VII. TROP DE PIÉTÉ, (c
tard. Ainsi l'école doit, pour un temps, soustraire les enfants au rude labeur de la vie, jusqu'à ce que, leurs forces s'étant développées, ils soient capables de le supporter.
Or, une habitude ne s'acquiert que par l'exercice, c'est-à-dire en faisant souvent la même chose, plus souvent qu'on n'aura besoin de le faire plus tard. Quand on apprend à nager, il faut aller à l'eau tous les jours, si c'est possible; mais, quand on est devenu bon nageur, il suffit de s'exercer une fois par trimestre, et on n'a pas à craindre de perdre l'habitude ou l'adresse.
11 est une habitude de religion et de piété qu'on doit acquérir durant l'enfance : l'habitude de craindre et d'aimer Dieu par dessus toutes choses, de résister aux tentations, et, pour arriver à ce but, il faut l'habitude de la prière. A moins, en effet, de posséder cette disposition habituelle à la prière, nous sommes surs de tomber dans le péché, quand survient une grave tentation.
Comme les autres habitudes, celle de la religion et de la piété ne se forme que par un fréquent exercice : nous ne naissons pas avec elle. Par conséquent un enfant doit prier souvent — plus souvent peut-être qu'il ne le fera plus tard, — jusqu'à ce que soit formée en lui l'habitude de prier. 11 doit recevoir souvent les Sacrements, pour s'habituer à
l'amour de Dieu, pour que la charité et la grâce sanctifiante croissent en lui et avec lui. C'est une part de son éducation, et ce n'est pas assurément la moins importante.
Un collège doit offrir les plus grandes facilités pour le développement de l'esprit et du cœur, facilités que la vie n'offrira presque jamais plus tard dans des conditions aussi larges. De même, une école catholique doit favoriser par tous les moyens le développement de la piété par la Messe quotidienne, la Communion fréquente, les prières du matin et du soir, et les autres dévotions. Je dois user de ces moyens pour devenir un robuste chrétien. S'approcher rarement des Sacrements au collège sous prétexte qu'on ne pourra pas les recevoir souvent plus tard est une mauvaise raison. Personne ne consentirait à mourir de faim cette année, parce qu'il doit y avoir une famine l'année prochaine.
J'ai besoin de recevoir plus souvent les Sacrements jusqu'à ce que mon caractère soit formé. Je dois me préparer durant ces années d'abondance pour les années de disette qui pourront survenir plus tard.
'VIII. — Avantages sur les autres.
« Quelle que soit la supériorité d'un homme, elle lui est donnée de Dieu,