‹ Voyage a Constantinople et en EgypteChapitre 11 sur 33 · I.KS TURCS. M · texte numérisé non relu

I.KS TURCS. M

Ge peuple, dont l'origine se confond avec les races qui habitent a l'est de la mer Caspienne, vint s'établir dans l'Asie Mineure a une époque où l'empire grec possédai! encore quelque puissance. Il avait pour chefs des princes dont les dynasties, oubliées aujourd'hui, se trouvent dispersées dans les divers eanlons de la Nalolie.

Mais à l'époque ou Ottoman jeta les fondements de son empire, l'empire grec ébranlé de toutes parts par les discordes intestines, par les attaques audacieuses des Sarrasins et par la valeur des Croises, croulait de tous les cotes.

Ottoman avait à peine choisi Brousse pour siège de son empire qu'il menaçai! déjà la ville de Théodose, et peu de temps après, sur les tours de Sainte-Sophie le croissant remplaçait la croix grecque. Quand les Tons envahirent Constanlinople ils étaient encore barbares, et leur religion était celle des Ahassides. privée même de la lumière qui éclairait Bagdad et Damas. Trop préoccupes d'étendre leurs conquêtes et d'affermir leur pouvoir nouveau, conteste d'ailleurs non seulement par les chrétiens, leurs ennemis naturels, mais encore par les différentes sectes mahoiiielancs répandues dans l'Asie et touchant, pour ainsi dire, aux portes de leur empire, ils ne s'inquiétèrent longtemps que d'augmenter leurs possessions et de résiste! aux chrétiens ou de les attaquer.

On a voulu présenter Mahomet II comme un homme d'un vaste savoir et de vues étendues ; mais l'histoire de la prise deConstantinople et de ioul ce qui a rapport a celle époque nous démontre suffisamment que les Turcs étaient encore plongés, dans la plus profonde ignorance, et rien n'indique que l'action de cet empereur ait adouci quelque peu leur cruauté.

La ville quêtes Turcs envahirent était la plus < i) ili

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avait conservé les traditions de Rome et de la Grèce, niais perverties, il est vrai, par l'esprit des subtilités scolasliques; clc sorte que c'est à tort que quelques auteurs ont voulu attribuer la renaissance des arts et des lettres en Italie aux Grecs fugitifs qui vinrent l'habiter. L'Italie, sous son beau ciel , vit éclore cette époque brillante , comme la Grèce avait vu naitre le siècle de Périclès et la France celui de Louis XIV.

Sous les Paléologue l'empire grec était descendu au dernier degré de sa décadence, et pas un seul monument de Constantinople ne peut être attribué à ces princes ni même à leurs prédécesseurs. Les seuls qui nous sont parvenus sont des monnaies, et encore celles de nos jours remportent sms tous les rapports sur les monnaies de Romain IV et de Michel IX.

En s'établissant dans la Gaule, les princes francs adopteront la religion chrétienne, qui éteint presque la religion du peuple gallo-romain, et ce fut par ce lien sacre qu'ils purent assurer une future et parfaite fusion. Les Turcs, au contraire, en s'établissant à Constantinople, ne purent embrasser la religion des Grecs : l'islamisme alors à son début était trop simple dans ses formes pour adoucir les sophismes des théologiens grecs, et se laisser entraîner par les pompes d'un culte qu'il traitait d'idolâtrie pour que la fusion entre les deux peuples fût possible. Le mahométisme, essentiellement traditionnel, avait partout respecté la religion des vaincus, même dans l'enthousiasme de ses victoires; c'est ainsi que les chrétiens, s'appuyanl sur la capitulation de Jérusalem, du temps du calife Omar, purent exercer leur culte à Constantinople moyennant un tribut.

Les Turcs de Constantinople sont les descendants directs de ceux qui en firent la conquête, et il est hors de doute

les Tincs. ho

que lés Maures expulsés d'Espagne et les Turcs de tous les pays de l'Orient, qui vinrent s'y fixer par la suite, ne forment plus aujourd'hui qu'une seule et même population.

\ Consfanlinople, le Turc est généralement intelligent, susceptible de s'adonner aux sciences et aux arts, probe, de mœurs régulières, charitable, sobre, mais orgueilleux et indolent, intéressé et souvent fanatique. Tranquille clans ses habitudes journalières, il devient furieux et incapable de raisonner quand il est provoqué. On remarque chez lui des vices qui proviennent des institutions politiques, et d'autres qui ont pour origine les mœurs sauvages de ses ancêtres. Le contact des Européens, qui parait abattre certains angles de son caractère et adoucir ses mœurs, ne l'ait bien souvent que le pervertir.

La civilisation à Conslantinople, avant de subir les habitudes européennes, était un mélange de coutumes de l'Asie et des Grecs du moyen âge; des besoins peu nombreux, un luxe barbare, et ce qui frappait l'étranger était une extrême simplicité à côté d'une opulence grotesque.

Les habitudes des Turcs ont conservé un certain caractère patriarcal devant lequel instinctivement leur tête se courbe, et ne craint point de rendre ainsi hommage à ce qui, pour les peuples, est toujours sacré, le signe extérieur de la majesté des premiers de leurs pasteurs et de leurs conducteurs dans la vie sociale.

Dans cette simplicité, dans ces besoins limités, dans ce luxe même, où la richesse est plus matérielle que variée, les Turcs se montrent artistes habiles, ouvriers intelligents et très ingénieux. Il est à Constantinople des peintres en fleurs dont les travaux surprennent par la délicatesse des formes et la perfection du coloris ; et pourtant ils n'ont aucune notion de dessin, et ce qu'ils savent de leur art, il ne le

kh CONSTANTINOPLE.

doivent qu'à leurs dispositions naturelles et à quelques règles apprises dans leurs ateliers. Les principes religieux des Turcs leur défendent de tracer des figures et des animaux. Us comptent aussi parmi eux quelques sculpteurs dont les ouvrages possèdent toute la finesse que demande cet art.

Dans leurs constructions on voit des arabesques , des grilles en fer, des travaux en marbre dont le style ne manque ni d'élégance ni d'exécution. Ils sont très habiles dans la construction de leurs barques, qui ne laissent rien à désirer soit pour la légèreté, soit pour la solidité. Les calques qui parcourent les eaux du Bosphore sont de véritables chefs-d'œuvre en ce genre.

On distingue parmi les produits industriels des Turcs les étoffes de soie et celles de coton, les brocarts de velours et les toiles de lin $ toutes ces étoffes sont supérieurement tissues et nuancées. Cette branche d'industrie est particulièrement exercée parles Grecs et les Arméniens. Les Turcs. si leur religion ne leur interdisait pas l'étude du dessin, et si leur gouvernement, par une direction malentendue, ne s'opposait pas au développement du génie, seraient susceptibles de se perfectionner dans tous les arts qui se cultivent en Europe. Voici quelques faits qui donneront une idée de leur manière d'envisager les choses. Un étranger avait acheté une pièce de terre dans l'intention d>BO faire un jardin. La corporation des jardiniers de la ville, Y ayant appris, fit sa réclamation auprès du gouvernement, disant que si l'on permettait la libre concurrence le prix des produits des jardins diminuerait, et que par conséquent les propriétaires se trouveraient fort embarrassés de payer leurs impôts : l'autorité prit cette demande en considération, et le nouveau jardin nepul être planté. Dans une autre circonstance, unnegocianJ

LES TUHCS. hb

avait exporté une certaine quantité d'étoffes de brocart; le préposé à la douane lui Ut connaître qu'il ne pouvait permettre la sortie de ces marchandises, parceque ces étoffes pourraient augmenter un jour de prix, et obliger par cela même le consommateur à les payer plus cher. Il y avait dans la capitale deux fabriques d'indiennes; le gouvernement , toujours dans la crainte de voir s'établir la concurrence, décida que l'une travaillerait dans un genre et la seconde du us un autre. On voit, par cet exemple, que l'économie politique en Turquie esl Loin de porter ombrage au frec-iicadc dont Cobdon se fait à cette heure le champion et qu'il cherche à populariser avec une ténacité peu commune.

Parmi les nations qui habitent Constantinople les Turcs sont reconnus les plus probes. Cependant parmi eux il y a plusieurs classes dont chacune a ses usages particuliers. J)ans les positions sociales les plus élevées, l'ambition, l'intrigue, la soif du potivoir, en un mot Ions les vices qui constituent le caractère de ces tendances n'ont rien a envier a ceux de l'Europe civilisée. Néanmoins, on rencontre d'honorables excepiions, el souvent il me fut permis d'admirer des caracleres pleins de noblesse chez lesquels une àme intègre savait dominer la fortune.

Mais pour connaître à fond le caractère d'une nation c'est surtout dans les classes moyennes et parmi le peuple qu'il convient de l'étudier.

Le Turc ne trahit jamais la personne qui a confiance en lui : il tient sa parole religieusement, n'a jamais le courage d'user de moyens lâches et insinuants, et si jamais il se rend coupable d'un tort, c'est bien plutôt dans un moment d'emportement que dans une mauvaise intention.

Chez lui, il est sobre, laborieux, mcùs fort lent, non pas a la manière de natures allei

=W CthVSTAM INOPLE.

caUii* qui e-M un signe extérieur de la puissance , d'une grande quié-Aude de ruine et d'une grande confiance en soinièmc.

A Consul linople, on se lève avant ie jour, et chacun se rend en sikneo à son travail. Le peuple ne déjeune ordinairement qu'avec une tasse de café sans sucre, un morceau de galette mal cuite ou une tasse de salep aromatisé. Le dîner qu'il l'ait avant midi est composé ordinairement de mouton, de poisson salé et particulièrement de fruits^ il mange peu et très vite, etJ'eau pure forme sa seule boisson. On craint si peu les voleurs à Constantinople que les marchands, qui quittent tous leurs boutiques à l'heure de la prière, sans y laisser personne pour les garder, se contentent de couvrir d'un liiet les marchandises étalées en dehors. Quelque peu après midi est l'heure d'une des cinq prières qu'ils appellent namaz, et la journée se termine pour eux un peu avant le coucher du soleil. Alors les tribunaux, les administrations et le sbazars se ferment au public, et tout le monde se retire chez soi. Le marchand en détail habite souvent loin de son magasin ; c'est pourquoi à cette heure les rues de Constantinople sont très fréquentées:, le port et le Bosphore sont sillonnés par un grand nombre de bateaux dans lesquels les étrangers vont jouir de la vue magnifique de la Propontide, sur laquelle le soleil couchant se reflète, et colore de ses derniers rayons les cimes neigeuses de l'Olympe ; à cette heure encore on entend au loin le tintement vibrant des cloches des chrétiens, le chant grave des nucezzinn qui du haut des minarets appellent les fidèles à la prière.

Toute cette scène forme un spectacle enchanteur dont on ne peut cesser d'admirer la richesse, la variété et l'harmonie, et qui ne peut s'effacer du souvenir de celui qui en a Joui, ne fut-ce au1 une fois.

les Tunes. f/J

Mollement étendu dans son caïque, et fumant tranquillerncii t son Ichiubouk ou son calliamie, le Turc rentre chez lui en apportant toujours quelques provisions pour sa famille, consistant en poisson, viande, lait caillé nommé yamrth, ou toute autre chose. Le repas du soir est plus substantiel que celui de la matinée, mais il est toujours frugal. S'il survient quelque convive, on lui offrira de l'agneau, du mouton, delà volaille et quelquefois du bœuf. Les Turcs mangent rarenK.it ùu poisson et du gibier : ils donnent la préférence aux mois composés de choux, de courges, d'épinards, de concombres, d'oignons, de feuilles de vigne et de beaucoup de laitage, ils ne se servent jamais d'épiecs tels que noix muscade, clous de girofle, cannelle, moutarde, ni d'aucun assaisonnement piquant. Mais, en revanche, ils font grand usage de tous les fruits et légumes marines et confits. Les eouverls no paraissent jamais sur la table. Après leur repus ils seiaveul les mains et la barbe avec de l'eau et du savon parfumé. Leur pain est d'une qualité inférieure au nôlrc, mal p#ri, noir et mal cuit.

Les étrangers se servent ordinairement de boulangers étrangers, qui peuvent exercer librement leur métier àConsîantinople.

Le Turc ne veille jamais forl lard dans la soirée, < ! passe quelques moments au café.

Leurs établissements de calé ne sont pas des endroits où l'on puisse faire de forles dépenses-, presque exclusivement abandonnés aux oisifs et aux voyageurs, ils servent plutôt de lieux de réunion pour les conversations. Pour un para, le Turc prend sa tasse de calé, qu'il boita petites gorgées en s'entretenait des chosos qui l'intéressent, mais sans vivacité et avec une lenteur majestueuse, que rendent d'autant plus remarquable les inflexions d'une langue éminemment harmonieuse,

Ces cafés sont tenus très proprement, mais sans aucun luxe; on y joue aux échecs et au tric-trac; mais les cartes y sont prohibées ainsi que les liqueurs spiritueuses; on y boit le salep, que les Turcs préparent avec une habileté particulière et qui est la boisson de prédilection du peuple. Une autre boisson de la classe pauvre est la doza, ou espèce de millet fermenté et bouilli avec du miel et de Peau.

La classe aisée en Turquie, et surtout à Constantinople, fait une grande consommation de sorbets et de boissons composées de fleurs, de fruits, de racines ou autres végétaux. Le sultan envoie chaque année en Egypte afin de s'approvisionner de tout ce qui s'y trouve de plus rare et de plus exquis dans ce genre.

Les cafés à Constantinople ne sont pas aussi élégants que ceux des autres villes de l'Europe. L'ornement le plus apprécié est un bassin de marbre avec un jet d'eau qui en orne le milieu-, tout autour des murs s'élève une estrade recouverte de nattes et de tapis. On se sert aussi de certains petits escabeaux en bois nommés skemlè, que l'on place en dehors du café quand les Turcs veulent jouir du beau temps et des belles soirées d'été. Les Turcs ont une si grande habitude de fumer qu'ils fument continuellement et en touslieux . Ils tiennent essentiellement à avoir d'excellent tabac, qu'ils hument dans une belle pipe dont le tuyau (Ichiubouk) est en bois de cerisier, de rose ou de jasmin. Les riches ornent ces tuyaux avec des fils de soie recouverts d'or et d'argent, avec des bouquins d'ambre jaune ou blanche. Les pipes des femmes sont souvent ornées de pierreries fines. Sitôt que vous entrez dans une maison on vous offre, une pipe choisie entre le grand nombre que chaque particulier possède toujours.

Il y a à Constantinople beaucoup d'oisifs qui passent leur temps au café-, seulement ils se gardent bien de s'entretenir

île politique -, le gouvernement turc ne tolère pas volontiers qu'on s'occupe de lui, et qu'on discute ses actes, ses pensées et ses tendances.

Maigre les innovations introduites par le 'sultan, et qui ouitant soit peu refroidi dans la capitale le. sentiment religieux, on y trouve encore beaucoup de ferveur, et à l'heure de la prière on voit un concours considérable de peuple répandu dans les mosquées, qui sont si nombreuses à Constantinople qu'il n y a pas de pince, de me ou de carrefour qui n'aient la leur.

Il semble aujourd'hui que le penchant vers les mœurs européennes ait beaucoup diminué le fanatisme religieux, mais il est très difficile de prévoir encore jusqu'à quel point ces idées nouvelles poliront modifier l'islamisme. Le Turc, dans la pratique des préceptes de son culte, n'obéit pas seulement à la tradition religieuse qui les lui impose, il obéit encore au* Institutions nationales que lui ont transmises ses ancêtres, parccque l'action de toute théocratie est celle de substituer des usages indestructibles à l'amour de la patrie et sfcs traditions de l'ancienne gloire.

Le musulman ne se montre jamais grand enthousiaste des hauts faits de ses pères; il voit dans les événements glorieux, dans ïeS conquêtes île ses princes les plus célèbres, la main de Dieu, qui guida leurs drapeaux, aiguisa leurs épées et conduisit leurs armées cala victoire; de même que dans les revers qu'ils esî fit il reconnaît le châti-

ment de Dieu. Pour les Turcs toui procède «le la puissance divine-, l'homme n'en est que l'instrument.

On doit regarder aussi comme une conséquence des sentiments religieux la résignation que le Turc montre dans le malheur, et c'est un-- erreur de penser qu'il se croit sous l'influence de la fatalité lorsqu'il prononce majestueusement

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la parole sacramentale : Ce qui est arrivé est éerif ; Allah est grand, et Maliomed est son prophète! Dieu étant à ses veux tout puissant, selon la croyance qu'il a de la divinité, c'est lui seul qui régie toute chose. Ce principe, qui est celui de toutes les Eglises chrétiennes de l'Orient, semble résulter de la vie politique des gouvernements de l'Asie.

Le musulman professe un ardent amour pour le prosélytisme ; la charité le lui impose comme le précepte d'aimer son prochain. La tolérance pour le genre humain est chez lui plutôt un précepte d'indifférence que celui de la charité. Un musulman , en vous souhaitant une heureuse fin , entend par là vous voir devenir musulman, parcequ'il s'estimera il heureux si le ciel lui accordait la grâce de propager la foi de l'islamisme dans le cœur de ceux qui l'ignorent.

Les Turcs en général sont charitables. Depuis les revers de l'empire, les ressources pécuniaires des particuliers ont beaucoup diminué; par conséquent les aumônes,, jadis considérables, sont plus limitées aujourd'hui, et les institutions de charité plus rares; mais l'assistance des pauvres est tellement un sentiment inné dans le Turc, qu'aucun d'eux n'y manque jamais.

Les mendiants musulmans, dont le nombre est très limité, se montrent humbles et réservés, et, soit que vous leur denihez une monnaie ou non, ils ne manquent jamais de vous accompagner de leurs bénédictions, bien différents en oela des mendiants grecs, qui, en cas de refus, vous accablent quelquefois de malédictions et d'injures. La majesté avec laquelle le Turc procède dans cette circonstance n'est pas de l'orgueil; mais elle parait être la même conviction religieuse qui le rend intrépide et brave outre mesure. 11 se croit illuminé par une inspiration divine, refusée, suivant lui, a ceux qui pratiquent un culte : différent, du sien.

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et quand vous paraissez ne pas agréer les conseils qu'il se plait à vous donner, il en accuse votre opiniâtreté, et croit que Dieu s'est retiré de vous ; c'est peut-être ce sentiment qui vous fait passer à ses yeux pour un être d'une autre espèce ; vous ne jouissez plus auprès de lui du titre de frère. En Mahomet seulement aux yeux du Turc vous êtes quelque chose d'humain.

Les hautes classes, nourries par les études européennes, n'ont pas ce degré de mépris pour les hommes qui ne sont pas musulmans; mais pour le bas peuple, ce peuple que les voyages ne modifient pas et à qui les études philosophiques seul inconnues, un chrétien n'est encore qu'un Ghiaour, chien comme du temps où, lancés à fond de train, ils se ruèrent sur l'Europe pour la dévaster.

Les Russes ont réduit les Turcs à ne plus se considérer comme le premier peuple du monde, et ont de beaucoup diminué l'esprit de fanatisme qui dominait chez eux. Menacés constamment dans leur existence politique et religieuse par le gouvernement de Saint-Pétersbourg, et toujours à la veille de passer sous sa domination, ils comme neent à croire que la main de Dieu s'est retirée d'eux. S'ils n'avaient à craindre de la Russie qu'un changement de dynaslie, ils accepteraient très tranquillement cette révolution, qui n'aurait rien de plus extraordinaire que toutes celles qui éclatèrent si souvent dans le sérail. Conslantinople est assez habituée depuis qu'elle est au pouvoir des Turcs à se réveiller avec un chef de gouvernement autre que celui de la veille. Dans l'Orient, les révolutions n'atteignent jamais trop les populations, pareeque, se faisant uniquement dan:, les hautes sphères du pouvoir, si elles intronisent un nouveau cheff, ce nouveau chef ne dérange aucune des habitudes religieuses et domestiques qui dominent . Le despotisme

change de main, rien de plus; mais l'empereur de Russie à Constantinople, protecteur armé de la religion grecque , donnerait à cette religion la prépondérance sur la mahométane, qui jusqu'à présent est la religion de l'Elat.

Le peuple, qui avait coutume de dire, quand un ambassadeur européen allait, suivi de sonbrillant cortège, présenter au divan ses lettres de créance, qu'il allait recevoir l'investiture d'un royaume pour son maître ou en obtenir une couronne, n'a plus cette pensée, en voyant aujourd'hui que son existence, comme peuple politique, n'est conservée que par le bon vouloir des puissances européennes, y compris ceux que le croissant faisait trembler jadis.

Les nouvelles institutions du sultan Mahmoud ont contribué en grande partie à diminuer le fanatisme religieux. En effet, dans certaines classes, parmi les officiers de l'état major des nouvelles troupes, chez beaucoup de hauts fonctionnaires et à la cour même, la religion n'est plus qu'une pratique officielle. Elle a subi tant de modifications que, sans détruire les convictions du cœur, on peut la comparer à la manière dont elle est pratiquée chez nous; toutefois il en faut excepter les vieillards , les seuls peut-être qui s'attristent de cet esprit de progrès qui, suivant eux, doit détruire la vraie croyance. La prise d'Alger a aidé également à diminuer l'orgueil religieux des Turcs. Cette ville était considérée par eux comme un rempart de l'islamisme, pareeque jamais la croix du Christ ne s'était montrée dans son enceinte. Les nations les plus puissantes de l'Europe avaient été forcées de capituler devant elle, et il leur restait du moins la consolation d'aller se réfugier dans ses murs et sous la protection de son canon si les Russes, qui ont envahi déjà la Crimée, traversé le Danube et descendu des hauteurs du Balkan, venaient à fondre sur eux et les débusquer de leur

position à Constantinople. Alger était une ville, pour les Turcs , vierge encore de tout contact maléfique avec les infidèles, où la religion de Mahomet ne s'était jamais souillée d'aucune transaction, et où elle dominait encore en vraie souveraine. Les Anglais régnaient à Bagdad, les uia'urs de l'Europe envahissaient l'Egypte , la Mecque avait cédé une fois aux Wéhabites; mais Alger restait encore pure dans la foi du Prophète. Aussi quand la nouvelle de la prise d'Alger se répandit à Constantinople on en douta d'abord -, mais une fois que le fait devint positif la consternation fut au comble, unanime, et le découragement s'empara de tous. Pour les Turcs, Constantinople prise, la régence d'Alger leur restait. Or, cette régence conquise par la France, Constantinople au pouvoir de la Russie, que leur restait-il, la conquête de l'Egypte, dans ce eas, étanl pour l'Angleterre une nécessité? Rien 5 ils n'avaient pîos qu'à reformer leurs phalanges redoutables sous les murs de la Mecque, et, sous les inspirations du Prophète, se rejeter sur l'Asie et envahir toutes ses provinces.

Le haut clergé musulman jouit à Constantinople d'une véritable considération; mais les ministres subalternes du culte sont dans une indigence extrême. Les mosquées possèdent de gros revenus : le souverain et quelques-uns des hauts dignitaires sont les seuls qui en connaissent le budget et toutes les répartitions. Le célibat n'est pas imposé au clergé, qui forme en outre le corps judiciaire ; car le Coran est en même temps le code religieux et politique. Malgré leurshautes fonctions, les Scheykh, les Tmans et les Muezzin» ne sont pas exempts du service militaire, et dans l'ancienne organisation de l'empire chacun d'eux avait sa place marquée à la suite du grand-seigneur. Tous les Derwiches portent continuellement entre leurs mains, ou pendu à leur

ih CONSTAXTINOPLE.

ceinture, un chapelet de irenle-trois, soixante-six et jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf grains, nombre qui représente la quantité des attributs qu'ils croient appartenir à la divinité. Ils font glisser plusieurs fois dans la journée les grains de ce chapelet en récitant les prières prescrites.

Les Turcs deviennent facilement de bons soldats, soumis et obéissants; ils ont une grande aptitude pour les exercices du corps, et endurent avec beaucoup de courage toute espèce de fatigue : en peu de temps, avec eux, on a pu former des régiments bien disciplinés. Leur organisation fut confiée à un officier français, M. Gaillard, qui a rendu et rend encore de grands services au Sultan. En moins d'une année, beaucoup de jeunes gens qui n'avaient jamais entendu la musique européenne furent à même, sous la direction de M. Donizetli, de Bergame, de former des musiques militaires assez complètes.

Avec tous ces efforts, les Turcs ne parviendront jamais à atteindre la civilisation européenne : leur religion sera toujours un obstacle insurmontable pour vaincre toutes les difficultés, qui, pour eux, sont des montagnes impossibles à franchir. Ce qu'ils empruntent aux Européens leur été de l'énergie qu'ils puiseraient dans la stricte observance de leurs anciennes coutumes pour vaincre ces mêmes Européens, qui, en attendant le jour et le moment où il leur sem- I tlera nécessaire d'attaquer ces enfants dégénérés d'Omar, cherchent à éteindre par un semblant de civilisation celte vigueur que le fanatisme seul pour la loi de Mahomet peut leur donner. A ce point de vue la réforme du sultan serait loin d'être favorable à la sécurité de son empire, et ce qui à nos yeux semble être une preuve d'intelligence pourrait bien aller contre les véritables intérêts de la Turquie. Si la civilisation européenne devait la sauver de la

LES TUBUS. 00

chute dont elle est menacée l'atalcincnt , oui, Userait nécessaire qu'elle fût imposée même violemment; mais en sera-t-il ainsi? La Turquie eût-elle tous les moyens de défense si perfectionnés de l'Europe , elle succomberait toujours devant l'esprit militant du christianisme. A un peuple comme le Turc, pour se défendre ce îfest pas seulement la tactique et la science militaire de l'Europe moderne qu'il lui faut, mais surtout cette ancienne abnégation de sa personne que la loi de Mahomet lui donna dans les plus beaux jours de sa puissance et de sa gloire.

Quand les empereurs russes voulurent civiliser leur empire , non seulement ils accueillirent avec bienveillance, mais allèrent chercher dans leurs foyers tous les élran gers qui possédaient des talents et qui vinrent s'établir flans leurs états; quelques-uns furent admis dans leur conseil, d'autres furent mis à la tète de leurs armées, et il y en eut même à qui fut confiée la direction de certaines pro vinces de l'empire. Ces étrangers initièrent dans les connaissances et dans les mœurs de l'Europe centrale la nohlesse russe, qui eut le talent de mettre de côté tout orgueil national, et de se faire sur les modèles qu'elle avait sous les yeux afin de pouvoir se guider elle-même par la suite. Aussi, i et empire inconnu jusqu'alors ne tarda pas à prendre un rang notable parmi les états civilisés de l'Europe, avec l'espoir d'augmenter de jour en jour son influence, et de couronner l'ambition de Pierre-le-Grand . si bien comprise depuis par ses successeurs, en acquérant une prépondérance presque absolue sur les affaires du continent.

La Turquie n'a point voulu initier les étrangers dans ses affaires intérieures, et les Turcs seuls ont le commandement supérieur de leurs années. Un officie* français, anglais, ou allemand n'est qu'un oflicier instructeur, c'est à dire un

homme payé pour enseigner. 11 est vrai que bien souvent le Grand-Seigneur leur donne des témoignages de sa haute bienveillance $ mais ils obtiendraient bien plus de considération si on leur accordait un commandement réel, et les officiers turcs eux-mêmes retireraient plus de profit de leurs exemples que de leurs préceptes.

Lorsqu'on recherche , à Constantinople , les motifs de cette tactique , de cette conduite, on vous répond que le fanatisme musulman n'est pas encore assez éteint pour souffrir qu'un chrétien ait un commandement dans l'armée. Cette objection n'est pas sans fondement, sans doute; mais il est probable aussi que la jalousie des personnages d'une sphère élevée exagère beaucoup cette crainte. L'indifférence ou, pour mieux dire, l'antipathie que les Turcs éprouvent pour les progrès et les lumières du dehors, que les étrangers seuls peuvent apporter et faire connaître, est la cause principale de l'éloignement de la Turquie pour l'Europe intelligente. Si le contraire existait, à Constantinople afflueraient des capacités réelles, que mille causes en Europe ont déclassées et qui, convenablement rémunérées de leurs travaux, s'y fixeraient avec plaisir, et ne tarderaient pas à montrer ce que des natures d'élite peuvent faire dans une ville si exceptionnellement belle.

Il y a dans le gouvernement turc un vice qui a dû en ruiner souvent les meilleures combinaisons et qui s'oppose à tout épanouissement du progrès -, ce vice, c'est la grande corruption des hauts fonctionnaires de l'Etat. Le souverain ne peut pas tout voir, et l'opinion publique, qui n'a pas un grand poids à Constantinople, ne peut rien. Dans les grands emplois, tout se réduit a bien exploiter le moment, et cela le plus fructueusement possible.

Ite Turc voyage peu, et bien rarement en Europe, Un a vu

plusieurs d'entre eux accrédités par leur gouvernement au près des puissances étrangères ; mais ni leurs affaires ni leurs plaisirs ne sont le but de leur voyage. Ils quittent rarement Constantinople, et, si parfois cela arrive, ce n'est que pour visiter les côtes de la mer Noire. Leur commerce se fait ordinairement avec la Russie, l'Egypte et l'intérieur de l'empire. Il est bien rare qu'ils étendent leurs opérations spéculatives au-delà de leurs frontières.

Les amusements auxquels les Turcs se livrent sont en bien petit nombre et peu bruyants. Par une belle journée d'été, vous les voyez assis à l'ombre des arbres, fumant tranquillement leur pipe avec toute la gravité possible, au milieu d'un paysage pittoresque, auprès d'une fontaine où sur les bords de la mer. Ils vivent dans la solitude, se réunissent rarement, et sont presque toujours silencieux. Leur plus grand plaisir consiste à rester dans une complète oisiveté. Dire que dans celle oisiveté les Turcs ne pensent à rien serait une assertion un peu hasardée ; au contraire, la réflexion et par conséquent le jugement qu'elle fait naitre sont des facultés que les Turcs cultivent volontiers, et quand il arrive qu'ils sont portés par les circonstances au dessus de la condition dans laquelle ils sont placés, leur conduite est toujours un modèle de retenue, de calme, de bienveillance et de discrétion, ce qui chez nous n'arrive pas ordinairement quand, par quelques circonstances heureuses et imprévues, on Voit des personnes de basse extraction s'élever à de hautes fonctions sociales. A Constantinople, ces changements de fortune sont très fréquents ; il n'est pas rare de voir des individus de la classe inférieure s'élever aux places les plus éminentes, en comprendre tout îe poids et en porter dignement la charge.

La jeunesse aime à monter a cheval, et se soucie peu

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de la chasse. La culture des fleurs trouve a Conslantinople quelques amateurs; mais la force des habitudes exerce un tel empire sur eux qu'ils donnent toujours la préférence aux végétaux les plus connus sur les plantes les plus rares. Je me souviens néanmoins que m'élant permis de faire présent au ministre des affaires étrangères d'un cactus speciosissimus en pleine floraison il fut vivement frappé de sa beauté et se montra très content de ce petit don.

Chez les Turcs, on ne trouve pas de collection d'objets d'art ou d'histoire naturelle. Le goût de ces collections, qui d'ailleurs contribue si bien au développement des connaissances humaines, est tout à fait inconnu chez eux : on pourrait y compter les numismates et les bibliophiles. Peut-être que la nature de leurs habitations, construites en bois, ce qui les expose souvent à devenir la proie des flammes, les empêche d'étendre ces collections. Les meubles qui ornent leurs maisons sont simples plutôt qu'élégants, et peu coûteux : ils peuvent les transporter avec la plus grande facilité, et les soustraire ainsi aux ravages du feu. Les incendies pourtant ne sont pas si désastreux qu'ils paraissent l'être de prime-abord. Dans presque tous les quartiers de la ville, il y a de grands édifices en pierre, solidement établis, appelés khauu, et divisés en un nombre considérable de grandes chambres où les commerçants déposent leurs marchandises et les particuliers leurs effets les plus précieux, de manière que rarement un incendie entraîne la perte d'une valeur importante, soit en meubles, soit en marchandises.

Cette manière de vivre dans une pareille simplicité prive la nation des avantages qu'elle pourrait tirer d'une plus grande somptuosité. Les riches ornements et les meubles splendides, qui procurent plus d'agrément et de confort à

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ceux qui peuvent ou jouir, inspirent souvent des artistes, et leur débit excite l'émulation parmi les ouvriers qui les fabriquent sur des plans toujours laits par des hommes de goût. Ainsi la richesse publique se trouve accrue non seulement par les matières premières qu'on emploie , mais encore par le parti qu'on lire de ces matières premières en les élevant par une parfaite et habile fabrication à la hauteur d'objets artistiques. Les Turcs les plus opulents ont bien des bijoux, des châles précieux, des fourrures rares, des chevaux d'une grande beauté; mais ils n'ont pas d'argenterie, de tableaux, d'objets d'arts, ni des meubles de luxe d'aucune espèce , en un mot aucune de ces choses qui naissent d'une civilisation avancée, raffinée, qui accusent chez un peuple qui s'en sert la culture des arts et des lettres.

Les Turcs de distinction aiment les beaux chevaux. Cependant, depuis que le Grand-Seigneur a donné l'exemple de la plus grande simplicité dans la manifestation extérieure de son pouvoir, le nombre en a diminué. Auparavant les familles d'un rang élevé entretenaient un nombre considérable de domestiques, également réduit aujourd'hui par les réformes.

Les fêtes religieuses qui ont lieu dans le cours de l'année sont une occasion de distraction et d'amusements ; et . comme l'année turque est lunaire, ces fêtes ne reviennent pas dans la même saison, et , par eela même, rompent la monotonie des époques. Les fêtes principales des musulmans sont le Beyram et le Curbmw-Beyram, qui correspondent en quelque sorte à nos fêtes de Pâques et de la Pentecôte.

Quand arrivent ces fêtes, les musulmans se font des visites , échangent des cadeaux, et cherchent toute sorte

de divertissement. Durant le Ramadan, jeûne d'une lune qui précède le Beyram, il est expressément défendu aux Turcs de manger, de boire, et même de fumer durant le jour ; mais dès qu'arrive la nuit ils s'adonnent à la joie et à la bonne chère. Les cafés sont illuminés avec luxe; des lampes, des bougies répandent en abondance la lumière, et la ibule qui s'y rend s'amuse à écouter avec recueillement des conteurs de nouvelles qui se tiennent là exprès. Ces nouvelles sont très variées, et indépendamment du dénouement de l'intrigue, qui est de l'auteur, celui qui les débite les anime par des poses dramatiques, imite tour à tour la voix grave cl sévère du juge, les causeries vives et passionnées de la femme qui se querelle, l'attitude craintive et prudente du juif inculpé, et réunit de cette manière le récit, le drame et la pantomime; la décence du style cependant n'y est pas toujours respectée. Dans ces soirées il y a aussi des séances d'ombres chinoises.

Jadis, dans les fêtes religieuses, on exécutait des courses, dans lesquelles les pages et les officiers du sultan, montés sur des coursiers fougueux, se lançaient mutuellement des javelots de bois appelés djirid. Il y avait aussi des combats de chiens contre des ours. Mais on prenait les plus grands soins pour éviter des luttes trop acharnées; et ces animaux, quand le combat devenait sérieux, étaient séparés. On y voyait aussi quelquefois des lutteurs, selon l'ancienne coutume des Romains. Le Grand-Seigneur assistait toujours à ces réjouissances publiques; mais depuis qu'il a changé son système militaire ces jeux de l'ancien régime ont été remplacés par des revues, où le Sultan, accompagné de son état-major, parcourt les rangs de ses troupes , qui, en grande tenue, exécutent en assez bon ordre toutes sortes de manœuvres.

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Pendant les belles nuits d'été, à la saison du Ramazan, on peut jouir d'un spectacle entièrement inconnu à l'Europe. Les mofiqtféès illuminées dessinent sur la voûte azurée du ciel leurs minarets sveltes et élancés, leurs coupoles étincelnnles et les formes gracieuses de l'architecture arabe, si riche d'élégance et si parfaite d'harmonie ; les platanes majestueux et les bagolari gigantesques, religieusement respectés de tout temps par le fer, et qui recouvrent sans aucune symétrie les places publiques, sont illuminés par des milliers de lampions aux couleurs diverses qui pmjH lent leur lumière fantastique sur les cafés , ou utjfé foule animée, mais toujours décente, fèie le Ramaz.m. Ton! ce tableau musique excite l'admiration de l'étranger.

Comme à Constantinople l'éclairage (\>^> vues esl inconnu. il arrive toujours qu'on entend, avant qu'on voie venir quelqu'un, les pas mesurés d'un cheval, et tout a coup vous voyez déboucher de la rue un groupe d'hommes précédé par un large transparent éclairé ; c'est un grand de l'empire, précède, entouré et suivi de ses valets, qui l'ail ses visites de cérémonie. 11 s'avance a ver cette gravite qui le caractérise, et ne manque jamais de rendre avec éourloisie le salut à tous ceux qui s'inclinent devant lui.

Dans le temps du Ramazan; les aiïaires (\u go'tiVernemènl ei les conférences diplomatiques se fênt dente la nuii. O ,i aussi dans la nuit qu'ont lieu les réunions de familles, dans lesquelles les hommes se tiennent séparés des femmes. La joie règne dans ces réunions, et souvent (Mies se prolongent jusqu'à l'heure de la prière du matin, prière a laquelle les Turcs ne manquent jamais.

Celle joie unanime et a laquelle participent toutes les classes de la société à Conslauliuople, provoquée par les fêtes religieuses, est quelquefois troublée parlesp'ëcl

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