‹ Votes du dixième parlement, 1904-1908Chapitre 10 sur 27 · LES TERRES DU NORD-OUEST · texte numérisé non relu

LES TERRES DU NORD-OUEST

La spéculation Robbins

No. 54. — 7 février 1907. (Voir Procès-verbaux, page 438).

A partir de 1902 jusqu’au mois d’août 1905, le gouvernement accorda par bail à loyer, pour une période de 31 ans, à des favoris politiques 371,- 749 acres de terre dans le Nord- Ouest, avec privilège par les' locataires de se choisir un dixième de cette quantité qu’ils pourraient garder en toute propriété, le tout à raison de $1 par acre.

Des locataires de ces 371,749 acres de terre, deux, du nom de Hitchcock et de McGregor obtinrent pour leur ■part, le premier 48,807 acres, et le dernier 47,615 âcres, soit 93,482 âcres pour les deux.

Ces deux hommes s’unirent pour former le “Grand Forks Cattle Oom- ■pany,” laquelle compagnie se trouva ainsi à posséder 95,482 aca-es, à titre de locataires et en plus 9,452 acres â titre de propriétaire.

Sur ces entrefaites, un nommé Eobins obtint du gouvernement une concession de 380,573 acres, à titre d’octroi pour fins d’irrigation, au prix de 83 par l’acre, mais b,vec la condition ■d’une remise de $2 par acre si le quart de la propriété était soximis à un système d’irrigation.

Eobins avait à pajrer son acquisition en cinq versements annuels, le (premier desquels était fixé en 1910.

Robins s’associa à la Grand Forks Cattle Company et de cette uuioa

naquit la “ llobins Irrigation Company ’’ qui se trouva ainsi à disposer des 95,000 âcres et des 9,450 âcres de la Grand Forks Cattle Co. et des 380,000 âcres de Kobins.

C’est a'orr que sui-git la ’’ C.'iuadia' lAgency Co,” compagnie de t’’;uisit!on qui vécut apparemment trou seir-t'ines ; c’est-à-dire juste m temps d’acheter ce que imssédait le Grand Forks Company ou plutôt son substitut le Robins Irrigation Company, ' pour revendre le tout à une compagnie de capitalistes anglais appelée le “ Southern Alberta Land Company.” La première transaction — celle de l’achat — eut lieu le 10 septembre 1906, la deuxième — ^celle de la vente — ^le 9 octobre suivant.

La Oanadian Agency Go. paya $054,850 pour ce qui appartenait à la Grand Forks Oattle Go., et $486,000 I)our ce qu’elle obtenait de Robins, soit $1,140,850 pour le tout.

En déduisant dé ce montant ce que les vendeurs avaient réellement déboursé pour devenir les propriétaires de ces valeurs, soit .$300,000, on constate que leur profit net se monte à $840,850.

Hais la Oanadian Agency Co. qui venait d’acheter à $1,140,850 revendit au bout de trois semaines la même propriété à la Southern Alberta Company, au prix de $1,466,100, faisant à son tour un profit clair de !^16,-

La Southern Alberta Land Co. demande maintenant les prix suivants des colons qui vont au NoM-Ouest ; 85,000 âcres de terrain irrigué à $23.00 . $1,955,000.00

60,000 âcres de terrain irrigué à $20.00 . 1,000,000.00

59,323 âcres de terrain non irrigué à $12.50. . . 741,587.60

186,250 âci’es de terrain non irrigué à $5.00. . . 931,250.00

‘Déduisant

le prix d’aohat.. . .$1,456,100 le coût d’irrigation 1,000,000 •le loyer . 380,000

Ajoutant la valeur du roulant compris dans le

prix d’achat et qui

peut être revendu au prix coûtant. ..... 300,000.00

■C’est donc au montant

que se chiffre le profit réel de la Southern Alberta Land Co.

Voilà ce que le colon du Nord-

Ouest paie en fin de compte à tous les

entremetteurs qui se placent entre lui et le gouvernement.

Et c’est pour condamner ce système inique que M. McCarthy proposait, à la motion que la chambre se forme en comité des subsides, l’amendement suivant :

“ 'Que tous les mots après “ Que ” sdient retranchés et remplacés par les suivants : — “cette Chambre, tout en étant favorable à toute entreprise raisonnable et légitime pour le développement et la colonisation de cette partie de l’ouest canadien qui ne peut être rendue propre à la culture qu’au moyen de l’irrigation, condamne l’action du gouvernement dans l’affaire du contrat d’irrigation Robins, parce qu’elle est d’avis que le gouvernement n’a pas su sauvegarder les droits de la population, qu’il a subordonné l’intérêt public à celui de spéculateurs, et que pour favoriser certains amis de la présente administration, il a permis que l’entreprise fût obérée pâlies profits des promoteurs qui en définitive devront être payés par les colons futurs.”

Ameadement perdu par un vote de 63 contre 86.

Œ>emandez aux libéraux comment

ils ont voté. Pour le gouvernement ou pour le colon ?

Hélas ! les petits moutons ont marché à la suite de leur chef.

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