L. l'imagination et l'esprit de PR
pour éviter une petite dépense ; coinment on pourrait modifier notre terrain de jeux, régler notre comité de récréation. Mais, la premiers étude à faire est de voir comment je devrais être meilleur moi-même, et quels moyens je dois prendre pour devenir plus agréable aux yeux de Dieu et des hommes.
La seconde règle de conduite est de me défier de mes propres imaginations.
Le mieux qu'on puisse dire de mes projets, c'est qu'ils contiennent un grain de sagesse pour dix de folie. Je suis trop jeune pour comprendre toutes les conditions d'action. Ma position, pour bien des années, doit être celle de la subordination aux personnes plus âgées. Je n'entrerai pas dans une province avant qu'elle ne soit mienne, mais je regarderai de la frontière; et, quand j'irai la gouverner, comme cela arrivera peut-être, alors, si je suis encore du même avis, je ferai ceci ou cela. Le fruit de l'imagination doit être mûri dans la patience.
Mais, s'étant formé de bonne heure et ayant longtemps mûri, ce fruit sera un jour à point. L'enfant plein de pensées et d'imagination deviendra l'homme entreprenant.
Une invitation de notre Sauveur.
Xotre-Seigneur, comme nous le lisons dans l'Evangile, fit un jour une véritable invitation à dîner, ou plutôt — d'après les textes grec et latin — à déjeuner, (tétait un repas matinal; personne ne lit de toilette pour s'y rendre, excepté saint Pierre qui, lisons-nous, attacha son manteau; car, pour travailler, il l'avait quitté. L'invitation ne fut transmise ni par des domestiques, ni par la poste. Le Maître s'y prit d'une façon toute ])rimitive : du lieu où le banquet était pi éparé, il cria : « Venez et mangezA » Les convives étaient sept pêcheurs : Pierre et Jean, Jacques, Thomas et Nathanaél de Cana, avec deux autres dont nous ne savons pas les noms. Le menu était du poisson grillé et du pain. La table, sur le bord du lac de Génésarelh, était un rocher ou le gazon. La boisson était de l'eau du lac. Le Maître lui-même servait le repas. Il semble que, dans la conversation, les j)aroles furent rares ; les cœurs étaient remplis de joie, mais éperdus d'une telle stupeur que le silence fermait toutes les bouches. Pourquoi cette admiration et cette surprise? Parce que les Apôtres voyaient manger avec eux
(1) Jean, xxi. 7-12.
LU. CONSOLATION SPIHITUELLE 145
Celui qui était nouvellement ressuscité d'entre les morts. Il y avait moins d'un mois, leur Hôte avait été cloué à une croix, il y était mort, et on l'avait enfermé dans une tombe, avec une piei^re énorme pour le séparer des vivants. Et maintenant il les entretenait, gracieux et affectueux, aimable et plein de majesté, tel qu'ils l'avaient vu au dernier souper, la nuit avant sa mort. Mais son visage rayonnant et son air de bonheur, comparés avec l'aspect douloureux dont ils se souvenaient, disaient assez de quel l)oids il avait été déchargé.
Celait un repas plein de simplicité et d'amour... Le pain et le poisson rôti, la l)résence réelle de Jésus, crucifié et ressuscité, en faisaient la figure de la Fête eucharistique qui s'est perpétuée dans lEglise. L'image sculptée d'un poisson apparaît fréquemment dans les Catacombes de liome, comme l'emblème de notre Sauveur. Les initiale" du nom grec du j)oissoni signifient, comme on le sait, Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur,
LU. — Consolation spirituelle.
« Je me sens si bon que je ne sais que faire de moi, » disait un communiant,
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le matin de Pâques, à la fin d'une retraite. Sans être théologien, il définissait par expérience l'état que les théologiens appellent « consolation spirituelle. » C'est une espèce de joie, mais non de joie naturelle comme celle que l'on éprouve en partant pour les vacances. La joie naturelle nous fait goûter la vie et nous fait prendre du plaisir dans les honnes choses de ce monde :
manger, hoire et être content. Mais ce qu'il y a de particulier dans la consolation spirituelle, c'est que, tout en nous donnant un bonheur intense, elle ne nous précipite pas vers les choses agréables de notre existence terrestre, mais nous élève plutôt au-dessus d'elles et nous porte au-delà. C'est l'explication du sentiment : « Je ne sais que faire de moi. » Il semble en effet qu'on appartienne alors à un autre monde et qu'on soit devenu soudain un étranger aux lieux et à l'entourage auxquels on était accoutumé. C'est ce qu'exprime saint Bernard : « Ta présence aimée pénètre si clairement à travers tous les sens, et de tant de manières, que l'àme, après t'avoir vu de près une fois, ne saurait goûter aucune autre chose. »
Et le Cardinal Newman dit dans ses Vers cVoccasion : « Nous offrons ce que nous ne pouvons plus garder, ce que nous avons cessé d'aimei'. »
« Cessé d'aimer » comparativement et