opération.
Téhernigos, 5 août 1802.
Me voici ici, mon ami, depuis quelques jours, Ma femme a dû vous annoncer mon arrivée. Je me porte, grâces à Dieu, bien, à un petit mal de gorge près, qui, j'espère, ne sera rien; un changement subit de température en a été la cause.
Tchernigov, par lui-même, serait une assez jolie ville; son site est assez agréable, et l'antiquité de ses églises et couvents le rend même respectable; la cathédrale а 800 ans d’existence. Mais la société est ce qui Jui manque tout-à-fait. Aucun noble, outre les employés, п’у а jamais logé; de ceux qui ont actuellement des fonctions à remplir, il n'y а que quatre ou cinq qui sont mariés,
J'ai trouvé ici quand méme beaucoup de gens de mérite, et dont la société, quand il s'agit de parler d'affaires, est très intéressante et très agréable, M. Soulima est un homme de grande instruction; Miloradovitch, parent du comte Kotchoubey, très aimable, et dont la conversation est agréable; il a beaucoup voyagé,
Le peuple d'ici est trop triste pour rendre la ville gaie; ce sont des culs de plomb qui ne sortent de leurs maisons que quand l'indispensabilité les у force. Desaffaires en quantité, et bien peu d'attention pour les soigner. Cette circonstance est ce qui me fait le plus de peine, car je trouve beaucoup de gens vexés et ruinés par la
Tehernigov, 21 août 1802.
Les nouvelles que vous me donnez, mon ami, qu'on est content de moi, m'ont fait le plaisir que vous deviez supposer, et, si quelque chose peut récompenser les peines et les désagréments que j'éprouve par le service auquel je suis assujetti, ce sont elles, саг elles comprennent le but de ma résignation. Ne supposez pourtant pas que je m'attende à une approbation générale; je ne suis pas assez fou pour cela, pourvu que les refus soient basés sur des raisons justes et valables, et non sur des chicanes bien communes au Sénat.
Pour me réprimer moi-même dans des choses que je fais et qui, par des circonstances à moi inconnues, ne doivent pas se faire, je vous ai prié, mon ami, de m'en parler franchement, Je vous réitère cette prière et vous assure d'avance de toute ma reconnaissance. Actuellement, vous en avez la meilleure occasion. Un gentilhomme de Poltava nommé Sakhnovsky, qui est très bien vu par le comte Kotchoubey, familier dans sa maison, sera dans peu à Pétersbourg. Па la qualité rare de la plus grande véracité. Employez Novossiltseff ou Kozodavleff pour causer avec lui à mon sujet: tâchez de savoir son opinion, et dites-moi ce qu'il aura dit. Adressez-vous aussi au Comte pour savoir се qu'il Ini aura confié, et confiez-moi à votre tour sans rien déguiser tout ce que vous apprendrez et tout ce qu'il vous aura dit à vous-même. Demandez la même complaisance de la part de Kozodavleff et de Novossil- 1зей; expliquez-leur le ‘but de cette сиг . Je cherche le bien, toutes mes actions sont dirigées vers ce but: il serait cruel que l'on пе me corrigeñt pas si j'en ai besoin et puisque je le demande.
Puisque vous sentez, mon ami, le désagrément que j'éprouve par la difficulté d'être bien logé, employez-vous de tous les moyens possibles pour me faire avoir la confirmation des plans que j'enverrai bientôt, et pour qu'on пе me refuse pas l'argent que je demanderai. Je vous avertirai du jour que je ferai partir mon rapport à l'Empereur. Cela sera un peu cher, mais il m'a promis d'être généreux; au reste, point de possibilité sans cela et point de moyen
Starodoub, 5 septembre 1802.
Je vous remercie infiniment pour la copie de la note que vous mavez envoyée au sujet de nos affaires d'Astrakhan. Elle est, selon moi, tellement conçue, que les plus mal intentionnés seront, J'espère, convaincus que ce n’est que leur bile qui lear fait voir cet objet désavantageux pour l'Empire étant dans la propriété dun seul. Vous me ferez grand plaisir, mon ami, toutes fois que 1е temps vous le permettra, de me faire savoir où en est actuellement le raisonnement du Sénat, et doit-on s'en occuper bientôt, et, quand on s’en occupera, quel en sera le résultat présenté & Ja décision de notre bon et gracieux Maitre.
Mon voyage ne va pas aussi vite que je le voudrais pour me woir plus tôt en place. Ma toux ne voulant me quitter, me force Че prendre des repos là où je ne le voulais pas d’après le plan que j'ai fait pour ma tournée. Du nombre de ces repos se trouve habitation de М. Soudenkof'; j'y suis resté pendant deux jours et je me trouve mieux après. Le plaisir que je lui ai fait de venir le voir m'a servi de récompense pour le temps que cela m'a fait perdre. Ce que j'ai trouvé chez lui n’est pas à concevoir: la quantité, la beauté et le goùt des bâtiments dans un endroit éloigné des grandes routes et entouré de forêts rappellent le temps des féeries. La richesse de l'ameublement est telle que les seules maisons du comte ChéréméteN et du prince Bezborodko pourraient surpasser; tous les autres n'en approchent pas méme.
Après-demain, je serai à la terre du comte Zavadovsky. J'y verrai le grand genre et le vraiment beau; aussi, je brûle d'impatience de ш’у voir. Avant d'arriver à Tchernigov, je serai chez un gentilhomme d'ici, nommé Charap, qui а un théâtre et des Ménus qui disputent l'élégant et le beau du théâtre de Pétersbourg. Je ne sais si cela est vrai, mais je vous le dirai au premier moment que j'aurai possibilité de vous écrire,
J'oubliais de vous dire que j'ai vu trois terres du comte Serge, Парафеевка, Черевики и Bumenxu, le tout dans un tel abandon, que cela fait saigner le cœur; la situation de Вишенки superbe,
| à Тевегойгоу, où j'ai trouvé une vieille maison de général-gouverneur que l'on peut rebâtir et arranger de manière qu'elle contienne tous les besoins de la représentation et de ma famille, Si l'Empereur me donne assez d'argent pour cela, j'y serai. Pour Poltava, je songerai à une maison en pierre, ob'et de quelques années de soins avant de pouvoir Госсирег. Actuellement, je travaille aux plans de la maison d'ici, Le terrain que j'ai choisi pour la placer est de toute beauté: c'est un pare de plusieurs arpents que la Désna borde.
Tchernigov, 23 septembre 1802.
Je пе me sens pas bien aujourd'hui, mon ami. Outre ma toux, qui m'incommode toujours beaucoup et qui m'a forcée d'appliquer hier des sangsues, parce que tous mes médecins étaient de l'opinion que c'est une suite de mouvements hémorrhoïdaires, j'ai un malaise général et des maux de nerfs. Cette situation de l'âme n'est pas tout-à-fait propre pour combiner des affaires très sérieuses d'ici qui se sont accumulées et que j'ai dû finir avant de partir d'ici. Aujourd'hui, tout sera achevé, et, demain, je quitterai Tchernigov pour côtoyer le Dniéper jusqu'à Krémentchoug et revenir à Poltava, où j'espèrene pas rester longtemps sans avoir mes enfants avec moi.
A propos du Dniéper, n'avez-vous donc pas reçu ma lettre au comte Nicolas au sujet de ce fleuve? L'objet est très intéressant et me donne beaucoup d'inquiétudes. La Petite Russie sera ruinée si Гоп ne veut pas faire attention à ce que je dis.—J'ai travaillé comme un chien tous les six jours que j'ai passés ici; actuellement, grâces à Dieu, c’est fini. Je désire que mes présentations aient le méme succès que toutes celles que j'ai faites jusqu'à présent, et, alors, je serai bien content, puisque j'aurai une maison commode, agréablement située, et un parc superbe de plusieurs arpents.
Poltava, 80 octobre 1802.
La nouvelle de la mort de ma belle-mère m'a mis, mon ami, dans un état facile à concevoir, mais difficile à dépeindre. Ayant
Poltava, 12 décembre 1802.
Pour ce qui regarde les affaires de nos pêcheries, il est certain qu'on ne devrait pas raisonner autrement que ce que le comte Vorontsoff vous а dit, Mais dit-il toujours ce qu'il pense, et surtout envers vous? c'est une question qu’il faut encore résoudre, Malgré que je suis toujours dans l'idée que cela ne tournera pas à notre avantage, tout ce que vous avez fait, ce que vous comptez faire, et ce que je vais faire lorsque je serai à Pétersbourg, est un devoir que nous avons à remplir envers nous-mêmes et [par] l'obligation de défendre une propriété que la bonté du Trône nous а donnée,
Je ne suis brouillé avec personne, L'inconduite de Bibikoff avec son régiment lui а attiré l'arrivée du prince Volkonsky, qui, après un examen des plaintes qui sont parvenues à l'Empereur, lui ôtera le commandement du régiment. J'y ai agi loyalement, parce qu'à l'ordre de l'Empereur de lui dire ce qui en est, j'ai montré à Bibi- Кой mon rapport, et l'Empereur le nomme rapport indulgent.
Poltava, 20 décembre 1802
Cet archevéque d’Astrakhan ne nous laissera donc jamais tranquille! Le connaissant, et d’après la situation où l'affaire des pécheries se trouve, il me semble qu'il а été impolitique à nous de пе pas laisser ce prélat comme il l'était avec sa possession après la décision de feu l'Empereur. Sa réponse est non seulement mal dirigée, mais aussi peu décente que possible, et je serais bien étonné qu'au moment où je vous écris, sa supplique à l'Empereur пе soit pas déjà à Pétershourg. Croyez-moi, mon ami, tant que “ous avons encore la jouissance de cette propriété, le mieux est de le laisser tranquille; aussi, c'est de tout mon cœur que je désire Savoir que vous avez donné des ordres décisifs à ce sujet,
Je suis bien de votre avis que, vu les tracasseries continuelles, les correspondances désagréables et toutes les inquiétudes pour Vavenir que ces pécheries nous causent, il est essentiel de désirer que votre projet de leur cession à la couronne se réalise. Mais
comment l'espérer après le refus qui vous en a été fait, sera la voie qu'il faudra prendre pour remettre la chose sur le ta Je ne me refuse pas à agir; mais c'est à vous à me diriger: voi: trouverez exécuteur exact de vos conseils. Je vous avoue ment que plaider auprès de M. le ministre de justice ser pénible pour moi. Je vous laisse juge à ce sujet: jusqu'à point de réponses à plusieurs lettres d'affaires que je lui : aussi n’en reçoit-il plus, et certainement je ne lui écrirai point
Je me réjouirais sur ce que vous ше dites de la comtesse Orlof, parce que cela vous donnerait une nouvelle existence, mais je dois. vous avouer qu'il у a déjà longtemps que j'ai formé des projets à, son sujet pour votre neveu. Ces projets, qui ont toujours été faciles) resteront, je crois, tels pour toujours, саг mon jeune homme пе veut pas entendre parler de mariage. C’est le militaire qui mous. tourne la tête actuellement; je ne suis pas tout-à-fait contre, pourvi que cela ne soit pas dans les gardes,
J'ai reçu hier la permission de venir à Pétersbourg, mais j'ignore, encore le temps auquel je pourrai entreprendre mon voyage. Je ne quitterai pas Poltava avant que le prince Volkonsky п’ай ви les affaires du régiment et que Poltava ne soit débarrassée de се régiment qui fait la désolation des habitants. Cela ne pourra avoin lieu qu'au mois de janvier, Après cela, restera ma visite Mohers nigov, et puis enfin mon arrivée chez vous. А Pétersbourg,.j® vous avertis d'avance que je n°y resterai pas longtemps; monintention est d'en partir au mois d'avril. Si l'on n'a pas le 1етрз 4е finir toutes mes affaires du gouvernement, je les laissera & ша correspondance directe avec l'Empereur quand je геуепдгай ей Ukraine.
Je suis on ne peut pas plus content de la manière de secons duire avec moi et de conduire les affaires du prince Volkonsky. qui est envoyé ici. C'est un jeune homme très intéressant partout ce qu'il sait et ce qu'il a vu, et très aimable dansla société; quand il est à son aise, il ne bégaye presque раз.
LSt-Pétersbourg, 1808],
ant que vous ne viendrez pas chez Laval, je n'ai pas
voulu vous laisser ignorer le résultat de ma décision de ce
matin. Ma lettre est entre les mains de M. de Troch-
tehinsky. Па fait des difficultés pour se charger de la remettre, mais
На cédé à mes instances et a été obligé de consentir que tout ce qui
m'est arrivé m'autorisait à cette démarche; il а eu même l'amitié de
me promettre d'expliquer toutes mes raisons avec énergie. Je vous en
avertis, mon ami, pour que vous le remerciiez quand vous le ver-
rez demain au conseil, её pour que vous soyez prét à répondre au
cas que Гоп vous en parle l’après-diner, et pour qu'en apprenant
la conversation du matin, vous fassiez chorus avec ce que M. Trochtchinsky aura dit.
La raison majeure sera la persuasion où je suis, par les faits, que je ne suis pas de ceux qui jouissent de la bonté si nécessaire pour soutenir le zèle de mon service, et la preuve de cela sont les trois faits que vous connaissez.
La nomination de Roumiantseff me donne le droit à la prétention, parce qu'employé dans l'éloignement, j'ai l'air d'être toléré au service avec la clause de ne pas étre à la capitale. Cette même nomination ne sera qu'un relief pour ma place même, puisque, par le fait, je ne serai jamais à même d'y siéger beaucoup.
Sans les trois objets qui forment mon mécontentement, obtenezmoi ша démission; c’est la prière que je vous fais, mon ami, et cela sera l’époque de mon bonheur, puisque cela sera celle de la tranquillité de mon âme.—Adieu, mon ami, dormez bien, Moi, je vais au bal, et j'y glisserai des polonaises.
(St-Pétersbourg, 1803].
Voici, mon ami, la copie du rescrit que Sa Majesté l'Empereur vient de m'envoyer. Vous avez désiré l'avoir, et je m'empresse de vous la communiquer. J'ai fait ma réponse comme vous le savez, ét je vais l'envoyer. M. Trochtchinsky est venu lui-même pour
se
me communiquer tout ce que je savais déjà par vous et pour s'assurer de ma réponse. Je vois par № qu'il n'était pas trop sûr de ce que je ferais; je n'en suis pas fiché, entre nous. soit dite
TTeherigov, janvier 1808.
Après un voyage de 7 jours à cause des inspections à faire dans les villes et des froids excessifs et des chasse-neigts que j'ai été obligé d'endurer, me voilà enfin ici, mon ami Je suis charmé de me voir à Tchernigov, parce que l'on est foi jours content de se trouver parmi ceux qui vous aiment, et c'est encore mon cas avec les Petits Russiens. Tant que celà durera, jt ne veux rien d'autre; quand cela sera fini, Kourakino sera mon asile,
Ceci, mon ami, pourra servir de réponse à la nouvelle absurde que Pouchkine donne à Obolianinoff. La grande maladie du chine celier est la cause de tous ces bavardages; саг je suppose чие 11068. de la fréquente mutation des ministres sera toujours éloignéenle système de bien diriger les affaires d'un pays ne S'amalgamera jte mais avec pareille supposition.
Poltava, 2 janvier 1808.
Le dernier rescrit dont je vous ai parlé, mon ami, est celubque le comte de Kotchoubey vous a communiqué. Venant moi-même dans peu vous embrasser, je vous les montrerai tous, саг tous sont de nature à vous faire plaisir et à vous prouver les témoignages. que je reçois de la confiance et des bontés de la part denotre Maitre.
Lindiscrétion que la Ouvarof s'est permise vis-à-vis delllmpé ratrice-Mère me peine d'autant plus qu'elle a pensé vous сотргоmettre, Voilà comme sont toutes ces femmes, surtout elle, ди пе considère plus rien, sitôt que c’est son fils dont il est question.Le blâme que l'on jette sur elle sur le compte de sa conduite envers son père est ce qu'elle aura à se reprocher toute sa vie c'estmatvais et bien mauvais, voilà ce que l'on peut en dire,
St-Pétersbourg, 10 mars 1808.
Les mauvais chemins, un dérangement de santé et la fatigue que j'en ai ressentie ont été cause que je n'ai pu arriver ici que le dimanche 8 de ce mois pour le moment du diner, Je ne puis vous décrire, mon ami, ce qu'était la route et ce que j'ai dû supporter; aussi me suis-je donné la parole de ne plus m'aventurer dans les hivers de notre pays. Je ne vous dirai pas que c’est l’âge qui me fait faire cette réflexion, parce que cela n'est pas de saison pour 1е moment actuel, mais ma santé, qui s'est visiblement dérangée depuis quelque temps.
L'après-diner du jour de mon arrivée, j'ai été voir le comte Kotchoubey, M. Trochtchinsky et le comte Zavadovsky. J'ai trouvé le premier à la maison et je ne puis que me louer de sa manière d'être avec moi. Les autres n'étaient pas chez eux, mais le lendemain, je les ai tous vus chez moi, et j'en ai été pareillement content.
Des courses et des inspections que l'Empereur avait à faire ce lundi m'ont privé de l'honneur de lui étre présenté, mais aujourd'hui, par une annonce du comte Kotchoubey, je dois diner à la cour. Cette circonstance a été cause que je n'ai pas encore 666 chez l'Impératrice-Mère, Cet après-diner, je compte me présenter dans ses appartements, supposant pourtant que je ne pourrai раз avoir l'honneur de la voir à cause de la journée de demain,
La poste prochaine, je vous communiquerai, mon ami, et ma réception et les conversations que l'Impératrice peut-être aura avec moi au sujet de votre Nina. Pour le moment, je ne puis vous cacher que la ville est pleine de l'idée que vous avez eue de vous marier: les malveillants en parlent à leur manière, d'autres désirent que, si la chose est vraie, elle ne réussisse pas pour la tranquillité de votre existence, Je ne vous cacherai pas non plus qu'étant obligé d'essuyer toutes les conversations, je ne me trouve pas toujours à mon aise.
Ma présentation à Sa Majesté ГЕ ur a je vous ai écrit. J'étais ordonné pour le г promenade, [ m'a fait appeler dans son сан,
de le servir, П а eu celle de s'entretenir quart d'heure. Le temps du diner et du café les bontés de l'impératrice Elisabeth. Le comte venu diner ce jour-là expressément pour moi. й L'après-diner, comme je vous l'ai marqué, jé ше $
ne La caves ne аа ИИ questions tendaient à savoir si vous aviez abandonné vos projets et si vous étiez guéri: j'ai affirmé que, sans l'être, vous aviez héancoup de raisons, et que je comptais beaucoup sur Elle. Je n'aipas évité les reproches de vous avoir fait peur de la mauvaise route, et que c'était certainement par complaisance pour. l'état dans le quel je vous avais trouvé. L'arrivée de l'impératrice Elisabeth.æ rompu la conversation et terminé ma visite.
Mile Nélidof faisait chorus avec l'Impératrice-Mère, et croit que vous la boudez, puisque vous ne lui avez encore rien dit sur la lettre qu'elle vous а écrite, malgré la promesse que. vons lui en [avez] faite.
St-Pétersbourg, 16 mars 1808.
Je continue toujours à étre bien vu: dimanche, lmpératricé Mère m'a fait diner chez elle avec l'Empereur; elle me traite avec. bonté, Quand vous lui écrirez, mon ami, parlez-lui de la reconnais” sance que je vous en ai témoignée, et acceptez-la vous méme dé ma part, car je ne m'abuse pas sur la raison; d'ailleurs, mon cœur пе variera jamais sur l'opinion que vous avez toujours été la source de toutes mes satisfactions.
L'arrivée de Dolgorouky à Moscou m'inquièterait un реш pour, Hélène; mais j'espère que vous vous emploierez, mon ami, & те
seconder, et que la volonté claire que j'ai déclarée à ce sujet ne Séra pas mise de côté: le ,non® est décidé définitivement et est dit, il faut qu'on l'exécute.
Je me suis arrangé d'après l’ordre des choses: c'est avec les ministres que je travaille; je n'ai pas même montré le soupçon du désir de ne pas vouloir m'y soumettre, et ils en sont contents. Je continue à être satisfait sur leur manière d'être avec moi. Dans le travail que j'ai eu avec le ministre de l'intérieur, j'ai été obligé de combattre son opinion sur les projets qu'il а faits des bâtiments pour les gouvernements en général. Je ne sais ce qui en sera; je Jui en ai écrit pour le stimuler à mettre le tout sous les yeux de l'Empereur.
St-Pétersbourg, 20 mars 1803.
L'affaire de l'augmentation des revenus à Astrakhan а dû être traitée hier, mais cela а 6t6 remis jusqu'à Jeudi prochain, Cela m'a fait d'autant plus de plaisir, que je n'avais pas eu le temps d'en parler aux sénateurs siégeants dans le 1-er département et que je n'avais pas encore votre lettre pour le comte Kotchoubey. Actuellement muni de celle-ci, je ne doute pas que Гоп пе se décide à nous faire éviter le dommage que Kolokoltsof а mis dans l'opinion qu'il a donnée l’année passée, J'ai eu la copie de l'extrait qui a été distribué aux sénateurs: je vous le communique ici, mon ami. Nous у trouverez l'article dont je vous parle, et vous verrez par vous-même le degré jusqu'où la malveillance et la jalousie peuvent aller, Je remettrai moi-même la lettre au comte Kotchoubey demain, si lé comité d'aujourd'hui ne me donne pas le moyen de le voir. A vue de pays, il me semble que Derjavine, Zavadovsky, Trochtehinsky et Novossiltseff sont de l'avis que l'indemnité est indispensable. Ma plus grande sécurité est sur la justice et la bonté de notre Maitre,
Je vous remercie pour votre franchise au sujet de Nina. Je Suis très persuadé que vous vous respecterez comme vous le devez pour laconduite que vous aurez à tenir à son sujet; mais je ne vous cacherai pas que les nouvelles de Moscou qui se répandent ici
be
me ct ps à vor ram. № an RD Ja donble écoles ont coupé le pois Rat présentez-vous donc la méchanceté du siècle et la n préserver autant que possible. Ma franchise ne vous de l'humeur contre moi, mon ami? tranquillisez-moi à | sans quoi je ne vous parlerai plus de rien.
sui.
St-Pétersbourg, 24 mars 1803.
J'ai la satisfaction, mon ami, de vous annoncer que, d'après ce que j'ai reçu de réponses de tous les sénateurs du 1-ег département, hors Kolokoltsof et le comte Alexandre, il n'y а aucun doute que notre propriété d'Astrakhan ne nous soit laissée comme propriété. Ils sont de l'avis que, si elle doit étre une appartenance de la couronne, l'indemnisation est le seul moyen par lequel elle peut у passer; c'est ce que le comte Kotchoubey m'a encore confirmé après la lecture de votre lettre que je lui ai remise. moi même. Comme j'insistais pour qu’on nous prenne ces pécheriës, И m'a répondu que, si la chose n'était pas trouvée nécessaire pour qu'elles ne restent pas dans les mains des particuliers, cela serait tout-à-fait impossible et au préjudice de la couronne, et par сопséquent infaisable, Je n'en ai pas parlé au comte Vorontsoft, parce que je ne l'ai pas vu et que sa manière de voir cette affaire mlest trop connue. Pour Kolokoltsoff, vous savez ce que son ämedésire, et je crois que vous пе me blimerez pas pour cela. Pour lecomte Vorontsoff, je lui en parlerai certainement, et je vous communi> querai ce qu'il m’en dira.
Ма femme est, grâces à Dieu, arrivée. Tiré de l'inquiétude mortelle où je me trouvais les connaissant être en route, je me trouve dans celle de l'histoire de mon fils avec la famille Chtcherbatof, Malgré la lettre que Boris a envoyée, ils sont toujours dans Резрбrance et le désir que la chose réussisse, Je vais me шейге еп avant moi-même et parler au comte Chouvaloff à ce sujet; jlespère que cela éloignera tout désagrément entre les jeunes gens etnous donnera la tranquillité que nous avons à désirer pour l'intérieur.
de notre famille. Pour Boris, ne vous inquiétez pas: puisque vous avez su obtenir de lui la parole qu'il ne le fasse pas sans notre permission, soyez tranquille, il п’у manquera pas.
L'Empereur a été indisposé ces jours-ci, mais cela s'est passé, grâces à Dieu, et il a recommencé ses occupations militaires. Celles du cabinet, il ne les а pas interrompues.
Actuellement, l'Impératrice-Mère est indisposée d'un froid qu'elle a pris en se promenant sur le quai. Cette indisposition est aussi sans conséquence; nous espérons qu'Elle nous permettra de la voir demain.
St-Pétersbourg, 80 mars 1803.
D’après tout ce que je vous ai dit, mon ami, de mes suppositions sur le désir du prince Dmitry Mikhaïlovitch Volkonsky de s'allier avec nous, il s'est formellement adressé ces joursci et à demandé Hélène en mariage, D'après ce que vous connaissez de той opinion à son sujet, d'après ses qualités morales et sa réputation faite et généralement reconnue, vous vous représenterez facilement, mon ami, ma décision intérieure; mais ma réponse n'a nullement été afirmative, parce que je n'avais роз votre permission et que je n'étais pas sûr des dispositions de ma fille. Je lui ai abandonné le soin de savoir lui plaire et de me donner le moyen de recevoir une réponse favorable pour lui et qui vienne d'ellemême et par son propre et unique mouvement, et me suis chargé de vous en écrire pour avoir votre consentement,
Je m'adresse à vous comme à mon ami et bienfaiteur et comme à un père de mes enfants qui les comble de bontés; je m'adresse à cette tendresse de votre part qui n’a jamais varié pour moi dans toutes les circonstances de ma vie: je me remets, moi et le sort d'Hélène, entre vos mains. Parlez, et votre volonté sera faite: j'attends votre réponse pour m'ouvrir entièrement à Hélène. D’après се дие je remarque en elle et la parenté du prince Dmitry avec Sophie qui est l'amie d'Hélène, je reconnais déjà une espèce de consentement de sa part à ne pas refuser ce que je devrai lui dire.
Communiquez tout cela au prince Etienne de ma part ainsi
doit s'arranger.
Actuellement, vous savez déjà que les possessions де Майто: | | lojsky sont adjugées étre de la catégorie de celles du comte Sie | tykoff. Si l'on ne trouve pas moyen de remédier à la chose, ousf l'opinion de trois ou quatre sénateurs qui n'est pas bien prononcée encore n'arrête cette décision, la princesse Viasemsky devrasubir une grande perte, puisque c'est d'elle que ces pécheries ont passé à Békétofr.
Nos pêcheries sur les bords de la mer Caspienne ont donné l'idée au comte Roumiantseff de vouloir savoir si, dans” cettepossession, nous n'avions pas plus que ce qui faisait la possession dés marchands, qui seule nous est donnée. Le comte Kotchoubeysa été de son avis; Trochtchinsky et Novossiltseff, autant qu'il luiétait décent de parler, ont opiné contre; mais l'idée а passé, © ©’ l'ignorance du gouverneur et de la chancellerie du Sénat, quivont empéché que cela ne se décide sur l'heure. Comme je suis certainque non seulement une augmentation illégale [пе] nous à (pas) été ГаКе раг les tribunaux d'Astrakhan, mais que nous n'avons pas геси се ий devait nous être livré, cette décision ne m'inquiète point; ]е Га? dit sincèrement au comte Kotchoubey. l'ai été content de swrons versation avec moi à ce sujet: elle a été, autant que j'ai pu débrouile ler, à ce qui me semble, franche et loyale.
L'achat de notre droit sur les pêcheries est, à ce que je crois, impossible, Rappelez-vous ce que Kotchoubey m’en а dit, et ilme semble que leur annulation ne sera pas trouvée utile. L'indemnis sation est à redouter aussi, parce que l'on a déjà jeté envavant l'idée de ce qui a été fait pour Koutaïssofl. Si les ватаги зиг bord de la mer Caspienne sont trouvées nous appartenirMiégas lement, indispensablement on voudra les rendre libres ауес ий payement pareil à celui que l'on a fait des pécheries d'Embe "Ole ne sera pas tout-à-fait avantageux pour nous, parce qu'il mesemble
qu'elles nous garantissent des empêchements que Гоп ferait aux poissons de se présenter aux учуги. Au reste, се ne sont que des suppositions, car, définitivement, rien n'est décidé encore. La séance du Sénat est remise au jeudi de la première semaine après Pâques; il n'y en aura, je crois, qu'une par semaine, à cause des occupations des ministres; il se passera donc bien du temps avant que cela ne soit définitivement terminé.
Le gouverneur est reconnu généralement pour ce qu'il est, et le comte Kotchoubey m'a dit qu'il est si ignorant sur ce qui regarde les affaires qu'il a avancées, qu'il n'a pas été à méme de contenter le Sénat par des éclaircissements qu'il lui a demandés. Il m'a ajouté encore: „Мы и знать не будемъ, что name придется дфлать съ тЪмь указомъ, который объ пемъ публикованъ“.
M. Derjavine s’est montré пе pas approuver tout се qui peut attaquer en quelque façon que cela soit la propriété. Je ne lui en ai pas témoigné ma reconnaissance, parce que je dois faire semblant d'ignorer ce qui s'est fait au Sénat.
Les забойки ou учуги nouvellement faits, je crois, seront annu- 163; c'est un point sur lequel on s'est arrêté le plus.
Dans la première fois que j'ai été chez l'Empereur, оп ne s'est informé que de votre santé, et avec beaucoup de retenue, par discrétion, à ce que je crois, pour que je ne suppose pas que les bruits qui se sont répandus à votre sujet en sont le motif, Le chancelier se porte bien; il sort pour prendre l'air, mais ne paraît pas encore à la cour. L'Empereur est venu le voir et parler d'affaires.
Toutes mes réponses au sujet de votre mariage sont basées d'après ce que vous me dites, Je ne sais pas si l’on me croit, mais се que je vois, c'est un sourire qui termine la conversation de la part de celui qui m'en parle. Le comte Volodimir ne m'en а pas parlé, parce que je ne l'ai pas vu: je ne l'ai pas trouvé à la maison, et, allant nulle part, je n'ai pu le rencontrer, Je vous remercie beaucoup pour votre consentement à ne pas vous loger à Vorontз0у0: outre tout plein de considérations, celle de ne pas permettre aude пе pas donner prise au public de continuer ses bavardages
n'a pu ne pas y consentir. Nous sommes, je сгой пе puis pas étre son ami; mais {| me prise et а puis désirer, Tout ce que j'ai présenté ой ce NS CSS nique ici les copies. Tous les médecins et tous été avancés comme je le désirais. Si je réussis pareillement dans les autres grâces et distinctions que je suis intentionné de Четаиder pour les employés sous mes ordres, je serai pleinement récont, рос des poire et des бити в ES
gouverneur,
St-Pétersbourg, 10 avril вое.
Le Sénat ne s'assemblant pas encore à cause des fêtes, l'affaire des pêcheries d'Astrakhan reste en stagnation; cela ne зега que les jeudis de chaque semaine que l'on s'en occupera, et vous sen 10% qu'il y aura bien des jeudis avant que cela пе MnisSe
IL est certain qu'il faut que nous renoncions à l'idée de les céder. й la couronne, car Й n'est pas probable qu'on trouve les учуги contraires au bien de l'Etat. Pour ce qui regarde la décision аиthentique de la confirmation de notre propriété, je crois que l'affaire finie au Sénat, où les droits d'un chacun seront débattus, confirmeræ la validité des droits de ceux à qui on laissera les pêcheries, etless confirmera de manière à arrêter toutes les tentatives par Mesquellés la eupidité оц la malveillance pourraient vouloir renouveler раг а | suite l'idée de nous les enlever. к”
Vous savez ce qui en est de la première séance du Sénat: Avec ln persuasion qu'il y а peu d'individus qui soient bien disposés ей | notre faveur, ne vous arrôtez pas, mon ami, sur се qu'ils auront, dit ou sur les éclaireissements qu'ils feront prendre de la validité de nos droits et de l'étendue de notre propriété. Une affaire aussi
majeure et sur laquelle les yeux de tout le public sont tournés exige cette attention, attention qui ne pourra servir qu'à notre avantage, puisque nous ne jouissons que des endroits que le Sénat et les départements du gouvernement nous ont donnés et adjugés. Actuellement, notre but doit être: 1) qu'on reconnaisse notre droit: personne ne le dispute; 2) qu'on ne prenne pas pour des pêcheries de la mer ce qui n’est que pécheries indispensables pour les yayru qui sont dans l'embouchure du Volga: la plus grande partie en est convaincue et opinera pour nous; 3) qu'on ne nous prenne rien sans indemnisation: cela est décidé; 4) que l'indemnisation ne soit pas désavantageuse: on nous le promet, mais c'est sujet à caution; 5) que l'opinion de Kolokoltsoff ne devienne pas l'opinion du Sénat: cela n'a aucun doute; 6) que les idées du gouverneur soient vues comme elles le doivent étre: il est généralement reconnu pour un étourdi, et on le prise comme il doit l'être; son dire n'aura aucune valeur, certainement.
De toutes ces situations de notre affaire, mon ami, vous voyez qu'il n'y en а pas de trop alarmantes. La seule indemnisation serait à craindre; mais comme il me semble qu'aucun des endroits dont nous jouissons ne nous sera pris, cette appréhension deviendra inutile. Aussi, je ne sais pourquoi, mais je ne vois rien d'alarmant: notre possession est trop claire, notre désintéressement depuis que nous en sommes possesseurs sera trop prouvé, pour avoir quelque chose à craindre, et si, après cela, on fait quelque chose de ruinant pour nous et d'illégal, vous sentez que cela ne pourra étre fait que d'après la marche que cette affaire devait prendre, contre laquelle И пу а pas à lutter et qui doit étre reconnue indispensable.
Avant-hier, il y a eu bal chez l’Impératrice-Mère. Elle a eu la bonté d'y inviter ma fille cadette, malgré qu'elle n'a jamais été présentée. L'année passée, les Gourieff ont eu cette distinction. Ее а la bonté de s'intéresser à ma santé; tous les jours, son valet Че chambre. vient m'en demander des nouvelles; aussi, je lui suis plein Че reconnaissance. Le public me donne la place de ministre de justice ou celle de finances; n'en croyez rien, il n’y à pas un mot de vrai.
St-Pétersbourg, 14 aval 1898.
Je vous remercie sensiblement, mon ami, pour la реше que vous vous étes donnée. de m'écrire dans un moment où vous n'aviez pas de temps à vous pour me répondre au sujet de l'établissement d'Hélène. Votre lettre, mon ami, nous а fait le plis grand plaisir, puisque vous пе différez pas d'opinion sur la chose et sur l'individu. L'ayant reçue et communiquée à ma femmeetà Hélène, j'ai formellement parlé à ma fille en lui demandant ln réponse que je devais faire au prince Volkonsky. Ce qu'elle ma dit à ce sujet étant frappé au coin de la sagesse, je n'ai ри que me soumettre à l'idée qu’elle а d'avoir du temps pour se décider, ne le remettant pas pourtant au plus loin, Ne voulant nullement dire mon avis et la faire décider d’après ce qu'elle aura remarqué de mes désirs, pour cela, je l'ai laissée maîtresse entière. Je l'ai dit au prince Dmitry en lui faisant savoir tout ce que vous mavez dit de flatteur à son sujet. Пу est on пе peut plus sensible etre connaissant, mais bien affligé de ce qu'Hélène ne veut pas encore se décider. Il lui faudra pourtant passer par là, car elle dit, et très justement, qu'elle est persuadée que toute femme sera parfaitement heureuse avec lui, que toute sa réputation et ses qualités parlent pour lui, mais que n'ayant rien de cet attachement qui peut presser un consentement, elle désire se donner le temps de se décider épouser un homme qu'elle distingue sans avoir del'amour..
Je n'ai qu'à vous tranquilliser sur le compte de Boris pour ce qui regarde l'affaire de la princesse Chtcherbatoff: vous ayant donné sa parole et m'ayant promis de ne jamais le faire, nous пе devons rien craindre. Mais l'attachement existant toujours, | ей souffre visiblement: son caractère et sa manière d'étreenpatissent aussi. Je ne sais si vous l'approuverez, cela me donne lidéemte l'employer à une mission, et nommément à celle de Constantinople, où М. ltalinsky, homme de réputation et ami de Volkonsky, pourri le diriger, Le jeune homme occupé par des affaires d'un nouvem genre, étant dans un climat et parmi des peuples qui n'ontriem de commun avec ce qu'il sait, recevra peut-être le bien de @6га-
ciner cet attachement et tranquilliser la crainte de ses parents à son sujet. Un voyage pour lui, mon ami, sera, il me semble, bon sous tous les rapports. Son séjour actuellement en Petite Russie aura pour lui l'image [l'apparence] d'une prison dont je serai le geôlier, к
Cette idée de faire partir mon fils n’est nullement mûre en moi, mon ami; je vous la communique pour connaître votre raisonnement à ce sujet, que j'aime toujours à recevoir et à suivre. Je ne me cache pas aussi qu'un éloignement d’un jeune homme de la férule du père dans по âge comme est Boris, qui n’a aucune expérience et qui ne verra dans cela que la liberté qu'il acquerra et qui pourra le mener à faire toutes les folies possibles, pourra encore augmenter le manque de chaleur d'attachement qu'il a, soit par caractère, soit par éducation. Cette considération et tout plein d’autres bouleversent mon idée de le faire aller à Constantinople et font que je ne sais à quoi me décider: venez à mon secours, mon ami, je vous en supplie.
Le moyen qu'il aurait de faire une étude des affaires de l'intérieur restant avec moi est malheureusement un avantage qu'il ne prise pas et qu'il ne comprend point. Il me semble que sa morgue le met dans l'idée de mépriser le service dans les rangs inférieurs, malgré qu'il sait et que tous les jours il entend dire que, sans avoir les classes-inférieurs, on reste toujours neuf dans la supérieure. Désirant le former pour le service dans le pays, je те tompterais heureux, mais bien heureux, sil pouvait prendre goût pour la place qu'il occupe auprès de moi, parce que cela lui serait conservé dans toutes les mutations d'emploi que je serai obligé de subir, et que, sans s'apercevoir, il aurait par devant lui la réputation d'avoir travaillé dans les affaires.
St-Pétersbourg, 1-er mai 1808.
Encore un bienfait de Sa Majesté l'Impératrice: Alexandrine est nommée demoiselle d'honneur des deux Impératrices. Je suis à Notre col pour vous en témoigner toute ma reconnaissance, mon
bien respectable ami; acceptez-la avec les sent parce qu'elle est bien sincère et bien sentie. —
L'affaire des pécheries est finie et totalement à notre ava Moltchanoff vous en aura donné les détails. Les s Zavadovsk) et Kotchoubey me l'ont dit eux-mêmes. Après avoir reconnt notré droit incontestable, ils ont décidé que les yayru étaient désavantageux pour l'état; aussi ils ont arrété d'annuler tous ceux qui пе sont pas en notre propriété. Pour les nôtres, ils croyent qu'il est nécessaire de les laisser pour éprouver si le poisson ne diminuéra pas dans la quantité; mais, sil plait à Sa Majesté de les annuler aussi, ils exposent l'indispensabilité de l'indemnisation. Les ватаги restent comme elles ont été. Сфти и самоловы запрещаются въ Boxrb; мнф кажется, это не очень хорошо; au reste, il бий чо" si cela aura rapport à nos pécheries. En un mot, l'affaire est tér: minée aussi bien pour nous que cela pouvait l'étre.
Le comte Zavadovsky et Kotchoubey sont ceux à qui nous devons tout cela. Notre cousin et Gourieff, s'ils ne nous ont раз fait du tort, ce n'est que parce qu'ils ne l'ont раз pu fairéwet qu'ils ne savaient pas parler contre les arguments des deux premiers, qui étaient toujours à notre avantage.
St-Pétersbourg, 4 mai 1808
Vous serez bientôt, mon ami, dans le gouvernement de Sara» tov. On y a réussi dans l'invention de bâtir des maisons à loger. avec des briques séchées au soleil qui donnent le moyen 4е Байг sans employer la chaux. La Petite Russie, par le manque 4е №05 et des pierres, par la difficulté d'avoir de la chaux, а plus quertout autre point de la Russie besoin de cette invention. Aidez-moi, mon ami: tâchez de m'avoir deux ou trois hommes experts dans Гагё Фе faire ces briques et dans celui de les employer à la bitisse;/faites, un contrat avec eux en mon nom, donnez-leur tout се que-waus. croirez leur devoir être donné, expédiez-les à mes frais à Poltava avec un conducteur, et, en me donnant le moyen de rendre ce зегvice au pays que je gouverne, augmentez par là le nombre des oblis gations que je vous dois.
L'Impératrice passe aujourd'hui à Pavlovsky; Elle reviendra pour la cérémonie du jubilé, C'est à plusieurs reprises qu'Elle m'a dit son désir de vous voir ici l'été pour étre avec vous ensemble à la campagne. Elle ne me parle plus de votre passion, parce qu'Elle est persuadée que la chose est tombée à l'eau, et, puisque vous me le confirmez vous-même, si Elle m'en parle, je le confirmerai d'une manière affirmative.
Je continue à étre parfaitement content de la déférence que l'on a à toutes mes représentations; presque toutes ont eu le succès le plus complet. La gratification pour les employés a eu une anicroche. J'aurais désiré, pour être plus sûr de leur zèle, у avoir réussi aussi, mais au reste, ils sauront que cela n'est pas ma faute et, j'espère, ne m'en voudront pas.
Alexandrine a été hier de service et a très bien débuté. Tout le monde Га trouvée on ne peut pas plus jolie. Quand elle а paru premièrement au bal que l'Impératrice а donné, et puis le dimanche pour remercier, elle а fixé l'attention d'un chacun; on se disait: „Какая прекрасная!“ Voilà donc une beauté dans notre famille!
St-Pétersbourg, 8 mai 1803.
Sans vous répéter comment l'affaire des pécheries d'Astrakhan а 616 finie au Sénat, puisque Moltchanoff vous Га déjà communiqué, Й est impossible que je ne vous dise, mon ami, que cela а eu une bien meilleure fin que celle à laquelle nous devions nous attendre. L'augmentation faite à l'assemblée d'hier au sujet de la ватага de Василисинская couronne l'œuvre. La défense des сЪти et des само- 108, qui ne commencera que de l'année 1805, ne nous fera pas grand tort, puisque cela ne regarde que les ватаги du Volga; la Ввсилисинская est regardée appartenante à la mer et indivisible des учуги.
Outre plusieurs personnes à qui nous devons et dont Moltchaпой vous а parlé, l'affaire d'hier а été l'œuvre du comte Kotchoubey etde М. Trochtchinsky. J'irai les remercier mo lriez-vous pas le faire de votre côté? А cette occa
éme; ne vou-
on, je parlerai
320 ПИСЬМА КНЯЗЯ AREKCHA БОРИСОВИЧА КУРАКИНА.
de l'indemnisation au ministre de l'intérieur; en le priant d'avoir égard à notre revenu, je mettrai en avant l'idée de la pension.
Je vais aujourd'hui à Pavlovsky, n'ayant pas pu y aller encore à cause de mes affaires.—Pour le 16, on fait de très grands ргбраratifs pour la fête du jubilé; Гу resterai pour voir cela; ne prés voyant pas pouvoir voir la fin du second siècle.
St-Pétersbourg, 15 mai 1803,
L’affaire des pécheries n'est plus un objet à traiter entre nous, elle est finie. Avant-hier, on s'est encore assemblé pour revoir lé aokaaxs et on у а corrigé une erreur de résolution: „чтобъ учуги были не nepewbusems*. Ayant appris cela, j'ai demandé qu'on у ajoute: „изъ одного въ другой рукавъ Волги“, car, sans cela, le sable s'accumulant les aurait rendus sans usage, et Zavadowsky, qui est venu me voir, m'a tranquillisé en disant que cela étaitfait d'après mes désirs.
L'idée leur est venue hier d'articuler sur le genre d'indemntsation pour mettre l'Empereur à l'aise du choîx qu'il aura à faire. Le comte Kotchoubey а voulu prétendre que c'était 600.000 roubles que nous avons demandés. Comme Trochtchinsky et Novossiltseff ne s'y sont pas trouvés, personne ne pouvait affirmer сопnaître le contenu de votre lettre. Zavadovsky a arrêté cette 46с1sion, disant qu'il trouvait la chose impossible, que jamais ce capital n'indemnisait 100.000 г. de revenus, et on a remis cette chose à l'assemblée prochaine. Puisque le Sénat veut ргополсег & ce sujet, je crois devoir faire des démarches pour remettre votre lettre: sur le tapis, vu mon idée de la pension, penchant toujours plis pour le premier, puisqu'il est le plus avantageux: $1 Па close pouvait s'arranger ainsi, nous pourrions bien nous féliciter ebnous dire mutuellement qu'après de grandes inquiétudes, nous Zagnons! une tranquillité invariable, Cette perspective me faitwellement plaisir et je l'envisage si vivement, qu'il me :semble que jewois tout cela.
St-Pétersbourg, 25 mai 1808.
Pour nos affaires communes des pécheries, il me semble qu'il y aura encore du déboire, C'est l'histoire de l'indemnisation qui a fait faire une séance très orageuse, Kotchoubey а réparé son erreur en lavouant loyalement: il a dit qu'ayant lu la lettre que vous avez présentée à l'Empereur, il a vu que la somme des 600.000 г. ne faisait que votre moitié et qu'il fallait s'arrêter à ce taux pour chacun de nous. Tout le Sénat у а consenti hors Derjavine, qui a dit qu'il ne pouvait у avoir d'autre indemnisation que la pareille de Koutaïssoff et qu'il ne changerait pas d'opinion. Cette idée a fait naitre tout plein de raisonnements sur la différence qu'il y avait entre nous et un valet de chambre, et tout le Sénat, outre Kolokoltsoff qui s'était retiré, a parlé comme un corps de noblesse devait parler. Ces raisonnements ont fait naître même des altercations, et la manière dont Kotchoubey et Zavadovsky ont défendu notre cause doit captiver notre reconnaissance pour toujours, Comme il n'était pas possible de faire entendre raison à un brouillon comme Derjavine, le Sénat а omis l'indemnité, la laissant à la volonté du Souverain, Cette idée, avec l'opinion de Kotchoubey et les égards que l'Empereur а pour nous, me parait être tout aussi bonne, D'ailleurs il faut que vous sachiez que Derjavine ne jouit plus d'aucun crédit et qu'il est seulement souffert dans la place qu’il occupe.
St-Pétersbourg, 29 mai 1808.
L'Empereur est parti depuis quelques jours pour examiner les frontières et les forteresses de la Finlande, Il sera de retour pour 1e 3 Ча mois prochain; cela sera à ‘Kamenny-Ostrov qu'il reviendra. L'impératrice Elisabeth, qui fait actuellement son séjour à Pavlovsky, ÿarrivera pour le moment de son retour,
Ma convalescence, qui traine en longueur, est cause que je n'ai раз encore vu l'Impératrice-Mère. Si le mauvais temps que nous Subissons se raccommode un peu, je compte aller après-demain coucher à Tsarskoïé-Sélo pour venir diner à Pavlovsky le jour
d'après et retourner tout de suite après en ville, Les du soir ne sont pas encore compatibles soc état) me trouve encore.
Les hostilités entre la France et l'Angleterre. té, nie 19 de ce mois п. з. 11 y a eu des prises de vaisseaux marchands de part et d'autre. Celle des Anglais est estimée à un très haut prix: се sont trois vaisseaux hollandais richement chargés ой уе naïent des Indes. Les Anglais ont mis embargo sur tous lesaisseaux qui 30 trouvent dans leurs ports et à leur portée, hormis ceux de la Suède, du Danemark et les nôtres. Les Français ont occupé la Hollande, et il уз 30.000 hommes qui marchent pour prendra possession du Hanovre. Les Hanovriens, dit-on, se lèvent en masse pour défendre leurs foyers; si les Français réussissent, cela sera un pays conquis et non occupé, grande différence pour los accommodements politiques. Le manifeste du roi d'Angleterre au sujet de la guerre est de la plus grande modération: après avoir fait l'énumération de toutes les négociations et de ses raisons, 30 présente prêt à un accommodement et à la cessation des hostilités,
Voilà des nouvelles politiques que j'ai entendues des personnes, qui sont venues me voir dans ma convalescence et que mon cher Rogerson m'a communiquées. Aussi, vous savez que par гесопnaissance pour les soins qu'il s'est donnés à me guérir, ilest dé mon devoir de lui faire ma cour, et, si je ne parlais pas politique,
comment pourrais-je lui plaire?
St-Pétersbourg, 5 juin 1803.
Me voici entièrement rétabli, mon ami, mais toujours faible encore J'ai pourtant eu la force d'aller à Pavlovsky pour remercier l'Impéras trice des bontés qu'elle a eues de s'informer de moi pendant па’ maladie. Elle а eu celle de ше faire donner votre appartement dans l'orangerie que j'ai déjà occupé dans le premier voyage"que, j'ai fait. Demain, je compte y retourner et y rester trois ou/quatre, jours pour profiter de l'air de la campagne, qui, par за salubrité, doit presser mon rétablissement, et plus encore pour profiter dela
distinction que Sa Majesté m'a accordée еп me donnant l'appartement dont je vous ai parlé.
Ма sunté, malgré moi, quand méme je voudrais me mettre en route, me retiendra ici jusqu'au moment que le докладъ du Sénat au sujet de nos pécheries sera présenté; mais attendre, mon ami, la décision de l'Empereur, sera, je crois, chose impossible, parce qu'ordinairement ces sortes d'affaires ne se décident pas tout de suite. Sa Majesté les laisse chez lui, les fait revoir par le conseil, et, après mûre réflexion, arrête la décision qu'il trouve être juste: rappelez-vous de l'affaire de Koutaïssoff et de beaucoup d'autres. Au reste, il n'y a rien à dire d'avance, il п’у a personne qui puisse dire ce qui en sera. Ce qu'il y a à présumer, c’est qu'il n'est pas probable que nous soyons lésés,
Pavlovsky, 7 juin 1808,
Je suis ici depuis avant-hier, mon bien cher ami, à jouir des bontés de Sa Majesté l'Impératrice et de la salubrité de l'air pour presser mon entière guérison. Je resterai jusqu'après-demain; je retournerai en ville pour arranger un peu mes affaires de finances, que ma maladie n'a pas ménagées, её puis, un petit séjour de quelques jours ici, et, de là, je me mettrai déjà en route pour mon voyage. D'après votre permission, les deux jours que je compte passer à Moscou, je m'arrêterai dans votre hôtel, Je presserai mon voyage tant que je pourrai pour arriver premièrement plus vite à Kourakino, où j'ai envie de me voir d'une manière à ne pas pouvoir exprimer, et puis à Poltava, où mes affaires et tout plein de choses à arranger et à établir exigent ma présence, Elle y est si indispensable, que, sans moi, rien n'avance, Solntseff est devenu si minutieux, si peu actif et surtout si irrésolu, que le moindre objet Meffare, et il reste à réfléchir pour s'endormir après. Je suis fâché pour lui, mais c'est déjà la réputation qu'il s'est faite auprès des ministres qui ont eu l'occasion de s'adresser directement à lui pour Affaires.
Depuis les nouvelles que je vous ai données sur nos affaires de
pêcheries, il n'y a pas eu de séances au Sénat, de nouveau à vous communiquer qu'un mot lâché | procureur au sujet de l'altercation avec le Sénat sur sa idée de nous indemniser et de nous mettre en parallèle avee Ков. taïssoif: „Рука руку вездЬ moërs”, Je ne sais si c'est parce qu'il a repris son sens commun dans le moment même, ou le conseilde quelqu'un qu'il a écouté, il а donné l'ordre de laisser le raisonné» ment du Sénat dans le докладъ sans nommer précisément l'indemnité. On m'a dit qu'il était dans l'intention de faire des remarques sur le докладъ, sans me dire au juste si c'est à notre seul sujet au sujet de l'affaire en général; mais jusqu'à présent, rien) nn епcore transpiré. Je fais tout mon possible pour avoir ces remarques, si elles me tombent sous la main, je vous les communiquerai tout de suite. Le доклахь, sitôt qu'il sera présenté, n'étant plus un se= cret, il ne sera pas difficile de l'avoir et vous l'aurez certainement: J'ai déjà dit à tous les ministres que nous serions contents dela pension viagère, s'ils la trouvent plus à adopter que les 12 cent mille roubles à débourser à la fois, qui ne font d'intérét- que 60. mille roubles. Nous n'aurons pas à nous plaindre; je vous avoue pourtant, soit dit entre nous, que l'indemnité par achat est се ди? conviendrait le mieux; vous devez le sentir vous-même.
Recevez mes bien sensibles remerciments pour l'intérêt que vous. avez mis à mon désir d'avoir des gens de Suratov pour "des bâti ments en briques non brüûlées. Lanskoï m'écrit lui-mêmeà cesujet ot me promet le zèle que j'ai à attendre de lui d'après поле апcienne connaissance et ce que j'ai eu l'occasion de faire роиг № lors de mon ministère.
Je ne suis раз content de la manière et des idées ауес 1езquelles vous allez à vos terres. Je sens fort bien que le"stéjoun d'ici пе vous est pas agréable tant que peut durer votre”situation actuelle, que celui de Moscou vous est à charge; mais сени де а campagne dans le temps de la mauvaise saison et surtout hiver. devra être plus sensible encore, et si vous vouliez balancer ces trois situations et vous mettre dans la classe des gens de"votre naissance et de l'irréprochabilité de votre conduite tout lemtemps
de votre vie, vous verriez que le séjour d'ici serait ce qui vous conviendrait le mieux. Doit-on être toujours dans les affaires pour jouir de la vie et passer son temps avec agrément? La naissance et la réputation, qui marchera toujours devant vous, пе vous promet-elle pas toutes les jouissances et les agréments possibles de la vie d'un homme que Гоп estime généralement, et qui jouit des bontés et des égards de son Souverain et de toute la famille impériale? Je vous avoue, mon ami, qu'en vous mesurant pour la dépense, tenant le plus petit état possible, je crois que vous pouvez être le plus heureux des hommes, Moi, à votre place, je le serais certainement, et je ne balancerais pas pour l'endroit où je m'établirais, où, pour avoir la plus grande possibilité d'être à mon aise, je louerais une maison qui ne me permette pas même d'avoir plus de 12 couverts à ma table: chaque jour, j'inviterais le monde que je voudrais avoir chez moi, et, chaque jour, je le changerais à ma guise.
Ces jours-ci, il m'est arrivé un cuisinier de Vienne pour vous; c'est le frère de celui que vous avez eu. Je l'expédie à Moscou à Mikhaïla Ivanoff avec ordre de le faire partir tout de suite à Nadéjdino,
Pavlovsky, 23 juin 1808,
Je suis ici, mon ami, depuis deux jours, pour prendre congé de Sa Majesté l'fmpératrice. Dimanche dernier, je l'ai fait auprès de Sa Majesté l'Empereur, qui m'a traité avec toute la bonté possible, et qui, pour ргепуе de sa satisfaction sur les affaires que je lui ai présentées, m'a envoyé hier une lettre et une boite avec son portrait enrichi de diamants. La copie de la lettre et de celle que le comte Kotchoubey m'a écrite à ce sujet, je vous les envoie ci-jointes, mon ani; connaissant l'intérêt que vous prenez à tout ce qui ше regarde, je me suis fait un devoir de vous les communiquer. „Ра? montré tout cela à l'Impératrice, qui, par la bonté qu'Elle me témoigne depuis quelque temps, en à été on ne peut plus satisfaite et m'a dit tout plein de bonnes choses qui resteront éternellement gravées dans mon cœur.
Je vous prierai, mon ami, à ce sujet, de me faire le plaisir d'exprimer votre reconnaissance à notre bienfaitrice commune et d'écrire un mot de remerciment à Kotchoubey: c'est à lui et а за bonne disposition pour moi que je dois les succès que j'ai eus; ils sont complets sur tout ce qui regarde les affaires D'ailleurs, vous lui devez cette expression de remerciments pour за manière de se conduire dans nos aflaires de pêcheries. Dans la dernière séance, comme je vous l'ai marqué, il s'est déclaré notre défenseur contre Derjavine, qui, sans que Гоп puisse débrouiller la raison, а voulu bouleverser la valeur de notre propriété.
Ne vous füichez pas contre moi de ce que je pars avant quels décision de l'Empereur sur l'affaire des pécheries ne soit connue on émanée; | m'a été de toute impossibilité de rester plus longtemps: Etant entièrement rétabli, il aurait été indécent même, d'aprèsles ordres de l'Empereur que j'ai à remplir dans les gouvernements que je régis, que je traîne mon départ, d'autant plus que notre Maitre et tout le public savent l'impatience que j'ai toujours montrée à retourner en Petite Russie. Les méchants ont déjà commencé à gloser que je restais parce que je briguais la place du ministre de justice, qui, dit-on, doit être changé.
Soyez persuadé, mon ami, que si ma présence icia fait du bien pour nos affaires, cette méme présence ne fera rien à la dé cision que le Souverain portera. Le connaissant bienvplus que moi, vous devez savoir que, pour le bonheur de notre pays, № ой № justice doit parler, les considérations telles qu'elles soient sont de. côté: Il est trop bon et trop juste pour ne pas vouloir éloigner de lui l'intrigue et la calomnie sitôt qu'elle voudrait chercher agir, témoin même notre affaire. Derjavine, voyant qu'il n'a pu-réussin au Sénat, lui n présenté une note contre [а décision du Sénat, sous tenant les idées qu'il a mises en avant et qui ont été le sujet-de son altercation avec le comte Kotchoubey. Cette note ма 66 rendue, et il lui a été dit que Гоп trouvait qu'il n'y avait rien redire à ce que le Sénat avait prononcé et qu'il n'y avait pas de raison à пе pas permettre la signature du докладъ. Après шие {ее réponse, vous sentez, mon ami, qu'il ne nous reste rien à craindre,
et que l'opinion de tous ceux qui ont voix au chapitre est que nous ne pouvons pas être mis sur le taux de Koutaïssoff, au cas que le Souverain décide l'annulation des учуги. J'en parlerai encore à Kotchoubey, et je suis persuadé qu'il s'emploiera sincèrement pour cet effet; d'ailleurs, je sais que l'idée de la pension lui à assez plu.
Kourakino, 10 juillet 1803,
Je ne veux pas quitter Kourakino, mon cher ami, sans vous donner de mes nouvelles et sans me rappeler à votre souvenir. J'ai fait mon trajet jusqu'ici très heureusement, et malgré que j'ai été jour et nuit [en route], ma santé n'a été altérée en rien. Пу а trois jours que je jouis d'un bonheur parfait, puisque je suis chez moi et que je ne m'oceupe que des affaires qui regardent mon économie d'ici; je l'ai trouvée dans le meilleur ordre possible. Ajoutez à cela l'attente de la récolte la plus riche, et vous vous direz à vous-même que je n'ai pas tort de me sentir content. Si rien ne met obstacle, il n'y aura pas de différence avec celle de l'année passée; je crois même que le blé пшеница et le blé noir seront meilleurs.
Mes jardins prospèrent. Le nouveau donton s'occupe et qui est attenant à la grande pièce d'eau, aura son prix; [mais] le mien, malgré за petitesse, par la richesse de la plantation et surtout des fleurs, ne ferait pas disparate s'il était près de celui de Pavlovsky.
Je n’ai point d'objections à faire à tout ce que vous me dites, mon ami, sur les raisons qui devraient m'arréter à Pétersbourg pour attendre la décision de notre Maître au sujet de поз pécheries, et je suis très fort de votre avis, que, nous deux absents, nous avons tout à craindre d'un côté de l'inaction de nos amis, et, de l'autre, des effets très actifs de la malveillance et de la basse jalousie contre nous. Mais vous sentez vous-même que ma position dans le service et les ordres de l'Empereur à remplir sont une obligation pour moi qui doit aller avant tout, et qu'aucune considération domestique ne peut y trouver place. D'ailleurs, je suis toujours de l'avis, comme je vous l'ai dit dans ma dernière lettre
man où qu'il vous prononcer eu CHE ES . COR
Je suis du même avis aussi au sujet de l'achat de votre terre de Vélio. La considération de ses bontés pour vous vous met hors des rangs de ceux qui demandent le même achat, et, par conséquent, si même le tableau des aspirants devenait fort, vous seriez № préféré. Le doute du ministre des apanages sur le prix à proposer. le revenu à percevoir ou le revenu percevant, selon moi, | ù point un doute et ne souffrira pas de difficultés dans la décisions Quoiqu'il ne soit rien dit de positif à ce sujet dans Гучреждише, la chose est si claire que. quand j'étais oceupé à le composer, je
n'ai pas trouvé nécessaire d'en parler nommément, parce que cali aurait été des détails tout-à-fait inutiles pour un manifestes 2) Souverain avait à signer lui-même. LS
L'article où vous me parlez de Nadéjdino m'a fait plaisinet peine en même temps: je vous avoue que je ne suis pas content de ce que vous ne savez pas profiter des jouissances "quiilvous offre. Si les circonstances ont fait changer votre situation dansile service, votre position morale et politique dans le шове пе рем et ne sera jamais altérée. Pourquoi donc supposer du désagrément pour votre existence? Pourquoi avoir l'idée de chercher & 00 faire oublier, tandis que vous ne pouvez pas l'étre? Sachez" jouir de ce que le sort heureux а su vous préparer; ne vous arrêtez pas, à des désagréments qui ne le sont que parce que l'imagination 169 fait naître, et vous serez heureux et parfaitement heureux:"Wenez, passer votre temps parmi vos amis qui vous y engagent; o'estméme un devoir auquel nous ne devrions pas nous refuser: =
Comment pouvez-vous me demander, mon ami, si l'Impératrice Mère s'occupe de vous avec le méme intérêt, et comment pouvez” vous douter de l'amitié de Mile Nélidoff? Sur dix conversations. qu'elles avaient avec moi quand je me trouvais avec elles, | у еп avait certainement huit qui avaient rapport à vous. L'Impératrice n'est pas mécontente du refus que vous lui avez donné devenir passer quelque temps auprès d'Elle, mais Elle dit toujours eme”
sirer, C'est la bonté même, et comment ne pas avoir égard à pareille proposition de sa part?
Poltava, 3 août 1903.
Me voici à Poltava, mon ami. J'ai été plus de quinze jours dans l'intérieur du pays avant d'arriver à ma destination. Le peu d'exactitude que j'ai trouvé dans l'exécution des ordres qui ont été donnés pendant mon absence et des prescriptions que j'ai faites de Pétersbourg m'a fait beaucoup de désagréments, m'a donné beaucoup à faire, et me met jusqu'à présent dans la situation de ne pas me voir au niveau des papiers qui demandent ma décision. N'y étant pas accoutumé, vous vous représenterez facilement l'inquiétude dans laquelle je me trouve. М. Solntseff, plus que jamais, m'a prouvé sa malveillance à me seconder dans les opérations que je fais ici pour l'utilité des habitants et de tout le pays: non seulement rien n'a été fait, rien n'est commencé, et ce sont six mois de temps de perdus ét qui ne se rattraperont plus.
Les sensations que vous avez éprouvées à votre arrivée à Nadéjdino, je les ai non seulement prévues, elles ont 646 prédites même par lmpératrice, Vous connaissant et connaissant votre cœnr, Elle m'a fait l'honneur de me dire ce que vous éprouverez, et il semble qu'Elle savait ce que votre confiance en moi vous dièterait dans la première lettre que vous en expédieriez, tellement Elle vous connait et tellement Elle se met dans la situation dans laquelle se trouve votre cœur, Votre raisonnement, mon ami, sur les suites que les secousses que votre moral 4 subies ont produites sur vous ше fait la plus grande peine possible par la crainte que cela n'altère votre santé, et, si vous ne voulez pas y porter le remède que vous avez en vous-même, vous y succomberez certainement, Après tout ce que je vous ai déjà dit à ce sujet, le désir que vous preniez plus d'empire sur vous-même sera le refrain de mes souhaits ét celui des prières que j'adresserai à la Divinité bienfaisante.
La nouvelle que vous me donnez de votre voyage à Zoubri- Тоука me fait le plus grand plaisir, C'est une distraction que vous uvez l'occasion de vous donner, et, par l'amitié que l'hôtesse а
n'en suis pas moins inquiet: les santés robustes sont toujours celles qui succombent le plus vite.
Ma situation ici me devient bien peinante. Le peu d'activité de la part de ceux qui doivent m'aider, la quantité d'affaires que j'ai sur les bras, rendent mon existence bien désagréable, et cela commence à me fatiguer. N'ayant rien de caché pour vous, je me crois dans l'obligation de vous le communiquer confidentiellement.
Poltava, 18 septembre 1803,
Vous devez avoir reçu l'oukase sur les règlements des pêches dans la mer Caspienne. Cela décide totalement notre affaire, et nous voilà restés propriétaires de la fortune que notre bienfaiteur nous а accordée. Malgré que nous avions à préférer la pension, nous devons rester contents, mon ami, de la décision de notre bon et gracieux Maître,
Poltava, 2 octobre 1808.
Ma santé est bonne actuellement, et je fais déjà mes préparatifs pour ma translocation à Tchernigov: aujourd'hui part le grand 06026 sur 50 paires de bœufs; dans quatre jours, un autre avec 30 chevaux, puis l'écurie, et, le 10, Son Altesse est en route. Je me transporte totalement, par l'impossibilité où je suis de trouver ici un endroit où placer mon avoir. Cela ne m'arrange pas tout-à-fait, parce que je serai obligé de ramener ici la plus grande partie le printemps, terme auquel j'attends ici l'arrivée de l'Empereur,
Puisque me voilà sur pied et bientôt en route, je vous avouerai, mon ami, que j'ai pensé faire une bien grande maladie, Au moment où je m'attendais le moins, ayant un très petit mal de gorge, je me suis senti tout-d'un-coup gelé de tous les membres, avec une très grande chaleur au visage et un violent mal de téte; le froid sans frisson était si violent, que des briques chaudes dont j'étais entouré n’ont pu mettre la chaleur du corps à son degré naturel avant deux heures de temps. Le lendemain, la nature, cette bonne nature, а dirigé mon médecin, en lui montrant, par l'effet d'un
au cas que je le trouve indispensable, me promet celui que je trouverai nécessaire,
Ces circonstances seront cause, mon ami, que je ne pourrai vaus communiquer le journal des élections de Poltava. Permettezmoi de ne pas le faire: chaque fois que j'y songe, je me revois dans cette affliction qui altère ma santé.
J'ai à dire tout-à-fait autre chose sur le commencement des élections d'ici et sur la manière d'être et la moralité de la noblesse de Tchernigov: j'ai l'agréable perspective d'attendre une grande consolation pour tout ce que les Poltaviens m'ont fait éprouver, Les élections finies, je vous communiquerai, mon ami, tout ce qui aura rapport à eux.
Eh bien! mon ami, l'affaire de nos pêcheries n'a-t-elle pas fini comme je m'y attendais? n'avions-nous pas droit d'attendre tout de la justice et de la bonté de l'Empereur? Je voudrais voir la mine des Derjavine et des Kolokoltsoff.
Vous vous plaignez de l'affaiblissement de votre vue; que direzvous, si je me trouve dans le même cas depuis cette année? Les soirs, deux et trois bougies sur ma table ne me suffisent pas; l'encre n'est jamais assez noire et, tous les jours, je le reproche à mes secrétaires. J'ai cherché à employer des lunettes; je n’en trouve pas de convenables pour moi.
Tehernigov, 4 novembre 1803.
Si les circonstances de la guerre ne vous empéchent pas le séjour à Francfort-sur-le-Mein, je crois, mon ami, qu'il n'y а pas à balancer entre cette ville et Hambourg pour le climat et ses environs; mais, pour la société et les relations extérieures, il me semble que Hambourg, actuellement, est le seul endroit où un quelqu'un qui cherche à se distraire peut et doit se fixer. D'ailleurs, la proximité de la patrie et la vie que le commerce doit donner à cet endroit ne pourra pas se comparer avec la monotonie du climat qui produit la monotonie de l'existence.
Je vous crois en route pour Pétershourg pour voir l'Impératrice dans l'état d'affiction dans lequel elle doit être, et parce que je
sais qu'on vous y а loué La maison de G déjà que vous quitterez le pays, et cela temps où Й ne me sera pas possible de cruel avenir! il m'est impossible de vous exprimer } seule idés fait éprouver à mon âme. « Je vous ai 96 dit conbien j'ai 616 mécantent: des Робот La même cause а produit le même effet ici: la noblesse de Mchermigov, en se retenant à des propositions que je lui ai faites, ma donné le désagrément de voir que les bienfaits ne la mettront ja mais dans la situation de prouver sa reconnaissance là ой il faudra. employer quelque chose du sien. Quand le journal de toutuceci sera prét, je vous le communiquerai pour vous mettre аи И de tout. «
Teherigov, 11 novembre 1803.
Quoique je n'aie pas de quoi me vanter, mon ami, de mes suc cès pour faire agréer à la noblesse des deux gouvernements que je régis des articles que je leur ai proposés et qui n'avaient pour but que leur propre bien et l'avantage du pays, je ше rends а у09 désirs d'avoir un journal exact de tout, Je vous l'envoie; monami, dans les papiers que je joins ici, mais avec lu condition pourtant que cela reste uniquement entre nous deux, parce que ]е пе увих pas avoir l'air de me plaindre, et je ne voudrais pas faire cor naltre mon discours à la noblesse de Tchernigoy et celui de l'ober prétre en mon honneur ét gloire.
Dans les réponses que les deux corps de noblesse ont faites, vous verrez le peu de compréhension de leur part pourle Меш ац-. quel je les stimulais; aussi, mes réponses à moi пе leur prouvent pas la satisfaction. e
Dans la copie de mes lettres au comte Kotchoubey, vousMlirez une parfaite sincérité de ma part. Etant mécontent de ses сотраtriotes, j'ai voulu qu'il lapprenne par moi et qu'il les connaissemal, reconnaissants, ladres, entôtés et bien éloignés du désir "de truire, puisque cela doit coûter de l'argent. Je n'ai pas в а ребе. bouche au comte Zavadovsky et à Trochtchinsky. Leurs гбропзез оп
été telles que je pouvais le désirer et qui seules auraient été suffisantes pour me consoler, si mon affliction avait besoin de consolation, pour me raccommoder avec le pays ou ses habjtants, si je voulais me brouiller et me séparer avec eux. Mon discours à la noblesse d'ici voulait une meilleure récompense ou un meilleur succès.
En vous exprimant ainsi, mon ami, mon mécontentement et mes regrets, je ne puis ne pas ajouter que je prends la chose sur ce ton parce que, d'après tout ce que j'ai fait pour ce pays et les avantages inouïs que j'ai procurés à la noblesse même, je me flattais qu'en s'en rappelant continuellement, elle se croirait en devoir de ne jamais mettre de l'opposition à tout ce que je pourrais lui proposer, et que l'oukase dont je vous ai déjà parlé ne les arréterait pas, d'autant plus qu'ils avaient à savoir que mon intervention et mes soins corrigeraient l'erreur commise, comme cela va arriver et comme vous le saurez quand nous serons ensemble. Toute ma conduite dans cette affaire épineuse de cosaques а été complétement автббе par l'Empereur, qui a eu la bonté de le témoigner dans un rescrit de sa part. Le ministre et les Ukrainiens logeant à Pétersbourg ne s'expriment pas autrement qu'avec les termes de la plus parfaite reconnaissance; Zavadovsky et Trochtchinsky me donnent le titre de bienfaiteur du pays: jugez si je n'ai pas raison d'être indigné de leur peu d'égards pour moi. Всегда мн это про нихъ говорили, но я не хотфлъ вфрить, а теперь вижу, что много неблагодарныхь творенй.
Votre lettre du 17 d'octobre m'est parvenue exactement, mon cher ami. Elle m'a fait la plus grande peine par la nouvelle que vous me donnez de la mort de M. Р. Moussina-lourievna, connaissant combien elle vous était chère et combien cette enfant était précieuse pour vous, Dites-moi, à qui remettrez-vous les documents et papiers qui la regardent, et que fera-t-on du bien immeuble qui lui était destiné et donné, je crois? Sa mère existet-elle encore?
Boris est allé à Bouda; il y est depuis huit jours; je l’attends icivaprès-demain. L'ennui que nous sommes obligés de supporter
er: toutes mes maladies sont toujours bilieuses, et qui, actuelt, deviennent plus fréquentes, parce que je deviens vieux, que j'ai perdu le bénéfice du flux hémorroïdal que la nature avait bien voulu m'accorder, et parce que ma manière de vivre est trop sédentaire. Sans vouloir me donner les violons, je ne vous cacherai pas que l'ordinaire de mon occupation avec la plume en main est de 7 heures le matin et de trois le soir: ayant pour les affaires un caractère méfiant, je ne puis me permettre de пе pas vouloir voir tout par moi-même.
Par ce que je vous ai dit dans ma précédente lettre du séjour de ma femme à Pétersbourg, les nouvelles de Bogolouboff ne doivent pas vous étonner. D'ailleurs, puisqu'elle a été obligée de prolonger son séjour à Pétersbourg beaucoup plus qu'elle ne le comptait et que j'ai été obligé de Гу engager, il vaut mieux qu’elle ait la société des étrangers, qui l’éloigne au moins du commérage des femmes qui sont à Pétersbourg et qui ne connaissent pas d'autre occupation.
La translocation du général-gouverneur de la Petite Russie vous a donc plu! n'est-ce-pas qu'elle ressemblait assez aux caravanes des ambassadeurs boukhars? Etant très mal et on ne peut pas plus mal ici pour la société, je suis bien fâché d'avoir fait cette translocation, car je suis décidé à ne jamais faire de séjour à Tchernigov. La maison que Гоп bâtit pour moi me servira de pied-à-terre pour le temps que je viendrai réviser les tribunaux et la police. Le plus long séjour de l'année se fera à Poltava, où, sans gite, je suis mieux: la beauté de la nature me récompense beaucoup. D'ailleurs, je ne vous cacherai pas non plus que, si je dois rester à la place que j'occupe, je ne la garderai pas autrement qu'avec la permission de venir tous les ans à Pétershourg, ot que cela ne sera que les six mois de l'année que j'employerai à rester ici, les voyages et les plaisirs de la capitale occuperont les autres six. Tant que je croyais possible de donner du ton et de l'émulation à la noblesse d'ici, je me serais sacrifié volontiers; mais voyant la chose impossible, je trouve que cela deviendra inutile, et qu'il ne faudra avoir en vue que la régie des affaires, de la police, des établissements pieux et la bâtisse des villes, et que tout cela pourra
instances pour vous communiquer les désagréments que j'ai été obligé d'essuyer ici; je me réfère à vous le conter au moment de notre entrevue, D'ailleurs, cela serait trop long et trop de détails qui exigeraient beaucoup d'explication, Ce que je puis vous en dire à présent en gros, c'est qu'ils m'ont découvert la fausseté, l’ingratitude et l’offense qu'on s’est permis de me faire, J'ai pris la route de leur faire sentir toute mon indignation et le mépris que j'y portais, en déclarant hautement que, sans la persuasion où j'étais que ma présence était nécessaire pour le bien du pays et pour la défense du faible opprimé, aucune considération ne m'aurait forcé Че rester ici. Tout ce qui s’est fait est porté à la connaissance du ministre, de Trochtchinsky et de Zavadovsky. Par leurs réponses et d'autres notions que j'ai, je sais leur mécontement, et ma conduite est généralement approuvée.
Agréez mes remerciments les plus sincères pour les ordres que vous avez donnés de m'expédier votre musique. La satisfaction que j'aurai de m'en occuper me servira de grande récréation, et je suis & votre col, mon ami, pour exprimer ma reconnaissance à votre complaisance. Soyez persuadé que je mettrai tout le soin possible pour les tenir en ordre: ils feront un département de mon domestique à part; Koroleff étant leur doyen sera seul à les régir et n'aura à faire qu'à moi; ils auront une maison à part où leur ménage зега commun. Moins ils auront de besoins domestiques pour s'absenter de leurs quartiers, plus ils seront dans l'ordre, et plus de moyens aura Koroleff de les veiller et de les diriger. J'accepte avec plaisir l'exécution de leur entretien. Puisqu'ils vous appartiennent, je me ferai un devoir de soigner même leur moralité.
Tehernigov, 9 décembre 1808.
Ce que vous me dites des bruits qui vous parviennent sur l'avenir qu'on vous prépare à Pétersbourg m'est parvenu aussi. Connaissant tous mes sentiments pour vous, vous devez vous dire à vousmême et mes sensations et mes désirs. La confiance distinguée de l'éducation de deux jeunes princes est, selon moi, la distinction la
plus flatteuse que l'on puisse faire à un l'euvisage sous un tel point de vue, qu'un refus de у la бое que céls vous causer, sera totalement de mandé mon avis, je vous Îe dis crûment d'après m'a dicté.
Téhersigor, 19 décebre 1808.
Pour ce qui en est des affaires qui m'ont donné tant d'embarras et qui viennent d'étre amenées à leur fin par un oukase explicatoire du Sénat que je viens de recevoir, je suis tranquille; mais, commé je u'ai rien reçu en réponse de ma présentation à ce sujet de la part du ministère et que je m'attendais à une déclaration de la satisfaction que Гоп en а eue, je vous avoue que, sans me mettre au jour, je désirerais que vous me fassiez l'amitié, mon ami, de vous en informer et de m'en donner des nouvelles. C'est à cette amitié de votre part qui m'a toujours fait du bien, c'est à votre bonté pour moi à qui je dois tant, que je m'adresse, mon ami, pour vous dé mander la complaisance de ше dire sans aucun déguisement tout се que l'on peut trouver à réprimer dans ma conduite et dansma manière de régir les affaires d'ici. L'impartialité, le zèle et l'acte vité que je cherche à employer étant les bases de шоп зегуйсе, | je ne devrais rien appréhender, mais j'ai un caractère qui exige d'être soutenu, vous le savez, et c'est vous que j'invite à шоп зесошгу.
Daus l'affaire des paysans, il me semble que je m'en suis tiré avec honneur, mais je voudrais que vous m'en disiez un mot d'après cé que vous en apprendrez pour me le confirmer.
Les affaires de la députation et de beaucoup d'autres inconduites: de la noblesse d'ici ne sont pas encore décidées, et Гоп пе пи dit rien, malgré que j'aie communiqué toutes les cirsonstances, désirerais avoir réponse et savoir que mes remarques’ et ша cons duité étant approuvées, ces messieurs ont eu la remontrance qu'ils, méritent,
Mos rapports au sujet des élections d'ici sont sans réponse aussi, ot Ils sont de nature à recevoir au moins quelque consolation pour le pou d'égards que la noblesse d'ici a eu pour eux, tandis ие шез
propositions n'étaient basées que sur le bien de la nation [population] du pays et de la noblesse elle-même. J'y ai demandé une distinction pour le maréchal de Gloukhov, M. Romanovsky, qui a été seul à me soutenir. Sans me le refuser, on ne le fait pas, et, parce qu'on ne le fait pas, il me semble que l'on me trouve importun ou peu modéré; cette idée me tourmente incroyablement, Le désir de recevoir cette marque de bienveillance est tel, que je vous en importune, mon ami, et je vous serais bien reconnaissant si vous pouviez vouloir vous y employer.
Ce qui en est de vous, mon ami, vous me le direz aussi, je vous en supplie; l'impatience où je me trouve de savoir la manière dont vous passez votre temps n’est pas à exprimer, puisqu'elle égale le degré des sentiments que je vous ai voués et qui seront éternels.
Tchernigor, 23 décembre 1808.
Les froids d'ici, qui vont jusqu'à 27 degrés, les mauvais gîtes et surtout la baraque que j’occupe, qui ne donne aucun abri aux intempéries, sont cause que, sans étre malade, je ne me porte pas bien. Obligé d'être enfermé dans le coin le plus resserré de la maison, je ne puis faire aucun exercice, et je dois subir l'état de malaise qui en est la suite ordinaire.
Vos musiciens sont arrivés et bien portants; ils ont été 28 jours en route. Je les ai logés le mieux que j'ai pu; il y a des circonstunces où le proverbe est à citer toujours: не такъ, какъ хочется, a какъ Богь велитъ. Comment je ferai à Poltava pour les loger, c'est une chose à laquelle je n’ose pas même songer encore, d'autant plus qu'il me semble qu'ils sont un peu douillets et gâtés par les moyens qu'ils ont eus d'être toujours bien logés.
Mon fils me violente pour aller voir le spectacle de Bouda; j'y ai consenti, parce que plusieurs dames d'ici у vont, J'y resterai deux jours, et, de là, j'irai voir le cousin Serge Roumiantsef, qui est à sa seigneurie de Topal. Il voulait venir me voir à Tchernigov, je le préviens, Le vrai but du voyage que je fais est une
№ urintéresser, + que то а сои рр celà vous sera possible. Avouez que messieurs les Ukrainiens logeant
ici sont des sieurs qui ne méritent pas le soin que l'on pourrait \
itwudre d'eux. Autant je suis content de ceux qui sont à Péters-
hours, autant ceux d'ici m'ont éloigné d'eux. He даромъ прозвали
чхь росеййскими uramanmar: 15 ne font pas un pas, ne disent pas
di mot qui soit sincère ou qui sait en vue un, intérét personnels au préjudice de son proche ou de l'ordre intérieur. Actuel
lmout, parve que j'ai établi les grands chemins.
dou d'arbres qui leur ête le moyen d'avancer leur la
м dat pr то op ombre mt
me force à remettre cette curiosité à l'année prochaine. J'en écris aujourd'hui au ministre de l'intérieur, et vous serai obligé, mon ami, si vous avez la bonté de lui en parler vous-même pour faire comprendre que je ne satisfais aucune jouissance quand le devoir du service me mène ailleurs.
Vous avez dû trouver ma fameuse aflaire avec Ja noblesse d'ici terminée par un oukase du Sénat qui a eu ma présentation pour base. Je jouis en plein du droit que ma conduite me donne sur les ingrats. Le comte Kotchoubey m'a écrit au sujet de [а députation; pour vous donner connaissance de sa lettre et de ma réponse. j'en joins ici les copies. A cette marque d'attention de la part du Comte, je voudrais qu’il joigne la déférence à ma prière de distinguer le maréchal de Gloukhov. Je tiens à ce désir, parce que Гу trouve nécessité pour le soutien de mes propositions, sans quoi les opposants diront avec raison que mes désirs sont hors de place et que le maréchal de Gloukhov а agi contre l'intérét de la noblesse.
Tehernigov, 9 janvier 1804,
C'est avec la joie la plus complète que j'ai reçu, mon ami, votre lettre du 24 de décembre où vous m’annoncez votre arrivée à Pétersbourg et la bonté avec laquelle vous avez 616 reçu par Sa Маjesté l'Empereur et l'Impératrice-Mère. N'ayant раз douté un instant de cet accueil qui vous attendait, je suis on ne peut pas plus charmé de ce que vous vous êtes mis à même de Гб6ргопуег. La pureté de votre conscience, soyez persuadé, vous conservera toujours toutes ces dispositions. Je ne vous parle point de votre départ pour Francfort, ni de votre séjour à Pétersbourg, parce que ces mémes dispositions et cette assiette que vous avez à la cour et dans le public décideront de la chose sans que vous vous y attendiez, et le décideront en votre faveur et à la satisfaction de tous ceux qui vous appartiennent et qui vous connaissent.
Recevez mes remerciments, mon ami, pour la petite conversation que vous avez eue avec le comte Kotchoubey à mon sujet et pour tout се que vous lui avez dit pour le remercier de l'amitié qu'il
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tisfaction que vous pouvez vous désirer, Cette bonté de la part du Maître а certainement fait ouvrir les yeux et remuer l'envie de bien du monde; si vous n'en avez jamais éprouvé les suites, soyez persuadé qu'à cette occasion, vous ne l'échapperez pas. Toutes les nouvelles que je reçois ne me parlent que de la manière distinguée avec laquelle vous avez été reçu et vous trouvez à la cour; on vous nomme à toutes les places; il n'y а que celle de l'amirauté à laquelle on ne vous destine раз. Qu’à cette manière d'être, satisfaisante pour vous, mon ami, se joigne jouissance d'une santé parfaite, voilà les vœux que je fais et que mon cœur porte!
J'ai actuellement ici le jeune Gourieff, qui est venu nous voir par congé du général Sprengtporten qui hiverne à Kherson. Ce jeune homme prend une si heureuse tournure pour ses connaissances et sa manière d'être dans la société, qu'il me serait impossible de désirer autre chose pour Boris. Il tourne son voyage à un si grand profit, qu'un homme fait ne pourrait remplir cette tâche avec plus de succès et d'attention. П est à méme de vous conter avec agrément pour l'auditeur tout ce qu'il a vu; il m'a parlé de Simbirsk, Saratov, Sarepta, Astrakhan, les habitations des cosaques du Don et les autres endroits où il a passé, avec une bien grande connaissance et avec raisonnement. Je l'ai logé chez mon fils. N'ayant rien à lui montrer ici que la manière dont j'ai arrangé les prisons et ln manière de tenir les prisonniers pour que l'humanité soit toujours à côté de la rigueur des lois, il a examiné tout avec la plus grande attention, et les questions qu’il а faites prouvent combien il était avide de se munir de la connaissance de tous les détails de се qu'il voit. Па tout de suite comparé la chose avec ce qu'il а vu ailleurs, et a montré son étonnement pourquoi cela n'est pas ainsi partout.
Quand vous verrez son père, en lui faisant bien mes compliments, dites-lui ce que je vous communique au sujet de son fils: comme père, je sens le prix d'une pareille communication,
Tchernigov, 20 janvier 1804.
La bague que vous avez reçue de l'Impératrice-Mère avec san portrait m'a fait le même plaisir qu'à vous, je vous jure. Connaïssant le désir que vous aviez depuis longtemps d'avoir son portrait et de le recevoir d'Elle-même, je partage avec effusion de cœur la joie que vous en avez éprouvée. :
Si vous aviez eu la bonté de m'envoyer une note des promo tions de la cour et de la distribution des cordons qui ont eu lient l'occasion des fiançailles de la grande-duchesse Marie, écrite par Serdobine ou Bogolouboff, vous m'auriez fait le plus grand plaisir, parce que personne de mes amis ne m'en purle et que je suis dans une parfaite ignorance à ce sujet,
Que Boris ne soit pas fait chambellan, qu'il soît resté le seul de tous ceux qui ont été nommés gentilshommes de la chambre le même jour que lui, je n'en suis pas сб pour lui: je suis de l'avis qu'un jeune homme ne doit pas croire que le service de ses parents: doit le mener dans l'avancement des grades sans que son propre mérite ne l'y conduise. Cette circonstance sera d'autant plus avantas geuse pour lui, qu'il était trop persuadé qu’en vous appartenant, il ne resterait pas en retard avec ses camarades.
Je suis enchanté pour la nomination de Serge et de Novossiltseft que les gazettes ont annoncée; je conçois très bien la joie des deux mères. Оцуагой fera son chemin, je vous en réponds, Sachez, mon ami, que, de tous les jeunes gens de son âge, c'est la perle, и что т8кихъ не много родится.
Tout се que vous me dites, mon ami, du contentement дие Гоп a de ma manière de régir la Petite Russie m'a fait, comme ous sentez bien, le plaisir que Гоп désire avoir, et je suis: on пе реше pas plus reconnaissant à tous ceux qui vous en ont parlé. Je serai on пе peut plus content, et cela sera une récompense pour noi pour tous les désagréments que j'ai été obligé d'éprouver, 81 № députation n’est pas reconnue comme telle et si les députés partent sans avoir été présentés à l'Empereur et sans avoir été écoutés, Ils écrivent pourtant qu'ils vont présenter, ou qu'ils espèrentile
faire, un projet pour faire deux changements à l'oukase explicatoire du Sénat, et que, s'ils ne peuvent pas se présenter à la cour comme députés, ils le seront comme nobles, tout cela pour prouver aux habitants d'ici que mon opinion à les empêcher de partir n'était pas une preuve de ma bonne disposition pour le pays. Voyez duns cela l'intrigue, la fausseté du caractère et le peu de désir que l'on peut avoir de vivre avec pareilles gens. Que cette annonce de leur part réussisse ou non, je ne dois pas m'y arrêter, parce qu'individuellement, elle ne me regardera pas, surtout sitôt que la bague promise pour Romanoysky m'arrivera: elle servira de preuve non douteuse de ce que la conduite de ceux qui ont été en opposition avec lui et avec moi n’est point approuvée. D'ailleurs, les faits et la connaissance de ma conduite dans cette affaire ont été trop publics pour que Гоп puisse s'arrêter à ne pas croire que j'ai été le véritable défenseur des droits de la noblesse.
Soit dit entre nous, mon ami, je ne suis pas de l'avis du Trochtchinsky que Гоцказе explicatoire ne pourra que plâtrer l'affaire, et que le germe du mécontentement des nobles et celui des divisions entre eux et leurs paysans sera toujours conservé. Cet oukase est une époque tout aussi avantageuse pour les propriétés que le manifeste de 1783. П classe les cosaques qui ont droit à rechercher leurs privilèges, et leur prescrit des bornes dont le sens seul devra arrêter tout abus. Il arrange, selon moi, cette affaire si importante pour Ja Petite [Russie] de manière à lui donner une marche réglée et à éloigner toute manigance quelconque, Connaissant l'esprit et les principes du comte Kotchoubey, je suis persuadé qu'il est de mon avis, D'ailleurs, c'est l'avis de la plupart des gens d'affaires et qui ont connaissance du pays et de ses droits; je le lui ai communiqué.
Si vous lui en parliez en passant et vouliez bien me communiquer la réponse qu'il vous fera, je vous serais on ne peut pas plus reconnaissant,
Je suis, ainsi que Zavadovsky, parfaitement de votre avis, que mon arrivée à Pétersbourg me serait nécessaire; mais vous sivez
TS
déjà les raisons qui m'empéchent de le faire, et vous êtes actuel: lement certainement de mon avis.
Je vous répèterai ici, mon ami, mes regrets au sujet de tous les établissements que je fais ici, si je dois passer au gouvernement de Moscou et si l'on ne me permet pas de régir la Petite Russié au moins deux ans en me distinguant avec celle [le titre] de chef de la capitale. Tel successeur que l'on me donnera, arrivant dans le chaos dans lequel il trouvera toutes les affaires des établisse ments projetés, ne se retrouvera certainement pas, et aura raison, pour se sauver soi-même, de présenter les difficultés qu'il rencontrera. Je vous demande si cela ne donnera pas du louche sur ma conduite actuelle, et si mon appréhension est déplacée.
Mais, d'après ce que vous me dites du successeur que je dois avoir, il me semble que mes raisonnements sont des châteaux en Espagne. Je n'ai rien à dire contre lui, parce que ma connaissance de sa personne n'est pas assez profonde pour pouvoir porter jugement. Je dirai seulement uniquement pour vous, mon ami, que si réputation n'est pas tout-à-fait claire; Soudenko, qui est son parent, pourra vous en dire quelque chose. Si vous lui en parlez, пе ше nommez pas, je vous prie.
Généralement parlant, si j'étais ministre, je tâcherais d'éviten d'accorder de pareilles places à des gens du pays, surtout en Ukraine: Vous ne sauriez croire les étroites liaisons qui existent ici etles protections non permises qui s'accordent par là dans des affaires souvent criantes, et qui étouffent même les plaintes des opprimés:Si la Potite Russie est un nid de chicanes, de malversations et Форргезsion pour le pauvre, la nomination des Petits Russiens pour [8 gouverner en а été la soule cause.
Tchernigov, 27 janvier 1804;
Je viens de finir un travail qui, par son détail, m'a donné beats coup de peines: ce sont les plins raisonnés de tous les базе ments pieux que je vais établir et de tout се qu'il y a à bâtir pour les écoles et les gymnases. J'envoie tout cela par la poste d'a”
jourd'hui au ministre de l'intérieur, et la copie des plans pour les écoles à М. de Novossiltseff avec mes lettres. D’après la permission que vous m'avez donnée, je joins ici le contenu de ces communications, et vous serais sensiblement obligé, mon ami, si vous aviez la bonté, quand l'occasion se présentera, de savoir comment tout cela a été reçu, et si j'aurai un bien obligé impérial pour mes peines et mes soins. Cela le mériterait, selon moi, parce que le tout doit s'établir sans que la couronne, outre l'entretien des écoles, y mette la moindre dépense. Aimant à avoir votre approbation, топ ami, dans tout ce que je fais, je désirerais que vous demandiez à voir les plans que j'ai envoyés à Kotchoubey.
Je vous remercie beaucoup, mon ami, pour la communication de vos conversations avec Storojenko, Miloradoviteh et Kotchoubey; c'est une preuve de votre amitié à laquelle je suis on ne peut pas plus sensible.
Quant à ce que le comte Kotchoubey vous a parlé des grandes routes, nous sommes actuellement en correspondance à ce sujet et d'opinions différentes. Par un oukase de l'Empereur, il lui sera facile de faire exécuter celle qu'il tient, mais elle ne sera pas la meilleure; car la plantation des arbres est précisément nécessaire pour les endroits non boisés, pour sauver les voyageurs des malheurs continuels que les chasse-neiges ne cessent d’occasionner. D'ailleurs, ce ne sont point des arbres à racines que je fais planter, ve sont des saules qui abondent partout, et qui ne coûtent la peine que de deux ou trois coups de hache.
On n'est point content des routes que je fais faire et que jai ordonné d'entretenir, d'après l'exemple de tous les pays, par répartition entre les habitants, parce que personne encore n'a songé & l'établissement de quelqu'arrangement quelconque ici. out arrangement exige de l’obéissance et de l'emploi du temps: pour le premier, nous ne le comprenons pas encore; le second nous est si pénible par le caractère paresseux de l'individu ukrainien, qu'il paraîtra insupportable avant que Гоп ne s'y habitue, De plus, le grand désagrément que j'ai à surmonter ici, c'est l'ignorance de l'obligation que chacun doit avoir du sacrifice
An den pong gras le dun ronrak ei = de tonche, et les латы dci sont Les emaprenden le Бет qui en rémiters et le des donnes V'esravphe, Croiriez-soes que Les 41 de Zarahaniky sat coiles qui dont pas par tte pour la bétinse des écaries de nés par na oxkase de l'Emperenr? ceci, | mms, je vous en supplie.
La nouvelle que vous me donnez que vous d'état et au Sénat m'a fait bien plaisir, et се faitement content, c'est la satisfaction que voilh le vrai bonheur, et où nous avons tous tant de la peine k parvenir. Je dirai ln même chose sujet, pour la manière dont je remplis le devoir wrvant 161,
Communiquez-moi, mon ami, ce qu'on dira sur ma р d'occuper la maison du général-gouverneur pour | un acheminement pour ce qui regarde ma que l'été on point du tout.
Néjine, 1-ег fevrier Protégez moi, je vous prie, auprès du ministre de financ avoir ln permission de prendre les bois de construetio pour los établissements pieux que l'Empereur à i'accordur, dont j'ai envoyé le compte sans avoir de ai dorit aussi au ministre de l'intérieur. Je suppose quel и ullrayé; mais, pour placer beaucoup d'invalides et'pour
hôpitaux, | laut bonucoup de matériaux, D'ailleurs, le cale pour toute ln musse; je n’en prendrai que ce qu'il bâtisse annuelle; mais la permission et les prescription doundus on мое fois.
Poltava, 2
И m'est impossible de vous exprimer, mon amf,) m'avur oocusionnée en m'annonçant que le poste de Mi
plus m'être adjugé. Sans m'étendre sur la considération de mes affaires domestiques et sur le poste épineux que j'aurais eu à remplir, le moyen que je reçois de prouver par le fait à toute une province que le temps de ma régie a été l'époque des avantages dont elle jouira, suffit pour me rendre content et heureux. Plus l'on gardera un chef de gouvernement au posté qui lui est confié, plus grand sera le bien que l'on aura à attendre de sa régie: sans vouloir songer uniquement à mon individu, je crois que c’est un axiome à citer partout.
Mais puisque Гоп continue à étre content de moi et que Гоп me trouve nécessaire pour le bien de la Petite Russie, les considérations de la vie que je dois mener, mon éloignement de ce qui peut nourrir l'âme et l'esprit, ma séparation avec vous et ma famille, пе doivent-ils pas être mis en ligne de compte, et ne dois-je pas attendre qu'en у ayant égard, оп songera à me rendre la vie un peu plus douce? Le moyen que vous avez proposé, de me permettre annuellement un séjour de six mois dans les capitales, est certainement le seul que je puis désirer, et je vous aurai une reconnaissance sans bornes si vous у réussissez, mon ami. Mais à cela, il faudrait, comme mon cœur me le dit, ajouter une place à Pétersbourg, pour que je me voie distinguer de Sélifontoff toutes fois que j'y serai. Une chaise au Conseil me parait possible; voyez si la chose est faisable, et si mon désir n'est pas celui d'un provincial qui méconnaît déjà les considérations que les habitants de la capitale peuvent avoir. Cette distinction, mon ami, d’après mon entendement, est telle, que c'est la plus grande récompense que Гоп peut mé faire; et, si on me l'accorde, je vous engage ma parole de n'avoir aucun désir, et de désirer à rester tant que l'on voudra me garder généralgouverneur de la Petite Russie Cette distinction que je souhaite avoir, d’après tout ce que j'ai été et les bornes de mes désirs ultérieurs, me semble ne pas étre une preuve d'une ambition démesurée, Qu'en pensez-vous? mon ami; parlez-m'en franchement, et soyez persuadé de la reconnaissance que je vous en aurai.
Les nouvelles que vous me donnez de votre santé, du bon accueil, de 14 confiance et de toutes les distinctions qu'on vous té-
a ле LE 8 at ane Le ges de пеар ue jme nantes € cote le Comte rs garfate ge que pe one à méme de li Genius me „= Дн porpeniemnen gran ins уелерни Qu'il
À Говожаеть Фу gare de лора per que 5%, je vous demambeeaé Ka ДИ bn éhens murs Méridién, de La route quil Дук fins étaient les formes sénervées par Les née trie м pat Fannée 12, alstrartine № Ми
Poltxrz, 15 2
ГИ ве qua ju vous ai écrit par le dernier cout qu МОНА noue vorronn Indubitablement l'hiver à Pétersb
ju Ju mural à Момеон où à Kourakino, La Petite ssie
ЗИ put ourtatiumunt toux lon six mois de l'intempéri dll qui у Ибн, out à vou ot à votre amitié qu
pour arranger la chose de manière à satisfaire les désirs qui m'occupent actuellement. Sans m'étendre sur tous les désagréments que Гоп а d'être dans un endroit où l'on est privé de tout ce qui peut nourrir l'âme et soutenir un peu l’homme qui a eu quelque éducation, je vous dirai ici, mon ami, que les privations vont si loin, qu'il ny а pas de possibilité à у résister, et que ma résignation, ma philosophie, m'abandonnent souvent et de manière à attaquer ma santé.
Je suis on ne peut pas plus content de tous les procédés de M. Trochtchinsky. Etant actuellement en relations directes avec lui au sujet des bâtiments appartenant au département des postes, chaque pas qu'il fait et chaque réponse que je reçois de sa part me sont une preuve qu'il est du nombre de ceux sur qui je puis compter, et qu'il est certainement sincère dans tout ce qu'il fait à mon égard. La poste qui vient, je lui répondrai à la lettre obligeante qu'il vient de m'écrire. Vous m'obligerez beaucoup, mon ami, si vous avez la complaisance, à la première occasion, d'étre l'interprète de mes sentiments pour lui. Pour ce qui regarde la vérité et la sincérité dans la manière d'être, je voudrais que d'autres, et nommément ceux dont vous me parlez, lui ressemblent; alors la confiance, qui deviendrait la base des actions, donnerait le moyen de supporter des désagréments qui ne deviennent souvent sensibles que parce que cette certitude nous manque, et qu’elle doit servir de consolation.
La communication au sujet de la trop grande quantité de bois de construction que je demande pour les maisons de bienfaisance ne m'étonne раз; en l'envoyant, je m'y attendais, parce que j'ai supposé que Гоп ne voudrait pas se rappeler de la quantité des bâtiments à faire, D'ailleurs, si l'on me demande quelque chose à са sujet, ma réponse est toute prête: la quantité de bois de construction doit répondre à la quantité des bâtiments à faire, sans quoi point de bâtiments, et sans bâtiments, point d'établissements de bienfaisance. D’ailleurs, les endroits où je demande la coupe des bois sont dans les provinces qui sont la pépinière de la Russie, comme, par exemple, le district de Briansk, la Russie Blanche et là province de Kiovie. Le demander ici serait une folie de ma part:
outre le manque de bois de construction, ceux qui s'y trouvent sont si éloignés des villes où les bâtiments doivent se faire que leur transport coûterait plus cher que leur achat. Je recevrai l'ordre que vous m'annoncez avec le sang-froid qui y convient, parce que je ne manque jamais au principe de la parfaite subordination.
Poltava, 19 février 1804.
Je vous remercie beaucoup, mon ami, pour l'intérêt que vous prenez aux affaires de mon service actuel et pour vos fréquentes conversations à се sujet avec Kotchoubey. Le mettant à mémede savoir combien vous vous intéressez à tout cela, il ne manquera certainement pas de tourner son attention sur tout ce qui peut m'éviter le moindre désagrément, et il me fera toujours un pont d'or pour mes représentations. Ne prenez pas en mauvaise part sa retenue à commencer à vous en parler; c’est son caractère. Enne vous refusant pas la confiance de vous communiquer tout се Ча rapport à vos questions où a désir que vous montrez de recevoir quelques notions de sa part, ne vous prouve-t-il pas son attention et le consentement de continuer ses confidences?
Pour ce qui regarde sa manière de vous répondre au sujet de nos affaires d'Astrakhan, c'est tout autre chose. Puisque vous avez lien d'attendre de lui plus d'intérêt aux plaintes que vous avez lui faire, votre mécontentement est juste, et sa manière deraisonner à ce sujet a dû vous choquer, et j'en conviens. Maïs si vous saviez l'intérêt qu'il a montré pour nous protéger et la manière décidée dont il s'est montré dans cette occasion, qui а, pour"ainsi dire, servi de boussole pour ses collègues, vous ne verriez aucune différence ou mauvaise intention dans sa conduite actuelle: ellemest la suite toute simple de ce qui a été fait et un avertissementue ce qu'il fera quand les représentations ou les plaintes ‘arriveront, Voyez done cela, mon ami, sous un autre point de vue, ]е vous. prie; je ne veux pas avoir l'affliction de savoir que vous soupconnez de la mauvaise intention à un homme dans une affaire ой На été seul cause de sa réussite, Tranquillisez-moi à ce sujet, mon cœur еп а besoin.
Poltava, 23 février 1804.
La communication que vous me faites au sujet de la conversation détaillée que vous avez eue avec le comte Kotchoubey sur tous les objets qui m’intéressent, captive toute ma reconnaissance, mon ami. Par les nouvelles divergentes que j'ai eues au sujet des députés et de leur succès auprès des ministres, j'avais besoin de cette confrmation de votre part. Entre nous soit dit, des gens qui se sont si mal conduits envers un chef que l'on tient à cette place malgré lui, et qui, en outre, se sont permis une incartade à blesser l'ordre des lois et le respect aux tribunaux, devraient recevoir au moins une semonce connue, sinon de tout le monde, au moins de ceux que cela regarde individuellement,
La bague envoyée à Romanovsky est une espèce de satisfaction pour moi; elle a fait l'effet que j'ai désiré dans le pays, et [a été] une démonstration à la noblesse de la manière dont elle aurait dû se сопduire. Лу ai été on ne peut pas plus sensible, et j'ai exprimé ma reconnaissance au comte Kotchoubey, qui. s'est employé à cette affaire. Pour la lettre, il ne m'en a point écrit; d'après tout ce que nous nous sommes déjà dit à ce sujet, et d’après tout ce qu'il a à faire d'après sa place, il me semble que cette lettre n'est point indispensable, elle ne servirait qu'à l'obérer inutilement; aussi, je ne l'attends point,
Pour ce qui regarde son idée au sujet de son beau-frère, d'après ce que je vous en ai dit, mon ami, je ne m'y emploierai que quand Й ne me sera pas possible de faire autrement. Au reste, voyez dans cela le projet de lui préparer la place du général-gouverneur et le plan du beau-frère d'avoir l'air d'étre violenté pour celle que je dois lui proposer. Miloradovitch est certainement un homme d'esprit et un homme à employer; mais, comme je vous ai dit dans une de mes précédentes lettres, étant du pays, il ne doit pas en être chef: vous ne sauriez croire combien cette circonstance est à observer pour la Petite Russie, où le grand et le riche oppriment le pauvre, et où la basse classe а besoin d'un soutien et d'un protecteur,
D'après ma dernière lettre et toutes celles que je vous ai écrites,
mais tant que Гов злость de mac avec Le made dont je vous ai parlé. Depuis avanter, je aus mani avec tuas les miens Je ne vous parlerai pus du pluie que jen ai éprouvé. votre cœur vous № dira. Без me sat toutes arrivées bien partintes J'ai trouvé la petite grandis et ambeilie. Оз об% прёллли ко un съ погузенными: изъаспетани оть депихлаъ. La première, vous le avez, ét ls chose est très sérieuse, саг elle est сое du enœte Сбой etdésire son établimement avec lai: je n'attends que votre approbation
soit expliqué clairement; mais elle n'en veat pas encore её me dit ne vouloir pas songer à se marier avant deux ans. Comme je regarde ceci comme un projet en l'air ou peut-être un goût passager da jeune homme, je n'y arrête pas mon attention, et nous reste rons tous tant que nous sommes tranquillement dans notre coin à voir venir le promis ou sa famille.
Poltava, 26 fvrier 1804.
J'ai l'air d'étre un prophète, man ami, sur ce que nous avons h attendre de la part du prince Ténicheff, Les derniers papiers sont, déjà une preuve convaincante de sa malveillance et de son désir & nous faire tout le mal possible. En rendant la chose publique ét вп portant vos plaintes à ceux qui peuvent lui dire son fait, je croi que vous ferez bien. La situation de cette affaire est telle, qu'elle no nous laissera jamais tranquilles: l'envie du revenuque cola nous donne бога toujours naître toutes les manigances, сё поз. aurons, jo crois, à nous attendre à quelque chose de pire, $1, après. avoir dus notions certaines et des documents des vexations qu'il nou lit, vous n'en portez pas des plaintes directes à Sa Majesté l'Emporour, qui, par la justice qu'il emploie dans toutes ses déeis “ions, ив manquera pas de vous faire donner la satisfaction ие vous avox à attendre,
J'ai fait ma représentation formelle au sujet de la plantation des grandes routes, et je demande décision, en demandant égard pour ce qui est déjà fait en mettant de côté les routes intérieures. Les cinq sixièmes sont certainement achevés: voudra-t-on que le reste ne réponde pas à ce qui est déjà fait? je ne puis le croire. Pour les routes intérieures, qui ne sont commencées qu'en très petites distances, elles seront arrangées d'après le nouvel ordre:. le soin que j'ai eu de les mettres toutes à la largeur de 30 toises a été l'exécution de l'oukase de 1797; il n'y a donc pas d'erreur de ma part, et Гоп ne peut me le reprocher. Ne parlez pas, mon ami, de ces routes; toutes explications de votre part auraient l'air de plaintes de la mienne, et je n'en ai point à faire,
Poltava, 1-ег mars 1804.
Je paie actuellement mon tribut à la nature par le mal d'yeux dont je commence à souffrir depuis trois mois. Voilà la quatrième attaque que je reçois; l'inflammation des paupières et le sang qui couvre le blanc des yeux quelquefois deviennent si fort, qu'il y a des moments où j'ai de la реше à distinguer les objets; il y a déjà bien longtemps que toute espèce d'encre me paraît trop blanche. Les remèdes que l'on me donne et les eaux que j'emploie ne me font aucun bien; je veux essayer celle dont vous faites usage; en avezvous la recette, mon ami? je vous serais bien obligé si vous aviez la bonté de me l'envoyer.
Partagez mon affiction, mon ami: je viens de perdre mon nègre, qui est mort d'une rétention d'urine et de paralysie sur le bas-ventre et les pieds.
Poltava, 4 mars 1804.
J'ai reçu la réponse de Novossiltseff, conçue en des termes très agréables pour moi; persuadé de l'intérêt que vous avez à tout ce qui ше regarde, je me fais un devoir de vous l'envoyer, mon ami. Actuellement, la chose dépend du comte Zavadovsky. Quoique j'aie des preuves certaines de son amitié pour moi, je crains pourtant
100 invalides et plus. Pour l'été qui vient, espérant avoir plus de bâtiments, j'espère placer plus du double et remplir par là la moitié de la tâche que je me suis prescrite. Deux maisons d'éducation pour 100 jeunes gens aux frais des sommes que j'ai assignées et l'école des métiers seront établies cette année. Cinq ou six bâtiments pour les écoles de districts seront achevés. Ajoutez à cela l'arrangement des grandes routes et la bâtisse des maisons de poste, et les préparations pour bâtir l'année qui vient tout plein de bâtiments pour la couronne et pour le département de poste, vous т’ассогderez, j'espère, la consolation de me dire que je ne perds pas mon temps.
Je ne suis pas du tout affecté que le bois de construction que j'ai demandé au département de forêts ne me sera donné autrement que des endroits destinés pour la coupe, parce que je n'avais pas même d'autre idée en le demandant, puisque je me propose d'étre l'acheteur du bois que la couronne vend, et cela, pour ménager les sommes assignées pour les bûtiments, La manière dont le comte Wassillieff vous а parlé à ce sujet mérite certainement toute ma reconnaissance, et je vous prierai, mon ami, de la lui exprimer si l'occasion s'en présente.
La nouvelle que vous me donnez des grâces accordées au membre du Comité poyr les affaires de la Livonie et celle du cordon de St-Alexandre donné à notre oncle Apraxine m'ont fait la plus grande joie, Pareillement, je partage avec vous, mon ami, celle que vous avez dû éprouver en obtenant différentes distinctions pour les employés de chapitre de l'Ordre de Russie. Est-ce-que le baron de Serdobine ne sera pas un jour héraut d'une des classes de l'Ordre?
L'heureuse idée de faire un voyage à votre terre de Voronèje et de passer par Poltava me met hors de moi de joie; je la trouve si belle et si bienfaisante pour moi, que je n'ose m'y arrêter, mais je me nourrirai de son espérance tout le temps que je resterai ici. Cela sera par la Russie Blanche que vous passerez: vous longerez donc toute la Petite Russie; je viendrai à votre rencontre et je serai votre conducteur; avertissez-moi seulement à temps, Que je serai content de pouvoir vous montrer moi-même tout ce quim'oc-
eupe ici et vous rendre compte de tout ce qui devra être fait Vous verrez un beau pays, mais qui demande du soin et des paines; vous verrez un excellent peuple, mais qui veut être poussé et mis en activité. Tant qu'on ne le pressera [oppressera] pas et qu'on agira avec douceur et modération, on est sûr de réussir: cela sera mon аз, si les circonstances me donnent assez de temps pour m'en occuper!
Poltava, 22 mars 180%
Je ne vous ai point écrit par la dernière poste, mon cher ami, parce que mon âme а été tellement affectée et mon esprit si troublé à cause d'un oukase que le Sénat m'a envoyé, que je ne pouvais pas trouver deux idées de suite pour pouvoir m'occuper des objets: qui ne regardent pas le contenu de cet oukase.
D'après le premier moment de mon affiction, tout le tempsque j'avais à moi pour expédier la poste, je l'ai employé à écrire de main propre mon rapport au Sénat, ma supplique à l'Empereur, et mes lettres au comte Kotchoubey, au prince Lopoukhine et aucomte Zavadovsky.
Heureusement, par l'empire que j'ai su prendre sur moi; ji remis mon expédition à aujourd'hui, et, en relisant les papiers, j'ai trouvé que j'ai trop dit, et que ma supplique à l'Empereur devait aller au cas que l'on ne me rende pas justice ou que pareil dés sagrément m'arrive encore. Je me suis décidé à n'écrire qu'au prince Lopoukhine comme ministre de justice, et j'ai corrigémon rapport au Sénat. En les joignant ici sous cachet volant, ]е 165 soumets à votre jugement, mon cher ami, et, au cas que уоцз 108 trouviez convenables, je vous prierai de vouloir bien envoyer moi rapport au Sénat par Féodoroff et remettre vous-même ma lettre au prince Lopoukhine.
La note que je joins ici vous donnera une entière connaissance) de toute cette affaire. Vous у trouverez que le Sénat, pour mettre, uniquement à l'abri sa chancellerie, met à mon dos l'inexécution d'un ordre de Sa Majesté l'Empereur. Vous y trouverez! qu'outré l'injustice d’une pareille inculpation, il démasque за сопфийе её
prouve que cela n'est qu'une vengeance pour ma lettre au prince Lopoukhine où je le prie de faire terminer cette affaire. Vous avouerez qu'essuyer un pareil désagrément pour une cause semblable est fait pour affecter. Je le sens peut-être plus vivement qu'un autre, mais je le sens ainsi, parce que je n'ai point de reproches à me faire.
Ma première idée d'en écrire tout de suite à l'Empereur était une suite de sa promesse à me mettre à l'abri de ce que j'appréhendais de la part du Sénat, quand je me refusais à accepter la place de gouverneur-général. En le faisant, je profitais de sa permission et j'avais à attendre sa protection; mais je m'en suis retenu par égard pour le prince Lopoukhine, que j'envisage et que je dois regarder toujours comme mon bienfaiteur: en lui demandant justice, j'ai lieu d'attendre tout de sa part. Mon idée d'en écrire aux ministres qui ont leurs possessions ici était basée sur mon obligation de les avertir de la démarche que j'allais faire pour répondre à leur bienveillante disposition pour moi. Dites-moi, mon ami, si j'aurais bien fait ou si ce que je fais actuellement est plus convenable, Vous me ferez grand plaisir aussi si vous avez la bonté de me communiquer franchement ce que vous apprendrez de raisonnements au sujet de cette affaire au cas qu’elle transpire, ce que vous dira le prince Lopoukhine après la lecture de ma lettre et quelle est la réparation qu'il compte pouvoir me faire faire. Soyez persuadé que je recevrai toutes les communications de sang-froid, И пу а que le refus de la réparation que j'ai lieu de désirer qui me décidera à quitter ma place. Vous savez que tout dépend ordinairement du commencement: si je laisse une aussi injuste réprimande sans la relever et sans prouver que je ne la mérite point, il n'y a pas de raison que je n’en reçoive de pareille encore et puis tous les jours: est-ce donc par là que je dois couronner mon service et le zèle que je n'ai cessé d'y employer?
Mon affliction, mon ami, est au supréme degré, de voir que Гоп пе veut pas s'arrêter à l'indispensabilité des égards à observer pour ceux qui sont à ménager et qui ne peuvent plus être enfouis dans la grande masse, L'Empereur, qui est notre Maitre,
Mrs, ь Vous me геобоме en persil зо» #6 mue voire mnt, 16 vous me des qui эм в du Le hépurtemect qu eut semé Г hui de ma curinité est de suroër 38 К, wdin uarrèter sur Vopisins que je dnis pin de mumée voulait me faire prendre, mé décider, malgré la quantité d'ingrats fuit emiuaitre, 571 vous était possible de r qui à opiner la résolution et de m'envoyer la copie de loi lu désir que j'ai de lire le введеше, je vous —Miklacheveky n'est pas resté sans indemnisation lai в fait une chicane.
Quand vous verrez Spéransky, chléane du Sénat pour mon rapport qui prou son oukase du 2 juillet au sujet des paysans d
J'ai mioux aimé vous envoyer la copie de Трошев ot de mon rapport au Sénat, polna du los faire copler au cas que vous vo vous, Ви aupposant que vous désiriez un autre rap ju vous l'anvole sous le même numéro et conçu différents, Vous mo renverrez, mon ami, celui q pu présontur,
Poltava, 25 mars 1804.
Les démarches que vous venez de faire au sujet de ma nomination au Conseil et du droit que je désire avoir de ne gouverner la Petite Russie que par inspection en у employant six mois de l'année. captivent toute ma reconnaissance, Je vous présente ce sentiment avec l’effusion de mon âme, mon ami; je suis à votre col pour vous en remercier. Persuadé de l'amitié de М. Trochtchinsky, je ne sais pas trop si ce qu'il a dit au sujet de cette afaire n'est pas plus sincère que la réponse que vous avez reçue du comte Kotchoubey. Par l'intérêt qu'il prend à ce qui me regarde et par la protection qu'il veut у employer, peut-être il réussira. Се qu'il у a de certain, c'est que ce désir de ma part accompli sera le sceau à l'obligation que je m'impose d'être gouverneur de la Petite Russie tant que l'on voudra de moi et que ma conduite soutiendra la confiance que Гоп voudra avoir pour mon administration; sans quoi, mon cœur resterait toujours en doute et navré de l'idée que je ne suis souffert au service que parce que je me conduis assez bien, mais que je n'y serai pas autrement qu'éloigné de la cour, parce que ma présence у est de trop.
Il y a actuellement deux moyens, ou plutôt deux raisons, pour trouver de la convenance à remplir ma demande: le premier, comme preuve de satisfaction pour mes soins à l'établissement des écoles, hôpitaux et maisons d'hospitalité, qui doit m'apporter un rescrit de bienveillance; le second, comme indemnisation pour la peine et la chicane que le Sénat vient de me faire, dont je vous ai déjà parlé, et qui continue à me faire la peine que j'en ai ressenti.
La démarche du prince Lopoukhine pour obtenir la permission de l'Empereur que les aflaires de поз ватаги restent in statu quo jusqu'à la nouvelle décision du Sénat étant une nouvelle obligation pour moi de reconnaissance pour tout ce qu'il a déjà fait et la manière dont il n'a cessé de me protéger, je le lui exprime par ma lettre que je joins ici et que je vous prie d'avoir l'amitié de lui remettre, en у ajoutant tout ce que votre cœur à vous vous dictera par l'intérêt que vous prenez à moi et par votre connais-
ons они а fe. que Te ВИЙ pour le mettre de niveau avec ceux qui ont été hommes de chambre avec lui le méme jour et qui ont été avancés au moment des fiançailles. Je sais qu'il ne mérite pas cet avan:
поинты. С si les Brauitski n'avaient pas été créés chambellans. "1
J'ai à supposer que mes présentations sur les gymnases et les. écoles ont été agréées et approuvées par l'Empereur: le comte, Zavadovsky m'annonce son consentement dans une lettre officielle, ét me réfère aux ordres que j'en recevrai par М. Novossiltsèffs Cette nouvelle et celle que vous me donnez, mon ami, sur [05 6 loges que vous en avez entendus du comte Kotchoubey et de М. № vossiltseff m'ont fait le plus grand plaisir. Me trouvant & шёте de mettre la main à cet objet si important pour l'état, rien n'égas lera mon bonheur si les circonstances et le temps ше donnent/le moyen de voir la chose en train. Le zèle et l'activité us réussir ne manquera certainement pas.
L'affaire des grandes routes et des chemins de rar de OS est terminée à ma satisfaction: la représentation que j'en а! ие a réussi on plein; la copie de l'oukase que j'ai reçu vous № ргоиvera, Je vous l'envoie, mon ami, parce que je sais Pintérôt que vous prenez à tout ce qui me regarde. A
L'opinion du comte Kotchoubey sur la difficulté de ever los arbres aux deux côtés des grands chemins n'est ment pas à contredire, mais il ne faut pas pour cela ne pas en ni un objet de la plus grande importance et de la plus grande”
Si la distance de 2.400 verstes s'arrange dans cinq ош $1 |
doit-on regretter les peines que Гоп aura? Je suis de l'avis que, dans un objet utile, plus il y a de difficultés, plus Гоп doit employer d'attention et d'efforts pour le faire réussir: la peur de la peine est un pauvre raisonnement,
Je suis plus que convaincu de la bonne disposition pour moi de M. Trochtchinsky; aussi, je lui conserve dans mon cœur une des meilleures places et je lui garde une entière reconnaissance pour les preuves de sa bonne volonté pour moi. Je vous prierai, mon ami, de lui dire à la première occasion et toutes les fois qu'elle se présentera à vous tout се que je sens d'obligation pour ses dispositions pour moi, et combien je lui suis obligé. Les 300.000 roubles qu'il a obtenus pour les bâtisses des maisons pour les comptoirs de son département est bien une preuve de sa confiance; j'y suis d'autant plus sensible qu'il me l’a proposé de lui-même. Pour ce qui regarde les sommes des écoles et des hôpitaux, je ne les demande pas; je ne demande que le consentement au projet que j'ai présenté Фу employer les revenus des villes qu'on а abandonnés aux malveillants depuis près de 20 ans, que j'ai reçus à ma disposition lors de mon dernier séjour à Pétersbourg, et dont je veux entr'autres faire ces bâtiments.
И est certain et j'ose dire que, si l'exécution de ce que j'ai projeté est amenée à sa fin, j'ai droit d'espérer qu'en Petite Russie, mon existence ne sera раз oubliée. —La poste d'hier m'a apporté un rescrit très flatteur de Sa Majesté l'Empereur au sujet de la vaccine que je soigne, et qui a été employée cette année à plus de 13.000 enfants. Avec ceux qui ont été inoculés l’année passée, 20,000 enfants seront sauvés des effets sinistres de la petite vérole naturelle.
Agréez mes remerciments, mon ami, pour les indices que vous me donnez sur la voyage de l'Empereur dans les provinces méridionales, Malgré que, d'après ce que vous dites, je n’aie pas lieu den être tout-à-fait sûr, je ne ralentirai en rien mes efforts pour les établissements qui sont en train, parce qu'en m'en occupant, mon désir est de les voir achevés le plus tôt possible pour le seul but de la chose et du bien de la chose, sans aucune charlatanerie.
Poltava, 5 avril 1804.
La manière dont j'ai fatigué les yeux jusqu'à présent estcer tainement la cause de cette incommodité que je commence à éprotver; mais le moyen d'en être quitte tant que je serai au service? Celui que vous me conseillez de faire lire et de dicter serait excel lent; mais, à 45 ans, on ne se fait plus à de nouvelles habitudes et, surtout, à de nouveaux moyens auxquels il faut ce qui s'appelle organiser son entendement. Dicter m'est entièrement impossible: je l'ai essayé plusieurs fois; par la difficulté que j'ai pour la compo” sition, cela m'est totalement impossible. Pour се qui regarde 1а [есture, je trouve qu'en faisant lire aux autres, on n'est point mént ger de son temps: on lit certainement plus du tiers [un tiersde plus], l'habitude d'examiner les papiers d'affaires vous фопие сеЙе de savoir leur contenu en feuilletant un cahier immense; lelecteur, au contraire, vous assomme de tous les points et virgules qu'un pareille composition contient.
Le beau temps nous étant revenu, je vais me bien porter# cause des voyages que je serai obligé de faire et de l'exercicaque je me donnerai. Sans la crue des eaux qui ne veut pas encore ie minuer et qui, dit-on, durera au moins trois semaines, j'aurais défi été dans les villes qui avoisinent Poltayva et au moins deux fois Krémentchoug. Quatre à cinq mille verstes de voyage dans inté rieur du gouvernement est la tâche que j'ai à remplir cette année Trois visites à Tchernigov et autant à Gloukhov seront indispens sables. Les grandes routes ne feront qu'y gagner,
Je vous ai communiqué le rescrit de bienveillance de HEmpe reur et son oukase au sujet des grands chemins et des routes 6. traverse. Le rescrit regarde la vaccine, mais je n'ai encorerien. pour ce qui regarde les gymnases, les écoles et les Рё иен; рей étre que la poste de ce soir m'apportera les décisions que jlritends, Je me trouve on ne peut pas plus heureux, voyant par toutpléht de raisons que les peines que je me donne sont connues её див mes plans et projets ont le bonheur d'être approuvés par За Маjesté. Mon but, actuellement, est de lui prouver mon zèle её шла гв
connaissance pour la bonté qu'il а eue de me rappeler au service et de me donner 16 moyen d'organiser un pays intéressant pour ma patrie.
Parce que vous avez la bonté de vous occuper, mon ami, des affaires qui regardent mon service actuel, je vais vous obérer de celle qui m'arrive avec M. Kologrivof par son inspection sur les régiments de cavalerie qui cantonnent ici. Parmi mille brouilleries des militaires avec le civil, ne cherchant jamais à donner le tort aux premiers, et que j'ai eu le bonheur de terminer à l'amiable sans qu'elles quittent les foyers où elles arrivent, il y en a eu une à Gloukhoff entre M. de Lüwenstern, officier du régiment qui y cantonne, et un M. Dergoun, noble de la ville, où une espèce d'entétement de la part du premier et un caractère chicaneur du second ont rendu leur querelle non seulement connue hors du gouvernement, mais même par l'Empereur, à qui Dergoun а porté plainte.
M. Kologrivoff, qui a eu la commission de vérifier la plainte de Dergoun et la conduite de Lüwenstern, en militaire, a cherché à donner tout le tort au civil, et même à la juridiction. Le ministre m'en ayant fait part par ordre de l'Empereur, la revue que j'en ай faite et que j'ai envoyée а prouvé, soit dit entre nous, beaucoup de précipitation de la part du général Kologrivoft. Les remarques qu'on lui en а faites, à ce que je crois, lui ont dicté un rapport à ТЕтрегеиг où, parmi des preuves qui n’en sont pas et qui seront prouvées être telles, il a dit, entr'autres, m'avoir écrit et que je n'ai eu aucun égard à la demande qu'il faisait pour mener plus tôt l'affaire à за fin. Ce rapport m'a été envoyé. Je vous communique ma réponse au ministre: par son contenu, vous verrez où en sont les”choses et la chicane que Kologrivoff m'a voulu faire. Je ne sais pas comment on voudra terminer cette affaire; mais ce que je sais d'avance par la connaissance de l'affaire même, c'est que, tant que Гоп пе voudra pas faire une indemnisation quelconque à Dergoun, Й зе sentira toujours lésé et reviendra à la charge avec ses suppliques à l'Empereur, Le tort n'étant pas de son côté, il est impossible qu'il se taise et que je joigne mon pouvoir pour l'opprimer.
Par la situation dans laquelle Kologrivoff doit être envers vous, mon ami, je désirerais que vous me fassiez l'amitié de vous employer pour terminer cette espèce d'altercation entre nous, et lui faire concevoir combien je suis éloigné de toute injustice quelconque, que je n'ai pas épousé le civil, que jaime beaucoup mieux le militaire, et que j'en fais preuve, puisqu'aucune histoire n'éclate, et elle n'éclate pas uniquement par le soin que j'ai de diriger les civils à céder, et que, par conséquent, il ne dépend que de lui de ne pas avoir des explications et des justifications à présenter: elles lui sont сегtainement tout aussi désagréables que celles que j'ai à faire, Le moyen qu'il a pris de me mettre dans le tort ne pourra lui гбизsir, puisque je défends la bonne cause et que ma conduite west dirigée que par l’impartialité la plus stricte, En un mot, faites-mol le plaisir de faire en sorte que nous soyons avec Kologrivoft les mêmes bons amis que nous avons été avant. S'il veut étre juste, il m'imitera en ne cherchant pas à justifier ses subordonnés: on peut les protéger sans protéger leur inconduite.
Poltava, 12 avril 1804.
Je ne vous cacherai pas, mon ami, que la quantité des personnes placées au Conseil devant étre un obstacle pour moi à y avoir une place, m'a fait la peine la plus sensible, et que je пе crois plus avoir besoin d'une maison à Pétersbourg. La permission que Sa Majesté а la bonté de m'accorder de partager mon temps “de l'année, je compte, en faisant une démarche, en profiter pour Ven ployer à Kourakino. J'établirai ma femme etmes enfants à Moscou, et je viendrai passer avec eux les deux ou trois mois de hiver: Profitant de cette manière de la bonté de l'Empereur, je partager mon temps entre le devoir et mes affaires domestiques: 31 е пе [03 arrange pus, au moins je ne ше ruinerai pus davantage»
Poltava, 26 avril 1804.
Voilà deux postes que je suis sans lettres de votre part, mon ami. J'espère que vous vous portez Меп, et que ce retard de nouvelles n’est occasionné que par le débordement des rivières des provinces du nord qui avoisinent Pétersbourg. Ici, nous sommes déjà quittes de cet inconvénient; il n'y а que le Dniéper et la Desna qui ne veulent pas entendre raison. L'augmentation des eaux qui nous viennent de chez vous est beaucoup plus forte cette année que plusieurs précédentes: la Desna а débordé à 13 verstes de largeur; le Dniéper, à Krémentchoug, se gonfle de manière à entourer la ville d'eau; tous les grands chemins au sortir de Krémentchoug ont des nacelles pour transporter les voyageurs et des bacs pour les équipages; je vais voir cel pour en avoir idée. Cette circonstance ne laisse pas que de m'inquiéter, à cause des maladies qui sont ordinairement la suite de pareilles inondations, Krémentchoug en à été une fois la victime; les fièvres chaudes putrides et maligues y ont fait un bien grand ravage. Les bas-fonds où l'eau n'a point d'écoulement en sont la cause principale: en у croupissant, ils donnent des exhalaisons si fétides que la meilleure santé ne saurait y résister. Si le temps de ma régie ici me le permet, porter remède à cet inconvénient sera un des soins auquels je donnerai toute mon attention.
Pour me récréer un peu, après-demain, je compte aller à Di« kanka, terre du comte Kotchoubey, et j'y passerai deux ou trois jours. L’économe qui la régit a captivé mon amitié pour lui; la satisfaction d'être avec cet honnête homme et de parler d'affaires économiques sera un soulagement que je donnerai pour mon cœur gros de peines.
Poltava, 2 mai 1804.
J'ai reçu la lettre du comte Kotchoubey au sujet de la permission de m'absenter d'ici tous les ans pour quatre mois de temps. Ignorant le moyen de pouvoir en profiter à cause des saisons, je ne Jui ai rien répondu encore à ce sujet, et je ne sais que dire; саг
il n'y à pas de raison d'étre reconnaissant, surtout parce que j'ai la promesse de l'Empereur de me donner tous les ans la permis sion de venir à Pétersbourg pour tant de temps que mes affaires l'exigeront. Si je n'y ai pas été cette année, c'est que les objets que j'ai à remplir ici ne me permettent pas de m'absenter. A:vue de pays, il me semble que je ne profiterai pas beaucoup de cette permission. D'abord, cette année, j'ai déjà pris des arrangements pour que ma femme reste à Moscou; si je parais à Pétershourg, cela ne sera que pour trois semaines tout au plus, Voulant éviter la dépense du changement d'équipages, je n'ai que les deux mois d'hiver pour les voyages à faire.
Par ce nouvel ordre de choses, devant m'occuper à faire un. nouvel arrangement domestique, je vous demande vos ordres, mom ami, pour vos musiciens, en vous réitérant toute ma reconnaissance pour la bonté que vous avez eue de me les envoyer. Ne devant plus être à même d'en profiter ici, je ne voudrais pas les laisser à la gène des mauvais gites qu'ils sont obligés de supporter: Sans cet inconvénient, ils n'auraient pas de plaintes à faire; certainement, celui-ci est trop valable pour que je n'y aie point d'égard. Ils sont fournis de tout d'après votre note: le jour de Pâques, ils ont paru tous avec de nouveaux habits. Les appointements de l'année leur sont payés, et tout leur devoir consiste en deux heures de musique après les 9 heures du soir. Toute la journée étanta leur disposition, ils n'auront aucune raison de plainte, s'ils veulent être justes.
Poltava, @ шай 1804.
Sur се que vous dites, mon ami, au sujet du terme де 4 005 qui m'est déterminé pour mes séjours à Pétersbourg) que сей а été une observance pour les sémestres que l'on accorde danse service civil, je dois vous remarquer que, dans la notification de la permission, il est nommément dit que je dois toujours moceus per absent comme présent de la régie de la Petite-Russie; donc, cela n'est pas un congé, et le terme de quatre mois ромг 163 6 mestres ne va pas à la situation qui me regarde, parce que cela
n'est pas un sémestre que l’on me donne, Mais n’en parlons plus: la chose est finie, et je ne me vois plus tenu à la promesse que je vous ai donnée. Le mois de septembre décidera finalement le tout,
Poltava, 9 mai 1804,
Comment vous remercier, mon ami, pour l'intérêt que vous avez porté à mon affaire avec le Sénat? comment vous dire tout ce que mon cœur sent de reconnaissance pour la peine d'en parler à tous ceux que je voulais en instruire? Connaissant ce cœur, qui est toujours plein de vous, facilement vous vous représenterez ce qu'il sent, et, si j'étais avec vous, vous me verriez à votre col pour vous témoigner mes remerciments, Autant je vous suis obligé, mon ami, pour tout ce que vous avez fait, autant je suis mécontent des réponses que l'on vous а fuites et que Гоп vous а prié de me communiquer. Si le contenu Фил oukase du Sénat ne doit pas étre sensible pour un quelqu'un qui sert de manière à ne s'attirer aucun reproche, parce que les secrétaires qui les composent ignorent la politesse et les égards à observer, pourquoi de pareilles gens sont-ils secrétaires? On ne dira pas que nous manquions d'individus, puisque tout ce que les ministres écrivent est marqué par les plus grandes attentions. Chacun à sa manière de voir les choses, Jamais je ne consentirai à être passif, quand on voudra mettre à mon dos le tort que Гоп a soi-même, et c'est pourtant ce que la chancellerie du Sénat а présenté à la signature, et c'est се qui m'a été envoyé: vous avouerez que c'est d'une digestion un peu dure. Zavadovsky, dans sa réflexion, peut avoir raison en quelque façon. J'avais prévu les chicanes auxquelles j'allais être livré, et, comme je ne voulais jamais les supporter, j'ai fait mes arrangements, et j'ai la promesse de la protection. Si, après avoir été général-procureur, j'ai accepté la place de général-gouverneur, ce n’est certainement pas pour étre en butte à de pareils désagréments: je ne les vois pas autrement, et jamais je ne pourrai les voir d’une manière différente.
Je vous répèterai, mon ami, que les égards que je dois au prince Lopoukhine seuls m'empéchent d'en porter plainte à l'Empereur.
Le connaissant juste, et ayant remis tout mon être en son pouvoir, je me verrai content par la décision ди’ y portera, quand même il me trouverait dans le tort, et je ne dirai pas le mot, car à за volonté point de réplique; mon cœur n’en а jamais méme lidée.
Puisque le ministre de justice vous а promis de faire уеШег а се que de pareilles erreurs n'arrivent plus, et que le prince Lopoukhine est celui qui occupe la place de directeur de la chancellerie du Sénat et auquel je ne veux causer aucune peine, je me désiste de mes prétentions et je laisse tomber la chose dans l'eau; mais, em même temps, je n'oublierai jamais la bonté avec laquelle vous vous étes intéressé dans cette affaire.
Par l'amitié que vous avez pour moi, mon ami, je vous communique avec empressement la satisfaction où je me trouve actuellement, A Tchernigov, d'après les arrangements que j'ai faits, l'institut pour l'éducation des pauvres et celui des métiers ont été inaugurés le 1-er de ce mois. Je ne puis vous expliquer le bon heur dont je jouis. J'en fais mon rapport aujourd'hui à l'Empereur: j'en écris au ministre de l'intérieur, en lui demandant protection: pour les employés de ma part. L'établissement de l'institut, j'em fais part à M. de Novossiltseff et au comte Zavadovsky, еп leurs remettant cet institut, parce que cela doit étre une appartenance de leur département, А la réponse que j'ai reçue de la part 4е М. Novossiltseff pour les bâtiments des gymnases et des écoles, je lui communique les arrangements que j'ai pris, et je lui annoncer que, pour l'hiver de cette année, tout ce qui est nécessaire. pour le gymnase de Tehernigov sera prét; ils n'ont qu'à nous donner des professeurs, et la chose sera en train. Toutes les remarques. qu'il m'a faites sur mes premiers projets, je les ai prises еп сопsidération, et les nouveaux arrangements sont d'après ses idées Quand vous le verrez, mon ami, vous m'obligerez еп Ш demandant son opinion sur les papiers que je lui communique ащопе Ви. Аш sujet de l'inauguration des deux instituts, je vous demanderai l'amitié de savoir ce qu'en diront les ministres, et si l'Empereurserasatis" fait de l'activité qui y a été employée. Devant rendre Ла chose. publique, je vous joins ici une annonce à mettre dans la gazette/wous.
priant de vouloir bien l'envoyer à l'Académie. Je ne sais si vous approuverez mon attention d'avoir omis mon nom; je l'ai fait exprès pour ne pas donner l'occasion aux envieux de gloser sur mon compte, Si par hasard vous faites, mon ami, la remarque, ou qu'on vous la fasse, pourquoi cette inauguration ne s’est pas faite en ma présence, entre nous soit dit, c'est un mésentendu du gouverneur. J'ai dit la faire le 1-er de mai, parce que mon intention était de me trouver là moi-même Le gouverneur, quoiqu'il avait la nouvelle que j'avais remis mon voyage, s’est tenu à l’ordre dn terme de l'inauguration. Je ne le lui reproche pas du tout; je trouve que j'aurais dû l’avertir de m'attendre; au reste, la faute n'est pas grande. Aux autres, mon #&mi, vous me ferez le plaisir de dire que, ne pouvant pas venir pour cause de santé et d'affaires, j'ai mieux aimé пе pas me donner la jouissance et l'ostentation de jouir de mon œuvre et ne pas faire attendre le commencement de l'instruction. Cette raison est assez valable, n'est-ce-pas, et пе зе trouvet-elle pas d'accord avec la manière du jour de voir les choses?
Poltava, 17 mai 1804.
La crue des eaux au degré où elles sont ici et leur durée est pour moi un tableau tout-à-fait nouveau, La Desna, qui n'est pas plus large que la Fontanka pendant toute l'année, est devenue à plus de 12 verstes de largeur; jusqu'à présent, le trajet pour les voyageurs est encore de 7 verstes: jugez du Dniéper d’après cela, jugez de l'état de toutes les petites rivières qui tombent dans ces fleuves, et des bas-fonds. Cette durée d'inondation est impatientante: il y a encore quinze jours à attendre pour voir les rivières dans leur lit; les transports en souffrent beaucoup. Personne n’en éprouve plus de désagrément que moi: rien des matériaux indispensables pour bâtir m'arrive, et tous mes ouvrages sont en stagnation; les habitants ne veulent s'en charger que quand la saison et les chemins peuvent favoriser leurs voyages. Se contentant de peu et ayant leur néces- Saire, ils trouvent inutile d'entreprendre des voyages dans le temps des intempéries. Je ne les contredis pas, mais, intérieurement, je
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m'impatiente de cette étonnante apathie et de cette incroyable indifférence pour l'argent.
Si vous vous êtes étonné du mauvais temps que nous avonseu à Poltava au commencement du printemps, que direz-vous quand vous apprendrez que le temps а toujours été si mauvais et les rues et les chemins si emboués, que je n'ai pu monter que deux fois à cheval, et cela en surtout. Les inspections que je fais des ouvrages qui se font en ville, c’est toujours en calèche et À pied; aussi je mem boue quelquefois jusqu'à mi-jambe; souvent, la police vient à mon secours pour m'en retirer et retirer mon équipage. Depuis quinze jours, nous avons un temps si pluvieux, qu'il ny aeu que deux jours de relâche. Les ondées étaient si fortes, que les tor= rents d'eau qu'il y avait dans les rues et dans les environs dela ville ont creusé de très grands ravins et ont détérioré une grande, partie de се qui a été fait cette année pour le nivellement de la ville, Jugez de mon désespoir: outre le retard que j'ai éprouvé par le printemps tardif, tout ce que j'ai pu faire pour rattraper le temps perdu, je dois le recommencer, Mon grand établissement de la fa brique des briques non cuites а éprouvé une grande attaque aussi: Vous savez que c’est sans hangar qu'on les fait; les pluies etles torrents m'ont détruit plus de 20,000 briques. En les comparant par leur grandeur aux briques ordinaires, c'est 100 milles briques de perdues. Plaignez-moi, mon ami, et partagez mon afiliction® Vous m'obligerez, quand l'occasion s'en présentera, de le dire à Kotchoubey,
Ces accidents imprévus que l'hommen’est pas en état de détours ner sont cause que, n'étant pas encore parti d'ici, je seraipeuts être obligé de remettre mon départ encore à quinze jours. Ayant peu d'aides avec la conception de ce que c’est que l'intérét 4е chose, il me faudra être [là] moi-même pour réparer le mal“qui a été fait. Ce retard du voyage que j'ai besoin de faire е56 2083 un contre-temps qui me peine: l'œil du chef aurait dû voir ceqi se fait d'après les arrangements qu'il a pris et les ordres quil donnés.
Je vous remercie bien sensiblement, mon ami, pour l'amitiéque
vous m'avez prouvée en mettant sous les yeux de Sa Majesté l'Impératrice-Mère la note que je vous ai envoyée sur les succès de la vaceine que j'ai introduite ici. La bonté qu'Elle a eue de la parcourir me met dans la plus grande satisfaction, et est une récompense bien sensible pour moi pour les soins que j'ai employés à cette introduction.
Oserais-je vous charger, mon ami, de me faire acheter le livre: Traité des affections vaporeuses des deux sexes ou maladies nerveuses vulgairement appelées maux de nerfs, par P. Pomme, médecin, be édition, Paris, ches В. Johanneau, libraire, Palais du Tribunal, 1-re galerie de bois, Л№ 236, chez les libraires de Pétersbourg? si par hasard ils ne l'ont pas, de le faire venir de Paris. Ma santé exige une connaissance de cette manière de traiter les nerveux: malheureusement, je le suis.
Poltava, 27 mai 1804.
Les intempéries que nous avons essuyées étaient incroyables; les habitants mêmes ne se rappellent pas d'un temps pareil. Nous l'avons cru favorable pour nous délivrer du fléau des sauterelles, qui sont ici depuis 7 ans; mais, malheureusement, les rapports que je commence à recevoir m'annoncent qu'il a germé dans plusieurs cantons. Voilà de nouveau le peuple en alarme et obligé de se résoudre à la fatigue de leur extirpation: ce sont des milliers de gens que Гоп voit en groupes employés à cela, Ce fléau est terrible; on ne peut pas s'en faire une idée juste si on ne Га pas vu soi-même: mon sentiment, en voyant cet insecte infernal, est celui de la terreur.
Je suis très fort de votre avis, mon ami, que les juifs sont plutôt nécessaires et utiles que nuisibles à l'Ukraine, par rapport au commerce pourtant, puiqu'ils sont les seuls qui procurent aux habitants. Mais comme fermiers d'eau-de-vieet directeurs des économies des nobles d'ici, ce sont des sangsues qui ruinent le peuple. Les domiciliés sont ces derniers; les commerçants n'ont pas une seule boutique, ils se bornent uniquement à courir de foire en foire: il
ne leur est раз permis de vendre dans les temps des foires.
Soit dit entre nous, mon ami, pour que cela n'ait pa jalousie, je suis assez de l'avis du publie de Pétersbourg L kléchoff aura de Is peine à réussir à Moscou, connaissant la manière dont il у a choqué plusieurs personnes par sa manière d'étre: cette vieille capitale est un peu rancuneuse.
Poltavz, 31 mai 1804.
L'Impératrice-Mère a eu la bonté de nous envoyer deux sages femmes de l'Institut d'accouchement qui doit son existence à $08. bienfaits. Elle а ви celle de me les confier par une lettre qu'Ellé a bien voulu m'écrire. Je vous en envoie, mon ami, la сор, ©, pour vous mettre au fait des dispositions que j'ai faites pour remplir, en tout ses vues bienfaisantes, je joins ici la copie de ma réponse et un résumé des ordres que j'ai donnés avec la copie de ma prescription au gouverneur au sujet de l'établissement de hôpital d'accouchement pour les pauvres. En lisant tout cela, dites-moiMst j'ai fait dans cela tout ce que j'avais à faire, et si mes arrange ments ont eu le bonheur d'être agréés par Sa Majesté. Si je suis assez heureux pour cela, je serai au comble de ma joie:
Ma réponse au rescrit que j'ai reçu de la part de lmpératrice, je la joins aussi ici, vous priant, mon ami, d'avoir 1а bonté 4е № présenter si vous le trouvez convenable, sinon, de la reméttre à М. Willamow, qui la mettra au nombre des paquets venus Че 1а розёе.
Le soin que j'ai ou de mettre les jeunes personnes entrées mains d'une doyenne était pour les mettre à l'abri de lu mauvaise, réputation à laquelle elles seraient en but, st elles étaient seules tenir leur ménage. Cette doyenne en est une sous tous [08 тарports, et elle ne souffrira certainement rien d'inconvenant dans maison où qui pourra venir à sa connaissance. Si шез Collégues, qui ont déjà reçu de ces sages-femmes n'ont rien fait pour les: établir décemment et leur donner l'impulsion de la moralité et dela dé" conco à observer dans la conduite, je n'ai pas voulu leur гоззеше
bler, et mon exemple, peut-être, sauvera celles que l'Institut aura à fournir pour le reste des gouvernements. Le ton que j'ai donné à la chose et la manière dont j'ai établi ces demoiselles m'a servi d'exemple combien tout dépend du commencement.
Si l'établissement des deux élèves dans la maison de Mme Jacquet, qui autrefois tenait ici une pension, est approuvé par Sa Majesté l'Impératrice, et si vous trouvez possible, je vous prierai, mon ami, d'obtenir un présent de 100 à 150 г. pour cette bonne vieille, Cette bonté de Sa Majesté, outre le vrai bonheur que cela causera dans la maison, relèvera tellement l'inspectrice et l'établissement, que l'idée du mal sera à jamais bannie de l'esprit de tous ceux qui pourraient le concevoir. Pour moi, cela me comblerait de joie par la preuve évidente que ce que j'ai fait a été agréé par ma bienfaitrice,
Poltava, 17 juin 1804.
Me voici, mon ami, de retour de mon voyage. C'est 9 districts que j'ai parcourus et 900 verstes que je viens de faire, J'ai un peu pressé ma rentrée ici, à cause de la célébration de la fête de Poltava, pour laquelle je fais quelques préparatifs, et où je veux inaugurer la maison d'éducation des pauvres et celle d'hnspitalité avec l'hôpital pour 60 lits. Quand cela sera fait, et comment cela se fera, je vous en enverrai la description.
J'ai eu lieu d'être assez content de mon voyage, Mon exposé au ministre de l'intérieur, dont je vous envoie, mon ami, la copie, vous mettra au fait de tout. Si vous avez l'occasion de savoir се qu'on en dira, je vous en demanderai la communication et vous serai bien reconnaissant pour cette complaisance de votre part. J'ai cru de mon devoir de faire cette communication au ministère pour le mettre à même de savoir се qui peut l'intéresser et ce que je fus pour remplir les fonctions de la place qui m'est confiée.
Mon désir de purifier Гай” de Krémentchoug et le préserver des contigions qu'y fait naître le croupissement des eaux du Dniéper après leur inondation ne peut être qu'un projet en théorie: la rapidité du courant de ce fleuve et la force avec laquelle il agit sont
de nature à ne permettre aucun ouvrage qui pourrait le détourner de l'endroit où il а dirigé sa course. J'en suis aux plus grands ге grets, mais je dois me soumettre aux circonstances. Je vais chercher actuellement le moyen de l'écoulement; si la chose est possible, la ville et les habitants recevront un grand bienfait.
Puisque vous voulez avoir des nouvelles de Dikanka, je vous dirai, mon ami, que cette terre est d'un bon rapport en comparai: son des autres terres d'ici, mais le propriétaire le doit uniquement aux talents des dirigeants. La beauté du site et les jouissances d'agréments sont très à remarquer. La maison, qui contient 70. chambres, et trois églises, sont toutes en pierres et couvertes еп fer. J'aurais donné une autre façade, et j'aurais disposé autrement l'intérieur; mais, comme cela dépend du goût du propriétaire, il n'y а rien à dire.
Je ne tiens pas du tout, mon ami, à l'idée sur la publication dans les paroisses par la voix des curés des édits de l'Empereur et du Sénat qui doivent être portés à la connaissance de tous et d'un chacun. Je l'ai eue, parce qu'il me semble que cest undes meilleurs moyens de diminuer le nombre de ceux qui пе 1ез ехбcutent pas sous le nom de les ignorer. Mais si l'on trouve quelle gouvernement n'a pas besoin de son organe, les choses еп гезеront au point où elles se trouvent.
Le comte Kotchoubey ne connait donc pas son pays, soitdit entre nous, s'il croit qu'il est possible dé recevoir un million dé roubles de la noblesse d'ici pour les bâtiments et les différents instis tuts! Outre qu'il n'y а que très peu de personnes à l'aise et dans. la possibilité de faire des sacrifices, en général, ils sont. tous très peu donnants, et cela ne sera certainement pas moi quiiraime casser le nez avec une pareille proposition. S'ils n'ont pointes inquiétudes qui les ont rendus si revêches envers moi pendantieur dernières élections, ils ne peuvent pas ne pas être quittes 4е а crainte où ils seront toujours que la non légalité de lapossession, de près de la moitié de leurs paysans tôt ou tard ne doive changer leur fortune. Le devoir de maitriser la masse et d'éviter une espèces de révolution m'a dirigé dans cette affaire pour prendre la voie/que
vous connaissez, Les esprits sont tellement montés ici à ce sujet que, si je wavais pas la plus grande attention sur cet objet, la même histoire recommencerait certainement. Aucun édit et aucun arrangement intérieur ne pourra, à un homme qui зе connaît être libre, ôter le désir de l'être en effet. Ш n'y a pas de jour que l'on ne fasse quelques tentatives. Les mesures que j'ai prises sont telles, que je n'en ai aucune inquiétude, et la tranquillité sera oh servée; mais il faut une vigilance continuelle, et, si Гоп cruit que l'oukase du Sénat du 3 décembre а mis fin à tout, l'on se trompe beaucoup.
Je ne Маше pas М. Trochtchinsky pour son idée au sujet de l'institution de l'école rurale, La manière dont elle а été conduite après moi a dû non seulement éloigner le but de son établissement, mais le représenter même comme inutile, ne pouvant pas épouser et bien comprendre les grandes vues. J'approuve beaucoup cette annulation: il vaut mieux ne pas en avoir de traces que de les voir de manière à donner prise à la critique juste de l'homme qui réfléchit.
Poltava, 24 juin 1804.
Mille et mille remerciments, mon ami, pour les bonnes nouvelles que vous me donnez sur la satisfaction que l'on a de ma conduite ici. Si quelque chose peut éprouver mon zèle, c'est bien cela. Si l'Empereur а la bonté d'accorder les grâces que je demande aux personnes qui m'aident, c'est la grâce que j'attends pour moi et pour les peines que je me donne, Si l'inauguration des instituts à Mechernigoy vous а fait plaisir, après-demain, il у en aura quelques-uns d'inaugurés ici; je vous communiquerai le narré de ce qui se fera. Le gymnase à Tchegnigov ne dépend plus que du département de l'instruction; pour l'hiver, tout sera prêt. Lei, cela durera quelques années avant son établissement, à cause de l'impossibilité de trouver où placer les classes et autres appartenances, Je bâtirai, mais il me faut donner le temps d'avoir de quoi; je viens de commencer à faire seulement les briques. Si Zavadovsky se plaint de moi, il a tort: si mon activité lui paraît sans effet,
sons. Ce que le comte Kotchoabey vous а di tout autant que vous; vous m'obligerez be:
communiquant ce qu'il vous répondra dans La voulez avoir avec lui à son sujet.
J'ai reçu la lettre da chambellan À fe dois en être content. La satisfaction que ау с avec li, vu qu'il sait priser les choses, me fait que c'est à Potogki que je dois m'adresser ес: que c'était un de mes journaliers et qu'il а tout de moi pour tout en général pendant qu'il avait 1 filer dans les maisons de Pétershourg, certainement il péine à me payer toutes les politesses et toutes les j'ai eues pour ni. Mais je ne fais de compte avec!
ве [№] quoi je m'attends, je lui tirerai ma révérence, ‹ s'occuper lui-même de ce qu'il aura besoin АЙ aura à régir.
Le 27 de juin, les établissements des œuvres pieuses, d'éducation pour les pauvres et l'hôpital d'accouchement” inaugurés. La maniére dont tout cela s'est fait, et lt céléb du jour de la bataille de Poltava, vous le verrez dans la di tion que je joins ici; je m'empresse de vous l'envoyer, топ а connaissant l'intérêt que vous prenez à tout се qui ше er: connaissant la satisfaction que vous éprouverez, pouvant celle que j'en éprouve.
Je ne vous cacherai pas que je suis dans le plus: tentement: ce sont des faits qui montrent que je пе corncilles et, qu'en faisant des projets, je sais les ex mes rapports officiels à ce sujet à l'Empereur. Les 46% cription et les gratifications que je demande pour © employés ot qui m'ont secondé dans tout ce que 1 le communique au ministre de l'intérieur, Je joins LE 0 connaissance la copie de ma lettre à ce suiet au minist
rieur, Je m'adresse à votre amitié, à votre bonté pour moi, mon ami, pour me seconder à obtenir les grâces dont je parle au ministre.
Que direz-vous, votre excellence, au sujet du traitement que j'ai donné au peuple? Je n’ai pas été chiche, et 2000 г. de dépenses, à ce que je crois, ne m'ont pas fait peur; comme vous voyez, je dis ,je crois“, parce qu'on ne m'a pas encore présenté le compte de tout се que cela a coûté.
Dans la description, je n'ai pas parlé de la fête que j'ai donnée le lendemain au publie d'ici dans le jardin de la ville, que j'ai créé et dont je lui ai fait cadeau en achetant l'emplacement pour 1250 г.. Votre musique et mes chantres éparpillés dans différents bosquets ont rendu la soirée délicieuse. Punch, glaces, limonade et thé pour la noblesse, vin et bière pour le peuple, ont 646 offerts avec profusion. Je n'en ai pas parlé, pour пе раз avoir l'air de me donner les violons.
J'ai expédié aujourd'hui ma supplique au prince Etienne au sujet de la veuve Gorchkoff qui m'est restée sur les bras et que je pensionne, pour lui donner un petit coin à notre hôpital sans aucun traitement. Ordonnez-le de votre côté, mon ami, pour que notre frère ne me le refuse pas; je vous avoue que j'y serai sensible, et je vous demande bonté et protection.
Poltava, 4 juillet 1804.
Puisque vous voulez que le mois de septembre ne soit pas l'époque où je doive quitter le service et que vous l'exigez de moi, je me rends à votre volonté, et cela, avec grand plaisir, parce que J'aime à m'y conformer; mais je vous demande en revanche votre consentement à me permettre de le faire après, quand je me verrai dans la nécessité de m'y résoudre, et sans qu'aucune correspon- Чапсе à ce sujet s'établisse entre nous. Soyez bien persuadé que cette démarche de ma part sera faite avec toute la convenance possible et certainement sans m'attirer aucun bläme. Il уа des circonstances ой се que l'on doit à soi-même passe nos obligations
envers les autres. Cela ne sera jamais un amour-propre blessé qui sera le guide de ma conduite: je sais très bien qu'ilfait faire sous vent de fausses démarches dont on se repent après.
Mille remerciments pour le soin que vous ayez pris pour ше. faire avoir le Traité des maladies nerveuses. Puisqu'il n'est. pas à avoir à Pétersbourg, je vous suis on ne peut pas plus гесопnaissant de la bonté que vous avez de le faire vemr de l'étranger. S'il est tel que le prouvent les journaux, j'ai à attendre du secours pour les souffrances que j'éprouve depuis quelque temps:
L'Empereur а eu la bonté d'accorder les grâces que j'ai demandées pour les personnes que j'ai employées et qui m'ont aidé dans l'établissement des instituts de métiers et d'éducation pour les pauvres; je vous envoie ci-joint la copie de l'oukase qui m'a été envoyé à ce sujet.
Poltava, 8 juillet 1804.
J'ai heureusement fait mon voyage à Constantinograd: 1е Бези chemin, la fenaison, les aromates des fleurs dont les prés sont remplis me l'ont rendu bien agréable, Je ne pourrai vous satisfaire, mon ami, en vous faisant le détail des terres des nobles ой je ше suis arrêté, parce qu'ayant à presser mon voyage, je l'ai dirigéde manière à ne m'arréter que dans les villes où j'avais à faire, О’айleurs, il n'y а rien de curieux dans toutes leurs habitationsils n'ont pas du tout cherché et sont encore loïn de désirer desjonis sances de pur agrément; le peu de rapport des biens d'ici пе ег en donne pas même le moyen.
Tous les moyens connus et ceux qu'on invente tous les jours. sont employés pour nous sauver du fléau des sauterelles, mais tout, devient inutile pour en délivrer le pays. Malgré la quantitéquion en détruit, qui fait un compte incroyable, il en reste toujourstiene coup pour ôter au pauvre laboureur le fruit de ses travaux Cette. perte si sensible individuellement ne l'est pas pourtant pour général; car, comme je l'ai dit dans le rapport de mon"voyage, malgré 7 années de dégâts, les prix n’ont pas haussé.
Je suis on ne peut pas plus flatté, mon ami, de la bonté“avec
laquelle Sa Majesté l'Impératrice a bien voulu recevoir mon гарport au sujet des sages-femmes qu'elle a eu la bonté de faire donner à Poltava. J'ai lieu d'être très content de leur conduite; elles ont déjà été en ouvrage à la satisfaction de celles chez qui elles ont été appelées et à celle des membres de la pharmacie d'ici.
La mort inattendue du comte Valérien m'a fait la plus grande реше, mon ami. | est certain que son esprit et l'énergie de son caractère le rendaient propre à être utile, et que c'est une grande perte que l'état vient de faire.
Ce que vous me dites, mon ami, de l'achat que la princesse Viasemsky vient de faire de la campagne de Gebel, autrefois la mienne, pour 22.000 r.,m'aétonné au point que je n’en reviens pas. Si je l'ai vendue il y a de cela onze ans pour 12.000, quoique je l'aie vendue bon marché, la maison, qui est de bois, а onze ans de plus, ou onze de moins de solidité. Voilà, mon ami, ce que c’est que l’âge: chaque lustre a sa folie; nous allons peut-être la voir devenue une dépensière.
Poltava, 15 juillet 1804.
Connaissant tout l'intérôt que vous avez la bonté, mon cher ami, de prendre à tout ce qui peut me regarder et surtout celui qui а rapport à mon service actuel, c'est remplir mon devoir que de vous communiquer les copies des ordres de Sa Majesté Impériale et les communications du ministre de l'intérieur au sujet de la publication des oukases par le clergé, et au sujet de l'arpentage da la Petite-Russie, avec la copie de mes rapports et de mes réponses et des dispositions que j'ai faites et que je compte faire. Sans métendre sur tout ce que je sens de reconnaissance pour la bonté des expressions et pour la confiance et la distinction qui vient de m'être accordée, je vous dirai que je suis tout heureux et tout content de voir la flatteuse position où je me trouve par mon service. Mes réponses vous prouveront, mon ami, tout ce que mon cœur sent et tout le zèle que je vais employer pour l’exécution des nouveaux ordres de mon gracieux Maitre.
Je suis on ne peut pas plus étonné que l'économe de Kotchoubey
384 HHOBMA КНЯЗЯ ane ee |
пе lui ait pas parlé du séjour que j'ai fait à Dikanka. Уопз 16 savez, mon ami, il me semble que je vous en ai écrit, La lettre que ls Comte m'écrit à ce sujet et ma réponse que je vous communique confidentiellement vous prouveront qu'il ne l'ignoreplus. Jesuis charmé de lui faire plaisir en venant habiter Dikanka, mais je vous avoue que, par le plaisir que je me donne Фу aller respirer l'air et me remettre un peu des зесса{оте ennuyeux d'ici, je ne mérite aucm remerciment; tout cela soit dit entre nous, surtout la communica= tion de sa lettre et de ma réponse. А vue de pays, il me semble qu'il veut être tout-à-fait ignoré que c'est de за part que vient communication du don gratuit de la noblesse d'ici. Moi, de mon côté, je désirerais qu'il ignore que j'ai confié à un autre qu'à lui mes idées sur l'impossibilité de faire ce qu'il а montré désirer.
Personne plus que moi n'a à regretter la maison que j'ai bâtie à Pavlovsky. Vous savez toutes les circonstances qui regardentle temps que je m'en occupais, et les effets de la malveillance да ргеmier occupant, qui était Rostoptchine.
D'après un ancien ordre de feu l'Impératrice, il est, commevous savez, mon ami, du devoir de chaque chef de communiquer “au Sénat la copie des oukases que les chefs de gouvernements ou de départements reçoivent. Je ne sais pourquoi, mais je m'arréte à envoyer celui que je viens de recevoir au sujet de l'arpentagente la Petite-Russie. Par l'amitié que vous me témoignez, c'est toujours à vous que je m'adresse, mon cher ami, toutes fois que je metrouve. embarrussé. Faites-moi le plaisir de savoir du comte Kotehouley, ce que je dois faire. Si la communication est nécessaire, jé vous déemanderai la complaisance de faire porter au Sénat lepaquetque je joins ici. S'il trouve que cela ne doit pas être fait, parceque cette commission ne doit pas être publiée avant que le travaildu projet ne soit achevé, ayez la bonté de me le renvoyer. Enwous. demandant pardon, mon ami, de la peine que je vous donne, je vous prie d'agréer toute ma reconnaissance pour la bontéaree laquelle vous recevez mes prières.
Dé
Romny, 24 juillet 1804.
Ce n'est que pour vous dire le bonjour, mon ami, et vous donner de bonnes nouvelles de ma santé, que je prends la plume en mains aujourd'hui. Les grands embarras que j'ai pour organiser la foire d'ici, transportée d'après ma représentation hors de la ville, me prennent tellement mon temps, que je n'ai pas un moment à moi. Actuellement, je reviens d'une assemblée de 300 marchands où j'ai été obligé de rester plus de cinq heures; demain, la même histoire avec les propriétaires des places destinées pour les boutiques. Si les peines que je me donne réussissent et nous amènent au but que je me propose, je ne regretterai pas l'ennui que j'éprouve dans tout cela; sinon j'aurais mieux aimé les employer à autre chose.
Tchernigov, 6 août 1804.
Tout ce qu'il est possible en remereiments et en reconnaissance, mon cher ami, pour la bonté et la protection que vous m'avez accordée dans ma nomination actuelle au Conseil, je vous l'offre ici, et vous prie de le recevoir comme le sentiment le plus pur et le plus vrai qu'un cœur peut avoir, Le grade de chambellan que Boris vient de recevoir, c'est encore à vous que je le dois, Je suis à votre col, mon ami, pour vous en remercier, et, si j'ai quelque chose à regretter, c’est que je ne puis le faire en réalité et que la distance qui nous sépare me prive de la satisfaction de vous l'exprimer de bouche. Je ne vous cacherai pas que je suis parfaitement content: cette marque de bienveillance de l'Empereur et cette preuve de sa satisfaction de mon service actuel complète cellé que mon cœur aurait à éprouver. Vous savez combien je soubaîtais cette réintégration et combien je la trouvais indispensable pour ma situation dans le service; il vous sera facile de vous représenter mon contentement, et surtout ma reconnaissance pour tout се que vous avez fait pour faire réussir la chose.
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le nom de domestiques de М. Resenkampf. La médecine que j'avais dans le corps et ma toux ne m'ont pas permis de lui faire visite aux quartiers où il s'est arrété; mais il a eu l'attention, apprenant que j'étais en ville et indisposé, de venir me voir. Quand vous le verrez, mon ami, ayez la bonté de l'en remercier, sans lui faire apercevoir que c'est moi qui Га? nourri: il ne doit pas se douter que le général-gouverneur а fait quelques préparatifs.
Poltava, 9 septembre 1804.
Après un voyage de plus de 2.200 verstes, 3.000 roubles de dépenses et sept semaines de fatigues sans relâche, me voilà enfin de retour à Poltava. Je ne vous cacherai pas, mon ami, que j'en suis on ne peut pas plus content et que j'attendais ce moment avec bien de l'impatience. Je serais bien plus content encore si le temps de l'absence n'avait pas accumulé une quantité de papiers qui me demanderont 15 jours de travail continuel pour me mettre en ordre. Cette perspective ne me réjouit pas du tout; aussi, n'est-elle pas à se réjouir, puisque ce sont ou des affaires de procès, ou des représentations sur des ordres donnés qui prouvent d'un côté peu d'entendement et beaucoup de mauvaise volonté, et de l'autre la fâcheuse persuasion que l’entétement et le manque d'activité sont се que Гоп rencontre le plus souvent.
L'arrivée de M. Kologrivoff, qui va faire des manœuvres avec trois régiments de son inspection et qui campe près de Poltava et nommément, d'après mon arrangement, sur le champ de bataille, d'après се que j'ai à faire pour mon particulier, me fait regretter lé temps que j'aurai à employer avec eux. Pour le public d'ici, j'en suis charmé.
La nouvelle que vous me donnez de la prolongation de votre séjour à Pétersbourg m'a fait le plus grand plaisir: je vous y trouverai donc. D'après ce que l'Empereur vous а dit et après toutes les distinctions et preuves de bienveillance que vous ne cessez de recevoir, | ше semble, mon ami, qu'il n'y а plus à dire non, et quelé printemps se passera sans que vous quittiez les bords de la
Néva. Je vous demande pardon, mais j'en suis aux anges, её ]е serai toujours dans le plus parfait contentement toutes fois que je vous verrai hors de la vie béate d’un campagnard, qui пе vous convient sous aucun rapport.
La Divoff est done de retour. Vous avez fait une charité pour elle en l'engageant à aller à Moscou. L'irrégularité de sa conduite à Paris lui rapporte ce qu'elle mérite; selon moi, elle mériterait. encore davantage, car, à bien compter, c’est la troisième incartade de ce genre qu'elle fait en sa vie. Si vous voulez vous rappeler dé ses histoires à Stockholm et à Berlin, et tout cela dans des temps où les relations politiques n'étaient pas dans la meilleure situation, oh! quelle sotte conduite! Elle а l'air d'être dans l'opposition et, pour l'en déshabituer, une bonne leçon ne serait pas de trop.
Aujourd'hui, mon ami, vous êtes occupé du service funèbre d'usage pour le repos de l'âme de feu l'Empereur; je l'ai fait dans mon cœur avec tous les sentiments de la reconnaissance que j'ai et que Гоп doit avoir pour son bienfaiteur,
Poltava, 13 septembre 1804.
En place de projets de passer la journée d'aujourd'hui, quivest le jour de naissance de Boris, dans la plus grande satisfaction, Гай été réveillé par la nouvelle la plus affreuse et qui m'a plongé dans la plus forte douleur.
Mon Simonof, que vous connaissez, par amour, s'est 6г0]6 а cervelle cette nuit. Je ne saurais vous exprimer, шоп ami. Cons bien j'en suis affecté et combien je le regrette. Outre les qualités de l'âme de се jeune homme et son attachement prononcé pourmot, ses moyens, ses talents et son application, me rendent за pertéhien difficile à réparer: je le pleure comme un parent et comme"untmi La copie de la note qu'il а laissée et que je vous communique; mon ami, vous prouvera de quelles qualités le jeune homme était doué et combien j'ai lieu de le regretter. Mon âme est tellement @6гаиgée, que, de toutes les affaires que j'avais à expédier раг [а роз d'aujourd'hui, il m'a été impossible d'écrire autre chose quemom
rapport à l'Empereur et ma réponse à Sa Majesté l'Impératrice- Mère au sujet de la bague qu'Elle a eu la bonté d'envoyer à Mme Jacquet.
Pardonnez-moi, mon ami, si je ne vous dis rien de plus aujourd'hui, je vous jure que cela m'est impossible. À combien d'épreuves l'homme est en butte!
Poltava, 16 septembre 1804.
Le bal que j'avais hier était superbe par le monde qui s'y est assemblé et par la manière dont tous étaient en train, J'ai donné un diner de 120 couverts. Kologrivoff avec les chefs des régiments et les commandants d’escadrons yÿ a été. Le bal, de plus de 400 personnes, а duré jusqu'à 4 heures du matin. Un feu d'artifice, qui était assez bien, et 6.000 lampions pour illuminer le jardin, avec du vin et de la musique pour le peuple, ont animé les convives au point que tout le monde m'a paru être gai et content. Aujourd'hui, je fais un diner militaire chez un seigneur d'ici, et, demain, chez un des chefs de régiment, qui sera le diner de congé pour l'inspecteur. On dit que Kologrivoff veut montrer aux habitants de la ville une espèce de manœuvre de trois régiments de cavalerie, et que cela sera la clôture de son occupation ici.
Le temps pluvieux depuis le moment de son arrivée et une boue affreuse lui ont fait tout plein d'empêchements; il а même été obligé de me demander des quartiers pour les régiments qui devaient camper, et, au plus grand regret de tout cela, je n’en suis pas moins fâché moi-même, puisqu'étant obligé de sacrifier mon temps pour eux, j'aurais voulu avoir la récompense de jouir de la vue des exercices et des fêtes que les militaires auraient certainement données pour les habitants d'ici.
Il me semble que nous sommes mutuellement contents l'un de l'autre.
Poltava, 20 septembre 1804.
de suis enfin parvenu à finir mon rapport au sujet de l'inspec- Чоп дие je viens d'achever dans l'intérieur des gouvernements qui
me sont confiés; je l'envoie au ministre par la poste d'aujourd'hui, et j'en joins ici une copie pour vous, mon ami, me trouvant dans l'obligation, par l'intérêt que vous mettez à tout ce qui me regarde, de vous faire part de tout ce qui peut me regarder, Il ne зега раз peut-être aussi agréable que le précédent, surtout à cause du és timent écroulé, mais que faire? puisqu'il est tombé sans faire de mal à personne, je vois cela comme un avertissement favorable pour ne pas risquer à garder un édifice qui, par sa vétusté et les défauts de sa bâtisse, tôt où tard devait crouler,
D'après le nouvel arrangement que vous avez fait sur le temps de votre séjour à Pétersbourg et d'après mon projet de m'alisenter d'ici pour quatre mois, je demande vos ordres, mon ami, at sujet de vos musiciens: où dois-je les faire partir? Il me semble que, n'allant pas à Nadéjdino, leur transport sera une dépensé de trop.
Les manœuvres d'ici sont finies, et Kologrivolf est parti avant-hier. Poltava, malgré le temps pluvieux et bien mauvais, malgré la grande boue dans les rues, а été très brillante и, что называется, для пре фзжихъ не ударила лицомъ въ грязь. Je crois que М. Kologri vof, soit dit entre nous deux, а été bien plus content de nous autres que de ses régiments: à le dire à l'oreille, ils ont exercé abominablement. à
Vous avez bien raison, mon ami, de dire que la beauté deux terre de Zavadovsky vous forcera à trouver encore davantage que, dans la situation dans laquelle il se trouve actuellement, Й е5% étonnant comment il ne s’ÿ trouve pas. Lalitchi est. beau,-grantb et inimitable sous beaucoup de rapports; la nature у a été plus que généreuse, et la dépense que le propriétaire y а faite pourles hé timents est énorme: sa maison a toute la façade de la Banque das signats à Pétersbourg, avec cette augmentation qu'elle estMplis grande de deux croisées, c’est-à-dire de plus de 6 101565.
Poltava, 23 seprembre 1804.
Le temps bruyant de Poltava ayant passé, je commence à m'oceuper de l'affaire de l'arpentage; mes conseillers sont auprès de moi, et, dans huit jours, nous allons nous mettre sérieusement à l'ouvrage, Mon intention était de me transporter avec eux tous à Dikanka, où, éloigné de toutes les tracasseries d’affaires minutieuses, j'aurais pu avec plus de suite m'occuper de cette grande commission, qui, par son importance, m'eflraie dans son propre commencement; mais je crois que j'aurai de la peine à effectuer ce projet par la gêne que ces MM. auront pour leur translocation. Au reste, je verrai et je tâcherai de le faire, parce que je le désire moimême, et que vous, mon ami, qui ne voulez jamais que mon bien, me conseillez de le faire.
Ma conclusion sur le don gratuit de la noblesse d'ici, par le fait, sera, je crois, confirmée. Je connais déjà plusieurs districts qui veulent se défaire de la promesse qu'ils ont donnée pour les 600.000 г. Le maréchal Storojenko promettant toujours et n'effectuant jamais rien, moyen qu'employait Bezborodko et qui est la base de la conduite de tous les Ukrainiens, m'a dit eus jours-ci qu'il allait tâcher de terminer l'arrongement projeté par moi il y a deux ans, ne pouvant espérer de faire quelque chose de plus.
Le maréchal d'ici, Kotchoubey, va faire une assemblée générale pour mieux réussir. J'y ai consenti pour pouvoir l'aider moi-même, ét, en même temps, intérieurement tous les deux nous sommes convaincus de la difficulté que nous éprouverons. Nous tâcherons d'avoir 500.000 r., mais nous n'espérons pas même de réussir pour 300.000. Au reste, les moyens que le désir d'avoir du succès nous fera employer auront peut-être leur effet.
Votre réflexion, mon ami, sur la possibilité aux nobles d'ici de se défaire des procès désagréables qu'ils ont avec leurs paysans en suivant le mode établi par Roumiantseff, est excellente pour toute autre province; mais la Petite-Ru:
gent où elle est et restera toujours jusqu intérieur et la possibilité du transport des denrées par eau ne soient
, par la pénurie Фаг-
à ce que le commerce
bénir tant qu'il plaira au Bon Dieu de со En m'arrétant dans la tournée d'inspecti les principaux propriétaires, j'avais dans l'idi désir de me rapprocher davantage avec eux.
je suis content de l'avoir fait.
Vous vous trompez, mon ami, en croyant klachevsky ne doit pas attirer l'attention du voy: joli bâtiment et un local très agréable. Le plan et il l'a bâti pendant qu'il était gouverneur ici; trois étages avec colonnades et un très beau рб
Les nouveaux bâtiments et surtout les me établissement de Soudienko sont très beaux. C différents distants l'un de l'autre de 25 à 30 ven pareils établissements. A la remarque que je lui : à votre raisonnement sur leur inutilité et la diffic tenir, il m'a fait la réponse qui le caractérise, en n'aimant point à aller chez les autres, il a fait. sements pour avoir des buts de voyage, et il se, c'est des visites qu'il fait et des voisins qu'il va d'autant plus content qu'ils ne le contredisent pas:
Le voyageur qui a communiqué à Kotchoubey sur la mes gouverneurs dans leurs fonctions а, je crois, | forcé à cet arrangement par le peu d'expérience de с nigov et par des mauvais principes et souvent d tions de la part de celui de Poltava. Le désir de premier me rend assez tranquille sur l'exécution deu la lenteur systématique pour contrevenir mes proje de celui d'ici m'a forcé à prendre sur moi tout ce Je suis encore assez content de moi de suffire:
à faire, mais je vous avoue que j'ignore comment cela se fait. Mon espérance est que je trouverai le moyen d'avoir de meilleurs aïdes. Je ne demande que des exécuteurs, avec une possibilité de combiner un peu pour prévenir des questions qui ne doivent pas être faites sitôt que le sens commun nous accompagne. Cette communication du comte Kotchoubey m'a fait le même plaisir qu'à vous, je vous l'avoue. Mes peines et les soins que j'ai à remplir mon devoir sont donc connus et percent malgré mes ennemis, qui ont toujours cherché à me dénigrer dans l'esprit public.
En vous parlant ainsi, mon ami, vous me le pardonnerez, mais c'est avec vous et pour vous seul que je l'ai dit, sans quoi, j'aurais l'air de me donner les violons sans modestie.
Poltava, 4 octobre 1804.
А cause d'un зигсгой d'affaires qui m'est venu au moment où je ne m'attendais point et qu'absolument je devais expédier par la poste d'aujourd'hui, je me trouve dans l'impossibilité, mon ami, de répondre à aucune de vos lettres, malgré que, depuis 6 heures du matin jusqu'à ce moment qu'il est quatre heures de l'aprèsdiner, je n'ai pas quitté mon bureau. Cette monstrueuse situation où je me trouve assez souvent sera mon avocat auprès de vous, j'espère, pour que vous me pardonniez mon inexactitude dans ma correspondance d'aujourd'hui.
Hier, je suis revenu de Dikanka. J'y ai passé mon temps on пе peut pas mieux: j'avais tous les miens avec moi; j'ai fini ce que je me suis proposé de faire au sujet de l’arpentage; j'ai parlé écomomie et j'ai été heureux; quand viendra donc le temps où je n'en serai pas distrait? Pour profiter du beau temps, j'ai fait le trajet d'ici à Папка avec ma chasse et je suis revenu de même; au lieu de me fatiguer, cela m'a fait du bien, parce que j'avais besoin
ne sais pas si le ministre de l'intérieur peut souffrir de pareilles inconduites et peut les laisser impunies. Une indemnisation pour un chef inculpé à faux, pour arrêter cette peste qui force les шейleurs serviteurs de l'Empire à quitter le service, est, à mon avis, indispensable,
Par la connaissance que le comte Kotchoubey a de mon intimité avec vous, il ne | sera pas étonnant de savoir que je vous ai communiqué cette circonstance, d'autant plus qu'elle me regarde individuellement, et, par conséquent, il n'aura aucun droit de s'étonner si vous lui en parlez, mon ami. J'oserai vous en prier, vous exprimant d'avance toute la reconnaissance que mon cœur en éprouvera.
Poltava, 21 octobre 1804.
La découverte du torf [de la tourbe] et le moyen de son usage ont les meilleurs succès. Hier, j'ai essayé dans ma cheminée devant tout plein de monde que j'avais chez moi, celui qui a été trouvé à 80 verstes d'ici et que j'ai expressément fait venir, Une dizaine de briques ont duré plus de quatre heures et ont fait un feu qui, sans beaucoup de flamme, était bien plus ardent que celui du bois, et par conséquent faisant plus d'effet et étant d'un meilleur usage. Les paresseux pour combiner les avantages de cette nouvelle invention ont ouvert de grands yeux et ont été forcés de convenir que cela était une découverte bien avantageuse pour eux.
Poltava, 25 octobre 1804.
Ce que vous me dites, mon ami, du coupable vertige de notre siècle qui а conduit mon pauvre Simonoff au suicide n'est que trop vrai: outre la passion qu'il a eue pour une demoiselle d'ici, l'amourpropre déréglé a certainement été beaucoup dans cette terrible résolution. Cette passion ne se rapporte à aucune des personnes qui mappartiennent; c'est une demoiselle qui a été élevée dans la maison de Kotchoubey, maréchal du gouvernement d'ici, et qui est, soit dit entre nous, sa sœur du côté gauche. Elle a une for-
son que j'ovcupe et que le maréchal d'ici a l'amitié de me permettre d'occuper. Actuellement que ma femme est partie et que j'ai fait dans la nouvelle ville un bâtiment qui m'a coûté 6.000 г., je ne puis pas sortir de 150 г. de payements pour le loyer des appartements. Mes pauvres chevaux et mes équipages souffrent bien plus que moi par le manque de l'emplacement. Actuellement, j'y ai obvié, mais cela n'a pas été sans dépense à mes propres frais.
Si la tourbe trouvée à Batourine fait effet, quel est done celui que je dois attendre pour les découvertes faites aux environs de Poltava et dont je vous ai déjà parlé? je vous avoue que j'attends avec impatience la réponse que Гоп m'en fera.
Poltava, 8 novembre 1804.
Actuellement, je vais mettre la plume dans l'encre pour faire les projets d'instruction des deux arpentages d'ici, Par la mauvaise habitude que j'ai prise de ne rien faire que par moi-même, je n'ai pu ше contenter de ce qui a été écrit pour le canevas de ces instructions et je vais m'en occuper moi-même, Je veux en étre le porteur pour être aussi le défenseur de beaucoup d'articles qui paraitront peut-être inutiles parce qu'ils seront nouveaux, mais qui, d'après le local d'ici, sont selon moi indispensables. La raison pour laquelle vous semblez désirer, mon ami, que je m'en fasse précéder, ne doit plus m'être nécessaire: il me semble que j'ai assez fait et que j'ai assez prouvé mon zèle et mes soins à faire bien, pour mériter un accueil distingué,
Je ne prévois rien de bon au sujet du don gratuit à obtenir de la noblesse pour l'institut projeté ici. Les 600.000 г. dont je vous ai parlé, mon ami, est la première idée de cet établissement que J'ai eue au commencement de mon arrivée ici et que j'ai proposée avec le plan de l'éducation. Tous у ont consenti, mais quand il a Га рауег, ils se sont accrochés aux circonstances de l'année pasбе, où tous leurs paysans voulaient redevenir cosaques, et ont fait la condition du rétablissement de la tranquillité pour y coopérer Voilà ce que veut dire l'assurance que Storojenko en fait:
Poltava, 29 novembre 1804.
La manière dont le comte Kotchoubey veut donner la leçon à ce mauvais sujet de Krukovskoï est excellente, parce qu'elle ne lui fera pas de mal; celui qu'elle portera à sa réputation aux yeux du publie n'en sera pas un à ses yeux: sa manière de concevoir les choses ne lui permet pas d'en apprécier le prix. Pour ce qui regarde l'inquiétude, je voudrais que M. le Comte le persuade qu'aueuné plainte contre moi пе me donnera jamais aucune inquiétude; Те suis trop persuadé de la justice de mon Maitre et trop sûr de moi-même pour en avoir la moindre appréhension; mais je suis de l'avis que, pour le bien du service et pour l'indemnisation du chef qu'on inculpe, il faut absolument réprimer la licence de démarches aussi irrégulières. 7
Je suis on ne peut раз plus charmé des succès du cousin Jacquot. Son esprit et ses talents ne sont pas faits pour rester en inaction. Si réellement il est arrivé à Pétershourg dans l'intention de quitter le service, employez tous vos moyens, mon ami, pour l'en dissuader; vous rendrez un service à l'Etat, croyez-moi.
Comment voulez-vous que j'arrive pour le nouvel an? Je le voudrais bien, par la grande impatience que j'ai de vous embrasser, mon ami, mais le recrutement, le gymnase de Tchernigov à installer et l'instruction de l’arpentage sont trois objets d'une conséquence si majeure, que je ne puis songer à bouger d'ici avant de me voir arriver à leur fin. C’est cette instruction qui me donne le plus d'embarras. Croirez-vous que, de tout ce que j'ai eu à faire en ma vie et de toutes les difficultés que j'ai dû surmonter, aucune ne m'a donné tant de peines et d'embarras? il y a des moments où je me désespère. Aussi, quand elle sera achevée, et si, par hasard, j'ai le bonheur de réussir et de remplir les vues de mon Maître, personne ne sera plus heureux que moi: cela sera une forteresse que Гага? prise d'assaut. Dites cela de votre part au ministre. Честь велика, нотруда болЪе, нежели, Kaxerenmirh,ocmauTs я могу. Quand j'aurai fini cette instruction et que le bonheur de la Petite-Russie sur un point
par vous, mon ami, qu'il correspond avec moi au sujet de l'affaire des paysans de Kotchoubey, je me suis décidé à vous obérer par celle que je lui écris en réponse, et où je lui dis clairement qu'ayant communiqué au gouverneur Frensdorf le conseil qu'il me donnait pour ce qu'il fallait observer dans la révision de la conduite du propriétaire et de ses paysans, qu'il avait à en attendre les nouvelles et le résultat du gouverneur lui-même, puisque l'ordre officiel lui en était donné.
Vous en parlera-t-il, mon ami? je serais curieux de le savoir. Je vous avoue, entre nous soit dit, que je trouve cette demiconfiance de sa part très déplacée, et que cela ne répond pas à la loyauté de sa conduite en général.
Poltava, 20 décembre 1804.
Je n'ai donc pas longtemps joui de la consolante nouvelle que vous m'aviez donnée, mon ami, que Zlobine avec Perez ont levé la difficulté faite par Féodoroff au sujet du contrat des pêcheries au cas дие les instruments défendus soient remis en permission d'usage.
La déclaration qu'ils vous en ont faite, mon ami, et l'entétement qu'ils montrent à vous accorder quelque augmentation quelconque de plus des 142.000 г., pour vous borner à ne recevoir que 100.000 г. de revenu, me paraît devenir pour nous une affaire où nous ne pourrons que perdre et où la partie n'est plus égale, Ajoutant à cela la proposition du comte Kotchoubey d'acheter notre droit de pêcheries, à quoi il est revenu plusieurs fois, je crois pouvoir vous dire, en réponse à la question que vous m'en faites, que les instruments de балберочиыя ne seront pas permis, et que nous ne devons rien attendre de plus que les 100.000 r., revenu net.
Puisque vous voulez avoir mon avis, mon ami, sur la réponse à faire au cas que le ministère trouve nécessaire l'achat de notre droit, je crois qu'il est tout naturel de demander à la proposition faite l'année passée, c'est-à-dire aux 1.200.000 r., l'augmentation proportionnée avec l'augmentation du revenu, Nous avions alors, & се qu'il me semble, chacun 37.000 r.; ayant actuellement chacun
50.000 г., un million six cent cinquante mille roubles est la somme que Гоп devra payer.
Si cette proposition est accordée, mon ami, pour ce qui este ma part, je vous prierai de dire que, pour recevoir le payement en nature, je me soumets à tous les arrangements que l'on voudra faire, persuadé de la justice avec laquelle on les décidera. Mais ce à quoi, d'après les circonstances de mes affaires domestiques, je ne pourrai consentir de bonne volonté, c’est que 1) ma dette à la banque soit comprise dans le payement, parce que je la trouve avantageuse pour avoir le temps de liquider mes créanciers, et 2) de me voir borner à ne recevoir que le revenu en forme de pension, parce que, me désistant de mon droit, je me désiste de Гезpérance de jouir de toutes les augmentations que nous ayons à attendre par le temps et qui ne pourront certainement pas manquer,
Cette possibilité d'arrangement, par la perspective qu'elle offre de пе plus être en inquiétude sur le sort de cette propriété её фе ne plus dépendre des fermiers et de la malveillance du prince Ténicheff, me la fait voir sous un aspect très avantageux pour moi, Pour possible, il me semble qu'elle l'est, parce que votre proposition de l’année passée а été remise sur l'eau sans que уоиз еп ayez eu la moindre idée, et que, le revenu à recevoir et que lon achètera étant augmenté du quart, le payement du capital doit l'être en proportion.
Je пе suis pas encore assez avancé avec l'instruction 4е Гагpentage spécial pour pouvoir fixer le terme de mon départ d'ici; j'y travaille à toute force, au point d'en être méme malade. Hier, depuis 8 heures du matin, je n'ai quitté mon bureau чи’ 5 de l'après-diner, et je n'ai pu diner qu'à 6 heures; tout [@ зо её toute la nuit, j'en ai beaucoup souffert. Des deux conseillers.qui travaillent actuellement avec moi, celui qui, avec l'âge de 60 &п$, a l'habitude de diner à midi, а eu une espèce de défaillance; jai été obligé de le soutenir avec un verre de vin et une espèce de. déjeuner; je crois réellement qu'il en serait mort sans celaÿ nous er avons beaucoup ri, parce qu'avec ce moyen, il а recouvertses, forces et notre travail a fini gaiement. J'aurai, je crois, & уце de
pays, 7 ou 8 séances pareilles, que je ne puis fixer d'avance, parce qu'elles dépendent du succès dans le travail que ces messieurs ont à faire chez eux d'après les notes et les remarques que je leur donne.
Si le testament du vieux Démidoff ne parle en faveur de Pierre Démidoff que pour son bien meuble, il a fait un bien grand changement dans ce qu'il voulait faire. Sa dernière passion а, dit-on, fait une furieuse brèche au crédit de la Démidoff Katérina Aleх@еупа.
Poltava, 27 décembre 1804.
J'ai tellement travaillé tous ces jours à l'instruction de l'arpentage, que je crois pouvoir la porter à sa fin pour le nouvel an, И ne me restera que les доклады, qui, malgré qu'ils demanderont du soin, pourront, je crois, être finis pour le jour des Rois. Je ne m'en inquiète pas, parce que je les écrirai moi-même, et que je sais toujours trouver le temps dans la journée ou dans la nuit quand la chose le demande. Sapanbe говорить не хорошо, но кажется, что лицомъ въ грязь не ударю. Je suis moi-même étonné comment j'ai pu parvenir à me familiariser avec le statut qui fait la loi d'ici.
Que tout cela, mon ami, soit dit entre nous, je vous en supplie, pas même à Novossiltseff, qui, par l'intérét qu'il prend à Alexéïeff et Trochtchinsky, ne doit pas voir de bon œil la marche que leur travail а prise. J'ai déjà des nouvelles que ce dernier est mécontent de moi de ce que je ne me suis pas opposé à la nouvelle instruction, parce que je devais trouver parfaite celle qu'il a faite, et qui, par parenthèse, est remplie d'erreurs et de contradictions avec les droits d'ici.
Poltava, 10 janvier 1805.
l'assemblée de la noblesse а fait ce que nous avons voulu | ауес le maréchal pour la formation de la somme de | 600.000 г.. Elle а été plus loin envers ma personne: la copie de ce que le maréchal est venu me dire de la part de tous
ceux qui se trouvaient dans l'assemblée vous prouvera, mon ami, combien ils ont cherché à réparer le chagrin qu'ils m'ont causé il y a de cela un an, et combien je dois leur être reconnaissant,
Tchernigov, 18 janvier 1805.
Hier, j'ai fait ici l'inauguration du gymnase avec tous les usages et cérémonies usitées et au parfait contentement de tout le public, j'en fais aujourd'hui mon rapport à l'Empereur et je le communique au ministre de l'instruction. J'espère qu'on voudra bien se rappeler que c'est ma maison que j'ai employée à cela, que, sans cet аггавgement de ma part, il se serait passé bien des années avant quil füt possible d'y songer, et que cette complaisance me met dansla situation désagréable de ne pouvoir loger que dans des bariques: Zavadovsky s'en rappellera-t-il? ayez la complaisance de meledire et, si vous en trouvez l'occasion, de le lui rappeler,
Les succès du maréchal de la noblesse de Poltaya ont tellement aiguillonné celui de Tchernigovy qu'il s'est mis à presser. Vafaire, dont je l'ai trouvé occupé, et il travaille jour et nuit pour se mettre au moins de niveau avec les Poltaviens. Difficilement il y réussira, parce que, n'ayant arrangé qu'une assemblée de maréchaux, Й №1 sera impossible de faire des changements à ce qui а été arrété dans les districts, П faut voir ce que tout cela produira Нуа trois districts qui, jusqu'à présent, n'ont donné aucuné гбропзе; И l'attend demain et est duns les plus grandes angoisses que jeune parte avant qu'il n'ait fini. П ne sait encore rien de la distinetion que la noblesse de Poltava m'a faite; la communication фи maréchul de Poltava ne lui est pas encore parvenue, et moi, ainsi quetons. ceux qui sont de ma suite, n'en souflle pas le mot; je l'afdéfenite exprès pour n'avoir pas l'air de le désirer: c'est agréable, “quan cela arrive sans être influencé; autrement, je n'en уеих раз, et les diamants me seraient désagréables. N'étes-vous раз 49 mon avis? й
Les nouvelles que vous me donnez, mon ami, de votre gone et de l'altercation que vous avez eue au Sénat aveclé ministre de,
l'intérieur m'ont fait la plus grande peine. Prenant une part sincère à tout ce qui vous regarde, je ne puis entendre qu'avec douleur les nouvelles de vos souffrances: quoiqu'on nous donne cette maladie de goutte pour signe de soulagement que la nature veut bien employer en notre faveur, les souffrances qu'elle fait éprouver ne peuvent être vues avec sang-froid.
Je regrette beaucoup la possibilité dans laquelle vous vous êtes trouvé pour avoir l'altercation dont vous me parlez, parce que l'objet était votre propriété et que, certainement, vous n'avez pas été de sang-froid dans la conversation que vous avez eue. Ce qui vient de vous arriver au 1-er département est une nouvelle preuve, mon ami, du peu de persuasion où Гоп doit étre sur la bonne disposition des individus avec qui Гоп se trouve tous les jours et à qui on а eu l'occasion de faire du bien, et confirme avec certitude la sagesse de votre disposition à faire porter au plenum la révision des plaintes et des représentations que le Sénat doit recevoir au sujet des балберочныя, pourvu que vous puissiez y réussir, се dont je doute. Accoutumé à vous parler avec franchise, je ne vous tairai pas, mon ami, mon idée que vous auriez mieux fait de ne pas paraître au Sénat pour la discussion de l'affaire de nos pécheries, et, si vous l'avez fait d'après l'avis du prince Lopoukhine, je crois qu'il n’a pas été franc dans la réponse qu'il vous а faite.
Lu visite du ministre de l'intérieur après votre altercation devrait donner quelqu'espérance sur le retour de ses dispositions en notre faveur, si cela était possible, mais il me semble que cet article des pêcheries est de nature à ne pas le permettre.
En ruminant sur tout cela, mon ami, sur ce que le gouverneur vient de faire en nommant „шег“ ce qui n'est que fleuve, et sur tout се qui nous reste à attendre d’après toutes ses dispositions indiiduelles, la vente est се qu'il у aurait de mieux à attendre. Si оп vous offre 1.200.000 r., les deux millions ou bien 1.800.000 г. seront, je crois, accordés: puisque le gouvernement trouve de avantage à vous offrir plus d'un million, un demi-million ne l'arrêtera pas, d'autant plus que nous n'avons pas l'air de vouloir mourir bientôt.
Recevez mes remerciments, mon ami, pour la note détaillée de notre revenu de cette année pour les pécheries. Je vais diriger l'emploi que j'ai à en faire en ne comptant que 150.000 г, de ferme de la part de Zlobine.
Moscou, 6 février 1805.
Moscou a perdu hier trois individus de notre connaissance: le prince Dolgorouky Alexandre Alexandroviteh, ci-devant sénateur, est mort de fièvre chaude; Р. D. Yéropkine et А. G. Solovoï d'apoplexie; ce dernier accident а donné beaucoup d'inquiétude aux vieux.
J'ai été chez le comte Orloff; j'ai vu Nina, et je les aitrouvés tous deux bien portants. Mon intention était d'aller hier à leur bal, mais je n'ai pu le faire à cause d'un malaise qui m'a forcé de rester à la maison l'après-diner et la soirée. Je me sens mieux aujourd’hui et je vais diner chez Békléchoff, Ne croyez pourtant pas, mon ami, que j'en resterai là avec mes visites chez le père de Nina; j'irai cette semaine encore très certainement, et très certainement au bal du dimanche qui vient,
Moscou, 8 février 1805.
Le silence que le comte Kotchoubey garde envers vous sur ma correspondance avec lui au sujet de son frère et sur mes succès à avoir de la noblesse de Poltava et Tchernigov un don gratuit aussi considérable, m'étonnerait beaucoup, si je ne le connaissais pas rancuneux, et ceci est une preuve de celle [la rancune] qu'il garde envers vous pour l'histoire que vous avez eue avec lui au Sénat.
Mous aviez bien raison, mon ami, de dire qu'il faudrait songer à l'éducation des demoiselles petites-russiennes. C'était ma première idée, mais j'ai été arrété par l'idée que cela ne devienne après moi un nid d'intrigues scandaleuses pour les chefs de gouvernements, au cas que ce lot ne tombe sur des gens sans moralité, comme nous en voyons tant; ne serez-vous pas de mon avis, mon ami?
examen privé qu'elles avaient devant le MM. [membres] du comité; j'ai 616 parf Quand je vous dirai mon étonnement des depuis deux ans dans tout ce qu’on leur app de trop: le succès de cet établissement est con | outre, sont toutes très jolies, de bonne tenue c'est un assemblage des plus heureuses physio d'avance de la satisfaction que Sa Majesté Elle sera à même de les voir.
Je m'empresse de vous annoncer, mon ami, que 1 chez l'Empereur a été très flatteuse pour moi. Je : la cour à la maison pour débrouiller mes papiers pour la conférence de demain chez le ministre de li
Si je sors de chez moi, cela sera vers les 7 В quelques visites et aller chez Vassilieff, si vous у 6
J'ai été chez Trochtchinsky; il est décidé à nous sout qu'il ne reste раз soul, La vente, il Гарргопуе, mais” dernière ressource, et trouve que, malgré le payem millions que l'on devrait faire, cela sera toujours « la propriété, et que ce capital si majeur ne co revenu que nous recevons et celui que nous devoi
Kourakino, 8 juin 1805,
Le séjour que j'ai fait à Kourakino m'a donné certainement les jouissances les plus agréables. Outre la satisfaction de me voir dans une propriété qui me donne un revenu aussi grand, et où j'ai tant travaillé et dépensé pour l'embellir, le plaisir d'être avec tous les miens complète tout-à-fait mon bonheur, et je vous avoue que c'est avec bien du regret que je quitte cette manière de vivre,
Le peu de temps que je suis resté ici ne m'a donné que le moyen de jouir de mes champs, qui, par la mesure que je fais prendre pour les engrais, les distingue de tous les champs du canton, de mes bâtiments, qui commencent à prendre le caractère de l'ensemble que je leur ai destiné, et de mes jardins et de mon établissement rural d'après les avis de Schubart, qui n'aurait pas honte de se trouver auprès de la capitale.
Je vous remercie beaucoup, mon ami, du désir que vous avez eu d'avoir la copie de mon nouveau portrait. La ressemblance dans laquelle le peintre а si bien réussi ne vous donnera-t-elle pas l'idée de faire le vôtre? celui qui est fait en dernier lieu fait honte à la peinture, et je regrette beaucoup la dépense que vous y avez mise.
Moscou, 12 juin 1805.
I озу а pas à s'abuser, mon ami, sur l'état de la santé de notre bon frère Etienne: elle est des plus affligeantes, et il est dans la situation de ne plus la recouvrer, Tout le bien qu'il peut avoir, c'est de souffrir moins, et c'est ce à quoi les médecins travaillent actusllement sans avoir encore beaucoup de succès. L'hydropisie est le mal que vous lui connaissez; joignez à cela des humeurs goutteuses scorbutiques qui se sont mises en mouvement et qui détériorent son existence et abiment le peu de forces qui lui restent.
Vous avez su que Гепйиге du corps, qui commençait à occuper déjà les reins, et l'oppression de la poitrine, ont diminué par les différents abcès qu'il а reçus aux pieds et principalement aux gras de jambes, et que par conséquent il commençait à se sentir un
410 ПИСЬМА КНЯЗЯ АЛЕКСТЯ БОРИСОВИЧА KYPARHHA.
peu mieux; mais ce mieux, mon ami, ayant découvert toutesiles âcretés de ses sucs а fait connaitre le danger de sa situation: les plaies que ses abeès ont faites et d'où l'eau suinte continuellement, ne font plus qu'une plaie qui embrasse ‘tout le pied фазу 18 cheville, et cela par l'âcreté des humeurs qui rongent tout са qu’elles rencontrent. Les douleurs qu'il éprouve et l'impossibilité qu'il a de se coucher altèrent toutes ses facultés; il serait impossible à un étranger de le voir sans partager ses douleurs. Ш sent son mal, sent sa fin, mais а le courage de ne pas le montrer. Souvent on le trouve pleurant, s'il а l'occasion de rester sans ва femme; elle rentrée, il prend un air tranquille et renvoie son émotion aux douleurs qu'il éprouve. Sans pouvoir absolument se tenir sur ses pieds, les plaies des gras de jambes lui ôtent tout: à-fait le moyen de se coucher, et voilà un mois qu'il est assis dans un fauteuil. Quel état, mon ami, et à quoi l'homme wlestail pas soumis!
L'espérance des médecins actuellement se borne à voir venir de nouvelles plaies sur le cou de pied qui pourront permettre [а guérisou de celles qu'il а aux gras de jambes, pour lui voir la pos sibilité de se coucher, mais en même temps je ne vous cacheral pas qu'ils ont la crainte de la gangraine; en un mot, monami, nous devons nous dire avec cette douleur qui caractérise le sen timent d'attachement et d'amour fraternel, que, si nous le сопзегvons, cela sera dans cette situation d'impotence où il se trouve actuellement,
Outre ses douleurs physiques, je ne me tromperai раз, monami, si je vous dis que celles de l'âme font un grand effet sur lui; Па beau chercher à les cacher, elles percent toujours.
Par l'état où il se trouve, il m'a parlé les larmes aux yeux de son désir que les personnes qui ont servi sous ses ordres & № bâtisse du couvent de Voskressensky recoivent les gratifications qu'il a demandées pour eux. Employez-vous, шоп ami, à сейа; faudra en parler au comte Kotchoubey et au prince Golitsine” pro cureur du Synode. Je vous envoie la note de sa présentation} М. Регой est celui auquel il s'intéresse le plus, D'après lemous
1805 r. ait
vement de votre cœur, dans l'état dans lequel notre bon frère se trouve, serait-il possible que vous ne réussissiez pas?
Je suis resté ici deux jours de plus que je ne voulais pour le malade, J'aurais voulu pouvoir le faire davantage, mais je suis obligé de m'arracher d'ici, parce que le temps où je dois arriver à Tchernigoy approche.
Kourakino, 20 juin 1805.
Voici ma lettre d'affaires qui regarde l’arpentage de la Petite- Russie au nom du prince Lopoukhine, que je lui écris, et que je recommande à votre protection, mon ami. Le peu d'intérêt qu'il me semble mettre à cette affaire me fait appréhender qu'il n'oublie de présenter à Sa Majesté mon докладъ, qui demande des décisions sans lesquellesles embarras que je prévais ne sauraient étre levés. Je m'intéresse à cette opération par le devoir de tout homme occupant une place dans la société de soulager l'opprimé et de rendre au pauvre ce que le riche lui a extorqué.
Néjine, 18 juillet 1805.
Malheureusement, j'ai été le prophète de la perte que nous venons de faire, mon ami; Mikhaïla Ivanoff me Га annoncée par une lettre de sa part, En pleurant un bien bon frère et un ami qui, dans plusieurs occasions, m'a prouvé la vérité de ses sentiments, je pleurerai dans cette perte un parfaitement honnête homme et un caractère dont la droiture devrait servir d'exemple à un chacun. Connaissant combien vous lui étiez attaché, je connais la douleur et les regrets que cette perte vous a occasionnés
Demain, je serai déjà à la foire. Les affaires de cet endroit exigeront que j'y fasse une station de huit jours, après quoi je m'acheminerai directement vers Poltava, où j'attendrai Zavadovsky, qui doit y venir en allant à Kharkov: c'est un arrangement que nous avons fait avec lui à Tchernigov où il a passé deux jours avec moi. Па été content du gymnase et des professeurs, et beaucoup des soins que j'ai de tout ce qui regarde son département; mes
Poltava, 29 août 1805.
J'ai eu ces jours-ci la visite de M. Trochtchinsky; il est venu à Poltava et a passé toute la journée du 26, qui était le jour de nom de ma femme. Je lui suis d'autant plus reconnaissant de cette visite, qu'il a fait un détour de plus de 100 verstes et par un chemin qui était bien peu commode, à cause des pluies continuelles que nous avons toujours eues. Les soins que j'ai donnés à Раггапgement de la ville l'ont étonné par le nouvel aspect qu'elle à actuellement: l'ayant vue auparavant, il ne s'est pas retrouvé en у arrivant, Les établissements d'hospitalité, la maison d'éducation, le boulevard, les bâtiments de briques non cuites, le jardin de la ville et les trottoirs dans les autres rues, l'ont enchanté; il n’a pas tari en louanges et a quitté Poltava, content de l'idée qu'il a eue d'insister que je dirige la Petite- Russie. J'espère qu'il sera aussi satisfait du reste de son voyage dans les deux gouvernements qui me sont confiés. И m'a quitté pour aller à sa terre qui n'est qu'à 150 verstes d'ici; de là, il passera à Kiev et reviendra à Pétersbourg par Tchernigov te la Russie Blanche.
A tout plein d'obligations que j'ai eu de tout temps à М. Trochtchinsky, je lui ai encore celle d’avoir mis à la raison le gouverneur, Celui-ci étant venu lui porter ses plaintes, il lui a expliqué les irrégularités de sa conduite, le peu de caleul qu'il avait à vouloir soutenir celle qu'il avait entreprise, apparemment par des conseils de gens qui ne lui portaient certainement aucun intérêt et qui n'avaient que le but de satisfaire peut-être leur mécontentement contre moi. Cette réflexion et cette leçon a tellement fait effet sur ce cher homme, qu'il s'est tout de suite déclaré capable de remplir ses fonctions, et est venu se présenter chez moi le matin, chose qu'il n'a pas encore faite,
Poltava, 8 septembre 1805.
J'ai eu des lettres de Boris du Piémont. Sans me rien dire de за $1046, il ше parle beaucoup de l'ennui qu'il éprouve de se voir
hors de son pays, il a la maladie suisse, Je n'en suis pas füclié, entre nous soit dit: il n'y a rien à acquérir à présent dans l'étranger que l'esprit jacobiniste, et ce n'est pas cela que je désire pour mon fils, Je n'aurais jamais consenti à son départ si réellementsa santé ne l'exigeait absolument,
J'ai été très content de la manière dont il me dépeint sa wisite à Mme la grande-duchesse Marie et surtout de la satisfaction qu'il a eue de se voir à sa cour: en connaissant le prix des distinctions qu'on fait, il s'éloignera toujours de l'esprit du siècle. En ше par: lant de la bonté avec laquelle il a été traité, il m'ajoute qu'ilres passera après la saison des eaux pour y faire un séjour de 15 jours:
J'ai chez moi le jeune Saltykoff, qui est venu rendre ses Me voirs aux mânes de son père qui est enterré dans le couvent dé Poltava; il passera un mois à peu près avec nous. S'il n'était раз joueur dans l'âme et s'il n'avait pas été mêlé dans plusieurs histoires, de jeu à Moscou où il a été saigné pour plus de 30.000 г, volon tiers je songerais à lui pour ma fille cadette, mais veci езё цое trop grande clause pour oser y songer,
Dans le voyage que j'ai fait, j'ai passé à la carrière de granit que je fais exploiter et polir pour le piédestal du monument de la bataille de Poltava. La beauté de la pierre est telle comme je n'en ai jamais vu: la couleur rouge qui est la dominante sur ls surface de la pierre lui donne le caractère du рогрвуге. Quand j'aurai achevé cet ouvrage, je me compterai bien heureux, её ]е suis persuadé que vous partagerez ma satisfaction.
M. Trochtchinsky, comme membre de la noblesse d'ici, А зов départ, m'a écrit une lettre très flatteuse pour les établissements. et l'organisation du pays; je l'ai communiquée à Piérre Ivanoviteh Novossiltseff. Si vous êtes curieux de la lire, mon ami, demandez la-lui, cela leur fera plaisir à tous les deux,
Poltava, 10 septembre 1805:
Je fais aujourd'hui au prince Lopoukhine une communiéation confidentielle au sujet d'une affaire de succession d'unedame
Loukachévitch que le 3-e département du Sénat vient de décider en cassant tout ce que j'ai eu dela peine à faire faire pour soutenir le bon droit et pour rendre justice au faible lésé par le fort. C'est une affaire criante, et qui me fait d'autant plus de peine, que c'est au temps de son ministère qu'elle а été faite. Si vous voulez vous donner la peine de lire la note que je lui envoie, vous verrez combien il est douloureux de voir que de pareilles décisions peuvent paraître. П m'a été impossible de lui écrire clairement sur tout ce qui regarde la chancellerie de ce département; mais je crois qu'il est de notre devoir, mon ami, à nous deux, pour toutes les marques de son amitié pour nous, de l'avertir que l'ober-secrétaire Kryjanovsky n'est pas tout-à-fait intact dans les irrégularités qui se commettent dans ce département.
Depuis que, par ma vigilance, autant que mes moyens me le permettent, je suis parvenu à éloigner les énormes vexations que les tribunaux d'ici faisaient aux pauvres pour contenter les riches et les puissants, toutes les affaires où ces derniers ne réussissent pas sont portées au Sénat, et le Sénat souvent n'a pas égard à ce que nous faisons. Vous avouerez que cela est douloureux, et qu'il est indispensable Фу porter remède,
En me communiquant ce que le prince Lopoukhine vous dira à ce sujet, vous comblerez la mesure de toutes vos bontés pour moi. Pour vous tirer d'erreur sur des soupçons que vous pouvez former à mon sujet au sujet de cette femme que j'ai l'air de protéger, ainsi que sur ceux que le prince Lopoukhine peut avoir, je vous avertis, mon ami, que je ne l'ai jamais vue et que je ne connais personne de tous ceux qui peuvent s'intéresser à cette affaire; c'est une simple supplique qu'elle m'a envoyée par poste qui m'a fait agir.
Demain à la pointe du jour, je pars pour Constantinograd et aux eaux minérales qui s'y trouvent; cela sera une absence de quatre jours, si je me porte bien.
pp SA
Je vous ai promis la copie de ma représentation au sujet dis eaux minérales découvertes dans le gouvernement 4901; je vousls joins ici, mon ami. Je voudrais que vous en soyez aussi content que je me suis donné de peine pour Гехрозег sans verbiage. Те пе vous cacherai que j'avais besoin de beaucoup d'attention pour faire ce narré; j'espère que la description que j'en fais leur donnera ln réputation qu'elles méritent, et que l'on aura égard à mon projet pour augmenter leur utilité et le moyen de venir à leur secours: il est certain, mon ami, que c'est un don de la nature дие Гоп пе doit pas négliger, Dans ma lettre d'aujourd'hui, j'en parle à Pierre Ivanovitch Novossiltseff, et je l'engage à venir le printemps pros chain, Sa meilleure vertu est contre les hémorrhoïdes, qui este mal qui affecte son existence; voulez-vous avoir la bonté 4е №1 communiquer la description que j'en fais? En la faisant connaître а tous ceux que vous trouverez pouvoir y porter de l'intérêt, vous. me rendrez, mon ami, le plus grand service, et je vous enserai on пе peut plus obligé. Quelle sera votre propre opinion sur "cet objet? je le demande à votre amitié pour moi,
Poltava, 8 octobre 1805.
Entouré de mes deux enfantsnouveaux mariés, je"meprésenté à vous, mon ami, pour vous les recommander. Aubonheur de mom âme, qui jouis de tant de bontés de votre part, ajoutez, шов сви ami, celle de votre protection et des bontés que je vousMleur de mande: l’accomplissement de ces vœux si nécessaires pour mon cœur et qui dépendent uniquement de vous, mon ami, mettra le comble à ma félicité, et cela sera à vous et à vous seul que [е [е гарporterai toujours, La célébration de la noce а été soignée Фе паnière à répondre à mon rang et. à la place que j'occupe/sansque, l'on puisse trouver à redire quelque chose de comparable "aux res proches que Гоп faisait aux ci-devant généraux-gouverneurs. comme Krétchetniko®f ou Toutolmine. Bonté et protection, шоп ап, pour
le père avec ses deux enfants, voilà mon refrain, et qui sera celui du reste de mes jours.
La nouvelle que vous me donnez, mon ami, de la bonté avec laquelle l'Empereur vous а dit adieu m'a fait le plus grand plaisir, et je vous remercié infiniment de ce que vous me l'avez communiquée: ce n'est ni à Londres, ni à Nadéjdino que je vous écrirai; cela sera toujours, comme je l'ai désiré, à Pétersbourg.
Poltava, 14 octobre 1805,
Le jeune Saltykoff, après un séjour d'un mois ici, s’est expliqué avec ma femme et s'est adressé à moi pour demander ma fille en mariage, Ayant déjà remarqué qu'il ne déplaisait pas à Alexandrine, malgré mes craintes pour sa passion pour les cartes, je ne lui ai pas fait le refus que j'étais décidé de lui faire, mais j'ai saisi cette occasion pour lui en parler, Assez content de tout ce qu'il m'a répondu, et surtout de sa prière que j'accepte le titre de curateur de tonte sa fortune, je lui ai laissé l'espérance de mon consentement sitôt que j'aurai celui de ma fille et le vôtre. Il est parti d'ici avec la connaissance que ma fille accepterait sa main, si ses parents voulaient bien le lui permettre, pour demander la permission de sa mère et pour revenir ici dans un mois. Je l'ai muni d'une lettre pour le prince Jacques, qui était son tuteur, pour que sa propre idée de me faire curateur s'exécute.
Pour son retour, j'espère avoir votre réponse, mon ami, её, quand j'aurai celle de sa mère et mon titre de curateur arrangé, je vous prierai de la démarche à faire à la cour, de manière que les promesses pourront, je crois, se faire avec la nouvelle année. Pour la noce, nous songerons après: il faut que je respire de la dépense que j'avais à faire pour le trousseau et le mariage d'Hélène.
Le bon avenir que vous me faites entrevoir, mon ami, dans cette union, me tranquillise un peu sur les craintes que j'ai de l'avenir de шоп enfant Je ne vous cacherai pas que tout dans le jeune Homme me plaît, et que je fonde mon espérance sur l'esprit et l'énergie du caractère d'Alexandrie pour qu'il se déshabitue du
418 ПИСЬМА КНЯЗЯ АЛЕКСЪЯ БОРИСОВИЧА KYPA
jeu. Accordez-moi, mon ami, la permission que je vous demande pour cet établissement, et continuez vos м | à moi avec mes deux enfants déjà établis.
La nouvelle que vous me donnez, mon ami, Ре Zhobine a faite de notre contrat des fermes sur les pêches d'Astrakhan avec l'avantage de 35.000 г. ne m'a pas peu étonné, et je suis trés fort de votre avis que, dans le temps des marchés, il y а еп иле. espèce de convention tacite entre ces messieurs. Si а personne principale n'est pas en part avec nos nouveaux fermiers, elle le sera avec les anciens dans le profit qu'ils en retirent, Malgré que c'est une perte que nous faisons, nous n'avons pas à la regretter pour le moment, mon ami: c'est le taux de ce que nous aurons avoir dans quatre ans, si Dieu prolonge notre vie. D'après сей, И n'y a rien à dire des envieux: c'est un lot réellement à enviéret qui répond à ce qui nous était promis dans les premières années que nous l'avons reçu.
Poltava, 16 octobre 1805,
Recevez tous mes remerciments, mon ami, et toute ша гесопnaissance pour la lettre que vous m'avez écrite et le сопзей дие vous avez donné au comte Kotchoubey de m'écrire au sujetde/ki commission que je viens de recevoir pour inspecter le gouvernement de Koursk. La lettre que le Comte m'a écrite comprenait les mêmes avis que vous me donnez, mon ami; je les suivrai de ро еп points je lui en fais ma réponse. Il п’у a qu'un seul article que je n'accepte pas, qui est celui de ma correspondance directe avec lEmpereur à ce sujet: ayant reçu Гоцказе par le ministre et des ordresité» rieurs sous la signature du ministre, la voie de mes rapportsmiest indiquée tout naturellement. Si j'avais à le faire autrement, ГЕтреreur, ayant indiqué la marche des affaires de l'Empire, пе ше Раиrait-Il pas dit? J'ai à me soumettre à l’ordre établi quimestepré scrit: [à] ne pas le remplir, ne pourruis-je pas mériter la remarque de l'Empereur de l'empressement que j'ai eu de m'en débarrasser, et la question en même temps pourquoi je le fais, tandis que де ве l'ai jamais fait autrement, et qu'il n'en а pas été [fait} mention?
à ss
Je sais que, par la liaison entre le ministre et М. Моуозз ей, au cas de la vérité de la délation, je ne ferai pas plaisir au premier de le laisser intermédiaire entre l'inspecteur et le Souverain, mais ie ne saurais faire autrement.
Quand l'Empereur a voulu que l'inspection du gouvernement de Kalouga ne passät par aucune autre voie que la sienne propre, Il Га nommément ordonné, Me donnant ce droit, ne ferais-je pas naître l'idée à un chacun, surtout aux intéressés pour le gouverneur, que je suis avide de ces commissions et que j'ai craint que la voie intermédiaire ne diminuât la force de mes expressions pour dévoiler l'inconduite et les abus de М. Protassoff? Non, mon ami, je ne m'écarterai pas de la route que je suis depuis que le ministère est établi, et cela ne sera pas cette occasion que je choisirai pour me mettre en relation directe avec l'Empereur.
Cette commission telle [quelque] distinguée qu'elle soit pour le prix de la confiance qu'elle exprime, me fait, mon ami, la plus grande peine. Outre les considérations politiques du moment, d'après ce que j'en sis, je ne crois pas trouver beaucoup de bon, et je me verrai dans lé cas de faire du mal. Sans chercher à me dépécher avec mon départ pour cette expédition, je ne veux pas lambiner, et je partirai sitôt que toute l'histoire des élections sera finie et que j'aurai achevé tous mes rapports. Plaignez-moi toujours, mon ami, avec cette commission; je ne sais ce que j'aurais donné pour ne pas l'avoir.
Poltava, 24 octobre 1805,
Plus je songe à la commission qui m'est donnée, plus je la trouve désagréable; ce ne sont que vos conseils et la direction que le comte Kotchoubey a hien voulu m'en donner qui me soutiennent un peu.
Та manière dont vous soutenez l'idée qu'il a que je m'adresse directement à l'Empereur dans le cas que mon examen des inculpations portées contre le gouverneur Protassoff ne lui soit pas favorable, €branle ma décision de ne pas changer ma manière de porter mes rapports à l'Empereur. Si le comte Kotchoubey m'en parle dans sa
réponse à la lettre que je lui en ai loï, et j'attendrai, mon ami, votre |
La continuation des désagréments que je :
de № part de М. Moukhanoff ou par les dirige et que Moukhanoff met en jeu, а mis que je m'étais prescrite d'avoir et а attaqué mes j'en suis devenu la victime par une maladie b sement, mon médecin a su châtrer, et prévenir 163 : aurait pu avoir. Voilà huit jours que je suis à 501 horribles occasionnées par le mouvement de la bile; que ma patience s’est changée en impatience, et q à me fâcher en place de la retenue que j'avais jusq RP RES ujour.
une lettre particulière, j'en écris au comte В феу. prochain, astra cs. rasé RSS duite incroyable que le souverneur s'est permise, et de l'in qu'il a donnée pour ainsi dire à un désordre à juger la rigueur des lois, que quelques députés élus для | пыхъ земскихъ повинностей, au nombre desquels nist, se sont permis de commettre. Ma lettre au min rieur, que je joins ici sous cachet volant, vous dom de la chose. Quand vous l'aurez lue, je vous la lui faire tenir sans délai.
Cette maladie que je fais, outre le désagrément supporter, par la raison que je la supporte, m'est afligeante, que je me vois arrêté раг elle dans mon Koursk, où j'aurais dû déjà être, et où je suppose que. croit que je me trouve.
Je viens de finir un travail que j'avais à cœur longtemps et qui regarde отправлене дьлъ и обрядъ ка порядка по губернскому правленю. Ce travail 9 [comme] méritoire, je viens de le сошпииыдиег а
justice pour la sanction et pour avoir sa permission d'en faire un essai. Peut-être le trouvera-t-on pouvoir servir dans l'Empire; je ne vous cacherai pas, mon ami, soit dit entre nous, que, d’après l'expérience que Га! des quatre ans de régie ici et la peine et l'attention que j'ai eues pour le faire, je le suppose tel. Je me fais un devoir de vous en envoyer une copie pour vous; en le soumettant au jugement de notre ami Novossiltseff, vous me ferez plaisir, mon cher ami, et je vous prierai de l'engager à m'en écrire, Je suis avide de savoir votre opinion sur ce projet; communiquez-lemoi, je vous prie, avec cette sincérité qui a toujours 646 la base de votre conduite avec moi.
Si vous avez l'occasion d'en parler au prince Lopoukhine, пе me laissez pas ignorer sa façon de penser là-dessus. Je vous prierai encore de faire venir chez vous Stolypine et de lui demander се qu'en disent les experts de la chancellerie du ministre de justice, et, par conséquent, се qu’il en dit lui-même.
Que l'idée qu'il y а d'après mon plan plus de registres que ceux que l'on est obligé d'avoir à présent ne fasse pas juger que cela ne sera pas une diminution de peines. Je vous prierai de prendre en considération que des registres qui font des volumes et qui ne donnent aucune facilité pour tenir l'ordre dans les papiers ne doivent pas être mis en comparaison avec des registres projetés qui ne sont que des notes et qui, par leur ordre, donnent la plus grande facilité de se mettre au fait de chaque papier que le ryбернское правлеше aura reçu et de voir la marche qui lui a été donnée.
Poltava, 7 novembre 1805,
La bonté avec laquelle vous vous exprimez sur le compte d'Hélène et la situation du vrai bonheur que vous faites entrevoir à son mari est un moyen de plus que vous avez employé, mon cher ami, pour me prouver vos sentiments pour moi; je la reçois, mon ami, avec cette sensibilité dont vous me croyez pouvoir être capable. Je ne doute nullement que Zotoff ne mérite votre bienveillance: la douceur de son caractère sa modestie, la moralité des principes
bn не Lol ei
Ва tous mes remerciments pour la bonne, la бтгапде et l'heureuse nouvelle que vous me donnez, que le roi de Prusse s'est déclaré pour la cause que défend la Russie. Il est certain que lé rétablissement de l'ordre des choses en Europe et sûreté des empires. devra tout à notre Maître, et que le surnom de Grand doit lui étre offert par tous les souverains. Que le Ciel et qu'il soit aussi heureux que mon cœur le lui certainement, Il пе manquera pas de réussir dans tout се entreprend. sh
Demain, c'est le jour de nom de son frère, fils dell Empereur, c'est avec tous les sentiments de ma reconnaissance qué je ше rappelle du bonheur qui accompagnait mon existence au témps qu'il a vu le jour. Je vous félicite, mon ami, avec laféte Че се jeune prince. Si l'occasion se présente, je vous рмегай 4е рогег aux pieds de Sa Majesté l'Impératrice-Mère mes humbles “félicité” tions à ce sujet,
Poltava, 11
Mon apparition dans l'assemblée des députés de manièn ne s'y attendaient pas а fait l'effet que je désirais: "tou rappelés à l'ordre et, dans une heure de temps, toutes ont été levées, Les opposants eux-mêmes ont été ét qu'une affaire qu'ils comptaient devoir durer a été aus Je pars actuellement rassuré qu'il n'y aura plus rien qui
Vous ayant communiqué, mon ami, tous les papiers qui ont regardé cette affaire, je me fais un devoir de vous envoyer ceux qui ont contribué à la terminer. La copie de ma lettre officielle et particulière au ministre de l'intérieur vous mettra au fait de tous les détails, Vous у verrez une manigance impardonnable pour me brouiller avec la noblesse d'ici, et une nouvelle bonté de ma part pour le gouverneur d'avoir consenti à ôter de mon предложеше et du journal tout ce qui prouvait qu'il а coopéré à tenir en désunion l'assemblée des députés, parce qu'il la laissait ignorer des décisions de l'Empereur que je lui ai communiquées et qui décidaient tout ce qui occasionnait la désunion. Vous me gronderez pour cela, mon ami, mais j'ai mieux aimé le confondre par ma déférence.
C'est au moment de me mettre en kibitka que je vous écris. Après-demain, je serai à Belgorod et je commence ma besogne méme avant, parce que je veux commencer par une inspection des волостныя правленя, qui sont ordinairement la clef de tout ce qu'on veut savoir. Ce début effrayera, j'en suis sûr, mais je le vois indispensable pour découvrir quelques articles de la délation ой pour avoir une donnée sûre de sa fausseté. Malgré ces précautions, je suis toujours à plaindre: par ce qu'il me paraît et par tout се que j'apprends, il est presque sûr, что дрязговъ много, et beaucoup de mécontents, et, par conséquent, je serai la raison de ce qui pourra arriver de désagréable au chef,
Belgorod, 20 novembre 1805.
Le début d'inspection que j'ai fait ici ne m'a pas été agréable du tout, Outre tout plein d'irrégularités que j'ai trouvées dans la manutention des affaires dans les tribunaux, qui pour ainsi dire détériore Vordre établi, la lenteur dans la décision est impardonnahle. Та prison est à faire peur: c'est un caveau sous terre, petit, qui n'a presque pas de jour et d'air, et où tous les arrêtés sans distinction de crimes et de délits et sans distinction de condition et de sexe sont enfermés, les malades avec des maladies contagieuses
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La seconde afaire, фи кължтант "violé чье fille d'un одволворещь, est aussi le coupable est sous jugement. H au jour sans aucune intervention de x Quand je serai à Koursk, je compte ‘en fair l'Empereur, Ce qui me fait le plus de ces deux délits avérés, ne pouvant joir le prouver) que tous les juges sont aux ga
il sera difficile qu'on ne porte foi au contenu de la lettre anonyme et que le gouverneur se dépètre de tout cela.
En communiquant tout cela au comte Kotchoubey, répétez-lui ma douleur de devoir m'occuper de cette inspection, et plaignezmoi, mon ami, de votre part; j'en suis réellement plus affigé que vous ne vous le représentez. Je n'écris rien à ce sujet au Comte, parce que, si je lui parle, je ne lui parlerai qu'officiellement de toute cette affaire; et puis je ne veux pas paraître empressé pour donner des mauvaises nouvelles: elles ne s'apprennent toujours que trop tôt.
On pourra peut-être me critiquer de ce que ma manière d'inspecter est trop rigide, parce que j'entre dans tous les détails; je vous demande s'il y a une autre conduite à avoir!
Le предводитель d'ici et le городничй sont hors de la liste des autres. Ils ont eu des remerciments de ma part; j'ai été très content de ce qui regarde leurs fonctions, je n’ai pas eu une seule plainte contre la police de la ville, et les affaires de tutelle, quoique de très petite conséquence, sont dans le meilleur ordre.
Recevez tous mes remerciments, mon cher ami, pour les soins que vous avez accordés à l'affaire du secrétaire du gouverneur de Poltava et de son inconduite à ce sujet. Soyez persuadé que je sens très bien que sans vous, rien n'aurait eu lieu; aussi, si je reste au service, c'est bien à vous que je le dois; sans cette satisfaction, je ne serais pas resté une heure certainement. Je ne minquiète plus sur l’arrivée de l'oukase; puisque Гопредфлене est signé, c'est tout comme, parce que je ne me permets pas de douter du prince Lopoukhine. Actuellement est à voir la conduite du ministre de l'intérieur pour l'affaire que le gouverneur m'a suscitée comme premier membre du comité et de l'assemblée des députés pour la nouvelle redevance. Elle est bien plus majeure et demande toute son attention, et, si j'ose dire, l'attention même de l'Empereur. Instigué par Kapnist, le gouverneur a voulu me brouiller avec la noblesse. Je les ai déjoués, et c'est eux qui ont pris ma pluce dans l'opinion générale, J'avoue que ma conduite а été décisive, et que j'ai mis Moukhanoff au jour avec des couleurs qui
qui sont à attendre leur sort, et d'autres qui sont à croupir dans les prisons arrangées comme je vous l'ai marqué!
Koursk, 5 décembre 1805.
Enfin, М. le ministre de l'intérieur s'est donc décidé à voir l'inconduite du gouverneur et des députés de Poltava sans partialité! Mais savez-vous, mon ami, soit dit entre nous, que се qu'il а écrit au gouverneur est si fort, que je ne le trouve pas en droit de pouvoir le faire, et que les expressions sont si humiliantes et offensantes, qu'à la place de Moukhanoff, j'en aurais porté mes plaintes à l'Empereur, et je suis persuadé que l'Empereur aurait tourné son attention à cet écart de pouvoir que le ministre s’est donné. Les choses, selon moi, auraient été beaucoup plus en règle, si tous les papiers étaient présentés au jugement du Sénat; au moins, le gouverneur n'aurait pas été traité en ignare et comme un caporal. И faut, mon ami, soutenir la distinction des charges, des emplois et des rangs, sans quoi tout ordre de choses sera bouleversé. Malgré toutes ces remarques, malgré le désir que j'avais, comme cela devait être, que cela soit le Sénat qui parle, je ne puis ne pas être reconnaissant de ce que le comte Kotchoubey a fait; aussi, je ne manquerai pas de l'en remercier par la première poste.
Il y a bien longtemps, mon ami, que je rumine en moi l'idée de quitter les fonctions de général-gouverneur et de demander un sémestre de deux ans pour arranger mes affaires; mais j'en suis empêché par le désir que j'ai de finir le monument commencé pour la bataille de Poltava, époque si grande pour la Russie et son existence actuelle, et que le sort heureux de mon existence à moi m'a déstiné. Vous sentez, mon ami, qu'ayant conçu cette idée, ayant donné à l'Empereur les moyens de l’effectuer sans que cela lui coûte beaucoup d'argent, il serait douloureux que cela soit un autre qui mette son nom au bas du piédestal: voilà pourquoi vous ne m'avez pas encore entendu parler de ce désir dé quitter 1 Petite-Russie, et voilà pourquoi, malgré moi, vous
eu un bal à l'assemblée de la noblesse qui а été très Мел; étant membre de cette assemblée et son restaurateur, j'y ai été et je me suis imposé la loi d'y être chaque fois.
Koursk, 12 décembre 1805.
Je n'ai réellement le temps que de vous dire le bonjour et vous féliciter avec la fête d'aujourd'hui. J'ai assemblé tous les чиновники et les nobles distingués pour leur donner un diner et boire à la santé de notre Maître: cent convives seront à table; le soir, tout ce qu'il y a de noblesse et de marchands distingués viendront à mon bal; on dit que j'aurai plus de 250 personnes. Tant mieux pour l'époque, mais pas tout-à-fait tant mieux pour ma bourse: vous пе sauriez croire l'argent que je dépense ici; mais que faire? il faut faire honneur à la place que Гоп occupe, au rang que Гоп a et au nom que l’on porte. D'après un petit aperçu, depuis que je suis général-gouverneur, j'ai augmenté mes dettes de plus de cent mille roubles: ne serait-il pas temps de songer à les payer, et de se voir pour cela établi à Kourakino? Qu'en dites-vous, compère? cette idée seule me rend gai. Quand serai-je dans le cas de l'exécuter? cette incertitude me rend triste.
Koursk, 20 décembre 1805.
La lettre où vous me parlez du maréchal du gouvernement de Koursk M. Gasvitsky est exécutée en plein. J'ai trouvé cet homme avec toutes les qualités dont vous me parlez; je lui témoigne toutes les distinctions et égards qu'il mérite, et j'espère qu'il est content фе по{. Je voudrais pouvoir vous dire la même chose au sujet de М. Protassoff, mais hélas! plus je reste ici, et plus je le trouve coupable sous tous les points de la moralité et des devoirs que le service et surtout la place de gouverneur lui imposent: presque tous les” points dont il est parlé dans le papier que l'Empereur m'a envoyé se-trouvent être vrais. Je n'en parle encore à personne, parce qu'il уа desarticles qui ne sont pas encore assez avérés; je vous prie
Plus j'avance dans les détails, et plus je pays, il me semble qu'il me faudra encore un m l'inspection. Dans quinze jours, je compte finir les a dent la délation anonyme, mais je ne sais pas enc dois les envoyer avant d'avoir achevé toute me ER RS dois les apporter moi-même avec tous ceux que j'aurai А ребзешег | au Sénat et à l'Empereur. Parlez-en, mon ami, à Pierre Ivanovitch at à Dmitry Prokoñéviteh pour demander leur avis; consultez aussi Kotchoubey, si vous le croyez possible et convenable.
Koursk, 28 décembre 1805.
en
I n'y a pas de termes qui puissent exprimer la douleur que je res- | sens par la mort de Pierre Ivanoviteh. De tous les malheurs que j'ai éprouvés on mu vie, c'est le plus sensible, POUF STONES c'est un vrai ami que j'ai perdu, et cette perte est! r irréparable pour moi. Ses qualités et ses senti obtenu toute ma confiance, Yom savez que cela n'e
n'avait rien de caché pour lui. Ses conseils et ses raisonnements me soutenaient dans les situ: difficiles de ma vie et où j'alluis succomber aux
sensibilité. Actuellement, c'est évanoui pour moi, et je ne trouverai personne pour le remplacer; aussi, le pleurerai-je toute ma vie.
Voici ma lettre pour sa pauvre femme, ayez la bonté de la lui faire tenir exactement.
D'après la nouvelle que vous m'avez donnée, mon ami, de la permission que Leurs Majestés Impériales ont accordée pour le mariage de ma fille cadette avec Saltykoff, j'ai fait leur promesse avant-hier, et je vous exprime ici ma reconnaissance pour la bonté que vous avez eue de vous y employer. Après mon départ pour Tchernigov, ils partiront tous à Moscou pour la connaissance à faire avec la nouvelle famille avec laquelle je vais m'allier. II n'est pas encore question du temps auquel le mariage se fera; je suis toujours de l'avis de mettre les jeunes gens à une bonne épreuve dans une affaire qui décide de la situation de leur existence pour le temps à venir.
as?
Le baron Modeste de Korff—au prince Alexis Kourakine.
ISt-Pétersbourg], 9 novembre [1846].
ayant pas eu l'avantage de vous trouver hier chez vous, й| mon Prince, je prends la liberté de vous adresser ma
ЕР prière par écrit, Пу а` déjà longtemps que je rassemble les matériaux pour la biographie de feu le comte Spéransky, nullenent dans le but de les publier, ce qui du reste serait impossible, 0815 pour léguer à la postérité les détails de la vie de се grand homme,
Comme c'est dans la maison de feu votre grand-père qu'il а ‘ommencé sa carrière, voudriez-vous avoir la complaisance de aire parvenir à Monsieur votre père la note ci-jointe, renfermant quelques questions dont la solution me serait fort importante. lose espérer qu'il aura la bonté de vouloir у répondre, et се sera nerendre un grand et éminent service.
1. Par qui et quand Spéransky fut-il recommandé dans la maison lu prince Kourakine?
2. Demeurait-il dans la maison du Prince, ou у venait-il seulenent à des heures fixes pour donner des leçons? quel était l'objet le ces dernières et combien comportait son salaire? +
3. Ces leçons, les donnait-il encore comme maître au séminaire, ju déjà comme employé de la chancellerie du Prince, et, dans le dremier cas, les continua-t-il après avoir embrassé la carrière sivile, et jusqu'à quelle époque?
4. Spéransky donnait-il des leçons aussi dans d'autres maisons?
5. Comme maître ou instituteur, était-il aussi admis à la table stren général dans la société du Prince?
6. Quels furent ses rapports avec la maison Kourakine dans les époques subséquentes de sa carrière?
Spéransky, aussi minime que се fût, sera reconnaissance.
Si on avait conservé quelques cahiers lettres de Spéransky, ce précieux dépôt, si le confier à la discrétion de la personne occupée | graphie non pour ses contemporains, mais | éloignée, serait conservé et restitué avec ш
Ne pourrait-on peut-être pas aussi indi qui, datant de la même époque et se trouvant à même de donner quelques détails sur sa
Agréez, mon Prince, les assurances de ma guée. Le baron Modeste de Kortf.
Notice sur feu le comte Spéransky, rédigée par le prince Boris ions adrosséos par lo baron de Korff au prince Al
1. Feu mon père ayant besoin d'un secré parfaitement la langue, s'adressa au métropol pour lui demander un jeune homme du sémin auprès de lui et à sa complète satisfaction la p
Le métropolitain lui envoya le jeune 5 belles recommandations, tant sous le rapport des faites que sous celui de sa moralité, Ceci eut. de l'impératrice Catherine II, six ou sept ans | de Paul Г au trône.
„ЗрёгапзКу“ est un sobriquet qui lui fut do
rades école, parce qu'il avait l'habitude d'employer constamment la locution j'espère“ dans ses conversations habituelles, et qu'il conserva depuis, au lieu de son véritable nom, qui m'échappe en ce moment, mais qui était un nom barbare. J'ai passé par le village où il est né, et je me suis fait montrer le modeste toit qui а abrité son enfance.
2. Il était totalement à demeure dans la maison de mon père en qualité de secrétaire particulier avec plusieurs autres, et ne m'a jamais donné de leçons de langue russe, comme on le croit communément. Seulement à l'époque de ma première communion, Й me donna ainsi qu'à mes deux sœurs douze leçons de catéchisme d'une heure chacune. Ses appointements ont été fixés à 400 roubles en assignations, qui alors étaient au pair avec les roubles d'argent et n'ont jamais varié depuis jusqu'à son entrée au service,