‹ Vous etes a Jesus-ChristChapitre 99 sur 155 · LVII. — Pénitence · texte numérisé non relu

LVII. — Pénitence

« Faites pénileiice, car le royaume des deux est proche ».i C'était la prédicalion de saint Jean-Baptiste, et ce fut le piemier sermon de Jésus-Christ. Jésus revint encore sur cette vérité.^ « Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous ». Or, ces paroles ne signifiaient point (jue « le juste na pas besoin de pénitence ».3

Je dois me persuader qu'il me faut faire pénitence, si je veux être agréé de mon Sauveur. Et comment? Non pas en jeûnant, ni en me privant de nourriture : cela ne convient jjas pendant l'âge de croissance; et je n'y suis pas tenu. Ma jjénitence consistera dans l'ohservation de la règle, comme la pénitence d'un religieux consiste dans la règle de son Ordre. Ma règle est l'expression de la volonté de Dieu.

(1) Math. ni. 2; iv. 17. (2; Luc, xni. 3, 5. (3) Luc, vn, 47 ; xv. 7, 29; xviii, 11.

LYII. PÉNITENCE. 161

La Providence agit, soit par le cours naturel des événements, soit par mes supérieurs. D'une manière ou de l'autre, m'arrivent, quatre ou cinq fois par semaine peut-être, des choses plus ou moins pénibles. Un jour de pluie, un mal de tète, un mauvais repas, la privation d'une excursion, le refus d'une permission, une réprimande, une mauvaise chance au jeu, le manque d'argent, tout cela vient de Dieu : c'est comme la règle tracée par la Providence. Par-dessus tout, l'étude est une pénitence, même pour les hommes faits, à plus forte raison pour les enfants. Comme beaucoup de nos devoirs, l'étude a son coté pénible avec son côté agréable et intéressant; mais, à tout prendre, elle est presque toujours un fardeau. Un jour de véritable travail sur les livres est une plus rude pénitence que beaucoup de jours de jeune que l'on passerait à s'amuser. La grande pénitence que la loi de Dieu impose aux écoliers est l'étude. Un enfant paresseux qui n'est pas maladif est indulgent à l'excès pour lui-même; il néglige donc la pénitence, ou peine du travail, qui lui est imposée dans sa condition.

Le mot de pénitence revêt encore un autre sens : il signifie repentir. Ordinairement, nous pouvons dire que c'est le plus innocent qui se repent le plus fréquemment, de même que la maison la

plus propre est celle qu'on nettoie le plus souvent. Le seul, remède à nos petits écarts répétés consiste à multiplier nos petits retours, pleins de confiance, en la bonté de Dieu. Que peut faire la iDrebis perdue qui ne veut pas périr infailliblement, sinon revenir au bercail? Or, sans être une brebis perdue, je puis être néanmoins, et je suis probablement une brebis errante, vagabonde, tentée de s'éloigner; je dis et je fais beaucoup de choses qu'il vaudrait mieux ne pas dire et ne pas faire. Chaque soir, quand j'examine ma conscience, je dois regretter ces fautes et ces erreurs : il faut me confesser souvent, et ne pas me fâcher si les supérieurs, conformément à leur devoir, corrigent devant les autres mes fautes publiques. Accepter la correction n'est pas la moindre partie de cette pénitence dont Notre-Seigneur assure que nous avons tous besoin.

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