‹ Voyage a Constantinople et en EgypteChapitre 12 sur 33 · C0N9TANT1M)PLE · texte numérisé non relu

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lorribJc d un vaste incendie. Il existe dans la capitale trois tours assez élevées, Tune au centre de la ville, l'autre dans le Sérail, et la troisième dans le quartier de Galata. Du haut de chacune de ces tours veillent des gardes. A peine un incendie s'est-il manifesté qu'ils s'empressent d'en donner avis aux postes voisins : alors de nombreux gardes nocturnes parcourent les rues, et frappant le pavé avec de gros bâtons en fer crient « Au feu! » et indiquent le quartier et la rue. Tous ceux qui croient leurs intérêts menacés accourent sur les lieux pour protéger ou sauver des ravages du feu leurs marchandises, leurs magasins, leurs ateliers.

La lueur rougeàtre qui éclaire l'horizon annonce au voisinage et au lointain le sinistre événement. Il n'y a que celui qui a été spectateur de ce désastre qui puisse en retracer l'horreur. Les maisons en bois d'une légère construction, et peintes la plupart à l'huile, sont bientôt réduites en cendres. Si, pour comble de malheur, le vent vient à souffler du côté de l'incendie, l'embrasement devient un torrent de feu que rien ne peut arrêter ; les quelques maisons en pierres sont les seuls obstacles qui ralentissent sa marche furibonde. Il est surprenant de voir avec quellevitesse on fait les déménagements des maisons et de quelle manière on amoncelle tout ce qu'on a pu sauver sur les places publiques. Les femmes et les enfants éperdus qui fuient dans tous les sens, les malades qu'on transporte, les maisons qu'on abat , le service des pompes qui encombre les rues, toutes ces choses jettent le spectateur dans une angoisse réelle, dominée encore par la crainte de voir tous ces efforts n'aboutir à rien d'efficace. 11 faut néanmoins avouer qu'au milieu de cette désolation règne un certain ordre. La résignation si commune aux peuples de l'Orient les rend moins sensibles aux tristes impressions

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