‹ Vosemnadt͡satyĭ vi͡ekChapitre 3 sur 15 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

figure; il пе lui manque qu'un peu plus d'usage я monde, avec cela, elle serait parfaite.

Voici une description exacte conforme à votre désir. Лу ajouterai que la princesse Bariatinsky est toujours aussi singulière qu'elle l'était auparavant, prête à intenter un procès au prince Repnine à cause de 10 mille roubles qu'il ne lui a pas donnés et que le prince Repnine défunt avait marqués dans son testament qui n'a pas paru, её qui, à présent, n'a aucune valeur, comme vous devez en étre instruit:

Je пе vous ai rien dit dans ma dernière lettre de la féte"que sous a donnée le comte Chéréméteff à за maison de campagnë lé premier de ce mois, jour de la fête du canton, et jour de l'inaugüs ration de la statue dont Sa Majesté Impériale lui a fait présent et de sa nouvelle maison. Le lieu est superbe, la maison est pareille ment magnifique. Il y a eu à diner ce jour-là plus de 80 personnes, tous venus de la ville et des environs de cette campagne. Un concert fut la suite, de même qu'une promenade dans des chaloupes; un feu d'artifice, un bal, et un souper de 50 personnes cons ronna la fête. Tout le monde a 66 enchanté de la façon dont on y a été reçu, et frappé de la beauté et de l'élégance de la maison: Le pare et le jardin furent illuminés, où plus de 5.000 personnes se promenaient, non seulement de la populace, mais même des gens comme il faut, comme des dames de condition et des officiers aux gardes, sans pourtant oser entrer dans la maison, où, au son d'un concert superbe, nous étions occupés, les uns au jeu, les autres la conversation. Le lendemain, comme jour libre et duquel le comte Chérémétefl voulait profiter pour faire voir au comte Тевегаусвой son jardin, son pare et les environs de la campagne, Йа fait un petit diner à l'Ermitage, auquel le prince Menchikoff et moi fümes: invités, où la richesse de l'hôte parut en tout son beau parles différents services d'or sur lesquels nous étions servis, etc: Les politesses et les attentions dont le Comte lui-même m'a comblé sont de façon à ne pas pouvoir être exprimé L'm’a fait présent de toutes les vues de sa campagne, en me promettant une estarpe du jour que Son Altesse Impériale lui а fait l'honneur de diner chez lui ensemble avec le comte Panine.

Je n'ai pas encore été chez la Duchesse, car elle est toujours à la campagne de sa mère, Hier, elle est seulement venue pour le Vauxhall, où je n'ai pas manqué d'exécuter votre commission. Je n'irai plus chez elle, à moins qu'elle ne soit ici à mon retour dé mes terres, car c'est à ce moment même que je me mets en

Tosna, 5 juin 1780.

li court est le temps et j'ai entrepris tant de choses, que, si je négligeais un peu, rien ne serait prêt, Mais je suis = si assidu pour faire aller les ouvriers, que plus de la moitié est déja fait, et jé suis persuadé que tout sera prêt. Ш n'y a que la montagnewis-à-vis le palais de Tosna qui m'inquiète. Au reste, tout уа оп пе peut pas mieux. Je n'ai plus besoin de vers [verdure], car je n'ai pas le temps d’arranger les bosquets nécessaires. Vous pouvez venir quand vous voulez, car ce que vous verrez de fait suffira pour vous donner Vidée de се qui sera. Je ne puis vous faire le détail quevous me demandez, саг je dois être toujours moi-même dans la гие pour faire aller les ouvriers. Vous vous contenterez, mon cher ami, dé savoir qu'arrivé ici, je n'ai trouvé que la porte de triomphe en ouvrage, et rien de plus. Depuis lors, je ne dors que trois heures par jour, faisant travailler les soldats le reste du temps; qui sont déjà terrassés de fatigue, mais qui, par leur bonne volonté, me contentent on ne peut davantage. Quand vous vous disposerez de venir ici, je vous conseille de vous arrêter à chaque усе pour demander après moi, car je fais des courses éternelles d'un endroit à l'autre. Je vous prie, mon cher ami, denvoyerun exprès à М. Volkoff, ou, s'il n'y est pas, au maréchal; pour qu'il ordonne que, le 9, tout le monde nécessaire, de 3.000 iommes au moins, pour orner la route des deux côtés, soit Че ее а Пога; j'ai besoin de les partager, се qui me prendra une journéementière. Au reste, ne vous inquiétez pas; j'aime mieux faire des-mécontents de cette contrée que de manquer à mon devoir, в еп пе manquera certainement à cause du prompt retour de Mmpératrice. Je ne puis quitter les endroits où je suis;

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c'est pourquoi je vous prie, mon cher ami, de ne pas oublier d'en faire part à Son Altesse Impériale pour qu'il ne crois pas que c'est mauvaise volonté de ma part. Ne manquez pas de me faire avoir deux chevaux cosaques, puisqu'il faut que je les monte pour le 9; j'ai besoin de les essayer et de les placer aux endroits nécessaires.

А présent, adieu, mon cher ami, je vais à ma montagne pour que rien ne Janguisse, et je n'ai plus le temps que de vous ds que jé suis toujours autant votre ami que frère.

[Tosna, juin 17804.

Je viens de chez le maréchal, qui m'a confirmé, en me montrant la lettre que l'Impératrice lui а écrite de sa propre main, 195 ordres qu'il m'a donnés pour démolir tout се que j'avais préparé pour l’arrivée de Sa Majesté. En même temps, j'ai vu dans cette méme lettre que les sarnoms que la noblesse voulait qu'elle acceptät ne lui ont pas plu; aussi, elle les a refusés en termes clairs, disant: „Ти appris que la noblesse de St-Pétersbourg voulait me donner des surnoms et préparer une réception pompeuse pour mon retour, Vous savez ma façon de penser; par conséquent, vous devez savoir aussi que je n'irai pas accepter de vains titres et m'occuper de réceptions qui ne peuvent être que futiles, tandis que le seul but de mon règne nest que le salut de mes états et le bien du publie* Vous devrez comprendre, mon cher ami, ce que veut dire cette lettre, et vous devez en même temps savoir la raison qui а naître un tel mécontentement et un tel style. Outre ceci, Нуа une apostille qui dit: ,Le contenu de cette lettre est ma volonté, at je ne doute point que vous ne tâchiez de l'exécuter; vous pouvez la montrer aux amateurs*.

Le maréchal m'a chargé de vous dire que vous deviez wenir demain ici pour déclarer cette volonté à la noblesse: Je-wous: attends demain, mon cher ami; mais, si vous venez aujourd'hui, ne manquez pas de me le faire savoir, pour que Je ршззе ев avertir le maréchal, chez qui je soupe. Je suis fiché de n'avoir

vous écrire que des choses qui ne peuvent vous être que désagréables; mais étant telles, elles ne peuvent point changer, et je dois. vous marquer la vérité, commé vous me l'avez recommandé

$ > © ,) ISPétersbourg], 3 mars 178 re

le Grand-Due m'a demandé avec beaucoup de bonté au sujet de votre indisposition, qu'il ne croit pourtant pas être fort sérieuse. Il m'a ordonné de vous dire qu'il ne doute que c'est une méprise du second pour le 1% du mois“, en m'ajoutant que vous devez comprendre la signification de cette phrase, J'ai eu l'honneur de lui annoncer que vous sortiriez demain, et c'est par là que j'ai su qu'il avait l'intention de venir chez vous, саг il a eu la bonté de me dire que, si vous restiez à la maison, il viendrait vous voir. C'est ainsi, mon cher ami, que j'ai eu le bonheur de parler à Son Altesse Impériale, ce qui ne m'est arrivé depuis fort longtemps, et, quoique fâché de ce que vous gardez la maison pour votre indisposition, je suis en état de vous souhaiter de pareilles rechutes d'aussi peu de conséquence, sil ny a pas d'autres moyens de parler avec Son Altesse Impériale,

[St-Pétersbourg, mal 1781].

de viens d'apprendre du fourrier de Mgr le Grand-Duc que Son Altesse Impériale partait demain matin pour diner à Pavlov- Sky Тай епу!е dy aller; faites-moi dire, mon cher ami, si je n'y serai раз Че trop. Comme Monseigneur à donné un congé de deux jours à Divofl et à Golitsine, j'ai grande envie de l’accompagner. Comme vous le verrez de bon matin, vous m'obligerez infiniment Sivons Ш: еп demandez la permission au moment de votre arrivée chez luiet si vous m'en envoyez dire la réponse avant les neuf heures Чи ша, car cela est nécessaire pour certains arrangements\que j'ai à faire ici. Obligez-moi par l'exécution de ma commission, её noubliéz pas que c'est à 9 heures que je désire d'avoir

la réponse.

TE

1St-Pétersbourg, mai 1781].

Je ne puis m'empécher de vous faire part, mon cher et vrai ami, du bonheur qui vient de m'arriver. Mgr le Grand-Due ша envoyé son coureur avec une carte où il est écrit: „Ушуйе М. le prince Alexis de Kourakine de venir chez moi quand bon lui semblera à pied et à cheval“. Voilà done, mon cher frère, une des choses que je désirais si ardemment accomplie. Je vous l'annonce, connaissant l'intérét que vous prenez à tout ce qui me regarde. Adieu, mon cher ami, au plaisir de vous embrasser demain ici.

Novgorod, 16 mai 1781.

Je vous remercie infiniment, mon cher ami, des compliments que vous m'avez faits dans la lettre du Comte. J'aurais voulu le faire avant, mais l’occasion m'a manqué. Je saisis la première pour vous donner de nos nouvelles, qui sont très satisfaisantes; car, malgré le: froid, le vent et la pluie continuelle, notre vieillard se porte très bien et est très gai, ce qui rend le voyage fort agréable, Son train de vie est entièrement changé: il se couche à 10 heures du soimet se lève de son lit à 7 heures du matin, passant une nuit trans quille, sans aucune inquiétude dans les jambes et sans les maux de tête qui l’accablaient à Pétersbourg. Marque qu'il se trouve mieux, c'est qu'il nous le dit lui-même, et qu'il а un air frais à. son réveil, et un air très gai et point accablé de la route à son coucher. Nous ne faisons que deux stations par jour; mais la santé du Comte et la gaieté qui règne parmi nous, qu'il anime toujours lui-même, fait que le temps ne nous dure point et que le voyage me paraît jusqu'à présent fort agréable; je dis agréable, саг Ш l'est sérieusement, outre que je trouve toujours beaucoup de plais sir là où mon devoir est compris. Pour moi, mon cher ami, jé me porte fort bien, ainsi que le prince Jacques, qui vous fait ses "com pliments,

Pendant le voyage que je fais, vous n'aurez pas raison dé wous. plaindre de moi. Je saisirai toutes les occasions pour vous donner

de nos nouvelles. Vous, de votre côté, пе manquez pas, je vous prie, de m'en donner de l'état de la santé de Leurs Altesses Impériales, de vous-même et de tout ce qui vous regarde, de се qui arrivera d'extraordinaire et d'inattendu à la cour et en ville, et de marquer assez amplement tout ce qui peut regarder la comtesse Тепегпусвой. Vous qui savez comme je lui suis attaché et comme je sais être reconnaissant, vous ne pourrez pas vous refuser le plaisir de m'obliger. Ma reconnaissance augmentera, si vous ше marquez toutes les fois que vous l'aurez vue et tout ce que vous aurez entendu d'elle par rapport à elle-même et à d’autres, comme moi par exemple, sans faire pourtant semblant que vous savez quelque chose et sans lui faire apercevoir que c’est de moi que vous voulez parler. Vous savez comme elle est pointilleuse et fine; j'espère que vous agirez comme je vous ai marqué, car toute autre manière deviendrait nuisible pour moi, m'éloignerait de son ésprit et me causerait un chagrin inexprimable.

Marquez-moi, je vous prie, mon cher ami, si Mgr le Grand- Due а reçu la lettre envoyée par le second courrier. L'homme était si bête, qu'il n'a rien fait de се que je lui ai dit et qu'il a manqué de rendre la lettre, et que tout le projet n'aurait pas réussi, si Monseigneurn'avait pris le parti de venir à Slavianka pour l'attendre Heureusement que le tout eut lieu comme Son Altesse Im- Vérialé Га désiré. Cette bôtise de mon domestique m'inquiète mortellement. Si, par) hasard, il n'a pas rendu la lettre, assurez, je vous prié, que je n'ai pas manqué dans l'exécution des ordres de Leurs Altesses Impériales, comme vous en avez été le témoin oculaire, саг c'est de votre cachet que je me suis servi.

Mettéz-moi, je vous prie, aux pieds de Leurs Altesses Impé- 11а1ез, ©ё пе manquez pas de leur dire le contenu de la première page de cette lettre; elle ne peut leur étre que fort agréable, et Cestli pure vérité. J'espère que le vieillard ne manquera pas de 1е ег marquer, саг il ma dit qu'il écrirait aujourd'hui.

51 № temps voulait se remettre au beau, rien ne serait si agréable quenotre voyage, et le Comte зе porterait encore mieux. Mendredi,-nous couchons à Torjok, et lundi, nous dinons à Dou-

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20 ПИСЬУА КИЯЗЯ ATEKOBIH BOPHCOBHIA КУРАКИПА,

guino, où, après être restés quatre jours, nous partirons à Moscou pour y être dimanche d'aujourd'hui en quinze. Dieu veuille que la santé du Comte continue! tout ira bien, et je serai fort content de ma tournée.

Staritsa, 23 mal 1781.

Hier, nous sommes arrivés ici; c'est à 80 verstes du village du comte Panine. Il a reçu votre paquet exactement à Torjok avec le courrier expédié par Neumann; c'est lui-même que je vous renvoie, Le Comte m'a chargé de vous dire qu'il a été obligé de l'amener jusqu'ici, parce qu'il n’a pas eu le moment de se mettre à écrire et d'être tranquille, étant toujours entouré des juges des cantons d'ici, Па été obligé, ne pouvant écrire soi-même à cause d'un mal à la tête et des fatigues qu'il a essuyées aujourd'hui, de me donner la commission d'expédier ce courrier, en vous marquant que vous annonciez à Leurs Altesses Impériales le sujet qui le prive de l'honneur de leur écrire et de les assurer qu'après demain, il ne manquera de leur marquer de Douguino tout се qu'il aura à dire sur l'arrivée à ses terres et sur le contenu du paquet apporté par le courrier que je vous renvoie à présent. Vous-même, mon cher ami, soyez persuadé que le mal de tête qu'il а m'est qu'une suite des fatigues, ét qu'il se porte infiniment mieux à pré sent qu'à Pétersbourg. :

Comme Leurs Altesses Impériales m'ont ordonné de leur écrire toutes les fois que le Comte ne leur écrirait pas, j'ai cru que l'occasion présente était celle que je devais saisir pour leur annoncer l'état où il se trouve et le sujet de son indisposition actuelle, pour qu'ils ne soient pas inquiets sur cet article, Voilà pourquoi vous trouverez ici une lettre au nom de Mgr le Grand-Duc, que jé vous: prie de lui présenter, en me mettant aux pieds de Leurs Altesses Impériales. Pour mai, mon cher ami, je suis fort content et ше porte fort bien. Notre vieillard est si gai pendant la route, quon n'a pas le temps de s'ennuyer.

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Вчерась, въ шестомъ часу по-полудни, прЁБхали мы сюды, всЪ, слава Богу, здоровы; дфлушка нашь такъ весель, TAKE здоровъ и TAKE радъ, что я вамъь, любезный мой другъ и братецъ, опяcars пе могу. Съ самаго того дни, какъ мы были въ Старицз, и что по приказанно его къ вамъ я писалъ, у него не только голова [не] болЪла, но пикакого безпокойствя ont пе чувствовалъ и съ нетеривщемъ вчерашняго дни ожидалъ, чтобъ въ своемъ Дугин® уже ночевать. Наконець, желане его исполнилось, и радость, кою. онъ имфлъ, столь была видна, что мы всЪ до безконечности веселы были, видя почтеннаго нашего старика въ такомъ положеmix, въ коомъ давно уже никто его пе выдалъ. Время у насъ хотя и очень дурно, но вчерась же вездВ мы были и все осмотрЪли; пришедши домой, вс устали, кромВ хозяина, который хотЬль было еще итти, по я его уговорилъ войти домой для сырой погоды, въ кою ON все время бродилъ.

„Мы здьсь останемся до пятницы, а въ пятницу повдемь въ Москву, чтобъ 10-е число будущаго мёсяца быть здфсь и основательную жизнь уже провождать. Я предвижу, что здоровье здфш- `няго хозяина весьма поправится; переломъ, который онъ сдфлалъ въ жизни своей, ложась спать рано и вставая также, великою для nero пользою будетъ, особливо если онъ Cie продолжить во все время здфеь его пребывашя такъ, какъ онъ въ дорог дВлалъ,

По всей дорогв имЗли мы встрфчи обыкновенныя, но, подъфзжаз къ СычовкЪ, имфли мы такую, которая весьма удовольствозала и тронула дбдушку. Не дофзжая семи версть, шесть драгуповъ города Сычовки впереди Зхали по обфимъ сторонамъ дороги; ие дофзжая пяти версть, флигель-адъютанть Сергвй Николаевичь Салтыковъ встрЬтилъь пасъ самъ верхомъ, со BCbME корнусомь офицеровъ своего полку, и проводилъ насъ такимъ ‘образомь до самаго того дому, гдВ мы обфдали; за три версты до тороду рота конная, стоявъ на дорог, отдала честь съ литаврами и съ трубами и конвоировала въ самый городъ позади корпусу офицеровъ, кои Фхали за нашей каретой. Въфзжая въ городъ, всв

2 SA: DU LINE HPEC ARMES EPST

Ca стожле ка pouf me muse сторое а æimase виз ВОЙ. Прбтакь #5 вжъ.ттё паж обдать, вышше у вороть Салтыкова волку MEANS и роту ва кыратт$. ва такие со всфии честьии отлала Честь; вищеть въ горажит. Салтывань ведать реворть о BOT coms, ГОролЕеЧй Зелевой (который. зстрытивъ награии- И, провожать RACE вртинь)—© горогё Сычева, уфадный судья —9 212% CHEN и прое сулья о свожкь MÉCTLLS, такъ же, какъ и капитань исправликь о погчезеня свеж. Cie все Графа весьма Tpony30, во еще ве все,—прётавь въ Дугиво вифст съ Салтыковымъ. пашли ицхлый оэсхадронь его волку у крыльца на караулф и часовыхъ, разставленныхь у дверей и у вороть. а Hi cubuy Черииговскаго полку рота со знамемъ, кой стояза въ деревиЪ, три версты отсюда, о коей присланный майоръ подалъ репорть, Учтивостямь симъ Графъ былъ весьма доволенъ и чуйствителень; благодариль господь офицеровъ и просилъ, чтобы карауль снести, потому что въ деревнЪ OMS никакъ ему не надобенъ, Карауль свели, а офицеры вс оставлены были ужинать. Сегодни Черииговскаго полку рота черезъ зав шнЁ! дворъ пойдеть церемошШальнымъ маршемт и въ квартеры свон возвратится, а объдать здфсь будуть всЪ офицеры Салтыкова полку и Черниговской роты; cela fera une petite table de 50 couverts. Je ne vous dis riende la réception des paysans; elle а été fort gaie, et le Comte en aété fort content.

J'ai établi ici des déjeuners où nous nous rassemblerons & 9 heures dans des endroits du jardin que l'on choisira la veille; il у aura de la musique, et tout le monde après fera ce que Ъов № | sembler jusqu'au diner. Ce sera fort gai quand nous зегойз геvonus de Moscou, саг la société sera plus nombreuse. Je пе crois pus que le prince Etienne se rende ici; son régiment est au camp} ЕП on est le chef. Je n'ai rienà vous dire de plus d'ici, tout ira bien, si le Comte continue de se bien porter.

Marquez-moi, je vous prie, mon cher ami, la façon dont mt lotte à Monseigneur le Grand-Duc sera reçue; c'est une chose que Je désire do savoir avec la plus grande impatience,

дфлушки графа Никяты Ивановича. Но если судьба предписала мн№ всегда быть песчастливу и въ прискорбпостяхъ находиться, должно ее переносить и терифливостью спабдиться, чтд я и длаю, Gas разлученъ съ вами и отдалень оть счастия видёть Ихъ Императорскихь Высочествъ.

Болфзнь двдушки графа Никиты Ивановича открылась во вторпикъ, т-е. 21 числа текущаго мфсяца. Причины ея вамъ, любезный другъ, я думаю, уже извфетпы.... Долговременныя скрытиыя огорчешя и грусть при pascrasanin съ Ихъ Высочествами, поврединъ совершенно его желчь, причинили иаижесточайшую лихорадку, оть коей слЬдетвйе должно было быть, —къ несчастйо нашему, гнилая и паиопасная горячка. Но счасте, милость Всевышияго и крёпость сложешя больного вдругь преужасный сдфлали переломь и всю инфламмацию болфзни кипули въ лфвую погу, па которой, сегодня другя сутки, показалась пресильная и мучительная рожа, коей господа дохтура приписывають Убавлен!о опасности болфзни. Съ нимъ дохтура поступили хотя жестоко, но такъ, какъ состолше его требовало: въ первый лень пустили ему кровь, дали рвотпое и съ самаго того дня по сей часъ ежедневныя слабительныя дають, приложа вчерась на спину шиансвя мухи. Всф cin лЪкарства отмённо хЬйствуютъ, и теперь, благодаря Бога, больному гораздо легче, о чемъ дохтура сегодняпийй день Mu объявили, подтвердя, что, если посторонинхъ причинъ, никакъь неожидаемыхъ, пе будетъ, то опасность вся прошла; только чтобы мы ожидали, что онъ по важности болвани весьма долго будеть выздоравливать, что тёмъ лучше будеть для пореду.

Я больного никакъ не покидаю, по вечерамъ сплю, а ночь и день безпрестанно сижу у постели его, почему нахожусь оче- BAUME свидфтелемь облегчению болфзни его, которое должно быть приписано искусству и предиримчивости Poxepcona, ибо Os столь быль въ опасности, какъ вы себ, можеть быть, и ве представляете; однако теперь успокойтесь и будьте увфрены, что мы столь счастливы, что еще пользоваться станемъ продолжещехь жизни нашего благодфтеля; о чемъ Poxepcoms самъ Его Имие-

раторское Высочество увфдомляеть съ нонфшнимъ отправлешемъ, и это причина, что я не пишу, не хотя обременять Его |Высочество столь для него непратнымь увфдомлешемъ, что {прошу васъ Имъ донести при подтверждени о ясеподданнфйшемь моемъ ночтеши и преданности, и о напоминаши въ ихъ мысляхъ 060 mb.

Другой день болёзни былъ въ праздникъ коронащи, о чемъ 'Рожерсонъ Hours докладывать Государынв, чтобы пе приняли въ дурной смысль, что въ такой день праздника онъ себя не иоказаль, бывъ въ невфдёни о cocronnin его. Рожерсонъ засталь въ уборной при собраши нобхъ обыкновенно тамъ находящихся, и какъ скоро онъ лоложилъ, то, обратясь къ Елагину, сказали: Mon Dieu, qu'est-ce que c'est qu'il arrive au comte Panine? avezvous entendu qu'il est malade? Елагннъ orwbgars, что ons nuчего не знаеть, Ему сказали: „Да, сударь, очень боленъ, что меня весьма безпокоить, ножалуйте, —поклонитесь ему; вЗдь вы, конечно, сегодня же его увидите“. Елагинъ отвЪтствоваль: „Конечно, ТГосударыня, увижу и приказаше ваше исполню“, Идучи къ 06BtиЪ, примбтиан Александра Федоровича Талызина, котораго, подозвавъ, заставили разсказывать обстоятельства болзни, и, выслушавъ все, сказали: „Что же вы эдВсь длаете? Пожалуйте, Алекеаидра Федоровичь, побзжайте скорфе къ нему и всегда у него останьтеся, чтобъ онъ не былъ одинъ, и скажите большое оть меня сожальше“. Алоксандра Федорович хотьлъ остаться у обфдни, но какъ скоро въ церкви его увидли, то черезъ оберъкамергера велфно было ему тотчасъ Вхать къ Графу и повельше Ея исполнить. Не довольствуясь этимъ, во время стола былъ посыланъ для освфдомлешя о графскомь здоровьи камерпажь съ повельшемь вскорв возвратиться; а прзже изъ Царскаго Села и люди 0ез0 всякихъ политическихь правиль сказывали, что вся- ®Й день неоднократно у постороннихъ спрашивають о графскомъ ‘здоровьи съ отхфннымъ видомъ участя. Но однако, кром одного раза, для освфдомлени никто ие быль присыланъ, а TAKE какъ завтре Дворъ возвращается въ городъ, то и лумаю, что частыя присылки воспослфхують. Завтре будуть къ обфду, и при въздв

PS

26 ПИСЬМА КНЯЗЯ АЛЕКСЪЯ BOPHCOBHAA КУРАКИНА.

стануть стрёлять изъ пушекъ, а на другой день, т.-е. въ воскресенье, будеть благодарный молебенъ, н обфщаютъ множество произвождешевъ, кои въ день коронащи не удались; что будетъ, о томъ обстоятельно увздомить не премиву. Послв вашего отъ- Æaxy въ Царскомъ Селф возобновились больше столы 1: карточная игра по вечерамь въ новой, вамъ извфстной комнат®.

Безь васъ открылось новое министерское mbcro въ ГенЪ, куды Александра Семеновичъ Мордвиновъ, что во флот, назначень резидентом, и дано, кром$ вояжныхъ, по 4000 на годъ.

Донесите, пожалуйте, Ея Императорскому Высочеству, что я у дётей Ея былъ въ среду; нашелъ ихъ всЪхъ, слава Богу, злоровыми. Великй Кпязь Александра Павловичъ оттого, что патны COBCHME еще не прошли, стыдился меня и не хотёлъ CO мною говорить, а Костентинъ Павловичь при вход моемь въ комнату тотчасъ закричалъ: „А Куракинъ, здравствуй!“ Я имъ сталь ска» зывать, что я провожаль Ихъ Высочества. Костентинъ Павловичь, спроснлъ, здоровы ли папенька и маменька, и не хотблъ меня от себя отпустить, но я принуждень быль ему ослушаться, видя, что время обфдни подходило, и опасаясь быть у нихъ найдену.

St-Pétersbourg, 20 septembre 1781.

Je suis au comble de la joie de pouvoir vous dire, mon cher ami, que mon oncle va aussi bien que possible. Il а une rémission entière de la fièvre, et | ne lui resto de toute sa cruelle maladie qu'une très grande faiblesse et un érésipèle à sa jambe, Il est gai au possible, désire de parler, mais nous l'en empéchons, et il ne manque cependant pas de ricaner les esculapes et de зе moquer de toutes leurs manières d'exercer la pharmacie; vous devez le reconnaître à cet article, La jambe l'incommode beaucoup, et c'est la raison qui lui fait garder le №. La faiblesse qu'il a l'empêche de répondre à la lettre que Mme la Grande-Duchesse lui а écrite de Plescows il m'a chargé de vous prier qu’en le mettant aux pieds de Leurs Altesses Impériales, vous l'excusiez de ce qu'il ne leur éerit point, qu'il le voudrait lui-même, mais que cela lui est non-seulement impossible, mais même défendu par les médecins. En méme temps, Й ше dit de vous faire ses compliments et de vous dire que vous пе manquiez pas de lui écrire aussi souvent que cela vous Sera possible, que rien ne peut lui faire plus de plaisir que d'avoir des nouvelles de la santé et du voyage de Leurs Altesses Impériales ét devous-même, par l'amitié qu'il a pour vous et que vous ne devez pas méconnaitre.

„7е ше tairai aujourd'hui sur les nouvelles de la ville, car je ne wois personne depuis que le Comte est malade; je suis constamment dans за chambre, que je ne quitte que pour le diner, Je vous dirai seulement que, le jour du Te Deum, tous les avancements auxquelsson"s'attendait se sont bornés à deux colonels, l'un nommé M. Mevendorfi;"et l'autre М. Lvof, favori du prince Potemkine, qui étaitudans les piquiers; tous deux étaient lieutenants-colonels peu

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St-Pétersbourg, 2 octobre 1781.

La santé de notre oncle va de jour en jour au terme dé la par: faite guérison. П n'a plus rien de sa maladie dans le corps; tout le vice du mal réside à présent dans la jambe, où je vous ai dit qu'il avait l'érésipèle, mais qui, outre cette incommodité, а reçu une quantité d'humeurs goutteuses qui le font souffrir et qui commencent déjà à l'impatienter, parce que c'est la raison qui l'obligeà garder le lit. Je puis dire, sans exagérer, que Rogerson Га entièrement tiré d'affaire, et qu'il vient de bien loin. Ecrivez-lui, je vous prie; vous ne sauriez croire quel plaisir les nouvelles de Leurs Altesses Impériales font sur lui.

Je ne vous dirai rien de notre ville. L'existence des sociétés'est la méme, à ce qu'on dit; car, depuis votre départ, je n'ai vu ni n'ai été chez personne; la maladie de mon oncle en est la cause. L'Impératrice continue à s'informer de la santé du Comte, ce qui пе manque pas de faire du bruit en ville.

Avant-hier était le jour de nom ou de naissance du prince Potemkine. L'Impératrice, après lui avoir fait présent de 100 mille roubles et d'un étui à vure-dents en diamants fort riche, éstvenue diner chez lui en société de tous les grands et de tous les affidés du Prince, du nombre desquels notre Apraxine s'est trouvé. Hier, on a vu beaucoup de monde en cordons de Ste-Anne; je ne vous nomme point les personnes, car vous en étiez instruit avant moi,

Апгер n'est pas encore parti; mais, mercredi, c'est-à-dire le 5 ou le 6 du courant, il ne sera plus ici. Demain, le maréchal Golitsine est de service; je lui ai rappelé au sujet de notre étu diant futur; il m'a promis de lui faire avoir le congé аи plustard après-demain matin. Il me semble qu'il ne s'ennuie pas à Pétersbourg, саг il sort le matin pour ne rentrer que le soir, Lamaïson du grand-écuyer n'est pas celle qu'il fréquente le moins; je а ен ai parlé; il m'a assuré que l'objet de son ancienne flamme пе раraissait pas à cause d'une indisposition.

Mettez-moi, je vous prie, aux pieds de Leurs Altesses Impériales,

en me rappelant à leur souvenir comme une personne la plus zélée et la plus fidèle qu'ils puissent connaître, Annoncez-leur que Mgrs les grands-ducs Alexandre et Constantin se portent, grâces à Dieu, fort bien, que les taches de la petite vérole du premier sont beaucoup moins rouges et, par conséquent, moins visibles. 8 se promênent tous les jours en voiture, s'arrétant souvent aux boutiques, font apporter des joujoux, marchandent et achètent eux-mêmes.

Je ne puis vous rien dire de la princesse Viasemsky, car je пе l'ai pas vue de quatre jours; elle était alors malade d'hystérie. On dit qu'elle est grosse, mais, à présent, elle va, grâces à Dieu, beaucoup mieux.

Ciinclus est une lettre de M. d'Osterwald pour Leurs Altesses Impériles; présentez-lleur, et aceusez-m'en la réception.

St-Pétersbourg, 6 octobre 1781.

La santé de notre bienfaiteur va de mieux en mieux. Шок, il a eu une colique qui nous a inquiétés; mais il est décidé que c’est une crise du reste de sa maladie, ce qui s'est prouvé aujourd'hui matin; car la jambe qui le faisait toujours souffrir et qui était le réduit de tout le mal va beaucoup mieux, et lui permet de s'appuyer dessus sans douleur, ce qu'il ne pouvait nullement faire jusqu'aujourd'hui. Cette colique, quoiqu'elle l'ait fait souffrir et nous ait anquiétés beaucoup toute une journée, à présent, elle est pour son bien et pour l'accélération de sa guérison, ce qui nous réjouit d'une façon inexprimable et m'autorise à vous féliciter et vous promettre une prompte et entière guérison de notre cher malade, се dont vous pouvez aussi assurer Leurs Altesses Impéialés Mais, еп même temps, ne manquez pas d'ajouter qu'ils lui doivent pardonner de се qu'il ne leur écrit point; la faiblesse qu'il в е1 41 пе peut pas пе pas être en lui l'empêche de le faire, Mais J'espère pourtant que, dans peu, il ne manquera pas de le faire; за maladiewa de façon que pour samedi tout au plus tard, il y aura une lettre de préte.

1 сопие Panine m'a ordonné de vous dire mille choses de sa

an

part, et de vous remercier pour votre lettre de Polotsk. Mme Таlysine, qui est tous les jours avee moi auprès du malade, vous embrasse et vous prie de vous souvenir d'elle. =

La princesse Viasemsky a été fort malade. J'ai été la voir et je ne manque pas de m'informer journellement de sa santé par mon coureur, А présent, elle va beaucoup mieux, ce dont elle ne manquera pas de vous informer elle-même; au moins, c'est ce qu'elle m'a dit lorsque j'ai été la voir. J'aurais voulu aller chez elle tous les jours; mais l'assiduité d'un garde-malade qui est nécessaire pour l'état de mon oncle m'empéche de le faire, ainsi que d'aller à la cour et dans les autres sociétés.

Je ne vous dirai rien sur le contenu de votre lettre de Polotsk touchant les différences des deux gouvernements que vous avez passés; je vous dirai seulement que c'est une chose à laquelle vous deviez vous attendre, connaissant l'esprit et le caractère des deux chets.

Je vous joins ici le bulletin de Picart. J'ai corrigé le dernier article, parce qu'il s'y est trompé de nom, et j'ajouterai à tont се qu'il vous dit qu'aujourd'hui, à la prière du khan de Crimée, За Majesté Impériale а donné un oukase par lequel elle le faisait саpitaine des gardes de Préobrajensky. Le nouveau capitaine а sim plement demandé à avoir un grade russe pour avoir du poids dans ses états et sur l'esprit de ses sujets. Je vous laisse à juger si lé désir du Khan est rempli et s'il en sera content.

St-Pétersbourg, 9 octobre 1781.

La maladie du Comte va on ne peut pas mieux pour une entière guérison, mais elle va lentement, ce qui commence à l'impatienters Je ne pourrai vous rien dire d'autre sur son compté que son) corps est entièrement hors d'affaire. Il n’y а que sa jambe qui ne veut: pas encore promettre un usage réel; ce n'est que par le moyen d'un bras qu'on lui fait changer de place. Mais le bien qu'ony voit, c'est l'enflure qui est entièrement passée; il ne reste чие а tension des nerfs et une rougeur désagréable sur tout le contour

de la partie lésée. Au reste, il est fort gai, surtout les jours qu'il reçoit des nouvelles de Leurs Altesses Impériales, ce qui, grâce aux bontés de Mme la Grande-Duchesse, arrive assez fréquemment.

Vous me ferez l'amitié de me mettre aux pieds de Leurs Altesses Impériales, et de leur annoncer que rien n'altère la santé des jeunes Grands-Dues et que tout le monde est d'avis que, présentement, ils se portent beaucoup mieux qu'avant leur maladie, Mercredi dernier, ils ont assisté au concert et y ont resté presque tout le temps.

J'adresse cette lettre à Vienne, croyant qu’elle ne vous devancera pas de beaucoup et que c’est d'autant plus sûr pour vous la faire tenir,

St-Pétersbourg, 10 octobre 1781.

Votre lettre de Mohilev m'a attendri d'une façon inconcevable; je m'attendais à son contenu, connaissant votre cœur. Les lettres que jé devais remettre au comte Panine n'ont pas été lues par moi, il уа si bien qu'il les a lues lui-même sans aucun secours, et la plupart sans lunettes. Je vous assure sa guérison complète et prompte à présent; Rogerson ne manquera pas de vous en donner des nouvelles aujourd'hui. Le Comte écrit lui-méme à Leurs Altesses Ampériales pour les tranquilliser d'autant plus. Il est sûr qu'il vient de loin, mais, en même temps, il est heureux qu'à présent, tout soit passé. Sa jambe, qui le faisait -souffrir, comme je vous l'ai marqué dans toutes mes lettres, est entièrement désenflée et ne lui küsse qu'une sensation désagréable dans la partie qui est la plus attaquée: En un mot, je puis vous dire que vous devez être fort tranquille sur sa maladie; elle est, grâces à Dieu, entièrement passée; Rogerson et lui-même vous en diront de même, Il est vrai зу пе quitte le lit que pour se tenir sur une chaise longue; mais сеа пе у1е0ф point de la maladie, c'est la jambe qui ne lui permet раз епсоге de s'en servir librement, ce qui, dans peu, passera aussi au t de lui permettre de se tenir assis.

éttéÆmoi, je Mous prie, aux pieds de Leurs Altesses Impé- Tales Annoncez-leur que leurs augustes enfants se portent fort

82 ПИСЬМА КНЯЗЯ ATEKCHA БОРИСОВИЧА КУРАКИНА.

bien, Aujourd'hui dimanche, ils ont été se promener pendant la messe pour voir le régiment de hussards Oukraïnsky, qui était assemblé auprès du Jardin d'Eté, et qui attendait le moment de passer devant le palais. Les jeunes Grands-Dues se sont retournés pour ce moment, et ont été ensemble avec l'Impératrice à la même fenêtre. Ce régiment n'a pas fait grande sensation, quoiqu'il soit protégé par le prince Potemkine, On a eu pourtant la bonté de faire distribuer un rouble à chaque soldat,

Je vous fais réparation sur les reproches que je vous ai faits hier. Je vous remercie pour votre exactitude, et vous prie de ne pas manquer de me donner de vos nouvelles de toutes les villes où vous vous arréterez; c'est une grâce que je vous demande, Mon exactitude à moi sera exemplaire, je vous le promets, её се пе sera pas une fois par semaine, mais chaque jour de poste, que je vous donnerai des nouvelles d'ici; soyez-en persuadé, ainsi que de mon amitié.

St-Pécersbourg, 12 octobre 1781:

La santé de notre bienfaiteur va de mieux en mieux: il а quitté le lit, se tient sur une chaise longue, et, dans peu de jours, pourra déjà être sur un fauteuil, La jambe qui ne lui permettait rien de tout cela va fort bien, et sa guérison va être parfaitement totale. Vous devez être rassuré sur cet article non seulement par toutes les bonnes nouvelles que je vous donne, mais plus par la lettre que le malade lui-même а écrite à Leurs Altesses Impériales, preuve certaine de la vérité de ce que j'ai avancé dans mes lettres concernant son état.

Vous me mettrez, je vous prie, aux pieds de Leurs Altesses Impériales, et vous leur annoncerez que la santé de leurs augustes enfants va on ne peut pas mieux. Ils ne sont chez eux que pour. le moment du diner et de la méridienne; le reste du temps, Asie passent chez l’Impératrice jusqu'à 7 heures du soir, temps auquel ils se retirent pour être tranquilles, ce qui me prive de l'honneur de les voir aussi souvent que mon attachement et mon zèle à exécuter les ordres de Mme la Grande-Duchesse le voudraient.

Cela n'empêche pourtant pas que, par des moyens divers, je ne sache l'état de leur santé tous les jours depuis le départ de Mgr le Grand-Due, et c'est le premier soin que j'ai au moment de mon réveil.

Mes lettres sont un peu courtes, direz-vous, car elles пе contiennent aucune nouvelle publique et secrète, J'ai mes raisons, et vous les connaissez, pour me retenir sur ce sujet, de peur de passer pour nouvelliste. Je vous fais écrire toutes celles qu'on peut savoir par Picart, qui les exprime assez bien. Pour les secrètes, notre mentor commun me l'a expressément défendu, pour être sûr dé né point m'attirer d'affaires sur le corps ni en attirer sur veux à qui je les adresserais. Tout cela fait que mes lettres se bornent à la famille et à ses intérêts, ce que je n'omettrai certainement pas si l'occasion s'en présente, et je пе manquerai pas de vous donner régulièrement deux fois par semaine des nouvelles de notre oncle et de moi.

Mais vous, mon cher ami, vous avez un champ bien plus vaste à votre correspondance sans paraître indiscret et sans passer pour nouvellistu. Votre voyage, la santé de celui que vous suivez, votre passe-temps, etc., tout cela donne matière à des lettres, en donnant l'occasion de prouver à ceux à qui on écrit le plaisir qu'on а de s'occuper d'eux et celui de s'entretenir, surtout lorsqu'on les écrit & quelqu'un qui est aussi sincèrement attaché à votre maitre ét'qui a autant d'amitié pour vous que moi. Suivez mon conseil, faités-moi се plaisir; vous captiverez, je vous jure, ma reconnaissance pour l'éternité.

Ænme répondant à celle-ci, marquez-moi, je vous prie, quelle est Harquantité flongueur] de lettre que je puis écrire tous les deux mois & Leurs Altesses Impériales sans paraître importun et sans paraitre vouloir les assommer par les protestations d'un attachement quäls doivent connaitre. Je suivrai votre prescription, pour être plus зйг de се que je dois faire dans une pareille situation.

Pour се qui me regarde, mon cher ami, je vous dirai que je me porte fort bien, que je m'étudie à être aussi exact que possible ns les devoirs que j'ai à remplir tant par mon service de la cour

ne

que par celui du gouvernement, pour qu'on пе puisse avoir aucuné prise à me réprimander, ce qui est d'autant plus facile que je suis seul, exposé à un public envieux et bas. Pour mes amours, ils vont mal; je dis mal, parce que je ne sais à quoi m'en tenir, ce qui pourtant ne durera pas, car le prince Repnine, qui arrive aujourd'hui ou demain, sera l'ambassadeur qui décidera entre les parties contractantes, ce dont vous serez circonstantiellement instruit le plus tôt que je le pourrai.

St-Pétersbourg, 19 octobre 1781:

Ma lettre d'aujourd'hui ne sera rien moins qu'intéressante; voilà huit jours qu'il ne s'est ni dit ni fait aucune chose digne d'attention. Je me bornerai seulement à vous dire que la convalescence de notre bienfaiteur continue à bien aller, qu'il ne reçoit pas encore du monde, parce qu'il attend le moment qu'il pourra s'habiller en surtout; cela même ne tardera pas à venir à la fin de cette semaine. Ce qui prouve son entière guérison, c'est qu'à son diner, on lui donne déjà de la viande et des pommes de terre, ainsi que différents poissons avec du beurre fondu. Le prince Repnine avec sa famille, qui est ici depuis six jours, se portent fort bien. Le lendemain de son arrivée, il a été à la cour, où on Ра fort bien reçu, et, la semaine prochaine, il commencera à faire son service d'aide de camp général. Cela ne lui arrivera, je crois, qu'une fois; саг, dans 15 jours, il compte partir pour Smolensk, où l'élection des nouveaux juges doit se faire.

Vous me mettrez, je vous prie, aux pieds de Leurs Altesses fmpériales, en leur disant que leurs augustes enfants se portent, grâces à Dieu, fort bien, que S. А, Mgr Constantin est plus aguerri au public que son frère aîné. Dans les bals parés et aux concerts, il reste ordinairement tout le temps à écouter la musique её & voir danser, tantôt en marchant dans le cercle, tantôt en jouant avec des échecs sur une table qui est expressément posée pour lui, tandis que Mgr Alexandre se retire ordinairement après une demiheure tout au plus.

La maladie du comte Panine m'a empêché de penser à vos а

faires. L'arrivée du prince Repnine пе manquera pas d'accélérer се que mon amitié pour vous aurait voulu faire dans cette occasion.

St-Pétersbourg, 30 octobre 1781.

J'ai reçu votre lettre de Kiev du 13 du courant, Je suis charmé d'apprendre que vous vous portez bien ainsi que tous ceux qui sont avec vous. Il est impossible de s'intéresser plus des voyageurs que je le fais, surtout de Leurs Altesses Impériales et de vous. Vous ne devez pas en douter, connaissant l'attachement que j'ai pour les premiers et la tendre amitié que j'ai pour vous.

Je vous suis bien obligé pour la lettre de Mgr le Grand-Duc que vous m'avez fait tenir de Kiev. Je suis on ne peut pas plus reconnaissant de [a bonté qu'il a eue de se rappeler de moi, Mettez-moi, je vous prie, à ses pieds, en témoignant toute ma sensibilité pour une pareille bienveillance de sa part. Je ne l'importune pas aujourd'hui par ma réponse; j'attendrai pour cela le départ de М. Lafermière, pour étre d'autant plus sûr de l'exactitude avec liquelle ma lettre parviendra. Par la même voie, je ne manquerai раз d'en adresser une à $, А. L Mme la Grande-Duchesse pour l'entretenir avec détail de l'état de ses enfants, qui se portent, grâces à Dieu, jusqu'à présent, on ne peut mieux. La santé de notre cher bienfaiteur. va fort bien; sa guérison est lente, il est vrai, mais cela n'est pas si mal, à ce que disent les esculapes, саг il s'en portera d'autant mieux et d'autant plus longtemps par la suite,

Mranquillisez-vous sur le compte d'Anrep; il a obtenu, comme jevous l'ai déjà dit, son congé, et est parti pour les terres de ses parents, d'où il vous écrit une lettre que je joins ici, et d'où il maaussiécrit, me marquant qu'il partait le 5 du mois prochain tout auplus tard, еп me demandant une nouvelle lettre pour PestelSxlettre а été joliment écrite. Je ne lui répondrai qu'à Твуйь, ой бега! en même temps une pour Pestel de la façon dontil semble la désirer et que je me dois à moi-même, connaisзале Пе plaisir que cela vous fera et la règle que je me suis prescrite de vous contenter autant qu'il me sera possible,

nn. |

Je suis assez content de Malimonoff; il travaille avec assez d'assiduité. Picart, qui lui donne des leçons, en est aussi content, Sa sœur n'a pas voulu apprendre le français, mais je lui а! fait prendre un maître de clavecin; j'ignore encore si elle fait des progrès. Picart est très sensible au petit mot que vous lui avez adressé dans ma lettre; cela redouble son zèle; il пе manquera pas de vous contenter autant que les bruits de la ville et les nouvelles qui parviendront jusqu'à moi le permettront. А propos de ce bulletin, ÿespère que vous le montrez à Leurs Altesses Impériales, caril est fait pour cela, .et je me donne toutes les peines possibles à le rendre intéressant et ne rien omettre de ce qui peut se dire; c'est pour quoi vous ne trouvez aucune nouvelle dans celles que je vous écris de ma propre main.

La princesse Viasemsky est toujours malade au lit; оп ne sait que lui donner pour la soulager. Dolst m'assure que c'est plutôt un mal moral que physique; c'est pourquoi je crois que vous en êtes la principale cause, et que vous devez d'autant plus la mé: nager; саг il est impossible d'aimer quelqu'un plus qu'elle vous aime, Je ne manque pas de la voir aussi souvent que possible, et j'envoie régulièrement tous les jours mon coureur pour avoir de ses nouvelles. Son mari va fort bien et ше fait beaucoup де роlitesses. Je lui ai parlé pour ce qui vous regarde; il m'a dit que vous pouvez être fort tranquille, qu'il ne laissera certainement pas passer une occasion favorable, pourvu qu'elle se trouve, à faire ce que vous demandez et à faire ce qui peut contenter tous ceux qui portent notre nom et tous ceux qui nous sont liés par le sang.

Je ne vous envoie pas les rubans de Ste-Anne; je le ferai avec Lafermière, pour être d'autant plus sûr de lu façon dont ils vous parviendront.

Pour ce qui me regarde, mon cher ami, je пе puis vous rien dire de bon, car je suis encore dans l'indécision eu égard à mon mariage et à la façon dont je vivrai s'il ne réussit раз. Je ше porte à présent fort bien; j'ai eu la semaine passée un étourdissement par une trop grande plénitude de sang, ce qui m'a obligé

de me faire saigner et m'a entièrement débarrassé de fréquents maux de tôte dont j'ai été accablé.

St-Pétershourg, 2 novembre 1781.

Bien des remerciements pour votre lettre du 15 octobre, que je viens de recevoir au moment que je me mettais pour vous écrire. Je n'ai rien d'intéressant à vous dire aujourd'hui; toutes les nouvelles journalières que j'ai pu rassembler, je vous les communique par le bulletin de Picart. La santé du comte Panine va fort bien, Й dort tranquillement et а un appétit dévorant, се qui prouve за parfaite guérison. Il n'y a que sa jambe qui ne veut pas encore зе désenfler entièrement, се qui commence déjà à l'inquiéter luiméme; mais les docteurs disent que c'est une suite naturelle de sa maladie et qu'il ny а pas de quoi s'inquiéter, On y applique présentement des sachets de camphre, ce qui, depuis deux jours, lui fait un bien infini, et il commence à être plus tranquille, з’арегcevant que l’enflure diminue visiblement.

Lu princesse Viasemsky va un peu mieux, mais elle ne quitte pas encore le lit, à cause de la trop grande faiblesse où elle se trouve, J'ai été chez elle avant-hier; Гу retourne aujourd'hui.

Le comte Chéréméteff, avec qui je me voyais dans cette maison, vous fait ses compliments. П est parti il y a quatre jours pour Moscou, charmé de retourner auprès de Mlle Chéréméteff qui, dit-on, doit être sérieusement mariée avec lui. Tous vos autres parents, amis ot bonnes connaissances se portent, grâces à Dieu, très bien. Тош 1 monde me demande de vos nouvelles et vous font faire leurs compliments. Les plus intéressants sont les deux demoiselles Engelhardt, M. Elaguine, M. Osterwald, ete.

Зе пе vous dis rien d'Anrep, car mes lettres, que vous devez Avoirreques, vous en instruisent de la même façon que je le suis moi-même. La lettre que vous m'avez envoyée pour lui sera exactementeexpédiée à Leyde, où il devra se trouver au moment de son arrivée,

Та sœur de Malimonoft apprend la musique depuis quinze jours

PSS

après votre départ. Pour le français, elle пе veut.pas еп entendre parler; elle est là-dessus d'une opiniâtreté sans exemple.

Vous me mettrez, je vous prie, aux pieds de Leurs Altesses Impériales, et vous leur direz que les jeunes Grands-Ducs conti nuent à se bien porter et à devenir plus charmants de jour en jour. Je les en informerai moi-même par la lettre que j'enverrai avec M. Lafermière, qui doit partir le 6 tout au plus tard.

Je joins ici une lettre à M. Plechtchéeff de la part de sa sœur; faites-la-lui tenir en lui disant bien des choses de ma part, ainsi qu'à tous vos compagnons et compagnes de voyage. Bien mesrespects à M. et à Mme ЗаНукой. Paul, le valet de chambre de M. Panine, m'a prié de vous rappeler au sujet de son cousin qui est à Venise; faites, je vous prie, si ce qu'il vous demande est possible; vous lui devez de la reconnaissance pour l'assiduité et 18$ soins qu'il а eus du comte Panine pendant qu'il était malade.

St-Pétersbourg, $ novembre 1781,

Je vous souhaite bieu le bonjour, et désire que cette lettre vous trouve dans les plus grandes fêtes et amusements qui sont faits pour votre arrivée à Vienne, Faites-m'en, je vous prie, une ample description; vous m'obligerez infiniment par là, et vous prouverez que les moments que vous aurez employés à me les décrire seront des moments de plus que vous penserez à votre frère et ami. J'attends cela comme un gage de votre amitié et suis, par consé= quent, [impatient] de le voir dans mes mains.

J'ai voulu vous parler aujourd'hui fort amplement sur l'article de la cour d'ici, de ses intrigues, et des nouvelles qu'on ne peut: confier à la poste. Mais le comte Panine me Га défendu, et j'en connais déjà la raison; car le remetteur de la présente, quoîque attaché au service de celui pour qui nous nous sommes dévoués, a: une liaison avec les Viasemskÿ] et, par conséquent, Bak[ounine]et Bez{borodko], dont les vues sont totalement contraires à nous её аш bien-être de tous ceux qui nous sont liés; Й пе pourrait donc étre un homme à qui l'on pût se fier; c'est pourquoi, mon cher ami, je ше

tais sur tout ce que j'aurais à vous dire. Nonobstant, j'ai commencé une espèce de journal, où tout ce qui peut vous intéresser des choses secrètes sera inséré, et que je ne manquerai de vous faire parvenir par la première occasion sûre qui se présentera. Pour à présent, contentez-vous du peu que j'ai à vous dire; car je ne pourrai vous informer que des santés des personnes malades, sans insérer aucune nouvelle quelle qu'elle soit. Le comte Panine va assez bien; je suis content de sa jambe, que j'ai vue hier avec les esculapes; Venture diminue visiblement, et il est fort gai, mais beaucoup plus vif et emporté, ou, pour mieux dire, prenant toutes les choses fort à cœur, même celles qui ne devraient pas l'intéresser, ce qui n'a pas été tant à remarquer avant sa maladie,

Dans quelques jours, mon sort eu égard à mon mariage sera décidé. Le comte Panine veut en parler au père et veut décidément de son propre chef finir une affaire qui traîne en longueur par le caprice d'un étre indomptable, Nous verrons ce qui en sera; vous en serez certainement averti le premier, de telle maшаге que cette affaire prenne tournure.

La princesse Viasemsky est beaucoup mieux; elle a eu une mauvaise nuit, mais cela а été d'un effrayement qu'elle eut la veille, се qui n'aura point de suite, La sœur de Mfalimonoff] veut que je lui achète un clavecin de 150 roubles. Vous savez que vos affaires domestiques ne permettent point des dépenses outrées: je шаг dit que j'attendrai R-dessus votre décision, que je vous prie de ше faire au plus tôt; mais vous saurez que c'est le claуесш ие je loue pour elle à 4 roubles par mois qu'elle veut avoit | ше semble que cela est assez inutile, car on ne peut беге sûr si elle continue cet instrument ou si elle le laisse là. Dans une pareille situation, il ше semble qu'il vaut mieux contiпиег lui louer се méme clavecin jusqu'à votre retour, après quoi vous ferez ce qu'il vous plaira, et je n'aurai plus rien à dire, Môme présent, vous m'obligerez beaucoup en me marquant votre facon Че penser sur cet article, car vous pourrez étre très assuré que j'émploierai le même zèle à faire ce qu'elle veut, si vous у consentez, qu'à vous représenter l'inutilité de la prétention.

J'ai reçu vos effets de Paris. Je n'ai pu encore rien faire de ce que nous avons arrété ensemble à ce sujet, J'y ai reçu des rubans d'ordre de Ste-Anne et de l'Union parfaite, Je les ai donnés à Malimonoff pour vous les faire tenir par М. de Lafermière. Je crois que vous aurez assez d'une pièce de chaque. Si pourtant vous remarquez qu'il у en a trop peu, je puis vous en envoyer encore autant qui fait le reste de ce dernier envoi de Lesage.

Je joins ici deux lettres pour Leurs Altesses Impériales de ma part. Je vous prie de les présenter en me mettant à leurs pieds, et me marquer après si cela leur à fait plaisir et si je puis continuer; car il n'y a rien que je craigne tant que d'être importun et de déplaire par quoi que cela soit à des personnes entre les mains desquelles je compte que mon bonheur et mon bien-être réside. Ecrivez-moi à ce sujet avec la franchise d'un frère vraiment ami,

St-Pétersbourg, 10 novembre 1781.

J'aurais de quoi étre fort inquiet sur votre santé, me trouvant sans nouvelles depuis Vassilkov, — tandis que tout le monde en reçoit, et que Déboli seul a eu quatre courriers de Vichnévetz, ainsi que l'Impératrice de la part de M. le comte et de Mme la comtesse du Nord,—si M. Déboli n'avait pas eu la complaisance de me montrer la traduction de ses dépêches qu'il fait pour l'impératrice et de me tranquilliser par là pour ce qui vous теgarde, J'y ai vu, à ma très grande satisfaction, que Leurs Altesses Impériales se portent bien, et qu'ils ont captivé les cœurs de la première nation qu'ils ont vue en sortant de leur patrie. Je ne doute nullement que cela ne continue partout où vous зегех. Mais je serais curieux de savoir quelle est celle qui saurw plus sentir le prix de posséder d'aussi illustres et d'aussi aimables voya= geurs, et quelle est celle qui saura rendre plus de justice à leurs qualités; c'est ce que je vous prie de me marquer. Connaissant mon attachement pour ces augustes personnes, vous ne devez pas douter de mon impatience à voir ma prière accomplie.

1781 r. CI 41

Les nouvelles que j'aurais à vous marquer d'ici, vous les recevez aujourd'hui par le bulletin de Picart, auquel j'ai dicté tout ce qu'il était possible d'écrire. Pour d'autres, je me tais, en les marquant sur le journal des évènements secrets pendant votre absence. Pour celles que j'ai à vous dire à présent moi-même, elles se bornent à un très petit nombre, ou, pour mieux dire, elles ne regardent que ma personne eu égard à mon mariage. Comme Leurs Altesses Impériales ont bien voulu me parler quelquefois de cette affaire et qu'ils Venvisageaient d'un œil favorable, je vous prie de leur lire cet article, en me mettant à leurs pieds.

Ne voyant rien qui puisse me prédire la fin de mon entreprise, je me suis résolu, comme vous savez, à demander au comte Tehernychoff une réponse décisive à cet égard. J'ai chargé le comte Panine, qui а bien voulu prendre cela sur lui, et qui m'a promis que cette avance était la dernière qu'il ferait, car il était temps de faire sentir au comte Mchernychof le ridicule de la situation à laquelle il m'avait réduit; aussi a-t-il tenu sa parole. Le prince Repnine fut chargé d'engager le comte Tchernychoff de passer chez le comte Panine à une heure où ils pourraient être seuls. L'entrevue s'étant faite, le comte Раnine lui adressa la parole en lui demandant une réponse décisive sur la résolution qu'il avait d'établir sa fille. Celui-ci ne laissa pas le temps au premier d'achever sa phrase, qu'il partit en exclamations sur le désir qu'il avait d'appartenir à la famille d'un homme télque mon oncle et de me posséder, ce qu'il continua fort longtemps dé la façon naturelle à la famille des Tchernychoff, ajou- Чао аргёз que sa fille était encore si jeune, non seulement d'âge, mais encore plus d'esprit et de savoir-vivre, qu'il ne peut se résoudre à la laisser sortir de за maison, et que même il ne pouvait раз prévoir 16 moment auquel il pourrait le faire. Le comte Panine,-sur cela, Jui répondit qu'il voyait bien qu'il ne voulait pas cette alliance malgré ses protestations, qu'ainsi il lui déclarait 4е ша part que je le priais d'oublier entièrement ce qui était entre nous et qu'il n'en soit plus question. Le comte Tehernycho” s'éwertut en éloges sur mon compte et s'étonna de mon impatiencé, Mais-mon oncle пе le laissa plus parler, demandant qu'il finit,

ES

car il n'y avait plus de nécessité d'en prolonger le discours. Ainsi finit cet entretien si fatal pour moi, et ainsi mon sort fut décidé, Je n'ai pas besoin de vous dire si cela m'a fait de la peine: vous connaissez [assez] ma sensibilité et mon attachement pour la jeune comtesse pour pouvoir vous le représenter; cela se conçoit d'ailleurs beaucoup plus facilement que cela ne se décrit. Voilà de ces êtres que la terre porte et qu'on ne peut pas connaître avant quelques événements pareils. Si Mgr le Grand-Duc était lei et si le comte Panine n'avait pas été renvoyé, il n’en aurait rien été. Cela me fait faire la réflexion qu'un homme qui sacrifie son étatet le sort de deux autres personnes à sa vanité et à la faveur est un ‘être bien méprisable. Mais n'en parlons plus, c'est fini, et il n'en sera plus question, Cela me coûte, il est vrai, maïs que faire?

En montrant cet article à Leurs Altesses Impériales, vous les prierez de ша part qu'ils aient la bonté d’en garder le silence pour les personnes qui composent leur suite, car il y en а un qui est celui auquel le comte Tchernychoff destine sa fille. Vous direz encore que les jeunes Grands-Ducs se portent, grâces à Dieu, fort bien, et qu'ils deviennent plus charmants de jour en jour. А ргбsent, ils ont un nouveau goût, qui est celui de la danse: il sont continuellement avec des gants blancs et dans toutes les polonaises: possibles, non seulement à l'Ermitage, mais même aux grands bals parés dans la Galerie. Le plus grand plaisir du grand-duc Alexandre, c'est de conduire ces polonaises en première paire avec Mile Passek, ce qu'il fait aussi le plus souvent qu'il peut, dansant toujours avec la même dame. Pour le grand-duc Constantin, s'il ne danse pas avec ses bonnes, il prend toujours la comtesse Boutourline, Les voilà done décidés pour des brunes.

St-Pétersbourg, 14 novembre 1781,

Enfin, les noces des nièces viennent de finir; hier, celle de Mlle. Alexandra a été célébrée. Il n'y а rien eu de particulier: un simple bal dans la chambre des chevaliers des gardes et souper ordinaire, où l'Impératrice а pourtant assisté, ont couronné la fête, её И

n'y eut aucun présent de fait, ni de la part de l'Impératrice, ni de la part du prince Potemkine à aucune des nièces. La seule chose qu'il y à à remarquer, c'est que la jeune comtesse Skavronsky а été admise à l'Ermitage qui s’est donné le second jour de sa noce, et que cette jeune femme vient tous les matins à la cour pour déjeuner avec son oncle, et déménagera, dit-on, au château dans la maison de Chépélof, parce que celle de son mari est encore humide. П est à craindre que cette humidité ne dure; si vous vous rappelez de la caste, vous saurez ce dont je veux parler,

Le comte Panine se porte fort bien; sa jambe ne lui cause aucune incommodité. Il reste pourtant dans sa chambre à coucher, craignant d'être assailli par trop de monde s'il paraît dans ses autres appartements.

St-Pétersbourg, 25 novembre 1781.

C'est au moment de mon départ pour Moscou que je vous écris ceci. Je n'ai pas beaucoup de temps; aussi, ma lettre ne contiendra que ce qui est absolument nécessaire que je vous dise. Il a été donné aujourd'hui matin par M. Bezborodko un oukase au généralprocureur par lequel la place que vous aviez au Sénat était confiée à М. Chtéherbatehoff, parent de M. Chouvaloff, qui, à cette occasion, était nommé ensemble avec le prince Gagarine en fonction d'oberprocureurs, Chtcherbatchoff au département que vous aviez, et Gagarine à Moscou. Comme cela avait été décidé de votre temps, J'espère que cette nomination du premier ne vous affligera en rien; саг 1а асе d'ober-procureur n'est pas celle que vous devez garder éternellement, ét n'en est pas même une pour vous et pour votre Situation. D'ailleurs, si l'on se voue au service du збиуегат et de lawpatrie, on ne doit pas s'arrêter aux désagréments, quand on n'a rien & se reprocher et que notre conscience est aussi nette que Vestulamyôtre, et vous devez savoir que, plus cette nouvelle désagréablemvous paraîtra indifférente, plus le Grand-Duc aura de obligation. à vous dédommager à l'avenir de ce que vous perdez pousl'attachement que vous avez pour lui, et pour le temps que Wous sacrifiez & son service personnel, Dieul que ne suis-je à votre

place, et pourquoi est-ce que je ne perds point une place d'oberprocureur! Vous verriez la façon dont j'aurais pris la chose et la force avec laquelle mon zèle aurait redoublé à prouver au publie combien je lui suis attaché et quel est le désintéressement de mon service. Le comte Panine, à qui j'ai annoncé cette nouvelle aussitôt que je l'ai sue, m'a ordonné de vous prier de ne pas vous attacher aux jouissances présentes, mais de songer à l'avenir, et de croire que ce n'est ni les emplois ni les rangs après lesquels on doit courir et chercher, mais que c'est eux qui doivent chercher le mérite et la personne qui le possède. П se porte, grâces à Омь, assez bien, et reçoit déjà le monde qui veut le venir voir dans les grands appartements, sans se permettre pourtant d'aller encore à table ni pour le diner ni pour le souper; tout ceci se faiten particulier,

Mettez-moi aux pieds de Leurs Altesses Impériales en leur гарре- Jant au souvenir un homme des plus attachés à leurs personnes. Les jeunes Grands-Dues se portent fort bien et se promènent en traîne assez souvent, ce dont j'ignore la nécessité, Vous le leur direz, pour qu'ils soient avertis de ce qui se passe ici eu égard аи trésor qu'ils ont laissé dans leur patrie.

Je finis ici, devant me mettre en route.

St-Pétersbourg, 20 decembre 1781.

Je vous remercie pour deux lettres que vous m'avez écrites, l'une à.votre arrivée à Vienne, et l’autre du 10 du courant. Те n'ai point de réponse à vous faire sur leur contenu; саг toutes nos lettres se trouvent être décachetées à la poste, et je пе suis pas curieux de devenir la proie de la recherche pour une nouvelle dite plus tôt qu’elle ne le serait, sue d'elle-même. C'est pourquoi, mon cher ami, je vous prie de vous tenir sur vos gardes et Че пе mettre aucune pareille réflexion dans celles que vous mécrirez: Vous en comprenez trop la conséquence pour que je vous réitère ma prière; vous pouvez même dire cette réflexion à la plupart де 05 messieurs, pour qu'ils soient aussi à l'abri des suites de l'indiscrétion:

Nous nous portons ici assez bien; je dis assez bien pour ce qui regarde le comte Panine, саг sa santé ne va pas mieux du tout pour ce qui regarde une guérison complète. Il vient de recevoir une nouvelle incommodité, c'est celle des douleurs sourdes dans les jambes, qui l'empéchent de dormir, et qui lui ont fait reprendre le train de vie qu'il avait avant son voyage à Douguino.

St-Pétersbourg, 11 janvier 1782.

Alotre lettre du 19 (30) du mois passé m'a charmé, mon cher ami, La façon dont vous avez reçu la nouvelle de votre dé- | placement du Sénat vous fait honneur; саг ce n’est pas là la place par laquelle vous ferez votre chemin, et ce n'est point à elle qu'il faut teniret qu'il faut chercher, mais c'est aux qualités et aux devoirs de la place à rechercher un homme capable de les remplir. Cest du nombre de ces derniers que vous devez vous compter, et, par conséquent, ne point prendre garde que l'ober-procuration du Sénat vous а été 016е ou non. Je ne vous décrirai pas la personne de votre successeur; car, ne la connaissant point, et lui n'étant pas ici, И её difficile que je le fasse. D'ailleurs, il y aurait si peu de bon à dire sur son compte, selon les bruits publics, que je n'ose en confier le contenu à la poste.

Vous n'avez pas besoin, mon cher ami, de me recommander les Malimonoff. И suffit que vous leur vouliez du bien, pour que je mette toute mon attention à les rendre contents et à améliorer leur sort, soyez tranquille sur cet article, et vous me rendrez justice. Je n'achéterai point de clavecin pour la sœur, car c'est une dépense шие; mais pour la robe d'hiver, je ne manquerai Че № lui donner en votre nom, pour peu que les fonds que j'aurai entre mes mains me le permettent, Pour ce qui regarde le frère, je crois -qu'ilne doit avoir besoin de rien. Etant défrayé de tout, Й гесой 400 roubles, dont je lui ai déjà donné 200. Si pourtant Ише parle deses besoins et que je les trouve réellement nécessaires, je ше ferai ип plaisir de lui faire des douceurs, car c'est un homme Miquel vous vous intéressez pour bien des raisons. Je suis assez

46 ПИСЬМА КНЯЗЯ AIEKCBH БОРИСОВИЧА КУРАКИНА,

content de lui; je le serais pourtant davantage s'il voulait moins sortir, et s'il avait moins de commissions de votre part à remplir, car il y a tous les jours deux ou trois sorties pour votre compte. Je ne sais si cela est vrai; au reste, vous me ferez plaisir de lui recommander de la modération à ce sujet, et encore plus pour les dépenses, car il me semble qu'il en fait plus qu'il ne devrait faire. Chaque fois que je dine à la maison, ce qui arrive au moins une fois toutes les semaines, il dine avec moi, et je le garde dans mes appartements aussi souvent que cela m'est possible, pour lui donner un plus grand usage du monde, et pour lui ôter cette espèce de timidité qu'il a. Picart en est content.

Le comte Panine se porte, grâces à Dieu, très bien; il sort pour faire des promenades chaque fois que l'inconstance et la rigueur de notre climat le permet. Le prince Repnine n'est pas encore de retour de Smolensk; dans dix jours, il sera, je crois, ici,

Je те porte aussi fort bien, mais je ne suis pas content de moi-même. En descendant de voiture il у а huit jours, j'eus le malheur de glisser et de me faire de nouveau une tension de nerfs au genou gauche, dont je suis incommodé depuis fort longtemps, comme vous savez. Cet accident m'a attristé au point que je пе puis vous le décrire, et comment ne pas s'en chagriner? А шоп âge, je me vois en quelque façon déjà infirme. Je garde la maison depuis ce temps; ce n’est que d'hier qu'au moyen d'une canne, j'ai pu traverser ma chambre à coucher, tant l'enflure est grande et tant est aiguë la douleur que je sens aux nerfs qui entourent la jointure du genou.

Avant cet accident, j'ai donné un bal, où j'eus 60 personnes: Toutes les demoiselles de ma connaissance avec leurs pères её mères y ont été, hormis les demoiselles qui logent à la cour et à la maison des Tchernychoff. La princesse Viasemsky avec Mlle Résanoff y a été, et est restée jusqu'à près de minuit, ce dont je suis fort reconnaissant, car je sais qu’elle est habituée à se coucher de bonne heure. On a dansé sans discontinuer depuis 6 heures jusqu'à une heure après minuit. J'avoue que je n'ai point vude bal qui puisse être plus animé. Après-demain, je donne un

souper pour la baronne Stroganof, où je n'aurai qu'une quinzaine de personnes de sa société. Dans peu, je compte donner un diner pour le prince Viasemsky, pour pouvoir l'avoir aussi chez moi, car il ne va виШе part les soirs.

SePétersbourg, 15 janvier 1782.

L'intérêt que Leurs Altesses Impériales ont bien voulu prendre à l'évanouissement de mon projet de mariage m'a touché jusqu'aux larmes. Je suis on ne peut pas plus pénétré de leur bonté pour moi, la seule chose qui me fait de la peine, c'est que ша situation ne me permet pas d'en témoigner ma reconnaissance et de m'en trouver digne. Le désir de ces deux choses est ce que je puis offrir à présent; aussi, je Le leur présente en entier; mettezmoi, je vous prie, à leurs pieds. En me rappelant à leur souvenir, vous leur direz que les jeunes Grands-Ducs se portent, grâces à Dieu, très bien, et jouissent constamment de la promenade en traineau et de tous les bals parés et masqués qui se donnent à la cour. Та seule chose que je n'annonce jamais avec plaisir, c'est la timidité du grand-duc Alexandre qui ne veut pas encore passer, au lieu que le grand-duc Constantin est d'un caractère aussi entreprenant que possible, au point de s'amuser dans des chambres obscures pour jouir de sa bravoure et pour faire d'autant plus de peur à son frère aîné. Mais il est à croire que cela passera; au moins, оп пе laisse pas que d'y mettre toutes les attentions possibles.

Та lettre que vous avez écrite à Picart Га rendu fort content; c'est une douceur qu'il mérite pour les soins qu'il se donne à instruire Malimonof, et surtout à composer les bulletins qui doivent vous étre intéressants par la fraicheur des nouvelles qu'il vous у marque De pareilles lettres de temps en temps ne pourraient que lérendre content et, par conséquent, aiguillonner d’autant plus son zèle à étre exact à son devoir.

“Je ne ше suis point étonné de l'article d'une de vos lettres où vous ше parlez du rôle que jouent vos camarades de cour, Je n'ai jamais douté de leur peu de savoir-vivre et de la petitesse de leur езрги, её je ше suis par conséquent toujours figuré qu'ils ne pour-

SR

соя sur Péquiguse que sans ses à cons эт Cost ame Dante ds Gouué Der qui Фа Мер augmenter saute audbement paur Паб. eur vies est plus agpéalle, dans an long veus surmur. que боксе à sui, de me dépentes que Ar ani. #7 De punir dm à méme de <ahamisaser à mes pengees réflesinoe sans ét nonmmmie par le rasaesement Чашегой Je sous en Gite durant рб que je eonœsés votre fs eve de gerer sue себ arécle

Se Denmomg LE ener PME |

La Gerade-Drochesss m'a booncé dune lettre si graciense que ma joie ent inezprimable $5 vous en trouvez l'occasion, témoisnez, je vous prie, toute la ronamsissance Чиа cœur ssasible et d'une porsmne qui lai est vraiment attachée. J'ai écrit une réponse que je vous joins 165; vous me ferez le plaisir de la lui présenter ainsi que ma lettre à Мет le Grand-Doc, en disant toat се ие votre Altachwment pour leurs personnes pourra vous faire dire; саг je лета jaloux et je ne vous pardonnerais pas de croire que vous en Aves plus que moi: le mien est sans bornes et le sers éternel- Jatnent,

du nu vous dirai aucune nouvelle d'ici, parce que ce seraituné répétition de celles que Picart vous a marquées dans son: bulletin qua j'ai dicté hier au soir.

St-Pétersbourg, 11 mars 1782

Votre lottre de Rome du 6 février m'a fait beaucoup Че plüsir, surtout l'aventure qui vous est arrivée avec le Pape. Vous avez Амон Шов 040 content, mon cher ami, car c’est réellement une: diminution; je vous on fais mon compliment de tout mon cœur. de nouhnit quo vous ayez plus souvent de pareilles surprises, pour

que votre cœur jouisse plus de pareilles satisfactions, et que votre voyage vous soit d'autant plus agréable.

St-Pétersbourg, 1-er avril 1782.

Comme votre lettre du 9 (20) mars est remplie de reproches pour le silence que le comte Panine garde envers Leurs Altesses Impériales, j'ai cru devoir la lui montrer pour qu'il soit instruit de Ia реше que cela leur cause. Пу a été fort sensible, et, dès aujourd'hui, il ne laisse pas passer l'occasion du départ de ce courrier sans écrire une réponse à toutes les lettres qu'il a reques de Lours Altesses Impériales. Mais à parler franchement, mon cher ami, il n’y а point de faute de sa part dans се silence qu'il a gardé jusqu'à présent; l'état où il se trouve en estla principale cause. Le bien que vous croyez étre dans sa santé n'est pas du tout celui qui puisse lui permettre une occupation suiwie; vous dèvez être bien éloigné de prendre cela à la lettre, car son état n'est pas celui d'an homme entièrement guéri et d'une personne jouissant de l’aisance de sa situation. П est, sans ехаgérer, réellement accablé, et du côté de son physique ainsi que de son moral. Sa situation n'est plus une réelle existence, mais une végétation. Son bras droit, faible par le surcroît de ses maladies et de son âge, sa mémoire affaiblie, par la même raison, au point d'oublier l'idée qu'il commence à mettre par écrit, l'empéchent d'éсте aussi souvent qu'il le désirerait par l'attachement inviolable Чи” а pour eux, et dont personne certainement ne peut douter. Haccablement dont je vous parle est si grand, qu'il y a des momentsqué je crois qu'il est à la veille d'essuyer une nouvelle maladie, et que mes inquiétudes pour son état redoublent. Je ne vous dirai point la raison de cet accablement, саг sa situation eu égard А зи séparation avec Leurs Altesses Impériales en est la principale cause. Outre cet inconvénient qui le prive du plaisir de répondre à toutes ces lettres, l'indiscrétion des maîtres de poste Me каг@ег les copies de chaque lettre qu'on écrit au Grand-Duc 00 в quelqu'un de sa suite est une forte raison qui l'empêche d’être

ne

plus ехасё. Les courriers qu'on vous expédie ne sont pas plus sûrs; саг ils ne partent qu'un jour après que leur départ est fixé, et, au moment qu'on croit avoir remis la lettre dans des mains sûres, | 36 trouve qu'elle a été décachetée et qu'on en a gardé une copie. Ceci est aussi une assez forte raison pour le rendre plus circonsресё et pour rendre Leurs Altesses Impériales plus indulgents à son égard. 1 est vrai qu'il n'y а point de sentiment qui puisse subsister sans (Иго nourri et sans une certaine réciprocité. Mais Lx situation du Comte ne va pas sous cette maxime; car, sans donner actuollement des preuves de son attachement, il les а assez données auparavant, et l'état de son accablement en est une forte par toutes les idées qu'il ne laisse de former sur sx situation par l'éloignement où il se trouve de Leurs Altesses Impériales, et, j'ose: dire, par les souffrances qu'il essuie journellement de la mélancolie qui l'accable, Voici son mal actuel; car, autrement, зе porte, grâces à Dieu, très bien, à la mélancolie près.

Présentez, je vous prie, M. Goguel, porteur de cette lettre, à Mgr le Grand-Duc, comme une personne qui à eu beaucoup de complaisance pour le comte Panine. Il a été entièrement expédié hier au soir; mais, par le canal de Paul Bibikoff, il a consenti de rester jusqu'à présent cinq heures de l'après-diner pour attendre les lettres du comte Panine et pour lui donner le loisir d'écrire tout co qu'il voudra sans craindre que cela puisse être décacheté et su de quelqu'un, C’est un fort bon garçon; Bibicof le recommande comme tel, car il est depuis 12 ans avec lui Je vousle recommande aussi, mon cher ami: le trait qu'il vient de faire de rester près d'un jour entier pour attendre les lettres du Соне ев est une preuve,

St-Pétersbourg, 16 avril 1782.

La cour est à Tsarskoïé-Sélo depuis huit jours. Quoiqu'on ne puisse pas jouir encore de la promenade, le séjour y est très agréable par les bontés que Sa Majesté а pour tous ceux qui s'y trouvent. Elle dine régulièrement tous les jours à la grande table, paraît vers les six heures du soir pour faire une guerre qui duré jusqu'à

PS 1782 г. 51

près de huit, après quoi suit la partie de reversi, et Sa Majesté пе se retire jamais avant les neuf heures, ce qui, rassemblant tous 1е5 habitants de Tsarskoïé-Sélo, éloigne l'ennui de la solitude: l'affabilité et la bonne humeur qu'elle а rendent gai tout le monde, Après la partie de l'Impératrice, Гоп va souper tous ensemble chez un des grands qui s'y trouvent, comme le comte de Tchernychoff, le prince Repnine, le grand chambellan, le comte Stroganof, etc. On у fait des parties de jeu, dont je ne suis point, car j'évite les cartes.

En partant de la ville, l'Impératrice а pris avec elle le comte Tehernychof, le prince Repnine comme général-adjudant de service, le comte Stroganoff et le grand chambellan; ces messieurs n'ont pas encore quitté Tsarskoïé-Sélo. Les demoiselles d'honneur qui ont accompagné Sa Majesté sont: МИе Protassoff, Mlle Chkourine l'ainée, la comtesse Boutourline et Mlle Mordvinoff, sœur de M. Mordvinof, officier dans notre flotte. Celles-ci ont reçu de l’Impératrice tout un chapeau plein de 10 sols pour jouer aux cartes. Je leur ai gagné prés de la moitié au pamphile; s'il leur en reste encore pour le premier service que je ferai, j'espère posséder le tout.

Le séjour de Tsarskoïé-Sélo est entièrement changé. Pendant que limpératrice joue au billard, les demoiselles d'honneur et M. Narychkine, le grand écuyer, font de la musique et beaucoup de bruit sans que cela déplaise à Sa Majesté. Cette liberté le rend très agréable et rappelle aux anciens cavaliers les premiers temps de Tsirskoïé-Sélo, La ville, de son côté, jouit de tous les agréments dela société. Les assemblées chez le maréchal Golitsine, le prince Miasemsky et le vice-chancelier, continuent régulièrement une fois par semaine chez chacun. Les ministres, outre cela, ne laissent pas quendé donner un souper chaque semaine de la part de tout le corps diplomatique. Les plaisirs de la campagne vont venir; je ne manquera раз de vous en faire le détail en son temps, surtout de 1ш сашравие du vice-chancelier, саг il а une orangerie de 130 toises Че юпа, et il a fait travailler tout l'hiver à la maison et à ses ameublements.

Ле зщ étonné de voir par le contenu de vos lettres que l'Italie, рауз des plaisirs et du goût, n'ait fait aucune sensation sur vous,

PS

52 ПИСЬМА КНЯЗЯ AIEKCHA БОРИСОВИЧА КУРАКИНА.

Florence surtout; car, à ce que disent les voyageurs qui se trouvent de retour, c'est un endroit qui ne peut ne pas faire oublier le reste de l'Europe et qui fait un tort irréparable aux endroits que Гоп voit après lui. Jugez de mon étonnement de voir tout le contraire dans les nouvelles que vous me donnez de vos voyages.

Je vous remercie bien sincèrement pour tous les envois que vous m'avez faits, comme la description des fôtes de Venise, votre médaillon en biscuit, la symphonie de M. Chépéloff, et les boutons faits de la lave du mont Vésuve. J'ai reçu tous les objets exactement; c'est pourquoi, étant témoins de votre souvenir et de votre amitié, je vous en suis doublement reconnaissant.

Le comte Chouvaloff, à son arrivée ici, а fait une pièce de vers qu'il a fait imprimer sans у mettre de nom. Elle est si bien faite, que je ne puis m'empécher de vous en envoyer un exemplaire avec la traduction en russe de М. Domachnef. Comme elle me parait un peu faible, j'ai prié notre cousin Nélédinsky de la faire; s'il y réussit, je пе manquerai pas de vous l'envoyer.

Tsarskoïé-Sélo, 11 mai 1782.

Dans quatre jours d'ici, comme c'est le jour de la Pentecôte, Sa Majesté Impériale va, la veille, en ville, pour assister au diner qu'elle donnera aux officiers du régiment d'Ismaïlovsky. Elle у restera encore le lundi jusqu'à l'après-diner, pour assister à № cérémonie qui se fera à la chapelle de la cour par la création d'un nouvel archevéque pour la ville de Sevsk; après quoi, le clergé sera admis à la table de Sa Majesté Impériale, et, tout cela fini, l'on reviendra à Tsarskoïé-Sélo pour y rester jusqu'au jour de St- Pierre, ou peut-être pour tout le reste de l'été; car on ignore encore si la cour fera son séjour à Péterhoff cette année ou пов.

Avant-hier, il est arrivé à Pétersbourg un Polonais avec sa femme; c'est le comte et la comtesse Mniszech, les mêmes chez qui Leurs Altesses Impériales ont eu l'entrevue avec le roi de Pologne: Le but de leur voyage est les remerciements qu'ils ont à faire pour le cordon de St-André que Sa Majesté Impériale a bien voulu don=

ner au comte Mniszech après que Leurs Altesses Impériales ont quitté la Pologne pour aller en Autriche.

La santé du comte Panine est toujours dans la même situation. Les insomnies qui ne veulent pas cesser l’accablent entièrement; il est devenu d'une faiblesse inexprimable; une demi-heure de promemade de plus dans celles qu'il fait ordinairement le dérange pour le reste du jour et se fait encore sentir méme le lendemain.

Le prince Repnine est aujourd'hui de service ici pour huit jours. И пе reste à Pétersbourg que jusqu'au commencement du mois prochain, où il sera obligé de partir pour 4 mois pour faire le tour des gouvernements dont il est le chef; les affaires qu'il a à expédier exigent un tel espace de temps.

St-Pétersbourg, 17 mai 1782.

Hier, l'Impératrice а été en ville pour créer un archevêque, comme je vous l'ai annoncé dans ma dernière du M 37. Elle a 4106 chez M. Betskoï, et voulait tout droit de là revenir à Tsarskoïé-Sélo; mais le leu qui a pris aux boutiques а dérangé son projet. Ce few x été d'une force inexprimable, Il а pris au milieu du marché au poisson par un cierge qu'on avait mis à une image. Ce feu a duré dépuis une heure de l'après-midi jusqu'à minuit sans discontinuer. Toutes les houtiques de bois, tout en général a été consumé; Й west resté que le fer à cheval des boutiques de pierre, de sorte Ajue nous n'avons à présent ni marché à la viande, ni marché au poisson, п! boutiques de ferrerie, ni rien. La grande maison de M. Chtchoukine а 66 aussi consumée par les flammes. L'Impératrice, quivétait restée en ville pour attendre la fin de cet accident, a été Ælle-méme plusieurs fois à l'incendie en voiture et une fois à pied, pour étre plus à même de juger de ce malheur et du danger qu'il wravait. Elle n'a quitté la ville qu'à 9 heures du soir, quand elle a mu elle-même que rien ne pouvait plus brûler par les précautions quon а prises, Mais le prince Orlofl, qui était général-adjudant de service, m'est parti d'ici qu'après uno heure après minuit. La <héretédes-wivres est devenue exorbitante: ce qu'on payait 2 г. 75, оп пе peut l'avoir à présent à moins de sept, et ainsi du

nn

reste; jugez de l'état des pauvres gens qui n'ont leur subsistance. LL

Le comte et la comtesse Mnisecn sont arrivés: je les ai vus à mon retour ici de Tsarskolé-Séle. Je les ai trouvés fort aimables tous les deux, ce qui me fait passer mon temps fort agréalilement, de m'y plais d'autant plus, man cher ami, que la plus grande partie de notre conversation roule sur votre compte et sur le séjour que Leurs Altesses Impériales ont fait à Vichnévitz. Le comte Mniszecli est enchanté de toutes les attentions que vous avez eues pour lui: ja mé mets en quatre de mon côté pour lui être utile et pour lui montrer ma reconnaissance pour toutes celles qu'il а eues pour vous. Is ont été présentés à l'Impératrice le jour de la Pentecôte. Sa Majesté lui a accordé les entrées; il en а joui pendant tout le temps que l'Impératrics a été ici. Je me trouve fort occupé à présent pour faire voir au comte Mniszech tout се qu'il у a à voir ici. Je suis de tous les diners qu'on lui donne, ce qui fait que je n'ai pas beaucoup de temps à moi.

St-Pétersbourg, 16 août 1782,

Par une absence de quelques mois que j'ai faite de la ville dlici, je n'ai reçu, mon cher ami, votre dernière lettre de Paris qu'avant hier, jour de mon retour de Moscou et de mes terres. Son contenu m'a, je l'avoue, considérablement étonné pour ce qui regardé mon mariage. Jamais je n'aurais cru qu'un pareil bruit, qui courtich depuis longtemps, ait pu parvenir dans des contrées aussi 6101 gnées. Ce bruit, mon cher ami, doit son existence à la réalitéde son sujet, que ma conduite et mes assiduités ont afirmée. Je vous avoue que l'idée de m'établir et d'être lié avec la maison Фе се Golovine m'occupe depuis longtemps. Les qualités de la personne, qui m'ont fait naître ces idées, sont telles que je me crois très heureux d'avoir obtenu sa tendresse. Vous la connaissez; je n'ai done rien à vous dire de plus. Etant possesseur du cœur d'une jeune personne, l'ayant trouvée telle que ma façon de penser le désirait, je me dois à moi-même d'effectuer le but qui est le seul de toute demoiselle de condition et bien élevée. Je vous en ai assez:

parlé dans mes lettres de Moscou pour que vous sachiez déjà à présent que le bruit qui court à Paris sur mon mariage n'est que trop vrai dans ce moment-ci, étant entièrement faux dans le temps qu'il vous est parvenu. Me trouvant à Moscou, j'en ai demandé la permission à tous nos parents, qui y ont consenti sans balancer, Revenu ici, j'ai ouvert mon cœur à notre cher comte Panine, qui уз pareillement déclaré son consentement. Je vous demande pardon si je n'ai pas attendu votre réponse à ce sujet avant d'en parler à nos vieillards. J'ai été forcé par les bruits qui ont couru ici ét qui leur sont parvenus de leur dire la vérité.

A présent, je vais charger Mme Talysine d'en parler aux parents de la demoiselle, et, quand tout sera arrêté de part et d'autre, le grand chambellan de mon côté et le grand veneur de l'autre en demanderont la permission à l'Impératrice, Ce ne sera qu'après cela que nous le rendrons public; mais en même temps, soyez bien persuadé que, avant un an, il ne sera certainement pas consommé.

Je vous recommande, mon cher ami, la personne qui nous appartiendra de près. Quand vous la connaitrez plus particulièrement, vous doublerez votre estime pour elle et votre bonne façon de penser sur son compte.

Marquez-moi, je vous prie, ce que Leurs Altesses Impéтеб ont dit à ce sujet; car, au moment que j'ai obtenu la permission de mes parents à Moscou, j'ai pris la liberté de leur en écrire. Je désire ardemment de savoir leur façon de penser, espérant qu'ils applaudiront au choix que j'ai fait par les bontés qu'ils ont toujours témoignées à Mlle Golovine. J'attends, cher ami, votre réponse avec limpatience que vous me connaissez d'avoir de vos nouvelles.

St-Pétersbourg, 26 août 1782.

Mous êtes déjà informé, mon cher et digne ami, que les bruits qui vont couru à Paris sur mon mariage ont été faux dans le temps, ша sont très vrais à présent. Picart а dû vous en écrire aussi. Aprésent que tout est fait, c'est-à-dire, que la parole est donnée “bla permission de Sa Majesté Impériale obtenue, je vous recom-

56 ПИСЬМА КНЯЗЯ AIEKCBA БОРИСОВИЧА KYPARHNA.

mande, mon cher ami, ша promise comme une personne charmante et une personne digne d'un chacun. Vous la connaissez: je ne doute pas que vous n’approuviez le choix que j'ai fait. Je vous joins ici une lettre de sa part, ainsi que de celle de son père et de sa mère: ils vous aiment tous infiniment, et s'empressent déjà à gagner votre estime. Je suis persuadé que vous en serez content et que vous les aimerez beaucoup ils ont tous beaucoup d'attentions pour moi et sont très aimés de notre cher comte Panine.

En me mettant aux pieds de Leurs Altesses Impériales, remettez-leur, je vous prie, les lettres ci-jointes. Je prends la liberté de leur annoncer mes fiançailles et de recommander en méme temps ma promise. Pour vous, mon cher ami, ne prenez pas en mauvaise part si ma lettre est courte; j'en ai 30 à écrire aujourd'hui pour les parents de ma promise, Au courrier prochain, je ne man quérai pas de répondre à votre lettre d'étape.

St-Pétersbourg, 20 octobre 1782.

Le major Rose m'a remis une lettre de la part de Son А. 1. Mer le Grand-Duc. J'ai eu la satisfaction la plus complète en la lisant, J'y ai reconnu les mêmes bontés de Son Altesse que j'ai toujours eu en vue de mériter, et qui, comblant parfaitement mon bonheur, captivent ma reconnaissance en entier, Comme cette lettre doit vous trouver près de Riga, j'ai cru ne devoir pas incommoder. Son Altesse Impériale par une lettre de ma part; maïs je vous prie de lui témoigner mon entière reconnaissance et de lui rap= peler l'inviolable attachement que j'ai pour sa personne, en шо mettant on même temps à ses pieds et aux pieds de 5. А. 1. Mme la Grande-Duchesse.

[St-Pétersbourg], 16 janvier 1783.

a lettre que vous m'avez envoyée de votre part au Grande Duc lui а été remise le même jour; c'est moi qui la lui ai présentée avant les cinq heures de l'après-diner, is fait annoncer par son valet de chambre, disant. que

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j'avais une lettre pour lui de votre part, Après avoir attendu un peu, il me fit appeler dans son cabinet, où j'ai été reçu avec beaucoup de bonté. Après une audience d’un quart d'heure, je reçus le congé avec l'assurance que vous recevrez la réponse dans peu. Le même jour, Son Altesse Impériale vint passer la soirée chez le maréchal Golitsine, et c'est sa seconde sortie en public après votre départ. Il n'y а pas encore eu de Kamenny-Ostrov à cause du froid, mais les bals de lundi n'ont pas discontinué.

St-Pétersbourg, 29 mai 1783.

Je ne puis plus vous donner des nouvelles de la princesse B[ariatinsky}; саг voici huit jours que je suis de retour de Narva, que je suis tous les jours à de grands soupers qu'on donne pour le prince et la princesse Sulkowski, qui vous ont vu, à ce qu'ils m'ont dit, en France, et jamais je ne me suis rencontré avec elle. Les fréquents voyages qu'elle fait à Tsarskoïé-Sélo pour voir son amie la privent entièrement de toute société, et personne ne sait ce qu'elle est devenue; personne même ne demande après elle, elle est précisément comme morte, Hier, chez le maréchal, elle ne s'est раз même fait voir. Je ne sais à présent si c'est votre absence d'ici ou sa séparation avec le Borchtchof qui lui cause се dégoût du monde; tout ce que j'en sais, c'est qu'on le trouve assez ridicule.

St-Pétersbourg, 19 juin 1783,

„Тай геси pour vous de М. Nicolaï une caisse avec des tableaux de Hogarth et avec votre portrait fait par Batoni; ils sont à ma campagne et vous attendent.

St-Pétersbourg, 3 juillet 1788.

Votre maison de Tsarskoïé-Sélo est occupée par Kroock et Rein- ‘ка. Ne croyez pas que vous soyez oublié ici; on parle souvent dé vous et avec beaucoup de bonté. Je vous attends ici pour les couches de Mme là Grande-Duchesse, et j'espère que vous ne tarderez pas de venir.

ne

ur 58 ПИСЬМА КВЯЗЯ AXEKCBA БОРИСОВИЧА КУРАКИНА.

Je vous envoie dans un paquet à part quatre exemplaires du Sobésiednik que la princesse Dachkoff vous envoie. Пу en avaït cinq; j'en ai retenu un pour moi.

L'Impératrice a beaucoup de bonté pour moi. Chaque fois que je suis de service, elle ne manque de me faire l'honneur de m'adresser la parole, De plus, elle a permis à ma femme de paraître à la cour, et, le jour qu'elle у est venue la première fois, elle а eu la bonté de la mettre à sa partie de brelan. Pour connaître les détails de tout cela, adressez-vous à mon oncle, à qui j'ai écrit amplement sur ce sujet. Je vous l'annonce, mon cher ami, connaissant votre amitié pour moi, et ne doutant pas qu'une pareille distinction et une bonté aussi particulière ne vous fasse le même plaisir qu'à moi-même.

ITsarskoïé-Sélo], 6 juillet 1788.

Je suis ici depuis quinze jours. J'ai reçu votre lettre du 26 du mois passé avec l'incluse pour Mgr le Grand-Duc, que j'ai remise moimême en mains propres; il m'a promis de vous répondre, Je vous ai marqué que l’Impératrice а eu la bonté de permettre à ша femme de venir au concert le jour de St-Pierre. Hier, Elle a eu la bonté de me dire qu'elle pouvait venir tous les jours de concert, et tous les dimanches pour la messe et le diner.

Je fais on ne peut pas mieux les affaires de mon oncle. Par ma prière, les bijoux et la vaisselle d'argent ont été achetés pour 137.000 roubles, somme assez forte pour solder les créanciers et pour faire face aux dettes, qui, avec toutes les recherches, ne montent qu'à 275.000 roubles.

La princesse Bfariatinsky] ne paraît nulle part qu'aux spectacles de Tsarskoïé-Sélo. On ne parle plus d'elle; c'est pourquoi je ne vous en dirai rien, et je consens à la croire, comme vous dites fort bien, vertueuse et peu ordinaire.

La réponse au sujet de Yeldéguino est toute faite, J'attends la vôtre pour me décider entièrement et pour vous obliger à votre retour ici, si vous le voulez absolument. Présentez mes respects à toute notre famille, Je n'ai pas écrit aujourd’hui au Comte, comp-

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tant qu'il est en route pour ici, en cas qu'il n'y soit pas, dites-lui, je vous prie, la raison de mon silence. Je n'écris pas à Jacquot, саг je n'ai pas eu de ses lettres, Ma femme vous embrasse et vous prie de présenter ses respects à la famille. Adieu, cher ami, je compte vous voir ici à la fin du mois.

Avänt-hier, le régiment de Leib-grenadiers а passé ici en parade. Hier, j'ai suivi l’Impératrice en ville pour l'audience du попсе; nous en sommes revenus le même jour. Demain, le Grand-Due conduit son régiment par ici; les deux régiments campent à 5 verstes de Tsarskoïé-Sélo.

St-Pétersbourg, 10 juillet 1783,

Je nai rien de nouveau à vous dire d'ici, hormis que Sa Majesté Impériale a eu la grâce de me donner une place en m’employant à l'expédition des revenus de la couronne au rang de brigadier avec 1875 roubles d'appointements, Je suis d'autant plus content de cet emploi, que j'aurai de quoi m'occuper, quoi apprendre gt par quoi pouvoir devenir utile à ma patrie, par conséquent à moi-même, Je ne doute pas que vous n'en soyez satisfait vousmême, саг je sais l'amitié que vous avez pour moi, J'aurai beaucoup à faire, cela est vrai; mais, au lieu de m'en plaindre, j'en suis très charmé; car, plus je m'occuperai, et plus je saurai. Vous n'obligérez beaucoup, mon cher ami, en faisant part de mon emploi à nos chers parents, qui ne manqueront pas d'en être contents par Habonté qu'ils ont pour moi. Actuellement, je travaille comme un cheval à l'expédition, pour pouvoir me mettre au fait du but de Vétablissement de ces expéditions, et pour pouvoir me rendre capable à accélérer l'exécution de ce but.

St-Pétersbourg, 27 juillet 1788.

J'ai été une poste sans vous écrire, mon cher ami; ne vous en prenez pas & moi, j'en suis moi-même fâché. La quantité d'affaires 900 jendévais assembler et visiter pour en parler au prince Viasemsky ma pris tout le temps de cette semaine. Hier, j'ai de-

buté devant près de 20 personnes avec un très grand succès, et le Prince lui-même m'a dit qu'il était non seulement fort content de moi, mais qu'il félicitait М. Vassilieff avec un compagnon qui partagera les peines qu'il avait en sa place. Il m'a dit même cela devant tous ceux qui, depuis l'établissement de ces expéditions, étaient toujours avec lui. J'en suis on пе peut pas plus charmé, et mon zèle redouble.

Je suis charmé que votre voyage de Troïtsa est [soit] fini et que notre chère grand’mère l'ait supporté sans incommodité. Vous lui présenterez, je vous prie, mes respects, et de la part de ша fomme, ainsi qu'à notre bien bonne tante la princesse Agrippine. Je suis charmé ча’ Yeldéguino vous ait plu; nous en parlerons à votra retour ici,

St-Pétersbourg, 8 août 1783.

Lo jour du baptème de la Grande-Duchesse nouvellement née, la princesse de Wurtemberg, qui a porté l'enfant, a été décorée du l'ordre de Ste-Catherine et а reçu une superbe garniture en dumants aussi complète que possible Mgr le Grand-Due а reçu Gntahlnn avec 3.000 paysans et 60,000 roubles pour lui aveé 60.000 roublon pour Mme la Grande-Duchesse. Grand avancement dans [и oil, Du nombre des conseillers d'état actuels sont: ММ. Заboukof, Poltoratski, ete... М. Maruzzi а été fait conseiller privé, M, Ilobindor [а вы] la permission de mettre le cordon bleu de Poloune, ot ln fille du comte Chouvaloff arrive à Па cour comme déméluullu d'honneur, Six cordons de Ste-Anne: au chambellan mnt Muuniuh, & М. Epinus, trois aux gouverneurs, et un, à се que dit в Norge Nivolaïévitoh Saltykoff. Parmi l'avancement с, Ш 4 wir à où bien d'autres dont je ne puis me rappeler.

Moscou, 29 janvier 1784.

иней dernier, Apraxine а donné ici un зресбасе зииней plus de 600 spectateurs ont été contents. C’est l'opn di Luorteur, qu'a joué Mlle Téplof avec le

prince Basile Khovansky. L'ensemble у a été on ne peut pas mieux. Demain, on redonne le même spectacle avec une petite pièce nommée: Heureusement, Vendredi, c'est Zaïre, et, duns peu, la pièce de von Wiesen, où lui-même exécutera le rôle de Scotinine, Tout cela fait que la maison de Mme Talysine est sens dessus dessous, et qu'elle ne se croit pas encore à Moscou. Tant pis pour elle, à ce que je trouve; car, sitôt que cela sera fini, elle sentira d'autant plus le poids de l'ennui qui doit l’accabler, ne pouvant ni tenir maison, ni vivre gaiment.

St-Pétersbourg, 23 mai 1784.

rois ou quatre jours après votre départ d'ici, mon cher et digne ami, Mgr le Grand-Duc m'a fait tenir par М. Nicolaï une lettre pour vous, avec ordre de ne pas l'envoyer par poste. Comme, jusqu'à ce moment, je n'avais aucune occasion sûre pour vous l'envoyer, je ше suis vu, à mon très grand regret, obligé de vous priver de sa réception. Je sens combien cela doit vous étre pénible de n'avoir point encore reçu de lettres de votre gracieux ami; mais j'espère que vous ne m'en aceuserez point: la circonspection que j'étais obligé de garder m'a forcé à vous faire de la peine malgré moi. La comtesse Pouchkine а bien voulu s'en charger, Quand elle vous l'aura remise, ne me dites rien d'autre, si vous n'avez d'autre voie que la poste pour me faire tenir votre lettre, que les nouvelles que la comtesse Pouchkine vous a données de moi vous ont fait bien du plaisir. Dans toutes les autres lettres que vous m'écrirez, ayez, je vous supplie, la plus grande circonspection, ainsi que dans celles que vous écrirez au Grand-Duc, pour tout plein de raisons à vous connues.

St-Pétersbourg, 10 juin 1784.

Le prince Alexis Golitsine, qui a perdu l'esprit, à ce qu'on а dit, dans les pays étrangers, est venu ici hier. Je l'ai vu ce ma- Ни, пла je ne saurais dire que ce qu'on m'a dit soit vrai: il est extraordinaire, comme il l'a toujours été, et a sa façon de raisonner, 00, tous ceux qui ne le connaissent pas, paraitra un dé-

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