‹ Vous etes a Jesus-ChristChapitre 27 sur 155 · XVII. LES REMPARTS DE LA GRACE · texte numérisé non relu

XVII. LES REMPARTS DE LA GRACE

airain qui résonne ou une cymbale retentissante.^ »

Dans ce chapitre, l'Apôtre parle de « l'amour de Dieu, répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.- » Or, la vertu théologale de la charité est ou identique, ou inséparablement attachée au don de la grâce sanctifiante. Si un homme n'a pas la charité, c'est-à-dire s'il n'est pas en état de grâce, aucune de ses œuvres n'est méritoire pour le ciel. Une trompette d'airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit peuvent, à l'occasion, rendre service, mais en elles-mêmes elles ont peu de valeur. Tel est l'homme sans la grâce sanctifiante et sans la charité, pour brillante que soit sa parole ou glorieuses que paraissent ses actions.

L'Apôtre continue en nous disant que « la charité est patiente, bonne, » qu'elle « ne cherche pas son intérêt, » qu'elle « ne tient pas compte du mal et supporte tout.^ » Or, une personne peut manquer de bonté, être impatiente, égoïste, soupçonneuse, vindicative, et cependant demeurer en état de grâce et avoir la charité. Il en est ainsi, sans aucun doute, aussi longtemps qu'elle ne franchit pas les limites du péché véniel.

Comment donc comprendre la pensée

(1) I Corinth, xiii. 1 . (2) Rom. v. 5. (3) I Corinth. XIII. 4, 7.

de l'Apôtre? De la manière suivante.

C'est un peu comme si l'on disait : « Les riches s'habillent bien, » et cependant vous avez pu voir un homme en haillons qui portait sur lui une bourse — la sienne propre — bourrée d'or et de billets de banque. Vous en avez conclu que cet homme est un avare, et que sa manière d'agir est contre nature, l'argent étant fait pour être dépensé, et en particulier pour se vêtir d'une façon convenable.

Eh t)ien ! une personne en état de grâce peut de même agir contre nature, et faire violence au don de Dieu qui est en elle, et cela arrive lorsque, sans faire aucun effort sur elle-même, elle s'emporte à chaque provocation, s'inquiète peu de blesser les sentiments d'autrui, se vante à tout propos, et devient une plaie pour la société. Saint Paul dit de telles âmes qu'elles (( contrislent le Saint-Esprit par lequel elles furent marquées d'un sceau pour le jour de la Rédemption,^ w c'est-àdire, quoiqu'elles ne chassent pas le Saint-Esprit qui leur fut donné au baptême, elles le contristent. Tel est l'effet du péché véniel, quand il est pleinement volontaire et multiplié sans résistance.

Dans ces conditions, on est sur la route du péché mortel, qui nous fait perdre la grâce sanctifiante el cœur le Saint-Esprit.

(1) Ephes. IV. 30.

Page 1